A la cour Mably de Bordeaux : des goûts et des couleurs !

Posté le Vendredi 2 août 2013

Il y a des expositions de peintures qui vous laissent pantois dès que l’on franchit le seuil de la galerie, il y en d’autres qui vous invitent plutôt à faire demi tour. C’est ce qui m’est arrivé ces jours-ci en me rendant à la cour Mably voir une présentation des oeuvres de Nicole Kirsch. Ce n’est pas du tout la qualité artistique et les sujets présentés de cette artiste qui me laissent froids mais plutôt la scénographie totale de l’expo. Que c’est laid !

Pourquoi avoir peint les panneaux de fond en jaune alors que les oeuvres elles-mêmes sont très colorées. Ce fond jaune absorbe toute la lumière des toiles et assombrit la pièce. Les éclairages sont très mauvais, certains tableaux sont presque dans l’obscurité. Aucune unité dans l’assemblage des toiles qui sont dans des formats et des encadrements les plus fantaisistes. Ne voulant pas rester sur une mauvaise impression, j’y suis revenu plusieurs fois et chaque fois le même sentiment. Je ne suis pas le seul, car lorsque je me suis mis à observer les visiteurs, leur tour de salle est aussi rapide qu’un marathon dans une salle de gym.

Comme se fait-il que la Ville de Bordeaux n’ait pas pu choisir une exposition estivale plus flatteuse pour une ville en plein flot touristique. Si Bordeaux avait voulu mettre l’accent sur des artistes bordelais, il aurait fallu un peu mieux les valoriser. Ce n’est pas une bonne image du dynamisme et de modernité culturelle locale. Heureusement que Jaume Plensa est passé par là en nous magnifiant artistiquement la Ville.

Nota : Miracle ! Je viens d’apprendre qu’il y a une exposition de sculptures à la Halle des Chartrons. Juste le temps de récupérer un peu de doc au kiosque culture et me voilà parti ! Les portes de la halle sont grandes ouvertes, de la musique classique s’en échappe comme pour vous inviter à y entrer. Là sur le seuil, le miracle opère. Les sculptures sont simplement disposées sur des podiums bruts, un peu partout. Pas de sophistication. C’est simple et super efficace. Elles vous proposent même d’être touchées et caressées. Elles sont en bois de chêne, de robinier, d’acacia, de pin, de platane…Le plaisir ne serait pas complet sans la présence de l’artiste. Chic, il est là ! Il se nomme Balma. Artiste connu et très apprécié, fait sa rentrée bordelaise après trois ans d’absence. Les œuvres ne sont pas que de lui, elles sont : lui. Il parle de chacune d’elles comme un romancier parle de son œuvre littéraire ou comme un amoureux de sa bien-aimée. C’est du grand Balma.

blog JCM @ 10:20
Enregistré dans mots d'humeur
Les mamies sont lâchées, planquez-vous !

Posté le Samedi 27 juillet 2013

Avez-vous déjà voyagé dans un compartiment « envahi » par une vingtaine de personnes âgées, en partance pour plusieurs jours, vers une destination lointaine ? Je vous conseille vivement ce genre d’expérience, c’est inoubliable. Quelle tranche de rire ! Merci la SNCF de m’avoir inséré au milieu de ce troupeau en délire. Je me demande si je ne préfère pas ce genre d’environnement cocasse de trois heures, au sempiternel jeu : « dans la famille Martin, je demande la fille » puis « dans la famille Martin, je demande le père » puis «dans la famille Martin, je demande la grand-mère » et ainsi de suite…Au bout déjà d’un quart d’heure, j’ai une allergie aux familles complètes alors qu’avec mes mamies et mes pépés, c’est plein de rebondissements.

Après une installation laborieuse en gare de départ colorée de propos exacerbés, nos mamies et nos égarés pépés sont gagnés par le calme et le bercement du train.

Quelques heures après, une demi-heure avant d’arriver à la gare de destination : « ma valise a disparu ! »  s’écria une de ces mamies. Alors, tout le groupe en émoi se panique et s’affole. A les voir aller dans tous les sens, commentant chaque geste, ils seraient presque arrivés à me communiquer à moi aussi leur panique. Imaginé une vingtaine de personnes courant (c’est une image) dans le wagon. Tout en cherchant, ou faisant semblant, car elles étaient beaucoup plus préoccupées à préparer à rassembler leur matos pour descendre dans une demi-heure.

Enfin, un quart d’heure avant leur arrivée en gare de destination, tous dans l’allée centrale, debout, habillés, avec leurs immenses valises sauf celle qui l’avait perdue et qui continuait à chercher dans l’indifférence totale des autres qui ne pensaient qu’à leur prochaine descente.

Ca y est la valise est retrouvée ! Saine et sauvée par le contrôleur. Elle était tout simplement à sa place dans l’espace bagage. Quel monstre de valise. A faire peur par sa grosseur et sa laideur. Qui aurait voulu la voler ? Comme tous étaient toujours en rang d’oignons dans l’allée centrale, notre pauvre dame à la valise retrouvée voulait la rapatrier près d’elle, mais personne ne  la laisser passer. Chacun pour soi comme s’il y avait un quota pour descendre. En colère, elle s’asseoit et attend patiemment, alors que tous les autres silencieux commencent à défaillir de rester debout.

A l’arrêt total du train, notre groupe retrouve son verbiage et son tonus et hop tout le monde descend. Bon séjour !

Tellement distrait à contempler ce tableau et toutes ces scènes insolites, je n’ai pas surveillé mon propre bagage. Pourvu que, dans leur affolement, mes compagnons de voyages ne l’aient embarqué. J’aurais moins ri !

blog JCM @ 18:31
Enregistré dans anecdotes
Pluie d’étoiles lyriques sous les voûtes de festivals

Posté le Samedi 20 juillet 2013

Qui n’a pas eu envie de vouloir écouter une fois dans sa vie, dans ces magiques lieux de festivals d’été lyriques (Munich, Orange, Aix, Bayreuth), les plus grands chanteurs de notre temps ?

Commencer cette tournée des festivals précités par Ariane à Naxos de Richard Strauss dans le sublime théâtre « le Prinzregententheater » donne le la. Pourquoi ce premier choix ? Pour la mise en scène de Robert Carsen, non. De merveilleuses trouvailles surtout à l’acte principal, mais beaucoup d’images faciles et parfois ennuyeuses. La distribution ? Oui. Une des plus grandes de ce jour : qui peut  rivaliser avec Sophie Koch ? Elle est le Compositeur. On y croit dès son entrée. Même si son duo avec Zerbinette est déjà frissonnant d’émotions, son air vous transporte dans une volupté et une grandeur inexplicable. Parmi ses partenaires, Eva-Maria Westbroeck dans le rôle d’Ariane, comme dans toutes ses prestations lyriques, offre ce velouté et ce timbre de voix qui vous émeuvent chaque fois (je pense à sa Sieglinde et à sa toute récente Minnie à Frankfort). Son partenaire est le très beau ténor Brandon Jovanovich. Enfin un Bacchus à la voix claire et puissante qui chante son entrée sans beugler ses « Circé ». Magnifique !

Le lendemain, direction le Staatsoper pour le Trouvère de Verdi dans la gigantesque mise en scène de Olivier Py. Epoustouflante, en symbiose totale avec l’histoire. Un décor énorme tout en noir et blanc avec des changements permanents à vue. Notre Manrico est Jonas Kaufmann. Il est magique. Plus habitué à entendre des voix ensoleillées dans ce type de rôle, celle de notre ténor nous enchante par son intelligence de chant et son jeu dramatique (il reçut ce soir là par la Direction de l’Opéra de Munich et le Ministre Bavarois de la Culture la distinction de Bayerischer Kammersänger). Quel immense chanteur ! Mais celle qui fit l’unanimité du public avec ovation à l’appui fut Anja Harteros. Que demander de plus. Elle a tout, la beauté, la présence et bien sûr une voix enchanteresse.

La Traviatia fut mon troisième opéra dans cette très belle ville bavaroise. Un nom à ne pas oublier Marina Rebeka. C’est très beau ! Je fais l’impasse volontaire sur l’Alfredo et mettre l’accent sur Germont en la personne de Simon Kennlyside. Musicalement il ne fait qu’une bouchée de ce rôle.

Le quatrième soir munichois, cerise sur le gâteau, une Lucia di Lammermoor de Donizetti au Philharmonie avec Diana Damrau, Joseph Calleja et Ludovic Tézier. Quoi dire ? On les écoute. Quel phénomène cette Diana Damrau. C’est la grâce même, une étendue et une virtuosité vocales inouïes. Son amoureux, le ténor maltais (que je découvrais pour la première fois sur scène) est impressionnant aussi bien vocalement que physiquement. Concernant Ludovic Tézier, c’est la beauté même, dans la précision et la couleur vocale que l’on écoute avec  délectation.

Direction Orange où le Vaisseau fantôme de Wagner nous attend devant l’imposant mur. Une scénographie irréprochable avec des effets de lumières et de vidéos efficaces. Hélas, aucune direction d’acteurs. Ils sont laissés à leur propre initiative. Ce fut laborieux à regarder. On comprend aisément pourquoi le public d’Orange non habitué à ce genre de répertoire, a trouvé la toute première partie longue. Mises à part Daland et le Pilote, les autres voix d’hommes n’étaient pas au rendez-vous. Par contre, enchantement avec la Senta d’Ann Petersen. Une Senta qui, par sa jeunesse, son insolence et son innocence vocales, a su nous entraîner dans son rêve fantomatique.

Le lendemain à Aix, changement radical avec la production de Patrice Chéreau, Elektra de Richard Strauss. Contrairement au Vaisseau fantôme, la théâtralisation et la direction d’acteurs sont au rendez-vous et nous tiennent en haleine. Inconditionnel d’Evelyn Herlitzius, la suivant un peu partout en Europe (Elektra à Berlin, Leonore à Dresde, Katia Kabanova à Bruxelles, Brünnhilde à Berlin), je suis resté avec sa nouvelle Elektra aixoise, sans voix. Epoustouflant ! Sa voix plus homogène sur l’ensemble de son immense registre nous emporte avec elle dans un tourbillon de notes des plus sages au plus folles. Le tout avec un engagement théâtral impressionnant. Merci Madame Herlitzius. J’espère que la France va enfin reconnaître votre immense talent et vous inviter à nouveau. Il ne faut pas oublier dans cette production la grande Waltraud Meier tout en classe et présence réunies. Patrice Chéreau a demandé à ses anciens complices du Ring de Bayreuth  de 76  de participer dans cette production : Donald McIntyre et Franz Mazura. Leur présence, frôlant la figuration, apporte une émotion de plus à cette production. Rares sont les fois ou le public verse sa petite larme pour Elektra. Or ici ce fut le cas, lorsque les servantes et les employés de maison reconnaissent leur maître Oreste, on pleure. C’est magnifique !

Le périple estival se poursuit avec les Troyens d’Hector Berlioz à Marseille. En dehors du comportement inacceptable d’Alagna au salut final (voir mon billet spécifique), ce fut un  magnifique concert ou les voix françaises étaient à l’honneur. Celle qui a dominé le plateau fut Clémentine Morgaine, jeune mezzo française que j’ai eu la chance d’entendre déjà dans un Carmen à Berlin, rôle dans lequel elle excelle, ainsi que dans la Magdalana de Rigoletto. Ici dans les Troyens, même si le rôle d’Anna est loin d’avoir l’immensité de Cassandre et de Didon réunies, elle aurait eu, et fort probable, remporté la vedette de la soirée à l’applaudimètre si Alagna avait laissé la place à tous ses partenaires. Son duo avec le somptueuse basse Nicolas Courgal nous a bouleversé et séduit, aussi bien par leur chaleur de timbre que leur leur puissance vocale. Quel duo ! La magie a opéré. La diction de cette mezzo est sublime. Dommage que ce dernier compliment ne puisse pas s’adresser à Béatrice Uria Monzon, alors qu’elle est une Didon engagée, passionnée et amoureuse soulignée par une présence scénique et vocale sans reproche.

Parmi les chefs d’orchestre qui m’ont marqué, je voudrais surtout citer Bertrand de Billy (Ariane), Paolo Carignani (Trouvère), Jesus Lopez-Cobos (Lucia), Esa-Pekka Salonen (Elektra). La lenteur de Mikko Franck (Vaisseau) m’a un peu gênée.

Suite des festivals, à suivre…voir billet « Mon pélerinage à Bayreuth »

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 11:36
Enregistré dans critiques lyriques
A l’Opéra de Marseille : le caprice de Monsieur Alagna !

Posté le Mardi 16 juillet 2013

Tous les caprices de ce Monsieur et son attitude d’enfant trop gâté, fatiguent et hérissent le poil à de plus en plus de publics.

Sa dernière colère eu lieu à la seconde représentation à l’Opéra de Marseille des Troyens de Berlioz, donnée en version de concert. Alors que toute l’équipe de chanteurs se donnait à fond (et que de belles voix), ce Monsieur les yeux fixés sur la partition, comme s’il la découvrait pour la première fois, a commencé surtout à nous agacer lorsqu’il rata quelques phrasés (il est vrai que le surtitreur n’est pas le copain des chanteurs) et qu’il retourna brusquement son pupitre vers le Chef pour bien lui faire comprendre qu’il y était pour quelque chose. Insupportable aussi ses effets de fausses sorties pour réapparaître brusquement en projetant ses deux « Italie ! Italie ! » Quel effet grand guignol ! Pire encore ! Alors que tous gardaient la classe, lui gesticulait sans cesse avec des effets de bras et des poses de cabo. De plus, vis à vis de ses collègues, il veut tout régenter (les entrées, les sorties, les saluts…). C’est lui et les autres. Je ne veux pas parler de la partie chant, très critiquable. D’autres dans la salle se sont permis de lui rappeler au salut final et à juste titre.

Ce salut final fut fatal à son égo. Il ne supporta pas que le public n’accepte plus tous ses à-peu-près aussi bien dans son chant que par sa présence. Sa réaction fut lamentable, scandaleuse et vulgaire. Comme à son habitude dans ces cas-là (et ça se renouvelle), il se plante en avant scène, arrogant et demande au public de venir chanter à sa place. Facile ! A Marseille, alors que tous les musiciens, les chœurs et les chanteurs étaient sur scène (après plus de quatre heures de chant), lui accoudé de manière provocante sur le socle du Chef, attendait que le public finisse d’applaudir ou de huer, lorsque quelqu’un du premier rang lui fit signe de venir. Il sauta dans la fosse d’orchestre (encore un effet de cabo) et s’approcha de la rambarde. Une discussion confidentielle s’instaura entre ce monsieur de la salle et lui. Qu’est qu’ils se sont dit ? Pendant ce temps tout le monde sur scène attendait très mal à l’aise et ne sachant pas quoi faire. Le Chef d’orchestre était médusé, Béatrice Uria Monzon faisait une tête terrible. Les autres faisaient des tentatives de quitter le plateau mais restaient, le sourire coincé. Le public poursuivait son mécontentement et ce Monsieur continuait à discuter dans la fosse. Le public ne tenant plus à cette goujaterie et à ce mépris, reparti de plus belle. Une de ses admiratrices (elles vont commencer à se faire rare…) voulait lui transmettre un gros bouquet de fleurs. Une des chanteuses sur scène le récupère et le donne à ce Monsieur. La salle se soulève à nouveau lorsque ce Monsieur garda pour lui tout le bouquet sans avoir le geste d’offrir une des fleurs de ce bouquet à Uria-Monzon et aux autres artistes. Très imbu de sa personne et
fier de se montrer en avant scène avec ce bouquet. Honteux ! Je rappelle que dans cet ouvrage, ce n’est pas le ténor qui a le plus grand rôle. Avec un tel ego, pourquoi l’a t-il accepté ?

Tout le plateau et la salle se sont vidés dans la tristesse et dans la colère. A la sortie des artistes, lorsqu’il est apparu, il n’a voulu bien évidemment signer aucun programme et s’est enfourné dans sa voiture. Lorsqu’une de ses fans lui dit très fort dans la foule : « Roberto à vendredi ! », il répondit : « Non ! » Pas de dessin, tout le monde avait compris, vexé de cette soirée marseillaise, il allait annuler son récital d’Orange qu’il devait donner quatre jours plus tard. Chose promise, chose due, le couperet est tombé, il a annulé ce récital. Pas de remplaçant ??? (lorsque Kaufmann a annulé un de ses récitals avec une partenaire, il a était remplacé et le concert a eu lieu). Les Chorégies d’Orange à force de jouer la carte Alagna pour faire le plein, n’avaient pas prévu le coup. Tant pis pour la partenaire de ce soir là, la grande Anna-Caterina Antonacci. Alors que tant de monde aurait aimé l’entendre. Motif de cette annulation : état de santé avec certificat à l’appui. Je ne savais pas que les vexations étaient prises en charge par les assurances maladies. Ce Monsieur Alagna se moque vraiment de nous tous, de ses partenaires et de son public.

 

blog JCM @ 22:29
Enregistré dans mots d'humeur
Soirées d’airs d’opéras : du meilleur au pire !

Posté le Samedi 8 juin 2013

Prenez une soprano, un  ténor, une mezzo-soprano et un baryton-basse et vous obtiendrez un cocktail lyrique idéal. En ce samedi soir où Bordeaux connaissait une liesse festive autour du fleuve réunissant des milliers de badauds, une toute petite poignée d’amateurs d’opéra avait pris le chemin de la magnifique église Notre Dame de Bordeaux pour assister à un gala d’extraits d’opéras offert par un groupe lyrique bordelais « Résonances-Groupe lyrique ». Ce groupe était formé ce soir là par Véronique Valray, Christian Lara, Jean-Philippe Marlière et Gaëlle Mallada, sans oublier Jean-Marc Fontana, pianiste au doigts de magicien. Des noms que connaissent de très nombreuses scènes lyriques, tout au moins pour les trois premiers noms cités. Ce Groupe a eu la géniale idée de mélanger des duos et ensembles super connus comme celui des Pêcheurs de perles, de Carmen, de Werther, de Rigoletto au moins connus comme ce duo extrait du Barbier de Séville ou carrément inconnus, comme cet autre duo extrait du Fernando Cortez de Gaspare Spontini. En cadeau de fin de concert, le Groupe, tout en se faisant plaisir, nous a offert le Duo des chats de Rossini, à quatre voix. Du plus bel effet.

Cette soirée fut un émouvant moment de grande fraîcheur musicale et de beauté vocale. La technicité de ces artistes et leur articulation nous ont enchanté. Lorsque j’entends ce genre de voix et la qualité d’une telle soirée, je suis rassuré. Pourquoi ?

Car, quelques jours avant, j’avais vu rouge (pas d’alcool mais de honte pour l’art lyrique) en assistant à une édifiante soirée apéro-opéra.Une centaine de personnes buvait et mangeait (normal pour un apéritif) et discutait pendant qu’une pauvre soprano aux sonorités sorties tout droit d’un salon agricole, s’époumonait avec des accents frôlant l’agonie. Où étais-je tombé ? J’aurais dû me méfier. Me promenant, je vois sur la façade d’un établissement bar-restaurant, un panneau annonçant cette soirée lyrique. M’adressant à l’organisatrice, celle-ci me signala que la chanteuse était très connue et qu’elle chantait souvent au Grand-Théâtre (bien sûr c’était faux). Par contre, elle ne connaissait pas son nom !…En grattant dans les tous les recoins de mon réseau lyrique, j’apprends que cette soirée, en hommage à la célébration de bicentenaire de la naissance de Verdi et Wagner (les pauvres !), était organisée en partenariat par des structures bordelaises des plus respectables et que la «célèbre chanteuse » n’était connue que d’elle même.

Se promenant entre les tables où la fourchette et la discussion avaient plus d’intérêt que les notes émises, notre soprano est passée de l’air du Trouvère, à un air de Carmen en passant par le grand air de Tannhäuser et un extrait de Traviata. Le tout dans le même registre en passant, aux forceps rouillés, du plus grave à l’aigu. Quel grabuge ! Comment faire aimer l’art lyrique à un nouveau public avec de telles prestations. Des jeunes attablés ont préféré quitter la place et comme je les comprends. Moi-même proche de l’asphyxie auditive, j’ai baissé les bras et suis sorti en catastrophe, respirer.

Le plus comique fut le programme distribué ce soir-là (que je garde précieusement) : une photocopie du choeur des esclaves de Nabucco (où étaient les chœurs ?) et tout le duo du final du premier acte de Traviata (où était Alfredo ?). Quel rapport avec les airs chantés ? Où étaient mentionnés les autres airs de cette soirée ? Du n’importe quoi !

J’estime que ce genre de soirée est inacceptable, surtout lorsqu’elle est en partenariat avec des structures culturelles réputées par leur sérieux.

blog JCM @ 20:50
Enregistré dans mots d'humeur
Le bus de la peur !

Posté le Mercredi 29 mai 2013

Comment une Société responsable des transports publics d’une grande ville peut-elle accepter de maintenir un tel chauffeur en activité en mettant ses passagers en danger ? Ce chauffeur de bus en question est affecté sur une ligne, il est vrai, au fonctionnement assez fantaisiste (horaires de passage allant de 20m à 45m d’attente, passage parfois aléatoire, parcours qui change etc..), mais est-ce une raison ?

Prenant au moins deux fois par semaine cette ligne, j’appréhende de savoir qui est au volant. Lorsque je vois notre cow-boy de service, je m’attends au pire. Ce jour, il a dépassé les bornes. Il a refusé de prendre une maman voilée avec ses deux marmots dans une poussette. Il a fermé les portes au moment où elle s’apprêtait à monter. Les passagers crient. Rien à faire, il démarre. Choqué par un tel comportement j’intervins en lui demandant d’arrêter et le pourquoi d’un tel comportement. Son silence fut déconcertant. J’avais vraiment l’impression qu’il était dans un autre monde. Inerte, affalé sur son volant, il continua à rouler doucement. Insistant fortement à haute voix, il réussit enfin à lâcher deux mots : « elle n’avait qu’à être devant la porte !». Quel aplomb ! Il avait arrêté les portes d’entrée de son bus juste devant le panneau de l’abri bus (ce qui interdit déjà un individuel d’entrer de front, mais encore moins pour quelqu’un les bras chargés ou avec poussette comme cette maman).

Ce même monsieur n’en est pas à son premier numéro de zèle. Il y a quelque temps, il a refusé d’ouvrir les portes à une dame qui voulait descendre. Brouhaha de protestation dans le bus. Nenni, il a continué. Un jour où il était en forme, il s’amusa à accélérer pendant plusieurs mètres puis à freiner brutalement pour un oui ou pour un non. Qui peut tenir debout (ou même assis) dans un bus en délire ? Personne. Protestation à nouveau des usagers mais rien n’y fait ; il n’entend rien et continue à s’amuser. Je pense à cette autre fois où il a roulé à grande vitesse dans une rue farcie de chicanes. Ce slalom nous avait effrayés. Parfois il s’amuse à rouler à la vitesse d’un escargot sans raison d’encombrement routier.

Face à de tels comportements, portant atteinte à la sécurité des passagers, que pouvons-nous faire ? Rien ! Attendre que la peur passe !

blog JCM @ 8:34
Enregistré dans mots d'humeur
Des personnesNâgées ou des personnesZâgées ?

Posté le Lundi 20 mai 2013

Mon oreille préfère, personnesZâgées. De toute manière quelle importance, on ne me demande rien et tout le monde se fout de ma prononciation et de la liaison de ces deux mots. Par contre, si un jour je suisZélu à un poste important lié avec ces personnes là, je ferai bieNattention lors de discours et d’interviews de bien faire la liaison. En ce jour de lundi de Pentecôte, l’actualité aidant, puisqu’on ne peut plus évoquer cette journée sans parler des personnes âgées,  c’est alors que jaillit ce bouquet de magnifiques liaisons dans la bouche de notre Ministre chargée de nos anciens : les personnesNagées par ici, les personnesNagées par là comme s’il y en avait qu’une seule… Dit-on personnesNadultes ? Je respecte son choix, chacun ses bonnes et ses mauvaises liaisons. Je dis bien maisZalors et pasZencore…alors que personne ne les fait…Ne sommes-nous pas dans un pays de liaison libre ?

blog JCM @ 16:52
Enregistré dans mots d'humeur
Le ciel tombe sur leurs têtes et après ?

Posté le Lundi 6 mai 2013

Je suis ahuri ! Dans le tram, tout en roulant, une plaque arrondie du plafond est tombée dans le dos de trois passagers assis sur les places situées de côtés. J’étais en face. Rien que le bruit de la chute aurait pu effaroucher un troupeau de mille moutons. Par contre, aucun effet sur nos moutons urbains, rien ! C’était presque normal. Je ne dis pas qu’il faille hurler ou s’accrocher au col du voisin ou encore sauter dans ses bras de peur, mais simplement réagir. Un minimum est demandé (rien que pour créer de la communication entre les passagers). Quelques voyageurs ont fait arrêter le tram et le chauffeur s’est rendu sur les lieux de la chute où nos trois personnes étaient toujours assises impassibles. Elles devaient se demander presque pourquoi on s’intéressait à leur dos. « Vous êtes blessés ? » demanda le chauffeur. Silence absolu. Pas de réponse.Le chauffeur regagna son poste, le tram redémarre et à la station prochaine nous fit tous descendre pour regagner le dépôt. Sur le quai, discussion et commentaires épars. Nos trois passagers sont là immobiles. Seraient-ils encore sous le choc, assommés ou se seraient-il rendus compte de rien ?

blog JCM @ 15:46
Enregistré dans anecdotes
A l’Opéra de Bordeaux : Orphée au(x) paradis !

Posté le Jeudi 18 avril 2013

Quel courage à Laura Scozzi d’avoir osé s’attaquer à la mise en scène de cet ouvrage d’Offenbach « Orphée aux enfers ». Chaque fois que j’ai essayé, au fil de nombreuses années, d’assister à une production ce cet opéra-bouffe, je me suis terriblement ennuyé. Où sont les airs ? Les morceaux de bravoure ? Les beaux ensembles de choeur ? Tout ce que l’on trouve avec bonheur dans la Périchole, Barbe bleue, la Belle Hélene… est ici, dans Orphée aux enfers, décousu, haché, disloqué. Pour un metteur en scène, ce doit être la galère. Mais paradoxalement cet ouvrage les attire ? La thématique ?

A l’Opéra de Bordeaux avec Laura Scozzi nous sommes au(x) paradis. C’est un festival de tableaux, tous plus riches les uns que les autres. Des trouvailles à la pelle. Des clins d’oeil à quelques sujets sociaux et économiques internationaux abordés avec  beaucoup de goût et de délicatesse. Chez elle, ce ne sont pas des gags mais de multiples scénettes théâtrales musicales, qui se chevauchent et se succédent à une vitesse folle. Une véritable fourmilière. On ne sait pas quoi et où regarder. Laissez vos jumelles chez vous, elles ne vous serviront à rien. Le temps de fixer un personnage, il est déjà passé et c’est un autre qui prend le relais. Cet ouvrage est tellement ennuyeux, que seuls des talents comme elle, peuvent tout sauver. L’acte se passant à l’Olympe, transposée en maison de retraite pour grabataires très avancés, est un moment d’anthologie. C’est un bijou. Les chanteurs du choeur de l’Opéra de Bordeaux s’amusent follement, et nous amusent. On n’est pas dans du divertissement gratuit de fêtes de fin d’année, mais dans de la véritable expression théâtrale intelligente où tous les corps de métiers techniques (éclairage, maquillage, accessoires…) et tous les facettes de l’art vivant (théâtre, chant, danse, figuration, cirque) trouvent leurs places. Du merveilleux travail de comédie musicale. Merci Madame pour ce beau cadeau. Si je passe sous silence les voix, c’est qu’elles sont à mon goût un peu en dessous de le force scénique, dommage ! A part celle d’Eve Christophe-Fontana dans le rôle de Diane, qui domine le plateau féminin par une voix puissante, claire et timbrée.

Même si par ses mises en scène Laura Scozzi dit qu’elle aime provoquer, quitte a recevoir quelques huées, son talent nous guette à chacune de ses productions. Rendez-vous l’an prochain Bordeaux avec les Indes galantes de Rameau. Ca va décoiffer !…

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 23:23
Enregistré dans critiques lyriques
Salomé à l’Auditorium de Bordeaux : l’acoustique dans une cuve !

Posté le Lundi 25 mars 2013

Même si toute l’action se déroule parmi les cuves dans le chai d’un grand Château viticole, pourquoi la musique et les voix, tout au moins pendant la toute la première partie de Salomé de Richard Strauss, résonnent-elles avec autant de flous, d’imprécision et de saturation ? Par moment, c’est carrément insupportable. Je n’ai pourtant pas l’impression que l’orchestre jouait particulièrement fort. L’entrée de Salomé est inaudible. Le décor très boite y est-il pour quelque chose ? Une véritable cuve de résonance.

Heureusement, dès les premières mesures de la « danse des sept voiles », tout semble revenir à la normale comme si mes tubes auditifs étaient mieux réglés ou comme si une décantation dans les cuves venait d’avoir lieu. La partie orchestrale, élément primordial dans cet opéra, trouve enfin dans cette immense fosse enfoncée sous le plateau, toute l’énergie et la subtilité Straussienne. Kwamé Ryan et sa centaine de musiciens nous emportent. L’acoustique cette fois-ci opère, car toutes les notes de chaque instrument jaillissent de la fosse comme un feu d’artifice. Il y a donc un problème lorsque les voix sont là. Les chanteurs ne méritent vraiment pas ce traitement.

La magnifique mise en espace, très imbibée de la signature Dominique Pitoiset, est passée comme une lettre à la poste. C’est vrai que dès que l’on parle de vin et de réception mondaine dans des chais de grands Châteaux, le public bordelais se retrouve et semble se sentir chez lui. Cette transposition glaciale est fluide et très efficace, à part la scène de la danse  que je n’ai pas du tout aimé. Cousue de fil blanc, elle se devine dès le début de l’ouvrage. Je trouve ce flashback vidéo réalisé spécifiquement pour le casting de cette production, montrant le côté malsain de la relation Hérodes/Salomé enfant, un peu facile. Par ailleurs, si cette production voyage (ce que je souhaite vivement), je ne vois pas chaque maison d’opéra réaliser une séquence filmée en fonction de sa distribution. J’avoue ne pas trop apprécier ce genre de personnalisation liée à un chanteur ou à un lieu.

Cette entrée de production d’opéra (et j’espère d’opéra/concert) dans ce nouveau lieu est prometteuse, à condition de tenir compte  de cet inconvénient de saturation lorsque la musique et les voix se rencontrent. J’avais déjà fait cette même remarque lors d’un précédent  concert avec les choeurs en fond de salle. Il y a très vite un effet cuve…

Nota : « il faut que l’oreille s’habitue à l’acoustique, en y venant plusieurs fois, on s’y fera ! »,  me dit une des responsables de l’Opéra. Aussitôt dit, aussitôt fait me voilà parti pour deux Salomé de plus. Choux blanc ! Mes oreilles, rebelles, ne peuvent pas s’y faire. J’ai aussitôt pris rendez-vous avec un oto-rhino-laryngologiste afin de lui expliquer mon handicap auditif chaque fois que je suis dans l’auditorium de Bordeaux pour entendre voix et musique réunies. Comme remède, il nota sur l’ordonnance « Changer de place, ne prendre jamais la même ». Il me précisa que le remboursement des places par la SS ne peut pas être envisagé. C’est ce que je fis. Un coup côté cour (avec un S, faute indélébile sur les plans de l’Auditorium ?…)  un coup côté jardin, un coup de face. Sur les quatre représentations de Salomé, j’en ai vu et entendu trois, en changeant chaque fois de place (sur les conseils de mon médecin).

Afin que le diagnostic de mon tuyau auditif soit complet, j’ai foncé à Montpellier assister au concert de l’opéra le Roi d’Ys d’Edouard Lalo dans l’immense vaisseau musical qu’est la salle Berlioz du Corum. Installé au dernier étage, j’ai tout perçu dans une force, une perfection des sons et des notes, exemplaire. Toutes les voix, même les plus faibles arrivaient dans une clarté absolue. J’étais sauvé !

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 8:51
Enregistré dans critiques lyriques
1...56789...18