A Bordeaux, le feu d’artifice du pont du silence !

Posté le Samedi 16 mars 2013

A 20h30, ce vendredi 15 mars, les éclairages du pont Jacques Chaban-Delmas s’éteignent et aussitôt se font entendre les premiers bang bang du feu d’artifice d’inauguration.

Quelques départs classiques de torches avec éclatements dans le ciel. Jusque là rien à dire, nous sommes dans le plus basique des feux d’artifice puis, quelques autres lumières jaillissent au dessus de l’arche centrale. Un silence abyssal envahit la foule. Ce silence est impressionnant. Ambiance inverse des feux d’artifice d’été, fête du vin et autres. Pas un aoooh, pas un aaaah. Quelques mots par ci par là à voix basse, circulent. Les milliers de personnes restaient-elles muettes sous l’émerveillement ou étaient-elles dans l’attente d’un tableau d’embrasement médiatiquement annoncé. Comme cerise sur le gâteau, même les portables étaient mis par enchantement sur le mode silencieux et plus. Aucune communication ne pouvait s’établir, les gens se sentaient perdus, coupés du monde. Que s’est-il passé ? Saturation dans le ciel bordelais ?

Voyant le tablier se baisser très lentement, j‘attends comme tout le monde avec impatience, l’immense embrasement tant attendu de ce pont par l’un des grands « faiseurs » de lumière du monde, Joan Bidault. Il est annoncé par la presse locale comme le grand spécialiste des mises en lumière, dites monumentales. Avec des interventions grandioses à Paris, à Dubaï et en Nouvelle Zélande, voici Bordeaux devant une foule frigorifiée et impatiente d’être le témoin d’un événement unique. Pendant ce temps, le tablier du pont descend toujours et arrive à son point le plus bas. On est effectivement émerveillé par quelques efficaces figures géométriques en effet miroir à la structure du pont, quelques clins d’oeil à la rive gauche, puis à la rive droite, quelques splendides cascades d’argent se déversant dans la Garonne, des effets de vagues, des couleurs de choix et de délicatesse puis enfin le bouquet final. Quatorze minutes viennent de s’écoulées. Les gens applaudissent du bout des doigts toujours dans un grand silence. Est-ce fini ? Personne ne bouge.

Où est passé l’incroyable spectacle de mise en lumière de ce pont tant annoncé et tant attendu par une foule considérable. ? « Un feu d’artifice de province ! » dit une personne non loin de moi. Sans approuver ses dires, on peut toutefois vraiment regretter et dire que si, nous n’avions pas été matraqué par les médias, pour dire que ce spectacle devait être un événement monumental, nous aurions pu mieux apprécier ce jeu d’artifices et de lumières à son juste titre.

blog JCM @ 18:33
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Jet de nourriture sous les yeux de ceux qui ont faim !

Posté le Jeudi 7 mars 2013

Fortement occupé à enlever les traces, déjà sèches, de jets d’oeufs, de ketchup et autres produits alimentaires liquides contre la façade, fenêtres et portes d’un bâtiment ainsi que les kilos de farine déversés sur le sol, un homme d’une cinquantaine s’arrête et m’interpelle afin de mieux comprendre la finalité de cet épandage outrancier de denrées alimentaires sur la voie publique. Je lui explique en détail cette pseudo coutume, interdite par la loi mais toujours pratiquée à la barbe de la Police, de la presse et des habitants médusés. Il ne savait pas que ce genre d’exhibition se produisait une fois par an autour de certains établissements scolaires que l’on appelle lycées. Lorsque je dis certains, le mot a son importance, car certains lycées ont su sensibiliser leurs ouailles et aucun débordement ne fut constaté au pourtour. Ils ont su mettre en place d’autres formes de fêtes pour marquer ces 100 jours avant le bac. Bravo à eux. Pour d’autres, malheureusement non ! Quelle honte ! Quel acharnement tout autour de ce réputé lycée bordelais. Tout y est passé, façades, portes d’entrée, édifices publics, intérieur des boîtes aux lettres, voitures, mobilier urbain, jardins, personnes…

Mon interlocuteur, le regard toujours tourner vers le sol, regardait muet et interloqué par cette jonchée d’oeufs écrasés et de farine au sol. Cet homme, par ses dires, était en grave difficulté financière. Il était sans voix devant ce gâchis alimentaire et ces détériorations. Nous étions tous les deux d’accord pour dire que les oeufs sont une source alimentaire très précieuse, car elle contient tous les nutriments nécessaires à l’organisme et qu’elle est un aliment parmi les plus nutritifs. Sans parler des plats que l’on peut fabriquer avec de la farine. Avec le nombre impressionnant d’oeufs au sol, à en juger par le nombre de barquettes abandonnées et les poches de farine, combien de personnes auraient pu être nourries ce jour-là ? C’est scandaleux et inacceptable. De plus, qui nettoie ? Bien sûr pas ces chers petits. Chaque habitant sur son temps et avec son argent. Ces lycées concernés ne pourraient-ils pas organiser des travaux pratiques de nettoyage de toutes les rues adjacentes ? Seulement comme dit le Principal du lycée, il n’est pas responsable des faits et gestes de ses élèves en dehors des murs de son établissement. Donc, affaire réglée. Ma colère à l’encontre de ces petits sauvageons irrespectueux et mal élevés s’est amplifiée lorsque ce monsieur très abattu, tout en s’éloignant, me lança « et dire que c’est l’élite de demain !« . Pour le coup, c’est moi qui suis resté sans voix !

blog JCM @ 9:39
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Des anges me protègent !

Posté le Samedi 23 février 2013

A présent, plus rien ne peut m’arriver dans les transports en commun. Des « envoyées » officielles ou non, d’un mouvement religieux me suivent partout ! En très peu de jours, mon chemin les a croisées trois fois. Il s’agit de deux jeunes filles qui, par leurs insignes très distinctifs et explicites et surtout leur comportement, me font penser à des chasseuses d’âmes perdues ou de fragiles proies. La première rencontre avec ces deux donzelles fut un regard qu’une des deux m’adressa fixement les yeux dans les yeux dans une rame de tramway. Ayant perdu l’habitude de me faire draguer dans un lieu public avec autant de fermeté, je ne répondis pas. Face à cette tentative et son échec, elle remit ça en insistant. Choux blanc ! Je ne bronchai absolument pas. Elles descendirent du tram. Quelques jours après je les retrouve dans un bus, chacune cherchant leur proie. Paf ! Ça tombe sur moi. Une des deux s’installe en face de moi et commence à me sourire et me demanda comment ça allait. Imaginer ma gueule et ma réaction (vive). Tout le bus y a eu droit. Pas démontées elles recommencèrent avec un jeune homme qui venait de monter. Curieux et intéressé par autant d’audace, je laisse passer plusieurs stations pour voir comment elles s’y prennent. Ca a bien failli prendre. Une d’elle lui pose des questions sur ses études, ses loisirs et le jeune tout confiant et flatté, étale dans le moindre détail sa vie, jusqu’au moment où elle s’adresse à lui en parlant plus bas, le jeune répondit non et descendit aussitôt du bus. La troisième rencontre avec ces « envoyées » eut lieu à nouveau quelques jours après. Dans le tram. J’étais assis en bordure d’allée. Presque personne. Un voyageur me cogna l’épaule avec son sac en passant dans le couloir. C’était un des deux jeunes filles. Elle s’excusa et comme pour s’excuser encore mieux, elle vient s’installer (avec sa coéquipière) bien en face à moi (alors qu’il y avait des places libres partout). La technique « opération sourire » recommença, mais ma froideur et mon indifférence gagnèrent sur ma hargne. Elles ont une manière de vous fixer jusqu’a ce qu’elles obtiennent une réaction de la proie. Or avec moi, la proie est faisandée.
blog JCM @ 12:16
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La Comédie française serait-elle devenue un sanatorium ?

Posté le Mardi 19 février 2013

La honte ! Que de toux que de toux ! Jamais je n’ai entendu autant de cacophonie de toux que lors de cette soirée passée à la Comédie française. C’est vrai que la saison aidant, les microbes bien au chaud dans la nouvelle parure du Théâtre français voulaient se faire entendre en prouvant que la nouvelle acoustique du théâtre était au top et qu’ils étaient plus vigoureux que les vers. 

Malheureusement, avec Andromaque en toile de fond, les toux intempestives se faisaient beaucoup plus remarquer que les répliques de Racine. Le pire fut à chaque précipité de rideau : la salle en chœur se mit à tousser dans un bruit infernal de bravos, de rire et de toux. L’horreur !

En règle générale, lorsqu’on repère des tousseurs dans les salles de spectacles, on peut établir plusieurs catégories : il y a le tousseur chronique qui chaque fois qu’il est dans une salle, se doit de tousser. Il y le tousseur jaloux qui veut faire mieux que son voisin. Il y a le tousseur tubar d’un âge avancé, qui offre avec bruitage en prime à ses microbes, des pastilles bien enveloppées qu’il cherche au fond de sa poche ou sacoche. Lorsqu’il est accompagné de madame, le temps qu’elle cherche dans son sac, dans quelle boite ou dans quel papier ces fameuses pastilles contre la toux sont planquées, un acte s’est écoulé. Il y a la tousseur cabo qui attend le bon moment pour nous balancer quelques belles notes sonores. Je ne parle pas par contre du discret, le vrai tousseur, le vrai malade, qui essaie de retenir sa toux dans son foulard son écharpe, son mouchoir, sa main afin d’étouffer le son. Parait-il que c’est l’émotion qui provoque la toux, surtout à l’opéra. A approfondir. Ainsi, voilà comment j’ai passé deux heures avec Racine dans une cacophonie intolérable et irrespectueuse pour les comédiens et le public.

La prochaine fois, je vous parlerai d’un autre fléau dans les salles de spectacles que sont les concerts de bouteilles d’eau en plastique. Bouteilles que l’on torture et que l’on écrase entre ses doigts, bouteilles qui roulent, bouteilles que l’on cherche désespérément dans ses vêtements et sacs, bouteilles que l’on renverse etc.. Pourquoi les directeurs de théâtre n’interdisent-ils pas l’entrée de toutes ces bouteilles plastiques. 

Deux heures sans boire, mon Dieu, ma ligne !

blog JCM @ 20:30
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A l’Opéra de Bordeaux : le Dialogue des Carmélites au féminin

Posté le Samedi 9 février 2013

En 2009, j’avais écrit à l’occasion de la splendide reprise de cet opéra à la Halle aux grains de Toulouse, dans la mise en scène de Nicolas Joël, que cet opéra était l’opéra de la force : force du sujet, force de la musique, force de la scénographie, force des carmélites. A Bordeaux, c’est l’opéra de l’élégance, de la classe, de la féminité grâce au talent de Mireille Delunsch et à sa précision de mise en scène jusque dans les moindres détails. Comment ne pas oublier ces rampes mobiles de dizaines de cierges, symboles du carmel ou servant de barrières avec les civils etc…Comment ne pas être bouleversé par ces petites flammes s’éteignant les unes après les autres comme éteintes par le vent produit à chaque couperet. Sans oublier, le revirement de situation sociale du domestique du Marquis de la Force qui prend la place de ce dernier à la Révolution. Subtile lecture. Par contre, je ne suis pas convaincu par quelques détails historiques comme laisser la jupe au faux-cul sous le costume religieux de Blanche ou par les acrobaties de la vieille prieure à l’agonie montant sur sa « table/lit de mort » comme un cabri… 

Même si l’histoire de ce Dialogue des Carmélites est bien connue de tous, elle éveille en chacun de nous de grands moments émotionnels. Cette profonde attention est due en grande partie à la musique de Francis Poulenc. Quelle force dans ce torrent de notes où la mélodie et le modernisme s’accordent dans l’absolu ! L’apothéose, en écoutant le choeur final, lorsque les carmélites, chantant à l’unisson, s’interrompent les unes après les autres sous le poids de la guillotine. Une splendeur dans l’écriture lyrique. Quel dommage que Georges Bernanos n’ait pu connaître sa pièce portée sur les scènes d’opéras ! En effet, les créations eurent lieu en présence de Poulenc en 1957 à Milan et à Paris, cinq ans après sa mort.

A Bordeaux, mon coup de foudre a été, d’une part pour la sublime Géraldine Chauvet (Mère Marie). Quelle classe !  Voix puissante et beauté du timbre, émotion dans le jeu, et d’autre part par Sylvie Brunet (La Prieure), voix de velours et fruitée reconnaissable dès les premières notes. Quel dommage de ne pas voir et entendre cette immense artiste plus souvent sur les scènes lyriques. Rien à dire sur tous les rôles masculins avec une préférence toutefois pour l’aumonier, Eric Huchet. Par contre, je n’ai pas trouvé dans la direction musicale de l’orchestre cette envoûtante émotion tant attendue. Pourquoi ? Aurai-je été trop absorbé par la très théâtrale et intelligente mise en scène ? Avec Mireille Delunsch et ses carmélites, la séduction féminine a opéré !

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 2:19
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Auditorium de Bordeaux : quand la musique nous prend dans ses bras !

Posté le Lundi 28 janvier 2013

Eh oui, j’y étais ! Voilà ce que je raconterai à mes descendants : il était une fois, un certain 24 janvier de l’an 13, s’est tenu le premier concert public inaugural de la toute nouvelle salle de concerts ou Auditorium de Bordeaux et j’y étais !

Ces soirs de grande première sont toujours très émoustillants car tout le monde se pose anxieusement des questions, les Elus : « est-ce que le résultat est à la hauteur de l’argent investi », l’Architecte : « est ce que cela va plaire esthétiquement et pratiquement au public » et l’Acousticien : « pourvu que ça passe ». Ce soir tout le monde fut rassuré et soulagé.

Tout a été dit sur ce magnifique nouveau lieu culturel bordelais tant attendu depuis de nombreuses années. Beau pari pour l’architecte Michel Pétuaud-Letang d‘avoir su, dans un espace si étroit de construction, réaliser cet édifice. La façade si critiquée à l’apparition des maquettes est sobre et élégante même si un éclairage plus recherché serait le bienvenu. Après avoir traversé quelques couloirs étroits assez froids on entre dans la grande salle où la couleur fushia des fauteuils interpelle notre regard et nous charme. Le tout dans un écrin de boiseries de teinte claire et de murs blancs. « salle élégante, féminine à l’image de la ville » dit le maire de Bordeaux. Des immenses miroirs descendent par endroits sur les côtés  donnant un beau relief et des discrets reflets de la salle. L’immense scène où plus d’une centaine de musiciens peuvent prendre place est organisée de manière à être modulable et adaptable à chaque type de concerts (solo, opéra, jazz, chorale etc..). On nous annonce une fosse à la Bayreuth. Cette allusion serait-elle un clin d’oeil à une future Tétralogie tant attendue elle aussi par les très nombreux mélomanes bordelais wagnériens ? Suspens !

Le spectateur est également surpris par les nombreux dégagements disposés derrière les balcons. Les concepteurs de l’édifice ont souhaité désolidariser les balcons des murs afin que la musique « passe » partout. Cette sensation d’être enveloppé par celle-ci est magique. On se demande même d’où viennent ces notes. De plus cette séparation a permis de remettre  au goût du jour ce concept de promenoirs et de couloirs de déambulation abandonné par certains théâtres. Les gens se rencontrent discutent tout en ne quittant pas l’ambiance de la salle !

Très bien installé dans un de ces confortables fauteuils en bois de hêtre, recouvert de tissus couleur fushia, un nuage de nostalgie me traverse l’esprit. Il n’y a pas si longtemps en ce même emplacement encaissé, existait bien avant le complexe cinématographique une immense salle de spectacle appelée Olympia. Dans ce lieu, je me souviens des très nombreux récitals de chanteurs des années 60, où avant et après le spectacle, le cours Clémenceau était barré par des centaines de fans qui attendaient et qui accompagnaient par vague leurs idoles dans les hôtels avoisinants. En voyant ce soir s’engouffrer par cette très élégante façade ces flots de personnes et une fois bien installé au rang le plus haut de l’Auditorium, tous ces souvenirs remontèrent à la surface.

Pour tout cela, il fallait la passion d’un Michel Pétuaud-Letang, architecte et la fougue d’un Eckhard Kahle, acousticien. Le résultat est là !

« Chut ! La lumière baisse, les musiciens amorcent leurs premières notes qui nous parviennent comme un cadeau…,silence !


 

blog JCM @ 22:48
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Les étoilés de la faute !

Posté le Samedi 29 décembre 2012

« Bonne fêtes », « prenez le trottoire d’en face« , « sandwitchs froid ou chauds« , « boissons sans alcol« , « tous nos produits sont certifié bio« , « fois gras frais au raisins« …Cherchez les fautes ! Véridique.
Si vous ne savez pas quoi faire pendant vos temps de loisirs ou pendant les vacances scolaires avec votre petite marmaille, je vous conseille de faire le tour des devantures de restaurants, autres commerces et lieux divers. C’est la caverne d’Ali baba aux fautes d’orthographe. Des plus subtiles aux plus énormes, des assemblages de mots les plus curieux au raccourcis les plus insolites.
Qu’est-ce que c’est drôle ! Je vous recommande de prendre des photos, puis en famille, avec vos voisins ou avec vos collègues de bureau cherchez les erreurs. Au lieu de vous promener dans la ville la tête dans vos chaussures, lisez toutes les notes affichées en vitrine. Ce sont des merveilles de perles et de fautes. Même les tous jeunes en trouvent. Un jeu de société idéal.
Comment peut-on laisser autant de fautes traînées en pature du regard ?
Lorsque je vois une proposition toute récente de menu de réveillon (lu sur la même devanture d’un restaurant bordelais) proposant : « fois gras« , « cuisse de grenouilles« , « salade composer« , « mousses aux chocolat« …le tout sur une belle envolée écrite en très gros « bonne fêtes« , je n’ai pas du tout envie d’entrer dans ce restaurant, trop peur d’avoir le foie gras remplacé par du mutela ou de la mousse au chocolat remplacée par de la moutarde. Certes l’habit ne fait pas le moine. Les repas sont probablement excellents et les produits de qualité. Mais en attendant, dans le doute, je préfère m’abstenir d’y entrer.
Bonne année à vous tous et levons notre verre avec un bon « chateau« , sans l’accent circonflexe (pratiquement disparu de très nombreux menus et affichage). Devant cette multitude de fautes, il serait amusant de mettre un thésard en sociologico-touristico sur ce sujet, avec un classement par ville. On pourrait alors choisir son restaurant en fonction du nombre de fautes affichées. Le guide des « Etoilés de la faute ». A méditer !
blog JCM @ 18:50
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Slutchaï à l’Opéra de Bordeaux : un fait divers mondial !

Posté le Lundi 26 novembre 2012

Comment parler d’une oeuvre qui est une oeuvre mi figue, mi raisin. Pardon ! Je veux dire mi-théâtre mi-opéra, en tout cas une oeuvre dont, une fois sorti et planté sur le parvis du Grand Théâtre, on ne me souvient pratiquement plus de rien. C’est grave ! Pourquoi ce sentiment très désagréable ? Je l’avoue, je me suis énormément ennuyé. Oui, par la musique,. Oui, par la mise en scène. Oui, par l’histoire, car je n’ai rien compris. En partie due, par la faute du lustre de la salle, qui cache le surtitrage. Dommage, car je suis un fan d’opéras contemporains (trop rares à mon goût sur les scènes lyriques). Mais alors que s’est-il passé ? Ca y est je crois savoir. Je suis venu ce soir comme je le fais pour toutes les soirées lyriques, sans rien potasser. Ce soir, ne connaissant absolument pas l’oeuvre, et pour cause puisqu’il s’agit de la première d’une création mondiale, j’ai voulu me rendre compte de l’effet produit sur quelqu’un, lorsque celui-ci se rend pour la première fois à l’opéra entendre une oeuvre de Wagner ou de Janaceck, sans rien savoir à l’avance. J’ai volontairement fait exprès de ne rien vouloir savoir sur cette création afin de me laisser aller à mes impressions premières. Moralité, si on ne possède pas un minimum d’information, on ne peut pas apprécier correctement.C’est vrai qu’il est plus difficile de rater dans les médias l’information d’un match sportif entre deux méconnus villages de campagne qu’un spectacle théâtral ou lyrique dans une grande ville. Ce soir, j’ai vu de la lumière, je suis entré. Et bien ce principe-là de découverte spontanée individuelle, ne fonctionne absolument pas. Il est regrettable que l’Opéra de Bordeaux soit à quelques euros près, pour ne pas éditer une feuille recto verso présentant les créations, distribuée gracieusement. Ce manque d’initiative me dépasse. On préfère laisser le public dans le flou. Pour une structure qui a de plus un statut national, un minimum de pédagogie auprès de son public le soir même, serait la bienvenue. Maintenant que je sais que le texte de ce pseudo opéra ou de cette pseudo pièce de théâtre musicale est issu d’un grand poète russe Daniil Harms, que la mise en scène est de Christine Dormoy, dame de théâtre, de la Cie du Grain et que la musique est d’Oscar Strasnoy, je vais essayer de revenir voir cette oeuvre pour mieux l’apprécier. J’espère ainsi effacer cette impression fugace d’avoir vu et entendu un opéra comme si j’avais lu ou vu un vulgaire fait divers de rue. C’était peut être ça la démarche contemporaine non avouée de cette oeuvre…Nous sommes dans le festival Novart ne l’oublions pas !

Jean-Claude Meymerit

26 novembre 2012

 

blog JCM @ 23:45
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Théâtre de divertissement ou théâtre de désolation ?

Posté le Lundi 26 novembre 2012

Comment peut-on, pour la énième fois, présenter sur scène un spectacle racontant les déboires de la vie d’une femme, avec autant de non-respect pour elle ? Quel est le but de tous ces one woman shows ? Il en pleut pas dizaines dans tous les théâtres. A qui s’adresse ce genre de numéro affligeant ? Quelle tristesse et quelle désolation. Celui que je viens de voir ce dimanche-ci est pitoyable. Quelle vulgarité. Seule riait une dame dans la petite salle et encore ! Elle ne riait que sur certains sujets axés sur le sexe (eh oui, souvenirs, souvenirs…!). La comédienne (mot un peu fort) seule sur scène gesticule au son de bribes musicales des plus mal choisis, ses phrases se terminent le plus souvent par euh (vraiment pas signe de talent). Sa voix à peine audible et mal placée nous assène de propos mille fois entendus comme un catalogue de blagues à deux sous ou de catalogues pornographiques. Au cas où le public ne comprendrait pas, elle nous offre en prime quelques gadgets sexuels, et autres ustensiles. Le texte est farci de phrases gratuites ou de noms de personnalités faisant allusion à tous les mauvais reportages people. Que de clichés ! C’est à croire qu’il n’existe aucune pièce bien écrite par des femmes parlant aux femmes. Je ne dis pas que les one man shows actuels sont mieux, loin de là, mais pourquoi, vous mesdames, vous engouffrer-vous également dans ce genre de prestations théâtrales et de surcroît mal écrites. Vous croyez, parce que deux ou trois pinpins rient que c’est gagné et que vous êtes comédienne ou que les messages de la condition féminine passent ? Vous vous trompez. Heureusement que tous ces sujets-là existent dans de grands textes de théâtre, de romans, de nouvelles, de textes poétiques etc… L’humour et l’érotisme peuvent s’y côtoyer, mais sans la vulgarité. Pourquoi ne pas les utiliser ou s’en inspirer ?

blog JCM @ 9:11
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Avec Armand Gatti, un trop plein d’émotion !

Posté le Lundi 19 novembre 2012

En ce dimanche pluvieux et triste, un rendez-vous culturel bordelais était proposé en compagnie du très grand homme engagé, humaniste, résistant, littéraire… Armand Gatti. Même si le public n’avait pas beaucoup répondu présent à ce rendez-vous, moi, je ne voulais pas le manquer. J’y étais et ce fut un immense bonheur. Cet homme âgé de 88 ans n’a pas perdu de sa niaque verbale et de son humour. J’ai toujours fortement apprécié ses oeuvres théâtrales. Combien de fois n’ai-je pas eu envie de monter une de ses pièces, mais chaque fois, j’étais intimidé devant l’écriture et les sujets traités. J’en avais presque peur et surtout j’étais très impressionné par tant de force et de liberté dans les mots et les jeux. Des sujets graves allant de l’holocauste aux formes théâtrales révolutionnaires, en passant par des sujets traitant des dictatures, des marginaux, des malades, des exclus (les loulous comme les appelle Gatti), etc. Cet après-midi, il a choisi plus particulièrement de nous transporter dans l’univers de ses conversations avec les arbres, ses « arbres de combat » comme il dit fort justement et avec plein de tendresse. Des arbres militants et animés. Des arbres avec des noms. Ses mains en disent souvent autant que sa voix. Il les fait bouger symétriquement puis les bloque dans des mouvements de bras souvent tendus vers le ciel dans le sens de la verticalité, celle de ses arbres et de ses règles de vie. Sa voix, susurreuse ou tonitruante mais surtout bien placée en vrai homme de théâtre, fait jaillir les mots  jusqu’au plus profond des syllabes. Malgré son âge on retrouve encore le Gatti des années 70, impressionnant de prestance et de passion.On sent qu’il veut tout nous raconter sa vie d’une seule traite, les anecdotes fusent et les références bouillonnent. Son maquis à l’âge de 18 ans, ses arrestations, ses enfermements, ses évasions, ses rencontres, ses amours, son père. Il nous narre également son séjour à Bordeaux en travaux forcés à la base sous-marine puis son cours passage de deux jours suite à une évasion d’un camp de Hambourg. Là où j’ai été le plus impressionné, instant où il a été difficile de maîtriser ses larmes, c’est lorsqu’il raconte ses visites à Auschwitz tous les 24 février, jour anniversaire où la femme qu’il a passionnément aimée, a été arrêtée et déportée. À chaque visite dans ce lieu indescriptible, il parle avec les arbres rencontrés. Ainsi, la discussion avec sa bien-aimé continue. Cet homme nous racontant ces faits, avait lui-même les yeux pleins de larmes. Le trop plein d’émotion avait envahi la salle. Merci Monsieur Gatti.

Jean-Claude Meymerit

 

blog JCM @ 8:38
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