La Périchole à Bordeaux : comme un feu de paille!

Posté le Lundi 18 janvier 2010

Cela démarre fort !
Cette actuelle coproduction scénique entre Bordeaux, Toulouse et Lausanne a tous les ingrédients pour étinceler. Or, comme un brasier de paille, le spectacle démarre très fort pour s’éteindre assez rapidement. Au lever du rideau, la scène s’enflamme, décors aux formes tortueuses, fortes images déjà un peu vues mais toujours très efficaces. Les costumes sont époustouflants d’originalité par leurs multitudes et leurs particularités. À eux seuls, du lacet de chaussure à la coiffure légumière et florale, ils racontent tous individuellement une histoire. Monsieur Jean-Pierre Coffe je vous invite fortement à voir ce spectacle, vous serez aux anges. Que de légumes ! Que de légumes ! Il y en a partout et ils sont bio, car bien vivants et bien vitaminés grâce aux soins d’Omar Porras le metteur en scène et chorégraphe colombien. Ce qu’il impose à tous les choristes, danseurs, solistes c’est du rythme endiablé, du gestuel permanent qu’on aimerait voir plus souvent sur les scènes productrices d’opérettes, surtout que le plaisir semble être partagé par tous les artistes.
C’est à cet instant que l’on se dit : c’est gagné, je vais prendre moi aussi un immense plaisir jusqu’à la fin. Hélas, dès le second acte tout devient plus classique, plus conventionnel, pas de très grandes trouvailles, décors quelconques, toiles tendues entre les scènes comme au bon vieux temps. Quelques bijoux de gags chorégraphiques. Puis l’ensemble s’épuise, la machine rame, les effets scéniques s’amenuisent. Quel dommage ! Manque d’imagination du metteur en scène ? Non, sûrement pas. Et ce ne sont pas les effets d’artifice du final qui arrangent les choses. Comme lorsqu’un tas de paille est consumé et que l’on écarte le brasier : de multitudes feux follets jaillissent mais il n’y a plus de flamme. Dans sa dernière production à Bordeaux avec l’Elixir d’amour, Omar Porras avait, sur tout l’ensemble de l’opéra, une mise en scène plus homogène et plus efficace.
Côté distribution, j’ai un doute sur le rôle titre. Il faut une Périchole. Isabel Léonard est-elle une Périchole ? Malgré un chant très appliqué et soyeux, son volume de voix et son engagement paraissent bien trop réservés. Peut-être que mon objectivité n’est pas dans son meilleur jour : le Directeur de l’Opéra de Bordeaux, en préambule au spectacle, a rendu hommage à Maria Murano, décédée quelques jours auparavant. C’était une très grande Périchole et même si je ne l’ai pas entendu et vu sur scène dans ce rôle, j’avais en tête, son phrasé, son abattage et sa puissance vocale. J’avais aussi en souvenir assez récent, le jeu et le chant de la rayonnante et envoutante Marie-Ange Todorovitch .
Piquillo est le jeune ténor qui monte, Sébastien Guèze. Il aborde pour la première fois un rôle comique. C’est un vrai bonheur de le voir s’amuser et se démener tout en gardant la naïveté du rôle. Scéniquement et vocalement il est le personnage et avec le rodage de quelques représentations, il sera un succulent Piquillo. Je passe sur Macos Fink dans le Vice-roi qui ne s’impose pas assez et reste un peu en retrait (même vocalement). Je préfère dans ce rôle, des chanteurs au côté sanguin de chef d’état d’opérette à la sauce Molière (à Toulouse dans la même production c’était Jean-Philippe Lafont…).
Les trois cousines, complices et complémentaires à souhait. Du merveilleux travail. Le reste de la distribution est aussi de très haut niveau.
Cependant les triomphateurs de la soirée sont les ensembles de choristes, de danseurs et de musiciens de la fosse. Quelle leçon « offenbachienne » et quels engagements de toutes et tous. À la tête de l’orchestre un tout jeune chef Pablo Heras Casado. Même pour ceux qui ne connaissent pas bien la partition de la Périchole, on a pu repérer tout au long de la partition, grâce à ce Chef, quelques petites merveilles d’attentions musicales : fraîcheur, énergie, modernisme et respect.
Au rideau final le public bordelais ne s’est pas trompé. Il a fait jouer l’applaudimètre

Jean-Claude Meymerit
Samedi 28 Février 2009
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Le Chevalier à la Rose à Baden-Baden ou un bonheur n’arrive jamais seul !

Posté le Lundi 18 janvier 2010

Au Festspielhaus de Baden-Baden était affiché ce mercredi 28 janvier dernier « le Chevalier à la Rose » de Richard Strauss dans une distribution éblouissante : Renée Fleming en Maréchale, Sophie Koch en Octavian, Diana Damrau en Sophie sans oublier Franz Hawlata dans Ochs. Le tout dans la mise en scène de Herbert Wernicke déjà présentée à Salzbourg et à Paris.
La scène du Festspielhaus n’est pas celle de Bastille. Les décors-miroirs sont toujours aussi beaux mais fonctionnent moins bien autant visuellement que techniquement. Est-ce le trop grand nombre de choristes ou le peu de place, mais le tout semblait brouillon, serré et désordonné. Autant j’avais beaucoup aimé cette mise en scène à Paris, autant, ici, elle devient une non mise en scène et met en évidence certaines lourdeurs esthétiques (le lit du premier acte, une laideur visuelle….si c’est ça le lit d’une Maréchale, alors moi avec mon lit je suis Roi!) La scène finale, très efficace à Bastille est devenue ici sans efficacité d’émotion. Dommage !
Parlons des interprètes. Renée Fleming: la classe, la beauté, elle éclaire la scène mais est-elle vraiment une Maréchale ? Son éclatante jeunesse m’empêche de croire à son inquiétude de vieillir et semble être faite au contraire pour le jeune Octavian. Elle m’a semblé être en retrait aussi bien scéniquement que vocalement. Heureusement, son magnifique timbre velouté et suave est toujours là et nous émeut toujours autant. Avec une pincée de niaiserie et ses aigus superbement projetés, Diana Damrau en Sophie est très belle et très magnifique dans son élégante robe blanche.
Cependant, le plus beau cadeau offert au public de Baden se nomme Sophie Koch dans Octavian. On ne se lasse pas de l’écouter et de la voir jouer. Elle est Octavian. Quelle puissance vocale avec toujours ce timbre charnel et pur. A chaque apparition elle nous enchante. Ne parlons pas de son jeu, précis et efficace. Merci. Si on ne devait garder qu’une seule image de cette soirée mémorable, ce serai la scène de la rencontre de Sophie et Octavian tous deux vêtus de blanc sur l’immense escalier noir. Un délice pour l’oeil et l’oreille. Le bonheur aussi, avec Jane Henschel dans Annina. Son éternel abattage, et cette voix toujours à déguster avec bonheur. Comme si nous n’étions pas assez gâtés, et comme quoi un bonheur n’arrive jamais seul, la direction de l’opéra de Baden a engagé pour le minuscule rôle de l’Italien Jonas Kaufmann, le célèbre et le majestueux ténor actuel. J’ai cru à un rêve ! Oui c’était bien lui dans tout son éclat vocal et physique habituel. Son rôle se résume à un solide air de bravoure. Ovation et délire de la salle (quand je pense qu’à Bordeaux dans son intelligent et magnifique récital de mélodies, la salle du Grand Théâtre n’était remplie qu’au quart!). Dans la fosse, l’orchestre du Philharmonique de Munich conduit par Christian Thielemann a su comme toujours se glisser dans les méandres si onctueux de la musique de Strauss. Voilà un genre de soirée qu’il faut avoir vécu au moins une fois dans sa vie !

Jean-Claude Meymerit
Vendredi 6 Février 2009
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A Bordeaux, deux Tosca sinon rien!

Posté le Lundi 18 janvier 2010

Deux distributions de Tosca en alternance. Comment choisir une plus que l’autre? Le mieux est d’assister aux deux. C’est ce que j’ai fait les 22 et 23 janvier derniers.
Et c’est à l’issue des deux soirées que tout s’embrouille, laquelle ai-je préféré ? Ah ! si on pouvait prélever les voix de certains chanteurs et les mettre sur les corps des autres, ou vice versa.! Seulement voilà !
Tant pis je vais essayer.
Comme chacun le sait, cet ouvrage de Tosca c’est trois voix, trois tempéraments, le tout dans une modération et une alchimie obligatoires de jeu théâtral et de chant. Notre première Tosca (Catherine Naglestad) exagérément généreuse en voix ,est entièrement habitée par son rôle de star hollywoodienne des années 50 – il faut la voir jouer de son étole blanche – Notre autre Tosca (Claire Rutter), elle, godiche à souhait dans ses gestes de diva, fagotée à la va-vite comme si elle avait récupéré des bribes de costumes, juste avant d’entrer en scène. Quelle laideur ses costumes et mal portés! Comme quoi l’habit ne fait pas Floria. Mais elle possède une voix plus subtile et plus adaptée au personnage avec une sincérité amoureuse pour Mario plus prononcée que sa consoeur.
Bryan Hymel un des deux Mario est plus engagé que son confrère avec une présence plus naturelle et plus spontanée mais avec dans la voix des sons comme des billes dans la gorge. Alfred Kim, lui, possède une projection et un timbre à l’italienne qu’on aime toujours entendre dans ce rôle de Mario. Quant aux Scarpia, Peter Sidhom en a le cynisme, l’ambiguïté et la sauvagerie sado-masochiste voulue par le metteur en scène, mais il donne l’impression plus de parler les notes que de chanter les mots. Jean-Philippe Lafont, lui, a toujours cette voix chaude, volumineuse, imposante, mais…. les années passent. Aussi avec ces deux fois trois personnages, qui choisir et qui apprécier le mieux ? Un conseil : il faut voir les deux distributions. Elles donnent paradoxalement une vraie dimension à la force de la mise en scène, mais en dévoilent aussi ses grandes faiblesses. Ce genre de mise en scène à la mode contemporaine fonctionne surtout avec des chanteurs qui sont dirigés ou prennent en charge leur propre direction d’acteurs. S’ils ne le font pas, on obtient des situations et des images à contresens ou ennuyeuses. C’est le cas pour certains chanteurs de cette production. Malgré tout, j’ai beaucoup aimé l’ensemble de cette mise en scène d’Anthony Pilavachi. Les images violentes apportent des couleurs chocs au drame. Le Te deum et le 2ème acte sont d’une beauté, d’une force et d’une efficacité imparables. Que de belles trouvailles ! Par exemple, lorsque le tableau de Mario au premier acte s’enflamme sous l’envie charnelle et enflammée de Scarpia pour Tosca, ainsi que le décor du 2e acte, chambre de voyeur et d’exhibitionniste. Cependant attention c’est souvent le détail qui tue : pourquoi avoir posé ce vase inutile au premier acte, pourquoi avoir fait mourir un des Scarpia derrière le canapé et l’autre en avant scène les bras en croix ? Pourquoi avoir laissé Floria piétinant devant cette porte secrète et qui s’ouvre comme par hasard alors qu’on s’y attend ? Tous les seconds rôles sont parfaitement tenus avec une mention plus particulière pour Spoletta (Antoine Normand) qui, par sa seule présence en scène nous met mal à l’aise et engendre la haine. Mais le grand triomphateur de ces deux soirées est Kwamé Ryan le chef, avec son orchestre. Tout y est ciselé avec amour pour les chanteurs et adapté au volume du théâtre. On lit presque toute histoire de l’oeuvre à la seule évocation et écoute musicales des sons s’échappant de la fosse. Un vrai bonheur ! À quand Monsieur Ryan d’autres conduites d’opéra?

Jean-Claude Meymerit
Lundi 26 Janvier 2009
Source : http://www.paysud.com

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Qu’est ce qu’elle a ma gueule ?

Posté le Lundi 11 janvier 2010

A peine croyable !
J’étais il y a quelque temps à Londres (le 9 octobre dernier) pour assister à une représentation de Tristan et Isolde au Covent Garden.
Le jour du spectacle, avant la représentation de 17h, je décide de faire un tour dans la ville et descendre directement de la gare St Pancras au théâtre de Shakespeare en bas de la ville de l’autre côté de la Tamise.
Sur le chemin, je passe par la petite place devant le parvis de la cathédrale St Paul. Là surpris, je vois, parquée entre des barrières de protection une cohorte de journalistes, caméras, appareils photos, micros ordinateurs…Que faisaient-ils un matin vers les 10h30 devant ce monument.
Cela était étrange car une circulation dense en véhicules continuait de passer devant le parvis. Mais plus j’observais et plus je remarquais se diriger vers cette cathédrale de très nombreux militaires dans leurs tenues d’apparats dans des couleurs et des formes les plus diverses et les plus surprenantes. Tous ces militaires étaient, pour la plupart, accompagnés de leurs compagnes dans des tenues les plus élégantes mais surtout les plus voyantes. Le bon goût n’était pas forcément le critère principal. Tout ce beau monde montait les marches et s’engouffrait par la porte de gauche en haut des marches. Sur la droite de l’immense escalier, une haie de soldats de la garde royale canalisait les gens vers la porte de droite de l’édifice. J’en déduis que c’était le côté des personnalités. En effet, beaucoup d’hommes en costumes de ville accompagnés également de leurs compagnes. Pour regarder ce remue ménage, je m’étais placé derrière une barrière et vu le temps et le vent glacial, je gardais les mains dans les poches de mon blouson et avais mis mes lunettes de soleil pour protéger mes yeux. Nous n’étions qu’une dizaine de personnes comme moi à regarder et à attendre. Quoi et qui ? Je ne savais toujours pas.
Tout d’un coup la route est interdite à la circulation. La presse commence à s’agiter et à s’installer. Les carillons se mettent à sonner. Ce brusque bouleversement d’ambiance attire un peu plus de badauds derrière les barricades. Les militaires par centaines accompagnés ou non montent par la gauche et s’engouffrent dans la cathédrale. Côté droit les voitures officielles se succèdent et en descendent des personnalités…Je ne savais toujours pas lesquelles.
Au bout d’un instant, au commandement d’un signal, la garde royale se déplace vers le centre de l’escalier. Aussitôt, je réalise que devait arriver quelqu’un de très important, mais qui ?
C’est alors que je vis arriver au pas (ou à la roue…) de velours les deux voitures Bentley, couleur bordeaux, de la royauté avec à l’intérieur une grande partie de la famille royale en costumes de cérémonies. Impressionnant !
Tout ce petit monde monta avec tout le protocole adapté les nombreuses marches pour atteindre le grand portail d’entrée largement ouvert de la cathédrale. A 11h, les carillons stoppèrent. Un silence abyssal régna sur cette place, les commerçants sur les pas de portes, les gens sur les balcons et aux fenêtres tout autour de la place : la Reine venait d’arriver. En effet, sur le siège arrière de sa magnifique voiture aux armoiries de la royauté était assise la Reine. Elle passa à quelques mètres de moi. J’étais sous le choc : la Reine à deux pas de moi sans que je cherche à la voir. La voiture royale s’avança à pas de loups toujours dans ce lourd silence ambiant et s’arrêta devant la haie d’honneur. La Reine descendit sous les applaudissements des badauds, monta les nombreuses marches en saluant la plupart des gardes. Une fois entrée dans l’édifice les immenses portes se referment, les gardes se dispersèrent et tout fut fini.
Le public quitta la place sauf moi, car je ne savais toujours pas la raison de cette cérémonie de ce matin-là.
Je m’adressai à un policeman qui me dit que c’est la commémoration des tués en Irak. Vague explication…Je décidai donc de continuer mon chemin vers le théâtre de Shakespeare. A quelques mètres de là je vis un bureau d’office du tourisme. Chic ! Je vais alors avoir une explication sur cette manifestation. En effet, l’hôtesse me signala qu’il s’agissait d’une cérémonie du souvenir en l’honneur des militaires du Royaume-Uni qui ont pris part à la guerre d’Irak, où 179 d’entre eux ont été tués. Elle me signala que sont présents Tony Blair et Gordon Brown, des ministres, des dirigeants Irakiens et la cour royale au grand complet. Elle me signala que la cérémonie devait se terminer à midi. Il fallait que je choisisse, le théâtre de Shakespeare ou la sortie de la Reine. Je choisis : la Reine.
Aussi, pour être bien placé je reviens vers la place et m’installe bien en face de la sortie contre une maison dans l’encoignure d’une porte. Toujours avec ce vent glacial les mains dans les poches de mon blouson noir, en jean et mes lunettes noires.
Je ne suis pas resté très longtemps à attendre car un mec black en civil d’une trentaine d’années, me montra sa carte (sécurité il me semble) et me demanda ce que je faisais ici. Un de ses collègues se joignit à nous. Un petit maigrelet, d’une soixantaine d’années et super hargneux. Celui-ci me parla en anglais à toute vitesse. Je ne compris absolument rien. Heureusement, le black parlait un peu français. Il m’expliqua qu’ils me surveillaient depuis un petit moment et que j’avais l’air soupçonneux…
Puis, les questions fusèrent : qu’est ce que je fais à Londres (pratique à répondre). Je leur dis que je suis venu de Bordeaux France spécialement pour assister à un opéra. Quel opéra, etc..et me demandèrent de leur fournir le billet. Je leur signale qu’il était à l’hôtel. Quel hôtel ? Dans l’émotion de cet interrogatoire dans la rue, sans bien se comprendre et s’exprimer, je ne me souvenais pas de son nom. J’ai pu leur montrer sur mon plan de la ville, au moins la rue.
Je n’osais pas trop m’énerver et j’ai répondu avec beaucoup de calme et patience. Par ailleurs, pendant ce temps le vieux avait récupéré ma carte d’identité et téléphonait pour vérifier mon identité. Je n’avais pas intérêt à manifester le moindre mot et geste, car je risquais de me retrouver au poste et adieu la Reine mais surtout l’opéra (après des mois d’attente pour avoir une place).
Quand le vieux est revenu me donner ma carte, je demandai au black pourquoi ce contrôle sur moi, qu’est ce que j’avais fait de particulier. Il me répondit que j’ai l’air d’un animal. En lui faisant remarquer que le mot n’était pas très choisi, il s’excusa immédiatement.
Le vieux, lui, ne voulait rien entendre et continuait à me questionner en anglais avec une hargne terrible (des images passèrent dans ma tête d’une certaine époque de terreur pas si vieille dans nos têtes où ce genre d’interrogatoire accusateur était quotidien).
Ils me lâchèrent enfin. Je suis resté un peu groggy. L’heure de la fin de la cérémonie arrivant, je repris mon poste d’observation, je sortis mon appareil photos et je mitraillai la Reine (attention c’est une image !) à toute vitesse tellement peur que l’on vienne m’arrêter à nouveau. Au moins j’aurai des preuves de cette matinée. Lorsque la Reine est sortie par la grande porte, il n’y avait plus de gardes. Elle, toute seule, descendait les marches comme abandonnée. Elle monta dans sa voiture et repassa devant les barrières derrière lesquelles j’étais. Elle nous salua avec son geste éternel et la voiture disparut dans les rues de la ville. Les autres voitures de la royauté suivirent, puis toute la cathédrale se vida par les trois portes comme une immense cascade et flots de couleurs sur les marches comme les eaux d’un barrage. C’était très beau ! Cette aventure m’avait assez perturbé. Quand je pense que des personnes font des kilomètres pour voir la Reine d’Angleterre, ou attendent des heures devant le Palais de Buckingham pour l’apercevoir ! Moi, je n’ai rien demandé et la Reine n’est pas inscrite dans ma collection de peoples favoris. Quand je pense que j’ai failli passer un mauvais moment si j’avais réagi à ce contrôle. Ceci dit, de là à imaginer que j’avais une tête à assassiner une tête couronnée c’est me faire trop d’honneur. Aussi, j’en remercie vivement les services de sécurité de sa Majesté et Scotland Yard (j’y suis fiché, c’est certain, quelle reconnaissance !).

blog JCM @ 17:19
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Etre bruit ou être silence !

Posté le Dimanche 10 janvier 2010

Ce soir vers minuit, une rame de tram assez calme. A un arrêt monte une vague de jeunes lycéens, bouteilles à la main, chantant, criant, riant très fort…en clair heureux ! C’est très bien ! Ceci ne me dérange absolument pas, c’est samedi soir, la nuit est ouverte à toutes les expressions et à toutes les créations. Quelques arrêts plus loin, à la Victoire exactement, la moitié de ce petit monde lance en choeur des phrases en évoquant la victoire et descend.
Reste toutefois un groupe de jeunes, mais cette fois-ci un silence absolu règne dans le tram pendant plusieurs arrêts, curieux ! Et pour cause, ces jeunes ne communiquent que par le langage des signes.
Aussi, les seuls bruits dans ce wagnon sont les crissements des rails et les portes s’ouvrant et se fermant. Je venais en quelques minutes de vivre dans deux mondes, celui du bruit et du silence.
Un image me vient aussitôt : vivre le quotidien au milieu de la foule dans le silence. Je pense à ces jeunes sourds muets qui se soir n’ont pas entendu le bruit, les chants et les rires de leurs comparses. Par contre, est-ce que ces jeunes fêtards ont entendu le bruit du silence fait par les autres ? J’en suis moins sûr.

blog JCM @ 0:55
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Ca y est, je connais l’enfer !

Posté le Samedi 9 janvier 2010

Grâce à la pièce Huis clos de Jean-Paul Sartre…et à une des comédiennes.
En fait, si j’ai bien compris : il paraît que sur terre le temps passe plus vite qu’en enfer.
Un lundi soir tout récent après une répétition théâtrale, une des comédiennes me ramène en bas de chez moi, car plus de tram après minuit. Nous discutons dans la voiture plus d’une heure durant. Lorsqu’elle me « libère » vers une heure du matin, je rentre chez moi, lis quelques mails et comme la faim commence à se faire sentir, je me prépare deux ou trois bricoles à grignoter. Au moment où j’accompli un dernier geste culinaire, je me rends compte que j’étais en train de me préparer un petit déjeuner complet (cafetière, filtre, bol, café, yahourt, brioches etc..). Je me croyais le matin. Aussi, j’ai tout éteint, douche et au lit.
En résumé cela veut dire quoi : est-ce que le temps a passé trop vite avec la personne qui m’a accompagné ? Le temps s’est-il raccourci d’un seul coup ? Avais-je quitté la planète terre ? Toutes ces questions métaphysiques me prennent la tête. Sartre vas te coucher ! Ton histoire à coté de la mienne n’est rien, c’est de la fiction, alors que moi c’est du réel.

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Chers usagers du tram, c’est ma faute !

Posté le Lundi 4 janvier 2010

Par ce mot, je voudrais m’excuser auprès de toute la population bordelaise pour le désagrément que j’ai causé, aujourd’hui 4 janvier, dans les transports publics. En effet vers les 13h45, je m’apprête à prendre le tram, il arrive en station et la porte s’ouvre automatiquement. Je monte, mais malheureusement la porte se referme aussitôt en me coinçant. Comme un ressort, elle s’ouvre à nouveau automatiquement puis se referme toujours avec cette incontournable violence. Si je ne pouvais pas avancer d’un pas, c’est que mon sac à dos n’était pas encore passé. Sur le choc du repli de la porte sur mes côtes, je pousse un cri en gueulant « la porte ! ».
Le chauffeur ouvre alors sa porte de cabine (alors que le reste de l’année, il ne réagisse à aucun mouvement à l’intérieur de la rame). Quelle chance j’avais, un chauffeur à l’écoute de mes « souffrances » passagères. Hélas, ce m’était pas pour me plaindre mais plutôt pour m’engueuler. Il me dit : lorsqu’on monte dans une rame on appuie sur le bouton lorsqu’il clignote en vert ».
En lui répondant que la porte était déjà ouverte, il me rétorque que « c’est avec des gens comme moi que les rames ont du retard ». Dans la foulée, je lui signale que je suis navré d’avoir mis tout le réseau en émoi.
Rires dans la rame. Et le chauffeur « on ne peut discuter » et il se referme dans sa cabine.
Moi qui croyais à un geste de courtoisie de nouvel an et bien non, il me culpabilise de mettre la rame en retard. J’adore !
Sur le parcours, j’ai bien observé, à tous les arrêts tout se monde s’est fait bousculé par la porte. Comme quoi elle était déréglée. Je n’ai pas voulu le signaler à ce chauffeur zélé car les « voyageurs témoins » de mon histoire étaient déjà descendus. Il me fallait un public averti.

blog JCM @ 17:49
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Une étoile de Boston au paradis !

Posté le Samedi 2 janvier 2010

Le 31 décembre 2009 au Grand Théâtre de Bordeaux.
Vers 14h, je me rends à la location du Grand Théâtre dire un au revoir à une des caissières qui prenait sa retraite ce jour là. Dans la file d’attente, un jeune homme devant moi attendait son tour et me voyant arriver me laisse la place. Refusant, il me dit qu’il ne parle pas très bien francais et qu’il réfléchit. J’insite et je vais à la caisse avec lui, car en fait il souhaitait avoir une place pour le Lac des Cygnes le soir même mais ne savait pas comment demander.
Comme il ne reste plus de place, à part quelques unes au paradis sans aucune visibilité, je propose à la caissière de lui en vendre toutefois une car une fois en haut on se débrouillera. Le mec prend sa place.
Le soir venu, il arrive, je lui fais signe et lui offre une bonne place à côté de moi que je savais libre.
On discute, et me dit qu’il connait les danseurs qui dansaient à Bordeaux (Picone, Yebra etc.). Et tout en discutant tant bien que mal, car il parlait peu le francais et moi pas du tout l’espagnol ni l’anglais, il me signale qu’il est de Colombie et qu’il danse au Boston Ballet, célèbre compagnie de ballet mondialement connue. Il me dit qu’il est danseur étoile dans cette compagnie. Je prends aussitôt son nom : Carlos Molina. Il me signale qu’il danse souvent le Lac et bien d’autres. J’étais assez impressionné. J’avais à côté de moi au paradis un premier danseur du Boston ballet. A l’entracte nous avons longuement discuté toujours tant bien que mal car la langue faisait barrage. Il m’a longuement remercié pour la place. Lorsque nous nous sommes dit au revoir, j’étais assez sous le charme. Je suppose que si j’avais été à côté d’un joueur de foot cela ne m’aurait absolument rien fait. Et d’ailleurs que serait venu faire un footballeur des Etats Unis au paradis du Grand Théâtre, seul, un soir du nouvel an ! Pourquoi pas !…
En arrivant chez moi je suis allé sur internet, j’ai tapé le nom de ce danseur et j’ai eu tous les renseignements sur sa carrière, ses rôles et plein de choses sur lui. Quelle belle soirée !

blog JCM @ 22:29
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Au carrefour du sans respect !

Posté le Samedi 2 janvier 2010

Le 22 décembre 2009 dans un Carrefour market du centre de Bordeaux.
Je suis un grand habitué de ce magasin, connaissant pratiquement tout le monde. Ce jour là, j’arrive à la caisse avec mon caddie plein. Je souhaite avoir un sac pour transporter mes achats, plus de sacs, rupture de stock. Pourquoi pas !
Je dis à la caissière : qu’est ce que je fais ? Réponse de la caissière : achetez ces autres sacs ! et me montre des sacs renforcés beaucoup plus chers bien évidemment. A mon hésitation, elle me dit froidement, « vous n’êtes pas à un euro près ! » Surpris et choqué de sa réponse, j’ai tout laissé sur place et j’ai rendu ma carte de fidélité. Depuis aucune nouvelle, le Directeur n’a pas pris contact pour avoir explications. Silence absolu. Un client de moins quelle importance ! Il me semblait qu’étant fidèle de ce magasin on aurait pu me proposer des cageots, cartons….

blog JCM @ 22:06
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La galanterie n’est pas resquille !

Posté le Samedi 2 janvier 2010

Le 14 décembre 2009 à 16h
A l’arrêt d’un tram. Je fais la queue devant le distributeur de tickets (une personne devant moi et deux derrière).
Lorsque je m’apprête à m’approcher de l’appareil, la femme derrière moi me passe aussitôt devant. Je lui dit gentiment que j’étais avant elle. Elle me rétorque tout en me laissant la place “et la galanterie qu’est ce que vous en faites”. Je lui reponds que je ne suis pas galant et que je ne connais pas la galanterie. Elle me répond : “heureusement qu’il y en a qui en ont”. Ma réponse fut “pas moi”. Elle est partie. Un comble, elle resquille et de plus il faut que je sois galant !!!

blog JCM @ 21:47
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