Carmina Burana à l’Opéra de Bordeaux : une soirée de bonheur !

Posté le Mercredi 19 octobre 2011

La première partie du spectacle de ballet nous donne déjà l’esprit de la soirée, classe et bonheur : sur scène, sept couples de danseurs portés par le Concerto n°1 pour piano et orchestre de Chopin enregistré par Martha Argerich et l’Orchestre Symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit. Sous nos yeux, pureté, beauté et performance chez tous les danseurs.
En seconde partie, Carl Orff en partenaire musical. Quoi rêver de mieux ? Toute la compagnie de ballet de l’Opéra de Bordeaux (à une ou deux exceptions près) est présente sur scène. La troupe rayonne. Les danseuses et danseurs sourient car heureux de danser sur cette chorégraphie de Maurizio Wainrot (rappelons-nous du Messie). Ils explosent. Les danseurs du corps de ballet, les solistes et les étoiles sont tous mélangés, tous sur le même piédestal. C’est généreux, beau et émouvant. Pas de critique particulière sur telle ou telle facette technique de ces deux ballets car ce soir la danse est au rendez-vous avec un grand D. Ensembles, gestes, corps, visages… tout danse.
Ce que j’ai vu et entendu ce soir est vraiment digne d’une scène nationale (pas comme une certaine et récente Butterfly !). Dans la fosse d’orchestre, cette cantate scénique composée par Carl Orff est la version réalisée pour petite formation (deux pianos, timbales et percussions). Elle est dirigée par Pieter-Jelle de Boer avec précision et beaucoup d’application (un peu trop à mon goût).
Les choeurs de l’Opéra de Bordeaux, toujours au zénith de leur art (même si là aussi j’aurais aimé un peu de plus d’envolée et de brillance). Quand aux solistes, mon admiration va surtout à Mickaël Mardayer, contre-ténor. Quelle leçon de chant ! Le tout accompagné de nuances et couleurs remarquables. Son morceau nous a semblait vraiment trop court. Florian Sempey, baryton, a beaucoup de présence et son chant est puissant et bien timbré. Par contre, je n’ai pas du tout apprécié la voix de la soprano Sophie Desmars. Voix assez faible et aigrelette, style cocotte des années 50. C’est vraiment dommage, car la longue tenue de la note finale de son premier morceau est une performance.
Pour terminer il faut saluer à nouveau le chorégraphe Maurizio Wainrot, qui par la richesse de son travail, mis en oeuvre par les répétiteurs Andréa Chinetti et Miguel Angel Ellias, a offert aux danseurs du Ballet de Bordeaux, habitués aux classiques, un magnifique cadeau de danse contemporaine.
Jean-Claude Meymerit

JCM-Bordeaux @ 12:56
Enregistré dans critiques lyriques
Evento Bordeaux : critiques mobiles :

Posté le Samedi 8 octobre 2011

Soirée inaugurale, éventée pendant la nuit ! :
En quittant, ce vendredi soir, les lieux de la place de la Comédie où avait lieu le lancement de la deuxième édition d’Evento, je suis parti sur une impression assez agréable de cette soirée que j’ai même trouvé très bon enfant et familiale, puis après une nuit des plus calme, au réveil, le côté bon enfant de la veille a un gout fadasse et sans saveur. Qu’est ce que j’ai vu et entendu ? : le lancement d’une manifestation artistique contemporaine en grande pompe sur cascade d’euros. Parmi le public et non la foule, des avertis silencieux et immobiles, des pseudos cultureux qui s’extasient à chaque hurlement de notre animateur italien du soir et à chaque mot projeté sur la façade du Grand Hôtel. Et bien sûr aussi de très nombreux non avertis qui, un peu perdus, essaient de raccrocher tous les morceaux.
Dans quelle catégorie je me situe je n’en sais rien, en tout cas, je n’ai pas tout compris, j’ai aimé et j’ai détesté à la fois. Planté dans la foule, j’ai passé cette soirée d’une heure et demi à tourner sur moi même comme une toupie ou tourner la tête au maximum de mes possibilités cervicales afin d’essayer de capter le maximum d’événements qui se passaient sur les façades de la place, sur le marches du Grand Théâtre et sur la mini scène centrale. Tout ceci a un côté amusant et distrayant et on se laisse très vite prendre au jeu.
Or, où tout cela se complique lorsque notre animateur italien, célèbre metteur en scène, acteur et cinéaste, une des figures les plus importantes de la scène théâtrale contemporaine, Pippo Delbono apparaît sur la petite scène centrale de la place et commence à s’époumoner au micro par des discours et textes en français et en italien. De toute façon peu importe la langue car comme on ne comprend rien du tout. La très sophistiquée technique avait trop forcée sur la saturation du son (mode de plus en plus répandue pour être label contemporain). En parallèle sur la façade du Grand Hôtel s’affichent des phrases clés en traduction ou en complément des textes lus par Delbono (?).
Je retiens de cette soirée quelques moments forts comme cette simulation d’incendie de l’hôtel avec sa trentaine d’invités installés au balcon central tout en buvant du vin rouge. Magnifique visuel. Autre moment fort, est le plaisir de découvrir et d’entendre la formation musicale dirigée par le compositeur lui-même, Alexander Balanescu, dans de magnifiques pages. La cerise sur le gâteau est sans hésiter la présence des artistes du choeur de l’Opéra interprétant quelques morceaux de cet auteur. Moments de pur bonheur musical.
Parmi tout ce pot pourri artistique inaugural, qu’est ce que j’ai retenu ? :
- un déballage et étalage de matériel sonore et lumière (avec blocage pendant 3 soirs du tram, difficultés de traverser la place mise dans le noir ces trois soirs). Répétitions obligent.
- un monsieur de notoriété internationale lisant ses textes sur des feuilles volantes au lieu de les avoir appris par coeur.
- mauvaise synchronisation entre tout ce petit monde dans le déroulé de la soirée.
- démagogie en faisant monter sur scène, à la fin, un musicien de rue bien connu à Bordeaux les soirs d’été aux terrasses des restaurants. Très beau geste de monsieur Pippo Debono. Les artistes bordelais étaient ainsi représentés.
- projections ordinaires sur les façades, n’arrivant pas à la cheville des magnifiques fresques projetées place de la Bourse au moment des Fêtes du vin et du fleuve.
- présence de Bobo, l’acteur fétiche de Delbomo, présenté comme une bête curieuse.
- heureusement, partie musicale par l’orchestre de Balanescu et chantée par le Choeur de l’Opéra, passionnantes.
En clair, beaucoup de bruit pour presque rien. Qu’en pensez-vous Messieurs Frédéric Mitterrand et Alain Juppé, ministres présents ce soir là ?

Danse avec « Sortie de la caverne, l’école du rythme » de Claudia Castellucci :
Vent de fraîcheur sur la scène du Grand Théâtre de Bordeaux pour ce ballet final suite à un mois de travail avec une douzaine de danseurs amateurs bordelais. Quel magnifique travail ! Même si le trac se sent sur certaines épaules, la volonté et la précision du geste
sont bien là. Cette douzaine de filles et garçons d’une vingtaine d’années nous offrent le sens de leur rythme personnel tout en restant et en respectant le collectif. La chorégraphie de Claudia Castellucci est limpide, surprenante et parlante. Les musiques choisies offrent une palette d’embryons rythmiques variés des plus passionnants. Beau tableau lorsque disparaissent, comme par magie, dans le noir du fond de scène, les danseurs regroupés comme absorbés par le mystère de ce fond de caverne. A quand d’autres soirées de ce style ?

JCM-Bordeaux @ 11:27
Enregistré dans autres critiques
Opéra de Bordeaux : deux Butterfly avec une seule aile

Posté le Vendredi 30 septembre 2011

Décidément l’Opéra de Bordeaux adore ce jeu ambigu de deux distributions dites A et B. Comme je l’ai souvent mentionné cette classification perturbe l’esprit. Dans la plupart des têtes il est évident que le A est meilleur que le B. Dans la plupart des théâtres lyriques on parle d’alternance ou double distribution. Ainsi tous les artistes sont a égalité aux yeux du public. Sauf à Bordeaux ! Allez savoir !
J’ai bien sûr assisté aux représentations avec les deux distributions. Dans les deux, une direction d’orchestre de Julia Jones assez déroutante tout au moins au cours des premières représentations avec des ralentissements, du laisser aller avec les cuivres aux endroits ou une caresse musicale devrait intervenir laissant émerger les voix au lieu de les couvrir. Défauts que je n’ai plus retrouvé à l’avant dernière. Bien au contraire j’y ai entendu une lecture plus appliquée, précise, racontant presque l’histoire, un miracle !
Heureusement que des voix comme celle de la magnifique Alketa Cela en Madame Butterfly, et du très intelligent Pinkerton en la personne de Chad Shelton nous absorbent. Quel couple harmonieux et ceci sur toute la ligne. On croit en leur histoire et nous sommes émus. Je n’en dirais pas autant avec le couple Gilles Ragon et Cécile Perrin qui donnent à leurs personnages des allures guignolesques au lieu d’une simple lecture tragique puccinienne. Pour Gilles Ragon, quelle désolation son Pinkerton. Aucun sentiment, gesticulation inutile, aucune précision dans les gestes, notes tonitruantes à tout vent. A force de vouloir tout chanter, voilà ! Tant qu’à Cécile Perrin il semble qu’elle ait confondu tous les rôles de son répertoire. En tout cas elle n’est vraiment pas une Butterfly. Dommage, pour une prise de rôle !
Alors que pour la même prise de rôle, Alketa Cela chante, joue et émeut avec beauté et aisance. Dès les premières notes de son entrée, son timbre nous envahit et ne nous quitte pas. Nous savons ainsi que nous allons apprécier une vraie Butterfly ! Toute la soirée on est suspendu à ses lèvres. Elle est habitée par Puccini car elle aime Puccini cela se voit et s’entend. A quand sa Mimi à Bordeaux ? Chez son partenaire Chad Shelton, il suffit de l’entendre et de regarder son jeu et l’on comprend aussitôt les intentions psychologiques de Pinkerton. Même si la voix n’est pas d’une grande puissance « voyante », on l’écoute avec attention car tout chez lui est juste et tout nous invite à l’émotion. Tout le contraire d’un chanteur “beuglard”.
Si je fais l’impasse sur tous les autres rôles des deux distributions c’est que tous campent et interprètent parfaitement leurs personnages. Jusqu’aux plus petits, tous sont à leur place et chantent. On les écoute vraiment et on les applaudit.
En ce qui concerne la mise en scène de Numa Sadoul, du beau et du moins beau, des effets utiles et inutiles, du vu et déjà revu, en clair trop d’années sont passées depuis la première. Aussi, est-ce peut-être la faute à cette mise en scène si nos mouchoirs sont restés dans nos poches ?

JCM-Bordeaux @ 9:11
Enregistré dans critiques lyriques
Un parfait exemple de moutonnage !

Posté le Vendredi 9 septembre 2011

Une fin d’après midi dans un tram bondé. A l’arrêt de la Place de la Victoire pour ceux qui connaissent. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une place qui ressemble à une fourmilière dérangée par la chute d’une feuille. Un monde fou sur le quai. La rame s’arrête, quelques rares personnes descendent et très peu peuvent monter. C’est alors que ce produit le miracle. Sur le quai, un homme d’une trentaine d’années déclare avec une voix ferme et autoritaire : « le tram reste à quai, tout le monde descend ». Bien sûr, personne ne proteste et râle mais pratiquement tout le monde descend de la rame. En ce qui me concerne, toujours dans la question du pourquoi ou de montrer toujours une certaine réticence aux ordres donnés sans explication, je ne descends pas. Ce monsieur n’avait pas à mes yeux le look l’autorisant à prendre une telle décision. Comme quoi les clichés fonctionnent bien. Avez-vous vu un employé de chez Kéolis en pull bariolé, jogging et sans badge donner de tels ordres ? Figé dans mes observations je ne bouge pas, les portes se ferment et le tram repart. La gueule des gens sur le quai ! Et nous dans la rame les éclats de rire. Pour notre homme, il avait réglé en quelques secondes les flux et reflux des bousculades aux heures d’affluence, en faisant descendre pratiquement tous les usagers. Très fort ! Tant qu’aux passagers, pauvres moutons !

JCM-Bordeaux @ 22:43
Enregistré dans anecdotes
Lire une revue en voyage : à chacun sa méthode !

Posté le Jeudi 1 septembre 2011

A côté de moi dans le train, une dame attaque la lecture de son Point de Vue dès le démarrage du train. Page après page dans le détail.Toutes les légendes des images montrant dans toutes les postures, nos élus, nos rois, nos reines et nos peoples y passent. Jusqu’ici pourquoi pas. Je lis bien moi un magazine uniquement réservé à l’opéra que seuls deux marchands de journaux dans Bordeaux, vendent. Tout à coup la page, aidée par un doigt longuement mouillé, bascule à gauche et mon oeil tombe sur deux pages réservées à Arthur Rimbaud. A peine ai-je eu le temps de lire le mot Rimbaud qu’elle passe brutalement à la page suivante. Elle n’ai jamais revenu sur cette double page. Pourquoi ? J’avais presque envie de lui poser la question, mais de quoi je me serais mêlé ! Ainsi je ne saurais jamais pourquoi cette vieille dame n’a pas lu ces deux pages (ou tout au moins les légendes des photos) sur Rimbaud. Il est vrai qu’il ne devait pas y avoir écrit : « vu à la télé ».

Devant moi dans le train deux femmes de la trentaine lisent dans une revue spécialisée la programmation culturelle parisienne et tombe sur l’annonce d’un spectacle d’un musicien très cher au coeur d’une d’entre elles. Cette fan s’esclaffe : « comme toujours on n’est au courant de rien ! ». Pauvre musicien responsable de cette subite montée d’adrénaline. S’il avait su, il lui aurait envoyé un mail pour lui dire où il se produisait…

Dans l’avion à côté de moi : un couple cinquantenaire nouvellement constitué à en croire et à surtout voir leur comportement frôlant l’extase. Sur son épaule pendant que Monsieur lui lit et commente chaque ligne et chaque photo du Reader’s Digest, elle ne disait mot et avait fermé les yeux. L’écoutait-elle (ou pas) ? C’est beau l’amour béat ! Mais pour moi les synthèses de revues à la sauce « je t’aime dont ferme les yeux et écoute ! » trop peu pour m’assoupir.

JCM-Bordeaux @ 21:08
Enregistré dans anecdotes
Bouillon de culture !

Posté le Vendredi 26 août 2011

Entendu au cours de la visite de la magnifique exposition de Giulio Achilli « Divines inspirations » au Grand Théâtre de Bordeaux.
Devant un écran vidéo diffusant le ballet « Coppélia » de Léo Delibes, un petit groupe de quatre amies. L’une d’entre elles, plus cultivée que les autres voulant étaler sa connaissance, dit tout fort : « pour moi l’opéra c’est pas ça, ça fait plus comédie musicale qu’opéra ! ». A ma tête d’ahuri sortant de son cache pot regardant les trois autres dames, je pense que cela a du leur donner un sujet de discussion au salon de thé voisin.

JCM-Bordeaux @ 15:29
Enregistré dans anecdotes
Les poissons de la Garonne, bouche bée !

Posté le Mercredi 3 août 2011

Ils n’en croient pas leurs yeux !
Interrogatifs, les bans et les arrières bans de tout le fleuve se sont réunis sous le pont de Pierre. Les plus grands sont là : lamproies, esturgeons, brêmes, aloses, anguilles… Quoi de particulier à observer ?
Ils ont tous leurs regards de poissons frits tournés vers le haut du pont et constatent qu’entre les trous de la balustrade en fer forgé, des objets non connus pour eux s’animent à la manière d’asticots au bout d’un hameçon. Une petite dizaine de ces engins mollassons s’exhibent à la vue de ces poissons beaucoup plus curieux qu’affamés.
Qu’ils sont bêtes ces pécheurs, pensent-ils ! Ils croient que nous avons des ailes pour aller mordre à un hameçon si haut ! Pourquoi ce soir les appâts sont si gros ? C’est sûrement un cadeau à l’occasion de la fête du fleuve !
Au bout de quelques minutes, tous ces engins non identifiés disparaissent pour repartir avec leur propriétaire.
Même si tous nos poissons n’y comprennent rien, les fameux propriétaires de ces objets mystérieux ont trouvés une astuce sécurisante. Au lieu d’assouvir leurs besoins naturels au bord du fleuve avec tous les risques que cela présente de tomber à l’eau, nos joyeux comparses ont préféré jouer la carte de la sécurité absolue en se plaquant à la rambarde du pont et ne laissant apparaitre au dessus de l’eau que le strict nécessaire pour la mission à accomplir. Nos poissons carnivores et autres, intrigués, en sont restés bouche bée.

JCM-Bordeaux @ 9:50
Enregistré dans anecdotes
Quand l’art lyrique devient maître d’école !

Posté le Dimanche 3 juillet 2011

Contrairement au titre du spectacle « l’Ecole est finie« , nous aurions aimé qu’elle ne s’arrête pas. Cette envie de rester sur les bancs de nos souvenirs, nous la devons à la pertinence et à l’énergie de la compagnie Opéra piment (clin d’oeil au Pays basque je suppose) avec son Quatuor Alegria 4. Cette unique représentation a eu lieu vendredi dernier 24 juin, à Anglet.
Nous sommes en 1955. Décor unique représentant l’intérieur d’une classe primaire. En fond de scène, un immense patchwork d’illustrations imprimées sur toile représente la plupart des matières enseignées. Ce montage théâtral et musical est construit sur des textes originaux, extraits de livres scolaires des années 50, et surtout sur des chansons populaires dites enfantines (sur le pont d’Avignon, Malbrough s’en va en guerre, à la claire fontaine, c’est la mère Michel, etc, etc..) aux adaptations musicales diverses (Vincent d’Indy, Joseph Canteloube, Juel…). Ce spectacle mélange, humour, nostalgie, tendresse et drôlerie. Le tout dans une mise en scène subtile et pleine de finesse. En clair, un spectacle intelligent !
Quatre chanteurs trentenaires, tous programmés séparément en solistes sur des scènes lyriques françaises et européennes, ont le plaisir de retrouver épisodiquement pour présenter ce spectacle.
Pour ce quatuor composé d’une soprano, d’un ténor, d’un baryton et d’un contre ténor, pas de hurlements, pas de gesticulations inutiles, pas de singerie sur scène comme font malheureusement beaucoup de compagnies théâtrales sous prétexte de vouloir faire rire. Ou, à l’inverse afficher des visages fermés véhiculant de l’ennui à trois sous et chantant essentiellement pour eux, comme vu récemment sur une scène bordelaise par une compagnie de jeunes chanteurs d’opéra qui souhaitaient eux-aussi aussi faire partager le chant lyrique, mais qui « faisaient la gueule » !
Notre quatuor n’essaie pas de récupérer l’auditoire, il agit. Et avec quel brio. Les quatre chanteurs font partager en toute simplicité leur art vocal dans la joie, la sincérité et le talent. Et ça fonctionne ! N’est-ce pas là la vraie transmission artistique ?
Angéline Danel, affichée dans de grands rôles du répertoire comme Musetta, Micaëla, Elvira …possède la diction parfaite et le timbre charnel et coloré idéal pour une soprano lyrique, sans oublier le champagne qui pétille dans ses yeux et dans son jeu.
Robert Expert contre ténor, que l’on entend régulièrement dans le répertoire baroque et que l’on peut applaudir dans de nombreux festivals n’hésite pas à mettre la particularité de sa voix, en dérision. C’est un régal.
Frédéric Bang-Rouhet, baryton, est bien connu sur les scènes lyriques françaises comme Saint-Etienne, Lyon, Besançon etc… Il excelle dans un répertoire d’opéra et d’opérette et chante avec les plus grands. Ce chanteur aux accents solides a une présence théâtrale des plus efficaces.
Gorka Robles-Alegria, ténor, a qui l’on doit la merveilleuse idée de ce spectacle familial, ainsi que les décors et la mise en scène, retrouve ses talents de comédien avec cette voix reconnaissable entre toutes et qui pour l’occasion en a profité pour explorer, avec succès, une nouvelle palette d’expression et de couleur vocales.
Ces quatre chanteurs-comédiens passant d’élèves à professeurs nous emportent dans un tourbillon d’images chantantes ou chaque expression du visage et du geste sont vivants de justesse et d’expression. Les voix d’une parfaite musicalité se complètent, se chevauchent, se bousculent, ricochent entre elles avec une précision d’orfèvre. Peut-on uniquement regretter de ne pas entendre chacun des chanteurs un peu plus longtemps en solo dans quelques phrasés de ces chansons. Simple regret de mélomane lyrique. Certes, le but de ce spectacle n’est pas d’être un récital.
Avec tous ces ingrédients, les chansons de notre enfance prennent une nouvelle jeunesse et résonnent différemment à nos oreilles et dans nos coeurs. Qu’en pensent les petits ? Ne vont-ils pas réclamer maintenant à leurs parents et à leur maitresse d’école de leur apprendre ces chansons à la manière du Quatuor Alegria 4 ?

JCM-Bordeaux @ 11:52
Enregistré dans autres critiques
Quelle cuisson votre steak ? : saignant !

Posté le Dimanche 26 juin 2011

En répondant à cette question je ne pensais pas qu’il y aurait un lien avec la suite. L’action se passe dans une cafétéria sur la côte basque à l’enseigne célèbre qui propose des légumes à gogo. Heureusement que des hurluberlus comme moi mangent à n’importe quelle heure de la journée, car cela permet ainsi d’épuiser les stocks de légumes en attente dans leur marmite depuis le service du déjeuner et qui ont un aspect assez proche de leur propre inanition. Trouver un établissement qui sert encore vers les 16 heures est un parcours du combattant assez fastidieux. Bref ! Je crève de faim et l’enseigne est là devant moi (et surtout les légumes). Tout seul dans la cafétéria, le bonheur ! Toutes les serveuses pour moi (au fait où sont-elles ?). Je m’approche timidement du comptoir des grillades car j’avais cru voir quelqu’un. En effet, un serveur prend ma commande. Mon choix se porte sur un steak haché. Quelle cuisson, me demanda t-il ? Saignant en réponse.
Je m’installe toujours tout seul dans cet immense hall et me jette sur les ingrédients avec avidité car j’avais une faim terrible et quelques tremblements d’hypoglycémie se manifestaient. A peine, j’attaque mon steak saignant qu’une porte en face de moi s’ouvre brutalement sous la violence d’une jeune fille qui traversa la salle en criant et en se tenant la joue. Une deuxième surgit immédiatement en hurlant « je nique ta mère ! » et ceci à plusieurs reprises. Bon ! me dis-je je vais être au pris en sandwich dans une histoire rocambolesque. Cela n’a pas raté. A une vingtaine de mètres de moi, les deux filles au sol se battent violemment et hurlent. Heureusement qu’immédiatement une armée de serveuses, de chefs, de sous chefs sortent de partout (où étaient-ils donc tous, jusqu’à présent ?). J’étais sauvé. Pas moyen de les séparer, des griffures au visage, des morsures aux bras, tout le personnel se met à l’ouvrage. L’agresseuse d’une violence inouïe revient à la charge. Enfin, elle est maitrisé et relâchée à l’extérieur de la salle. Les secours arrivent et s’occupent de l’agressée. Lorsque je vis le service de nettoyage frôlant ma table pour nettoyer le sol, j’ai imaginé tout un scénario. Mais lorsque la jeune fille repassa devant ma table, cette fois-ci encadrée par deux policiers, et que je vis en même temps son visage ensanglanté et mon steak haché je me demanda alors subitement pourquoi je ne l’avais commandé cuit à point.

JCM-Bordeaux @ 18:09
Enregistré dans anecdotes
Signe de croix-zement

Posté le Mercredi 22 juin 2011

Sortant d’un immeuble situé sur une grande artère de Berlin, au niveau d’un carrefour, une jeune femme s’apprête à enfourcher son vélo. C’est un dimanche matin. Les avenues sont pratiquement désertes et seuls quelques touristes errent sur les trottoirs afin de laisser les femmes de ménage faire paisiblement les travaux ménagers de leur chambre d’hôtel (il est vrai qu’aujourd’hui, il vaut mieux être loin pendant ces moments là…). Cette jeune berlinoise met son casque, monte sur son vélo et fait un signe de croix. Moi, sur un banc juste en face de l’immeuble, avec des kilomètres de déambulation pédestre dans les mollets, je reste assez surpris par ce geste.
Elle traverse une première avenue puis une fois sur le trottoir opposé, s’arrête et refait un signe de la croix avant de retraverser une nouvelle avenue.
Quoi penser ? La pratique du vélo dans cette ville est-elle si risquée ? Etait-elle en pleine prière dominicale ? Ce carrefour désert est-il dangereux ? A-t-elle vu le diable sur un banc ? Peu importe les raisons, j’ai repris ma randonnée et j’ai traversé ce fameux carrefour….Ouf, passé !

JCM-Bordeaux @ 10:26
Enregistré dans anecdotes
1...1213141516...20