Les Ballets Trockadero de Monte-Carlo : le bonheur fait mâle !

Posté le Mardi 12 octobre 2010

ll y avait bien longtemps que je n’avais pas assisté à un spectacle de ballet aussi vibrant, entraînant le public dans un tourbillon de bonheur. Il fallait observer la tête des gens aux entractes et à la sortie, souriants, détendus, joyeux. Certes, la plupart avaient déjà entendu parler de cette magnifique compagnie, ou vu le spectacle ailleurs qu’a Bordeaux. Il faut dire que cette compagnie à l’originalité implacable d’être composée uniquement d’hommes. Elle a été créée en 1974 et tourne dans le monde entier. Comme beaucoup de « balletomanes », je connaissais certaines extraits de ce spectacle par des images filmées et photos. Les voir sur scène, c’est un feu d’artifice d’humour dans une perfection de technique et de performances réalisées. Le public bordelais semblait recevoir comme par enchantement un piqûre de rappel de comportement d’amateur de spectacles de danse. C’est ainsi que je me suis revu lors de ces grandes soirées de ballet au Grand Théâtre lorsque le public applaudissait à tout rompre les diverses figures à l’intérieur de tel ou tel pas de deux et autres figures. Aujourd’hui malheureusement, et je le déplore, rares sont les gens qui applaudissent les performances d’une danseuse en plein fouettés ou celles d’un danseur en pleines envolées. Aussi, ce fut ce soir, un bonheur collectif unanime, rarement senti dans un théâtre, pour un spectacle de danse.
Les « Trocks », le diminutif de cette compagnie, avait couché dans le programme, un extrait de l’acte II du Lac des cygnes, le Grand pas classique, le Go for Baroco, la Mort du Cygne et Paquita, Mais, qu’est ce qui fait que cette compagnie nous chavire dans le rire et dans l’admiration ? C’est que leur professionnalisme dans la technique et dans l’expression scénique sont au zénith. Lorsque un danseur, au gabarit frôlant les videurs de boites de nuits, en tutu sur les pointes, fait un sourire ou lance une œillade avec une légère exagération, la salle est en délire et il continue de danser. Le régal ! Tous ces effets de quelques dixième de secondes font tilt à tous les coups. Et je ne parle pas du clou de la soirée avec l’inénarrable danseur dans la Mort du Cygne et ses plumes qui, sortant de son tutu, tombent au sol en toute innocence. C’en est même très émouvant. Il faut avoir vu ce spectacle au moins une fois dans sa vie. Bravo ! »
Jean-Claude Meymerit
Source : www.paysud.com
12 octobre 2010

JCM-Bordeaux @ 22:33
Enregistré dans autres critiques
La Carmen de Bordeaux : « bel ennui dans un écrin »

Posté le Lundi 27 septembre 2010

Pourquoi me suis-je autant ennuyé à la représentation de la nouvelle production de Carmen au Grand-Théâtre de Bordeaux ? Il faut dire que la direction d’orchestre (Christian Orosanu) m’a assez dérouté (dès l’ouverture). J’avais l’impression d’être sur le divan de mon « psy » me lisant Marguerite Duras! On nous avait fait miroiter que cette production de Carmen baignait dans la violence. Déjà musicalement, c’est raté. On philosophe musicalement. De plus pourquoi avoir choisi cette version opéra comique avec des dialogues interminables souvent mal projetés par les artistes. Personnellement, je suis un inconditionnel de la version avec récitatifs de Guiraud. Je reste persuadé que cette production aurait été plus forte dans cette version.
Il faut dire que la distribution pose aussi interrogation. Qui était vraiment dans la peau du personnage ? Carmen (Janja Vuletic) est belle, grande et fine. Ses poses sont toutefois trop souvent calculées. On devine toujours ce qu’elle va faire. Dommage ! Un peu plus de chien, de charme, de « niaque » auraient été les bienvenus. Comme dans sa voix : c’est bien fait, le timbre est beau mais le petit « plus », manque. Elle chante Carmen mais elle n’est pas Carmen. La prise de rôle de Gilles Ragon en Don José m’a laissé complètement hermétique et sans aucune réception d’émotion. A force de vouloir tout chanter ne risque-t-il pas de fatiguer son public? Où est cette passion intérieure, cet amour fou, cette jalousie extrême dans le duo final, face à l’abandon de Carmen ? A part la gesticulation… Mais le pire est Escamillo (Michael Chioldi) voix sans puissance, timbre sans saveur, projection curieuse laissant une sensation de déplaisir. On n’a pas envie d’écouter. Même le jeu n’est pas au rendez-vous. Il s’ennuie et nous ennuie. Quelques « hou » en guise de fleurs l’ont accueilli au salut.
Heureusement qu’un rayon de soleil apparut en la personne de Alketa Cela dans le rôle de Micaela. Ouf ! En l’écoutant on est enfin à l’opéra. Plénitude de puissance dans la voix avec beauté, phrasé, nuances et méduim. C’est beau, c’est chaud, c’est puissant. Elle y croit. Elle est Micaela ! Parmi les seconds rôles, qui dans Carmen ont des places indispensables, je voudrais mettre l’accent sur la jeune Diana Axentil dans le rôle de Mercedes. C’est rond, charnel, puissant avec le charme en plus.Même les choeurs, qui sont comme à l’accoutumé à la perfection de leur art, semblaient être gêné de temps en temps par la lenteur de l’orchestre. On aurait souhaité qu’ils explosent et fasse vibrer leur joie, violence et peur comme ils savent le faire à l’unisson de leurs voix. Pourtant, cet ennui général que j’ai subi le long de ces quatre actes, n’aurait pas dû exister car côté mise en scène, tous les chanteurs avaient l’écrin idéal pour se lâcher. Or, tout dans cette production semble retenu.Transposé l’action à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, pourquoi pas, car tout est imaginaire. Laurent Laffargue a visé juste et sa Carmen est porteuse de superbes images même si quelques éléments de décors semblent pauvres. Est-ce deux barrières qui font obstacle aux débordements de la foule ? Est ce trois poches-poubelles éclatées qui font bidonville ? Est-ce quelques légers cartons posés sur une remorque, demandent autant de main-d’oeuvre à la frontière ? Ces quelques mesquines remarques n’entravent en rien cette riche mise en scène qui aurait dû permettre des débordements de jeu en tension amoureuse, violence…. Le plateau nu du dernier quart d’heure, couvert de pétales rouges, est superbe de simplicité et de force. Malheureusement, dans cette efficace mise en scène, tout le monde reste sur la réserve et tout s’étire. On s’enlise dans l’ennui. Il faut le faire, dans Carmen !
Jean-Claude Meymerit
Source :

http://www.paysud.com

JCM-Bordeaux @ 18:11
Enregistré dans critiques lyriques
La chevalière au miroir

Posté le Samedi 7 août 2010

Il faut vite courir l’acheter (ou le voler) et le lire sans en sauter un seul mot ! Ce pertinent et très intelligent livre de Zoé Shépard (Aurélie Boulet de son vrai nom, puisque tout le monde le sait), est édité par Albin Michel. Quel régal !
Sans flatterie facile de ma part, je suppose que, si son plumage ressemble à son ramage, cet auteur est le (la) phénix de notre pays. Il ne faut surtout pas lire cet ouvrage d’une seule traite. C’est comme déguster le must des desserts d’un seul coup de cuillère. Il doit se lire par tous petits morceaux en se léchant les babines à chaque phrasé. Que c’est drôle et caustique ! Et pourtant le sujet est très grave. Et comme il est vrai ! Comment faire 35 heures de travail dans un mois ? Si, dans le train, vous voyez des gens sourirent ou rirent aux éclats, c’est qu’ils ont entre les mains ce volcanique livre intitulé « Absolument dé-bor-dée ou le paradoxe du fonctionnaire ».
Ce bijou concerne un peu plus de cinq millions de fonctionnaires français. Même si on soustrait le million de personnel hospitalier, il reste un peu plus de quatre millions d’agents de la Fonction publique d’Etat et Territoriale qui devraient se sentir interpellés. Combien, parmi cette population, oseront se reconnaître et témoigner ? Cet environnement et cette incompétence collective moutonnière résonnent toujours très fort dans ma tête : pointeuse, management, cadrage, formation, évaluation, groupes de travail,…tous ces mots qui depuis une dizaine d’années fleurissent et se prolifèrent comme une crise d’acné sur le visage de mon petit voisin de palier et qui comme pour l’auteur, sont insupportables à entendre, à écrire et surtout à vivre au quotidien.
Bien sûr, la résistance est la seule arme contre ce mascaret dévastateur qui veut nous faire croire que tout cela est utile et bénéfique pour le développement du service et pour l’épanouissement de l’individu. Foutaise ! Pour exemples : mise en place d’un audit dans un service, de quarante personnes, qui ne fonctionne plus, dix huit mille euros encaissés par la consultante en management de statut privé et de surcroît femme du Boss principal, pour tout simplement accoucher, au bout de plusieurs semaines, d’une synthèse de niveau d’école maternelle sans redoubler : il faut changer le chef de service. Comme application, mis au placard de ce dernier avec salaires et primes de haut niveau et une mission bidon pour couverture. Un autre cadre avec une fonction bien définie, absent physiquement de son lieu de travail pendant plus de quatre mois (car sans travail), sans inquiétude de la hiérarchie, ni comptes à rendre à son retour, comme s’il était à son bureau tous les jours. L’indifférence totale ! Une honte ! Ou encore, le recrutement d’un cadre devant apporter un soutien juridique sur tous les dossiers locaux, nationaux et internationaux. Dès que ce cadre signale un dossier non conforme à la législation ce n’est pas la personne qui l’a monté qui doit le corriger mais c’est ce juriste qui reçoit une remarque de son supérieur. Ses entraves dans les rouages administratifs de copinages font que ce cadre a été mis au placard à l’age de trente ans, alors que recruté spécifiquement pour cette mission. Un autre recrutement absurde et inutile : après un choix très difficile qui a failli ruiner l’industrie pharmaceutique, la manip a été d’ajouter à un service qui fonctionnait sans accroc, une tête supervisante et entreprenante de haut niveau, force de propositions de management dans le secteur de la gestion des ressources humaines. Résultat, le choix s’est porté sur un cadre administratif qui avec un sourire continuellement bloqué de quelqu’un qui vient d’attraper pour la première fois la queue de Mickey dans le manège de son village, démontre tous les jours ses facultés implacables d’analyses et de synthèses d’où son surnom : « 1+1 = 2″. La liste n’est malheureusement pas exhaustive, elle contient d’autres merveilleuses perles de luxe payées généreusement par le contribuable : on ne doit pas réclamer du travail à son supérieur car c’est considéré comme du harcèlement moral. Avoir osé cette démarche outrageuse à l’égard de son supérieur a valu au responsable d’une mission d’être mis sur la touche. Un autre cas : attendre plus d’un an (avec relances) la réponse à une question basique de logistique adressée par mail au plus haut placé dans la hiérarchie à quelques centimètres du bureau du demandeur. Ce n’est que lorsqu’il a changé d’ordinateur afin de posséder les derniers nés en outils électroniques périphériques à usages plus personnels que professionnels, qu’il s’est rendu compte que des messages étaient en attente. Et bien sa logique a voulu que des réponses soient tout de même apportées sans tenir compte de l’urgence et du délai déjà très…avarié ! Malheureusement, pendant un an, le travail n’a pas pu se réaliser. Etc…etc…
En lisant le livre de Zoé Shépard, on est très en colère. Même si le style d’écriture est très ironique, caricatural (à la Tati) et très théâtral, le fond est là et bien là, sur une toile de fond dramatique. Quoi faire contre toutes ces incompétences entretenues sournoisement et hypocritement protégées par les grands dirigeants ? Rien ! Ou si, lire ce livre et vite le prêter très rapidement à d’autres fonctionnaires. Peut-être une prise de conscience collective arrêtera cette hémorragie de création de postes-cadre à fausses responsabilités, instaurés artificiellement pour afficher un faux-semblant de modernité, d’efficacité et de développement au détriment de tous ceux et celles qui sont obligés d’exécuter et de se taire.

JCM-Bordeaux @ 20:31
Enregistré dans autres critiques
Pourquoi un blog ?

Posté le Samedi 31 juillet 2010

Il y a des gens qui vivent sans regarder autour d’eux, il y en a d’autres qui vivent en regardant toujours autour d’eux, j’en fais partie : ce sont mes ANECDOTES.

Depuis l’âge ado, je suis shooté à l’art lyrique, pourquoi ne pas en faire profiter ceux qui n’ont pas toujours l’occasion de se rendre dans des grandes salles d’opéra ? : ce sont mes CRITIQUES LYRIQUES.

D’autres formes artistiques me tiennent beaucoup à coeur, je tiens à vous en faire part : ce sont mes AUTRES CRITIQUES

Faute de débats publics sur les pratiques artistiques et culturelles, où le consommateur pourrait s’exprimer : ce sont mes REFLEXIONS

Les contradictions et les injustices du quotidien me font parfois bondir : ce sont mes MOTS D’HUMEUR.

Bonne lecture

Jean-Claude Meymerit

contact courriel : jean-claude.meymerit@orange.fr

JCM-Bordeaux @ 23:51
Enregistré dans pourquoi un blog ? et contact
Peut-on organiser une famille comme une PME ?

Posté le Samedi 31 juillet 2010

Même si toutes les familles et toutes les petites et moyennes entreprises ont des spécificités liées aux structures et aux personnes, peut-on appliquer aux deux les mêmes règles de fonctionnement et de management ? Personnellement, je ne le pense absolument pas. Des différences fondamentales créatrices sont présentes dans ces deux assemblages d’hommes et de femmes. Autant l’un est basé sur des valeurs d’émotions, de filiation, de génétique, d’appartenance, autant l’autre est basé sur le profil financier essentiellement avec des touches humaines plus ou moins fortes que l’on appelle ressources humaines ou culture d’entreprise.
Si, dans une famille, la notion du rôle traditionnel de patriarche se perd, il est à regretter cependant la perte de plus en plus marquée de passation de connaissances et de patrimoine aux générations futures. Ce constat est le seul parallèle qu’il y ait avec l’entreprise. Lorsqu’un employé prend sa retraite, il a rarement la joie et l’honneur de transmettre à son nouveau collègue remplaçant, les astuces, les rouages, la culture de son travail et sa place dans l’entreprise qu’il quitte. L’époque et la technologie sont là pour le pousser à tourner la page avec des comportements et décisions des dirigeants plus proches du dédain et mépris que du respect. Dans une famille, s’il n’y a pas de transmission dès le plus jeune âge, l’aïeul s’éteint avec tout son patrimoine. Il ne faut pas dire que le patrimoine actuel de nos aînés soit plus pauvre que ceux des générations antérieures, non ! Il est tout simplement plus tardif car lié à une espérance de vie plus longue. L’inter génération tant proclamée par tous est loin d’être appliquée au sein de la famille.
Dans une famille, les liens ne sont pas dans le pouvoir de l’argent et la rentabilité ni dans une stratégie de hiérarchie. Les bases sont la tendresse, le respect et l’éducation portés aux enfants, aux petits-enfants et aux parents en fonction de la place occupée par chacun au sein de la famille. Cependant ces bases ne sont pas imposables ni dictées par un quelqu’un de la famille. Elles sont en chacun de soi gérées par ses propres émotions et ressentis. On appelle ce phénomène « l’esprit de famille ». Un grand père qui n’éprouve pas de sentiments exacerbés pour ses petits-enfants, qui ne sent pas concerné par ce statut de grand parent, qui n’a pas de possibilités logistiques adaptées ou tout simplement ne peut pas s’entendre se faire appeler « papy » doit-il être obligé de se plier à des contraintes imposées par les autres membres de la famille, sous prétexte qu’il existe, à deux sous, des kits de management et d’évaluation ? Voire à devoir changer son comportement pour répondre à certains critères imposés afin d’être digne d’avoir une fonction de grand père ? Dans une entreprise, le licenciement, la mise au placard, les responsabilités diminuées sont toujours omniprésents etc.. Dans une famille, heureusement non ! La force des relations familiales se font dans la spontanéité, dans les moments présents, sans calcul ni manigance. Aussi, le management dans une famille me semble fou, extrémiste, totalitaire et complètement en anachronisme avec les fondements de celle-ci. Il ne peut pas y avoir de règles et de stratégies de management dans une famille. On est « famille » ou l’on ne l’est pas, avec une palette de degrés intermédiaires. Les autres membres doivent accepter ces différences et réciproquement. Il ne doit pas y avoir dans une famille un nivellement dans les pensées et dans les manières de se comporter. C’est contre la nature biologique humaine qui constitue le relationnel des groupes liés par le sang. L’entreprise, elle, développe des stratégies de management qui met un peu en sourdine l’être humain. Dans une famille, il ne peut pas y avoir un management d’entreprise car il n’y a pas d’obligation de résultats. Par contre, il y faut de l’écoute, du respect, de la tolérance et de l’amour. N’est-ce pas là beaucoup plus dur ?

JCM-Bordeaux @ 23:48
Enregistré dans mots d'humeur
L’Art des jeunes dans un écrin bordelais à la saveur berlinoise !

Posté le Jeudi 8 juillet 2010

Qui aurait imaginé, il y de cela seulement quelques années (2003) que la caserne Niel, ce haut lieu militaire, installé à Bordeaux Bastide depuis 1877, devienne le temps de quatre jours (du 1 au 4 juillet 2010), l’écrin d’une rencontre artistique des plus passionnantes et des plus populaires « Imaginez maintenant ». Il était impossible de tout voir et de tout entendre (concerts, arts plastiques, théâtre, cinéma, cuisine, photographie, conférences…) Plus de 120 créateurs et 11 formations occupaient l’allée centrale et les principaux magasins généraux de cet inclassable lieu.

Lorsque nous franchissons le portail de ce site, on voit surgir aussitôt des images et l’émotion que l’on éprouve à Berlin dans le mythique lieu culturel Tacheles. La comparaison s’arrête là, car du côté germanique, l’occupation « coup de poing en 1990″ par les artistes de Berlin avait pour but d’empêcher la démolition de cet illustre bâtiment porteur et reflet d’une situation politique, sociale et culturelle de l’époque. Du côté bordelais, on se trouve, sur une faible partie seulement des bâtiments, sur une nouvelle affectation de cette ex-caserne militaire par un projet unique et original d’éco quartier. Les autres espaces libres n’ont pas encore de nouvelles affectations. Ce site bordelais d’une force architecturale extraordinaire est chargé d’une âme et d’une ambiance peu communes semble être voué à l’Art.

Pendant ces quatre jours, la fête était au rendez-vous. Brassage de générations et volcan d’interventions artistiques. Où tourner la tête ? Un peu perdu, peut être par manque de lisibilité « grand public » dans la programmation, je me suis laissé entraîner, là par une voix, là par un instrument de musique, là par un rideau rouge, là par des applaudissements. Tout compte fait je n’ai rien suivi de logique, mais j’ai vécu intensément ces quatre jours avec ma et dans ma propre démarche contemporaine. Je suppose que les artistes présents auraient préféré rencontrer d’éventuels acheteurs ou signer des contrats. Mais le public n’a-il pas aussi un rôle à jouer dans la réussite d’une performance ou d’une prestation artistique?

À la clôture de cette manifestation, suite à une énergique prestation musicale chorale, les regards du public s’entrecroisent comme pour dire : « c’est fini ? ».

Même les organisateurs au micro, n’ont pas trouvé d’autres mots. Dommage ! On aurait eu aimé entendre de leurs bouches , “ce site est magique et idéal pour la création artistique contemporaine il faut lui donner cette dimension culturelle », ou bien « rendez-vous sur ce site au plus vite pour d’autres manifestations de ce style ».

J’ai un faible pour ce genre de manifestations où l’on côtoie des tous petits sur les épaules des parents, des habitants voisins, des gens connus et reconnus venus en famille un verre de bière à la main, des artistes se préparant en public, essayant leurs voix, leurs instruments, etc… Voilà un bel exemple de rencontre culturelle populaire, d’expérimentations, d’échanges et de festivités dédiées à la création contemporaine.

JCM-Bordeaux @ 20:15
Enregistré dans autres critiques
J’ai rencontré Jules Renard !

Posté le Mercredi 7 juillet 2010

Dans le cadre de l’exposition Cow Parade 2010, une vache parmi tant d’autres est installée à l’entrée du Musée d’Aquitaine à Bordeaux. Haute sur pattes, la tête en arrière, deux belles cornes élancées et les pis bien en vue.
Depuis le tramway, Deux jeunes filles commentent cette oeuvre :
- tu es sûre que c’est une vache ?
- sûre, regarde les tétines !
- mais non, je te dis que c’est un taureau !
- à quoi tu le vois ?
- elle a des cornes, donc c’est un taureau.
PS : Jules Renard dans ses « Histoires naturelles » disait ceci : Les femmes reconnaissent un taureau aux poils frisés qu’il a sur le front.

JCM-Bordeaux @ 21:31
Enregistré dans anecdotes
Ma gueule a encore frappé !

Posté le Dimanche 13 juin 2010

Décidément ma gueule ne revient pas, et pourquoi ? Qu’est ce qu’elle a ma gueule ? Elle n’est pas si mal que ça ma gueule et bien non ! Je viens d’être à nouveau confronter à une situation des plus curieuses et des plus insultantes (lire texte dans le blog sur l’aventure de Londres, ).
Comme très souvent, je fais mes quelques achats basiques vitaux alimentaires dans les supers marchés qui croisent mon chemin. Ce soir là vers les 18h j’étais en avance sur un rendez-vous, je décide de faire quelques emplêtes dans le Simply Market Benauge à Bordeaux. Je prends mon panier en plastique aussi lourd vide que plein et circule de rayon en rayon, car j’avais du temps devant moi. Autant le passer intelligemment à lire les étiquettes. On apprend plein de choses et en particulier la géographie. Par exemple que les fameuses pommes grises appelées par cette enseigne « pommes du Canada » sont bien affichées en gros : provenance France. Après avoir capté trois ou quatre produits, je passe à la caisse et là, stupeur de la caissière qui me fixe comme si elle venait d’avoir une apparition ou un coup de foudre : « vous avez un sac à dos » ? Et bien, oui Madame, pourquoi ? « c’est interdit », me dit-elle ! Et si je le porte à la main ? « là oui, vous pouvez ! Vous ne pouvez garder un sac à dos que si à l’intérieur il n’y a que du matériel informatique ! »….A cet instant, toutes mes logiques d’homo-sapiens s’écroulent. J’ai préféré ne plus discuter avec cette caissière car je ne comprenais plus rien et j’avais peur d’être très désobligeant. Seulement voilà, ce que je ne savais pas, c’est que mon auguste personne avait été repérée par les caméras du magasin et dès que j’ai remis ma carte bleue dans mon sac, un vigile me saute dessus en m’accusant d’avoir volé quelque chose. Situation facile à gérer croyez-moi ! La honte ! « ouvrez votre sac ! » me dit-il avec un air de petit roquet qui vient de trouver un os à ronger. Vous m’accusez d’avoir volé ? C’est vrai que j’ai une gueule de voleur des grands chemins. Il me rétorque : « vous savez il n’ y a pas d’âge et de tête pour voler ». Rebelote. Et il me site une anecdote qui venait de se passer une heure avant : une femme serait passé à la caisse avec un steack sur la tête sous un chapeau et comme le sang coulait le long de ses tempes elle s’est faite crochée. Je ne voulais pas rire devant lui car j’étais toujours sous le choc de la colère mais je trouve cette anecdocte très drôle.
Mais mon histoire n’est pas fini. Il me signala, toujours avec une voix bien placée dans les octaves du haut et les yeux prêts à m’envoyer une charge de révolver, que s’il ne m’avait pas arrêté c’est lui qui se se ferait réprimander par la Direction et qu’il aurait été viré. Voulant un peu m’appitoyer sur son sort face à un tel argument à faire pleurer les ménagères de onze heures, j’ouvris mon sac à dos et là fou de joie, il découvre l’objet soi-disant volé : « voyez et ça ? » dit-il tout émoustillé. Mais Monsieur, lui dis-je, il s’agit d’une poche de bombons/médicaments que j’ai d’acheté cette semaine dans une pharmacie allemande, aussi cela m’étonnerait que vous en ayez en rayon et de plus à moitié vide. Comme il s’est trouvé un peu con, il est resté sans voix et il est parti sans excuses et sans un mot. Comme toujours dans ce genre de situation, le Directeur n’était pas là, l’adjoint qui me connaissait de vue avait subitement une urgence et le comble un couple de petits vieux qui assistait à la scène comme devant leur télé, commence à me sermonner, comme quoi c’est normal d’être arrêté lorsqu’on vole et que je n’ai pas à rentrer dans un magasin avec un sac à dos, etc… Encore une logique implacable. Je suis sorti de ce super marché écoeuré, choqué et en même temps bien éclairé. Comme ce magasin est situé en zone dite « sensible », le Directeur aurait parait-il multiplié les contrôles et la répression en instaurant une réglementation qui tient plus de la provocation et de l’invitation à se rebeller que de jouer sur un vrai dialogue de confiance avec les habitants du coin. Il est vrai que ce sentiment de rébellion m’a habité quelques instants. Je peux comprendre que quelqu’un d’une « grande fragile sociale » qui se fait traiter de voleur ou tout simplement est suspecté devant tout le monde, ait envie de réagir. Ces procédés de suspicion comme les montre ce magasin ne favorisent-ils pas les tensions?
PS : qui peut m’expliquer la différence, entre un sac à dos sur le dos et un sac à dos à la main ou un sac à dos contenant du matériel informatique et un sac à dos contenant des dossiers et des livres (comme mon cas). Où est affichée cette réglementation des plus ubuesques ? Si le Directeur daigne me recevoir, il me donnera peut être la réponse. Il me tarde ! En attendant, je vais aller dans un autre supermarché tester ma gueule. Elle peut faire carrière….

JCM-Bordeaux @ 11:17
Enregistré dans mots d'humeur
Café noir au goût de racisme

Posté le Dimanche 21 mars 2010

Ce jour, je descends de ma chambre pour prendre un petit déjeuner dans la salle de l’hôtel. Ceci se passe dans un établissement très bien situé dans une petite ville de la Loire-Atlantique.
Le patron, une quarantaine d’années, me sert un plateau et s’installe pas loin de moi, à une table voisine, et me demande : « d’où êtes-vous » ? Je répondis, « de Bordeaux ». Aussitôt, en boomerang : « j’ai des choses à dire sur cette ville » et me dit : « il y a trop d’étrangers ». Pensant qu’il parlait des nombreux touristes de l’été, je lui pose la question : qu’est-ce que vous entendez par, « trop d’étrangers » ? Sa réponse : « je parle des étrangers qui y sont toute l’année » !
Complètement ahuri face à ce genre de remarque en plein petit déjeuner, par le patron d’une franchise d’hôtel, je reste sans voix. Je plonge mon croissant dans mon café (ou autre pâtisserie, je ne sais plus, tellement j’ai été surpris).
Ne répondant pas, il me développa la situation, comme quoi il y a trop d’étrangers en dessous d’une ligne Bordeaux-Lyon. Quelqu’un lui avait dit que dans une ville française au sud de cette ligne, un soir qu’il y débarqué, il n’avait pas vu un seul blanc autour de la gare…Par contre dans la petite dans laquelle il habite, il n’y a que des blancs…Aussi, il comprend très bien les scores du Front national dans une ville comme Nice etc, etc… Au lieu d’un petit déjeuner tranquille, je me suis coltiné un dégueulis d’idées et de positions puantes. Je ne pensais pas qu’un commerçant pouvait tenir de tels discours à des clients les voyant pour la première fois. Il est évident que je ne mettrai plus jamais les pieds dans cet hôtel et que je le déconseillerai auprès de tout mon entourage. J’aimerais savoir quel accueil il réserve aux clients qui n’ont pas sa couleur favorite !…

JCM-Bordeaux @ 0:08
Enregistré dans mots d'humeur
Y a t il un médecin dans la salle ?

Posté le Jeudi 18 mars 2010

Toux, éternuements, reniflements…pendant deux heures. Ce tintamarre des plus insupportables a eu lieu ce jour 18 mars au TNBA à Bordeaux. Mais quel virus circulait dans cette salle ce soir ? Même si ce genre de concert a lieu régulièrement dans toutes les salles de spectacles, j’ai vécu ce soir le pire. J’avais honte d’être spectateur. Les comédiens qu’en pensent-ils ? Entendent-ils ces tonitruances ? On peut être malade et aller au spectacle c’est évident, mais tous ces virosés ont-ils besoin d’amplifier les décibels de leurs cordes vocales. Ce soir nous avons même eu droit à de ces toussements plus près de gloussements et de beuglements. Dès qu’un démarre, aussitôt tous les jaloux font leur entrée en scène et toussent, éternuent, reniflent de plus belle. Je suis écoeuré par ce manque de respect. C’est vraiment la première fois que j’entends un tel concert.
Paraît-il que ce phénomène est une conséquence naturelle d’effet de concentration et de fortes émotions. Je m’inquiète, car moi qui n’ai pas toussé, éternué, cela voudrait dire que ce soir, je n’ai eu aucune émotion du spectacle donné ? En effet, peut-être !

JCM-Bordeaux @ 23:10
Enregistré dans mots d'humeur
1...151617181920