Théâtre de divertissement ou théâtre de désolation ?

Posté le Lundi 26 novembre 2012

Comment peut-on, pour la énième fois, présenter sur scène un spectacle racontant les déboires de la vie d’une femme, avec autant de non-respect pour elle ? Quel est le but de tous ces one woman shows ? Il en pleut pas dizaines dans tous les théâtres. A qui s’adresse ce genre de numéro affligeant ? Quelle tristesse et quelle désolation. Celui que je viens de voir ce dimanche-ci est pitoyable. Quelle vulgarité. Seule riait une dame dans la petite salle et encore ! Elle ne riait que sur certains sujets axés sur le sexe (eh oui, souvenirs, souvenirs…!). La comédienne (mot un peu fort) seule sur scène gesticule au son de bribes musicales des plus mal choisis, ses phrases se terminent le plus souvent par euh (vraiment pas signe de talent). Sa voix à peine audible et mal placée nous assène de propos mille fois entendus comme un catalogue de blagues à deux sous ou de catalogues pornographiques. Au cas où le public ne comprendrait pas, elle nous offre en prime quelques gadgets sexuels, et autres ustensiles. Le texte est farci de phrases gratuites ou de noms de personnalités faisant allusion à tous les mauvais reportages people. Que de clichés ! C’est à croire qu’il n’existe aucune pièce bien écrite par des femmes parlant aux femmes. Je ne dis pas que les one man shows actuels sont mieux, loin de là, mais pourquoi, vous mesdames, vous engouffrer-vous également dans ce genre de prestations théâtrales et de surcroît mal écrites. Vous croyez, parce que deux ou trois pinpins rient que c’est gagné et que vous êtes comédienne ou que les messages de la condition féminine passent ? Vous vous trompez. Heureusement que tous ces sujets-là existent dans de grands textes de théâtre, de romans, de nouvelles, de textes poétiques etc… L’humour et l’érotisme peuvent s’y côtoyer, mais sans la vulgarité. Pourquoi ne pas les utiliser ou s’en inspirer ?

JCM-Bordeaux @ 9:11
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Avec Armand Gatti, un trop plein d’émotion !

Posté le Lundi 19 novembre 2012

En ce dimanche pluvieux et triste, un rendez-vous culturel bordelais était proposé en compagnie du très grand homme engagé, humaniste, résistant, littéraire… Armand Gatti. Même si le public n’avait pas beaucoup répondu présent à ce rendez-vous, moi, je ne voulais pas le manquer. J’y étais et ce fut un immense bonheur. Cet homme âgé de 88 ans n’a pas perdu de sa niaque verbale et de son humour. J’ai toujours fortement apprécié ses oeuvres théâtrales. Combien de fois n’ai-je pas eu envie de monter une de ses pièces, mais chaque fois, j’étais intimidé devant l’écriture et les sujets traités. J’en avais presque peur et surtout j’étais très impressionné par tant de force et de liberté dans les mots et les jeux. Des sujets graves allant de l’holocauste aux formes théâtrales révolutionnaires, en passant par des sujets traitant des dictatures, des marginaux, des malades, des exclus (les loulous comme les appelle Gatti), etc. Cet après-midi, il a choisi plus particulièrement de nous transporter dans l’univers de ses conversations avec les arbres, ses « arbres de combat » comme il dit fort justement et avec plein de tendresse. Des arbres militants et animés. Des arbres avec des noms. Ses mains en disent souvent autant que sa voix. Il les fait bouger symétriquement puis les bloque dans des mouvements de bras souvent tendus vers le ciel dans le sens de la verticalité, celle de ses arbres et de ses règles de vie. Sa voix, susurreuse ou tonitruante mais surtout bien placée en vrai homme de théâtre, fait jaillir les mots  jusqu’au plus profond des syllabes. Malgré son âge on retrouve encore le Gatti des années 70, impressionnant de prestance et de passion.On sent qu’il veut tout nous raconter sa vie d’une seule traite, les anecdotes fusent et les références bouillonnent. Son maquis à l’âge de 18 ans, ses arrestations, ses enfermements, ses évasions, ses rencontres, ses amours, son père. Il nous narre également son séjour à Bordeaux en travaux forcés à la base sous-marine puis son cours passage de deux jours suite à une évasion d’un camp de Hambourg. Là où j’ai été le plus impressionné, instant où il a été difficile de maîtriser ses larmes, c’est lorsqu’il raconte ses visites à Auschwitz tous les 24 février, jour anniversaire où la femme qu’il a passionnément aimée, a été arrêtée et déportée. À chaque visite dans ce lieu indescriptible, il parle avec les arbres rencontrés. Ainsi, la discussion avec sa bien-aimé continue. Cet homme nous racontant ces faits, avait lui-même les yeux pleins de larmes. Le trop plein d’émotion avait envahi la salle. Merci Monsieur Gatti.

Jean-Claude Meymerit

 

JCM-Bordeaux @ 8:38
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Histoire super courte

Posté le Dimanche 28 octobre 2012

Le tramway est bourré. Les portes ne peuvent pas se fermer car les gens veulent, coûte que coûte, entrer dans la rame. Le chauffeur dit au micro : « ne bloquez pas les portes, soyez intelligents ! »
Réponse de ces mêmes personnes qui ne comprennent pas qu’elles empêchent la fermeture des portes et le départ de la rame : « pourquoi, on est c… ? » Et si cela était vrai !

JCM-Bordeaux @ 11:10
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Quand la parité empiète sur la liberté !

Posté le Samedi 20 octobre 2012

Femmes-hommes, égalité, bien évidemment ! Femmes-hommes, parité oui ! jeunes-vieux, parité pourquoi pas ! mais imposer la parité partout, absolument, non !
Comment ose t-on proposer en réunion publique qu’il y ait une parité au sein des conseils d’administration des associations ? J’ai cru voir, devant moi, le temps d’un éclair, l’écroulement de notre démocratie. S’il y a bien un lieu où personne n’a le droit de se mêler, c’est bien au sein d’une association. Seuls les adhérents ont le droit de faire entendre leurs droits, de se manifester, de s’investir et de voter. L’association n’est-elle pas une enveloppe de liberté ? Si la parité doit exister au sein de certaines assos, il faut qu’elle soit inscrite dans les statuts, mais pas à être imposée par autrui en dehors de ces structures juridiquement instituées. Seule, une modification de la loi 1901 pourrait faire changer ce mode d’élection interne (?). Espérons que jamais ce type de changement ne voit le jour.
Imaginons un conseil d’administration d’une association d’anciens combattants composé de femmes, de jeunes etc..?
Imaginons une association musicale, où avant le talent artistique, on exigerait qu’il y ait autant de femmes et d’hommes, de jeunes et de vieux dans leur groupe musical.
Imaginons un club d’étudiants avec leur tête des seniors.
Je ne vois pas pourquoi on exigerait dans une chorale de femmes que des hommes fassent partie du conseil d’administration etc…La liste est sans fin.
Bien sûr que l’on pourrait fonctionner dans toutes ces associations avec des conseils d’administration paritaire en matière de sexe, de couleur de cheveux, d’âge etc…mais quelle absurdité !
Aussi, de telles propositions comme celles entendues en public au cours d’une réunion de participation publique, me laisse sans voix. Le but premier d’une asso n’est-il pas de réunir autour d’un même centre d’intérêt de passion, de savoir-faire, de combat, de solidarité, etc…des personnes uniquement concernées par celui-ci avec leur propre sensibilité et leurs compétences.
Même le fait d’insinuer ou d’écrire « tendre vers la parité » parlant du fonctionnement des assos est une amorce contre la liberté individuelle. Ce genre d’argument entendu tout récemment, prouve bien la dérive entretenue par certaines personnes qui, sous des aspects de démocratie, s’enferment elles-mêmes dans des discours frôlant l’intolérance par l’uniformisation de tout, partout et pour tout.

JCM-Bordeaux @ 15:07
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Folklore pharmaceutique ou gaspillage organisé ?

Posté le Lundi 15 octobre 2012

Tout en découvrant le principe d’un traitement léger de prévention et d’entretien médicamenteux, mais dit « à vie », je découvre la stupidité et l’incohérence de vente de certains médicaments.
Mon traitement comporte 3 produits (1 comprimé par produit et par jour). Mon médecin me rédige une ordonnance pour l’achat de 3 mois de traitement. Il ne peut pas me donner un temps plus long car il doit revoir lui même son patient tous les 3 mois et lui renouveler l’ordonnance (?). Soit, allons-y ! Tous les 3 mois chez le médecin. Pour quelqu’un qui y va rarement, cela va me faire drôle.
Deuxième étape, visite chez le pharmacien. Il ne veut pas – oh pardon ! – il ne peut pas me donner le traitement complet pour 3 mois car il ne délivre que mois après mois.  A mon questionnement, pourquoi je ne peux pas avoir les 3 mois complets il me répond « c’est comme ça, on n’a pas le droit« . Avec cette réponse des plus sophistiquées, je lui offre un merci un peu glacé et partis. Donc, me voilà avec mon tout petit chargement d’1 mois de traitement comprenant 3 médicaments de 28 (celui-ci, c’est pour le mois de février) ou 30 pastilles chacun.
Donc en clair, jusqu’à la fin de mes jours, il faut que j’aille chez le pharmacien tous les mois et chez le médecin tous les 3 mois. Il suffit de le savoir.
Un mois plus tard, je rends visite à un autre pharmacien. Concernant un des produits de la liste, il me dit : « je n’ai pas ce produit mais j’en ai un autre qui est identique, seul le nom commercial change« . Pourquoi pas, me dis-je ! Et il rajoute, « seulement je n’ai qu’un conditionnent de 60 comprimés, ce qui veut dire que vous avez 1 mois d’avance ». Que faire ? Rien. Je prends. Est-ce que vous me suivez ?
Le troisième mois je vais chez un autre pharmacien (tant qu’à faire, je fais le tour des popotes de mon quartier). J’ai bien fait, car chez celui-ci, apothéose : « je n’ai pas le nom que vous me demandez, j’en ai un autre mais c’est pareil, par contre je ne l’ai pas en conditionnement de 10 mais de 90 comprimés ». Me voilà à présent avec un excédent de comprimés à reporter sur les prochains mois. C’est une caméra cachée de l’Union des pharmaciens, ou quoi  ? Me voilà dans la rue avec un nouveau stock et un nouveau nom. En 3 mois je ne savais plus déjà où j’en étais. Je n’allais tout de même pas tous les soirs au coin du feu compter mes pilules restantes en fonction de noms qui bougent tous les quatre matins.
Attention, jour J, c’est la visite chez mon médecin. Je lui raconte mon parcours chez les pharmaciens. Compatissant, il reconduit mon traitement avec les mêmes noms commerciaux de la première ordonnance 3 mois avant (vous me suivez toujours ?). Car si lui se met à changer les noms, je n’ai plus qu’à mettre mon dossier chez un agent comptable.
Ne voulant pas vous ennuyer avec mon histoire de comptage de pilules, je voudrais seulement vous dire que ce cirque infernal s’empire chaque mois, car chaque mois, les noms changent, les conditionnement également si bien que j’ai baissé les bras. J’achète (ou plutôt la Sécurité sociale) ce que l’on veut bien me donner. Avec le rab de comprimés obtenu, j’espère ouvrir une annexe pharmaceutique.
Je ne comprends pas pourquoi lorsqu’un médecin ordonne un traitement de 3 mois (il sait ce qu’il fait) pourquoi on ne peut pas obtenir d’une manière simple par les pharmacies le traitement complet de ces 3 mois et ainsi de suite (la preuve, les conditionnements existent). Si ceux-ci étaient figés avec le même nombre de comprimés, je pourrais comprendre, or avec le constat que je fais actuellement, c’est au petit bonheur la chance en fonction des pharmacies. Il y a tous les cas de figure. Qui parle de gaspillage ou d’économie ? Moi, je parle de ridicule.

JCM-Bordeaux @ 9:20
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Rester jeune, mauvais plan !

Posté le Samedi 13 octobre 2012

Dans le tram, à moins d’avoir un menton qui raye le sol, une cane dans chaque main, des rides à rendre jalouses les tranchées de la guerre 14-18, on ne vous laisse pas une place assise. Ce jour, j’étais sur le quai à attendre patiemment cet engouffrement de chairs humaines avides de se faire absorber par cet aspirateur géant.
Une dame, la soixantaine, un peu énervée arrive à passer devant tout le monde pour vite bloquer deux places assises. Etant placé derrière elle, et poussé par cette marée de corps, je m’asseois, malgré son blocage, sur une des deux places réservées. Réaction immédiate et vive : « Monsieur cette place est réservée pour mon mari qui arrive ». Connaissant ma patience légendaire dans de telle situation, je regarde quand même à quoi ressemble ce mari et m’aperçus qu’il n’était pas invalide, qu’il n’avait aucun signe apparent exigeant une place assise plus que moi.
Lorsque je pris place, ce monsieur en colère me rétorque que je n’avais aucune éducation que j’étais un mal élevé etc, etc…et que je n’avais pas de respect pour son âge. Tout ce qu’il ne fallait pas me dire. A le voir de plus prés, je me rendis compte qu’il était plus jeune que moi ou pas loin. Lui signifiant que cela m’amusait, il me demande de quelle année j’étais. L’espace d’un instant, j’ai vu le moment où nous allions échanger nos cartes d’identité en public. Aussi, pour couper court et ne voulant pas entrer dans une dispute publique et un étalage de nos rides, je lui propose pour la prochaine fois de réserver le wagon entier.
Ce qui était évident, c’est que la seule différence entre lui et moi, était le look. Entre des cheveux en bataille et une unique mèche traversant le crâne de gauche à droite, un sweet et un costume lustré, un foulard coloré et une cravate avec barrette offerte le jour de son mariage, le contraste est important. Pour positiver cette aventure, je ne pensais pas que paraître plus jeune, allait créer des situations cocasses comme celle-ci.
Astuce : pour prendre le tram, vieillissez-vous, vous aurez peut-être la chance d’avoir une place assise, sans histoire.

JCM-Bordeaux @ 9:55
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Oh, la belle insulte !

Posté le Samedi 13 octobre 2012

Qui ne s’est pas fait traiter une fois dans sa vie de c……, petit c.., e….., s….., etc…? Pratiquement tout le monde.
Mais, vous êtes vous déjà fait traiter d’élu ?
Définition : un élu est une personne choisie par une élection, par le coeur ou par Dieu. Moi par personne.
Aussi, se faire traiter d’élu comme une insulte, j’en suis resté statufié sur place.
Je participe à une réunion avec une dizaine de personnes auxquelles je propose leur éventuelle participation dans une opération culturelle commandée par une institution. En tant qu’initiateur et porteur de ce projet, la commande dans ma tête était très précise et assez incontournable. Une fois le projet présenté, une discussion s’engage et un participant, un peu récalcitrant, me rétorque : « même si c’est vous qui définissez le cadre, c’est nous qui disposons et faisons ce que nous voulons ». Un peu surpris, je redéfinis la commande en insistant sur le côté incontournable de certains volets de ce projet. Ce monsieur alors me balança : « vous n’êtes qu’un élu ! » et il quitte les lieux. Plouf ! Dommage, je ne saurais jamais le fond de sa pensée et ce parallèle avec un élu. Ah, si ! si j’ai une petite idée : il suffit de remplacer le mot élu par un autre mot de trois lettres.

JCM-Bordeaux @ 9:03
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Quand les bobos font les beaux !

Posté le Samedi 11 août 2012

Même parmi une foule à la sauce Woodstock nous serions capable de reconnaître le bobo de service. Car il est reconnaissable à ce petit je-ne-sais-quoi qui agace immédiatement. Le bobo ne vit pas pour lui, il fait toujours bien attention à être vu. Avez-vous remarqué un bobo faisant ses courses dans une grande surface d’un centre ville ? Il ne fait pas ses courses pour lui mais pour les autres clients. Et ce phénomène est pire et démultiplié lorsqu’il est accompagné de ses enfants. À ce moment alors, nous avons droit à la lecture de toute l’encyclopédie du savoir-bien-acheter et surtout du savoir-bien-manger.

Ce jour, une dame légèrement marquée par les ans, appartenant à cette famille grandissante, fait ses courses (j’ai oublié de vous signaler un élément absolument indispensable au bon goût des produits achetés : le panier en osier).

Ma cliente en effet en possède un et y pose, comme des oeufs fraîchement pondus, ses haricots verts, ses abricots, ses tomates…sans oublier toutes ses salades et herbes aromatiques. Tout ce petit monde posé amoureusement est obligatoirement bio. Sinon, à quoi bon posséder un panier en osier !

Cette personne s’arrête devant le rayon des vins rosés et blancs et me demande de lui attraper une bouteille à la dernière étagère. Ce que je fis avec plaisir, je ne suis ni sectaire ni raciste !…La bouteille de ce vin rosé porte le nom d’une célèbre station balnéaire, la plus connue au monde. Surpris de voir son choix, je reste persuadé que ce n’est que pour le nom qu’elle a choisi cette bouteille. Pour être un peu piquant, je lui signale que de très bons vins locaux et régionaux existent sûrement plus sains, moins trafiqués et surtout issus des producteurs de proximité, que ce produit de pur marketing (jugement gratuit, uniquement pour la provoc). Elle me rétorque, « vous savez, je m’en fous qu’il soit trafiqué ! Tout le monde en achète ». Soit elle s’est foutue de moi (ce que je crois), soit elle est sincère et les arguments bio de son panier (n’oubliez pas, celui en osier) ne sont alors que pour la frime et non pour la santé. Ce n’est pas très beau, beau !

 

 

JCM-Bordeaux @ 15:59
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L’erreur fait vivre !

Posté le Vendredi 20 juillet 2012

Visite de routine de révision annuelle chez mon médecin. Dans son cabinet face à lui, je le vois consulter consciencieusement mes examens médicaux qu’il venait de recevoir. Déjà, à la lecture de son visage, je voyais que tout allait bien. Subitement son visage se fige légèrement et un silence s’installe. Que se passe t-il ? Quelques questions hésitantes de sa part me semblent curieuses. Des réponses étonnées de ma part vont un peu à l’encontre. En clair, il y avait un petit flou de communication entre nous. Sur un sujet bien précis lu dans mon bilan médical mon médecin me recommande un contrôle plus approfondi. Surpris d’apprendre une telle chose, j’insiste sur le fait que je n’ai aucun problème de ce côté là. Mon médecin est alors très gêné, car me connaissant depuis de nombreuses années, ceci semble le dérouter.
Aussi sans paniquer, il reprend le dossier depuis le départ et se rend compte très rapidement qu’il ne s’agit pas de mon dossier mais de celui d’une autre personne à l’orthographe proche de mon nom. Gros éclats de rire. Soulagement nerveux. Mon médecin reprenait sa mine normale. J’étais sauvé !
En analysant de près cette situation assez cocasse, proche d’un film muet, j’avais l’impression d’apprendre que je venais brusquement de sortir d’une grave maladie ou d’une forte complication de santé. J’étais tout content et soulagé de cette guérison miraculeuse. Je quittais le cabinet médical heureux de vivre. Pourvu que mon dossier médical n’ait pas été lu à l’autre patient, ce qui pourrait lui donner à lui par contre, un inutile et faux espoir.

JCM-Bordeaux @ 9:09
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Avec Philippe Jaroussky et Marie-Nicole Lemieux, un tourbillon de bonheur !

Posté le Samedi 23 juin 2012

Soirée époustouflante en ce vendredi soir au Pin Galant de Mérignac. Vous savez mon peu d’admiration que j’ai pour ce lieu  laid et insipide, mais ce soir, le décorum s’est évaporé pour ne laisser l’oreille et les yeux qu’à ce magnifique trio que sont l’Ensemble Artaserse, Philippe Jaroussky et Marie-Nicole Lemieux. Un contre-ténor et une contralto réunis. Pour rien au monde, je n’aurais raté ce concert tel que nous aimerions en avoir plus souvent sur nos scènes. On a déjà tout dit sur cet ensemble de musiciens l’Ensemble Artaserse, talentueux certes mais également généreux et souriants, heureux de nous offrir en immense cadeau de musique du 17° allant de Monteverdi à Cavalli en passant par Strozzi, Sances, Merula, Sartorio…. Que de découvertes musicales ! Au milieu de ce groupe de passionnés musiciens, nos deux idoles. Philippe Jaroussky avec toujours cette exceptionnelle maitrise, ce talent fou et subtil et cette voix qui nous fascine et ô combien, magique. Marie-Nicole Lemieux est peut-être moins connue par le grand public que son complice mais elle a séduit et conquit immédiatement ce public, grand habitué du lieu. Elle peut y revenir, son succès est assuré. Quoi dire sur cette chanteuse ? Elle a tout. Dans mon article sur son « Italienne à Alger » en janvier dernier à Nancy, j’avais déjà exprimé toute l’admiration que je porte à cette chanteuse. Voix magistrale, timbre exceptionnel de contralto. Tout de velours haut de gamme. Ces aigus, des sabres dorés. Son humour et sa présence physique, fracassants. Attention toutefois de ne pas trop en jouer. Le public peut s’en lasser. On le voit déjà avec une autre chanteuse dont ses pitreries commencent à agacer sérieusement. Marie-Nicole Lemieux nous émeut jusqu’aux larmes puis tout à coup nous fait hurler de rire par une pirouette au sens propre et au sens figuré. Comme elle dit elle-même très justement on peut être sur scène, sérieux et joyeux à la fois. Comme elle a raison. Ces deux artistes ont de plus les qualités que l’on aime et que l’on apprécie profondément : ils ont une gentillesse débordante, un grand respect pour leur public, une disponibilité rare en prenant le temps d’échanger ou d’écouter des jeunes avides de conseils. La complicité sur scène de ces deux chanteurs est magique. Ils ont su présenter leurs airs et leurs duos dans des enchainements de jeu scénique mixant derrière chaque note et mot un tourbillon de sentiments d’amour, de passion, de jalousie, de fureur, de vengeance et d’honneur. Est-ce du théâtre-concert ou du concert-théâtre ? Un genre très peu répandu et qui plait. Que la musique baroque engendre autant d’enthousiasme chez un public en fête, c’est gagné. Ce public, serait-il las de tous ces concerts de musique baroque qui paraissent si souvent ennuyeux ou tout le monde est triste, chanteurs, musiciens et public ? Philippe Jaroussky et Marie-Nicole Lemieux ont tout compris. Le tourbillon des sentiments (titre de leur concert) pourrait s’intituler le tourbillon du bonheur.

Jean-Claude Meymerit

 

JCM-Bordeaux @ 23:35
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