J’en ai croisé dans le TGV !

Posté le Samedi 2 juin 2012

Un couple d’une soixantaine d’années, accompagné de leur petite fille, prend place dans un wagon Tgv Bordeaux-Lille. À peine avaient-ils repéré leur place que la grand-mère se croyant chez elle (c’est vrai qu’il est 10h, l’heure habituelle du ménage), commence à râler très fort comme quoi les sièges sont sales, que le ménage n’a pas été fait etc…et qu’elle allait en parler au contrôleur. Le grand-père attaque une longue logique de choses implacables : « avant chaque nouveau départ le train doit être contrôlé et nettoyé ». Ça c’est dit. L’agent Sncf ayant eu la malchance de passer par là, reçu, comme promis, le mécontentement de la ménagère en mal de serpillière. Comme effectivement elle en dit des tonnes, le mari lui rétorque devant le contrôleur : « tu exagères! « . Une fois le nettoyage effectué, en commentant chacun de ses gestes afin que tout le wagon soit au courant, une scène de ménage (ou ménagère) arrive avec l’épisode d’un sac mal mis sur le porte-bagages : « je t’avais dit de mettre le sac debout, car il y a une bouteille » dit-elle à son mari, « je te l’ai redit en montant dans le train et tu n’as rien écouté’ . Le débat est lancé. Seulement il fallait prendre place et à trois sur un pack de deux places vis-à-vis, quelqu’un doit se trouver automatiquement en sens inverse de la marche. Insoluble, La fille se met dans le sens et les grands parents devront choisir. Pas moyen. Ils restent debout à se chipoter. Déjà, nous avons, entre Bordeaux et Libourne, une affaire de sac et de bouteille et de sens de marche. Ça promet ! Les deux, une fois installés, le grand- père enchaîne alors avec sa série de questions à la Lepers en les adressant à sa femme et à sa petite fille (pas si petite que ça l’ado de 15 ans !) sur tout ce qu’il voit. Et il en voit des choses ! Mais la petite s’en fou. N’ayant qu’une travée de bagages stockés entre-nous, j’étais aux premières.
Je passe sur tous les commentaires des plus insipides les uns que les autres et toujours dit aussi fort. Personne ne réagit. Moi, je crois que je ne vais pas tarder. Lorsqu’ils voient du linge séchant aux fenêtres, leur premier souci : « il n’est même pas attaché« . Passant au-dessus d’une autoroute en région parisienne, ils poussent en choeur un grand cri : « ce monde ! c’est encore plus bloqué que sur la rocade de Bordeaux !« . Passant vers Orly-ville au-dessus d’une rivière, le grand-père dit « c’est la Seine« , « mais non-dit sa femme, « c’est un étang« . Redispute. Vient ensuite un grand moment d’anthologie. Une annonce indique que ce Tgv va sur Lille et Strasbourg. Le grand-père à la science infuse, se retrouve face à sa leçon de géo d’antan et sa stupéfaction de non-compréhension sur la logique de la Sncf. Moi, sur mon siège, rire à en crever. Et il commence son développé en professeur familial : « il vaudrait mieux que le train arrive d’abord à la gare d’Austerlitz puis ensuite à la gare de l’Est, ce serait plus court, plutôt que passer par Lille pour aller à Strasbourg ! ». Je vois la fin de mes jours arriver tellement je m’étouffe de rire. Il me tardait d’arriver à Marne-la-Vallée pour voir sa tête. En effet, le Tgv entre en gare et l’annonce dit : séparation de ce Tgv, la rame n°… va sur Lille et la rame n°…va sur Strasbourg. Sans se démonter le grand-père dit à ses deux femmes : « vous voyez que j’avais raison, on ne passe pas par Lille pour aller à Strasbourg ! » Cette fois c’est bon, je meurs !.
Comme ils repartent sur d’autres élucubrations, je me lève et leur fais signe de se taire avec le geste de la main « de la fermer » (pas très fair-play peut être, mais efficace). La douche froide a marché. Silence sur toute la ligne puis tous les trois ont eu un rire commun nerveux. Qu’est ce que j’ai dû prendre en aparté. J’ai vite perçu leur vexation, car lorsque j’ai voulu changer de place un peu plus loin pour ne plus les supporter, la place était réservée et suis revenu à ma place de supplice. Et c’est là le défoulement du grand père qui se fit sentir immédiatement « il y en a qui se croient au cirque ! » dit-il encore tout fort. Quelle puissance, cette phrase ! L’arrêt Roissy est là, je fais semblant de les ignorer et descends. Eux aussi prenaient un vol car dans l’aérogare, je les croise qui se disputaient une nouvelle fois à haute voix, car ils n’étaient pas d’accord sur le terminal d’embarquement. Que le temps passe vite avec ce genre de personnage sans gêne, mais quel ramassis d’idioties. Qu’en pense la gamine ?

blog JCM @ 16:22
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Low cost ou coup bas ?

Posté le Jeudi 17 mai 2012

Je me lance ! Si j’essayais d’emprunter une compagnie aérienne de vols low cost pour un Bordeaux-Genève ? C’est pas cher me dit mon entourage (alors que c’est faux). Un petit rappel de texte : low cost veut dire bas coût (pour l’entreprise) mais pas bas prix pour le consommateur.
C’est parti. A mon arrivée à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, je lis sur le panneau électronique : enregistrement au hall Billi ! Qu’ès aquò lo Billi ? Je m’adresse à une hôtesse postée près de la borne. « C’est le grand cube noir en sortant à droite », me dit-elle assez distante. Voulant en savoir un peu plus, elle me rétorque : « vous avez choisi cette formule, vous allez voir, bon courage ! L’inquiétude me gagne. J’utilisais pour la première fois une compagnie low cost, je découvrais un lieu et un nom inconnu Billi et j’avais pour réconfort la réponse très ambigüe d’une hôtesse. Fallait-il que je continue ? Je sors de l’aérogare et me dirige vers ce fameux bloc noir. En effet, cela surprend. La porte poussée, un hangar que l’on trouve dans les grandes exploitations agricoles, se présente devant moi contenant une file d’attente aux comptoirs, invraisemblable. Décrire ce lieu serait trop long. De toute manière quel était le but principal que je m’étais fixé : prendre un avion coute que coute. Je m’installe dans la file d’attente et attend, attend…Une heure et demie debout chrono en main jusqu’à l’enregistrement. L’accès à la salle d’embarquement assez fuide puis à nouveau entassement dans un espace restauration et attente pour l’embarquement (encore une heure). Cet hangar à stoker les voyageurs commence à m’oppresser, pas de fenêtre, des tôles, des tôles…
Un fois installé dans l’avion (placement libre), les instructions arrivent et c’est là l’apothéose du non sens et de l’absurdité de ce vol.
Du commandant de bord au personnel d’accompagnement on vous parle de la pluie et du beau temps de la ville destination, des consommations en vente et de la boutique de souvenirs ou d’objets de luxe vendus dans l’avion, en français et en anglais.Très bien. Puis tout à coup, les consignes de sécurité (interminables) arrivent, toutes données en anglais.
Surpris de cela je m’adresse discrètement à un membre du personnel et lui demande pourquoi tout est dit en anglais et pas un mot en français, comme pour les autres messages. Sa réponse : « lorsque vous achetez un billet vous signez comme quoi vous devez comprendre l’anglais ! » Ahuri, je veux en savoir un peu plus et il me rajoute « même en cas d’accident toutes les consignes de sécurité et d’évacuation sont données en anglais, c’est dans le contrat ». Ca au moins c’est dit et réglé. Les bras m’en tombent et suis resté sans voix.
Je m’enfonce au plus profond de mon fauteuil et je commence à réviser toutes mes connaissances en anglais au cas où. Je ne pensais qu’allant à Genève, je devais emporter mon dictionnaire anglais-français.
Ce que je trouve scandaleux, c’est que les annonces de vente des produits à bord ou d’annonces sans trop d’intérêt sont dites dans les deux langues et que les consignes de sécurité soient uniquement dites en anglais sous prétexte que l’on doit connaître cette langue pour voyager sur ces vols. Le pognon avant la vie !


blog JCM @ 12:22
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Ce n’est pas tout d’avoir bonne mine encore faut-il avoir celle qui marche !

Posté le Lundi 14 mai 2012

Que faire dans une salle d’embarquement d’aéroport lorsque vous avez presque deux heures à attendre, que vous avez remis vos chaussures, que vous avez réajusté votre ceinture et essayé de remettre de l’ordre dans vos poches suite à la fouille traditionnelle de la sécurité…? Compter les avions qui décollent, draguer la personne en face de vous, dormir ou tout simplement observer le comportement des gens vivant eux aussi ces longues attentes et qui s’em….Le voyageur assis en face de moi sur un de ces bancs installés en rangs d’oignon, décide de travailler et d’utiliser tout son arsenal électronique. Cet homme d’affaire, par le cliché qu’il donne et par son look extérieur très soigné, doit avoir la quarantaine bien sonné. Il déballe son ordinateur portable de taille presque insolente, de son Ipad, de son Ipod, de son casque et des fils partout. Que va t-il faire de tout ce matos, à la fois ? De quoi je me mêle et que de questions existentielles ! Il sort également de son sac un agenda (vous savez cet instrument papier qui permet d’écrire en face de certains jours et heures des rendez-vous et autres événements de son choix etc…). Avec tout ce déballage, notre homme avait utilisé deux places du banc. Il pose son agenda à son coté droit, fait tous les branchements, sort un crayon mine et commence à inscrire sur son agenda les notes piochées sur ses appareils. Quel boulot ! Le pauvre ! Soudain, plus de mine, le porte mine est vide. Il secoue ce minuscule outil, cherche dans son sac. Que nenni ! Que faire ? Comme la mine a eu le dernier mot et que tout son organisation est foutue, il remballe le tout et attend patiemment l’embarquement (soucieux toutefois !). Il devait se dire : comment une vulgaire mine de crayon avait-elle pu entraver et contrer un matériel informatique des plus performants ? La piteuse figure qu’il faisait m’évoquait la tête du Chevalier à la triste mine de Cervantes, qui malgré son acharnement à vaincre tous les obstacles, baissa les bras devant les plus petits.

blog JCM @ 21:35
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A l’Opéra de Bordeaux, trois chanteuses osent jouer !

Posté le Samedi 5 mai 2012

Elles sont trois. Trois chanteuses lyriques en formation au Cnipal (Centre National d’Artistes Lyriques) de Marseille. Deux sopranos (Jennifer et Yuko Naka) et une mezzo-soprano (Simona Caressa). Elles ont offert au public bordelais, dans le cadre des Midis musicaux un récital d’extraits d’opéras présenté d’une manière assez originale.
Des fleurs posées sur et dans le piano, au sol, dans les cheveux, sur une table, avaient toutes un rôle à jouer. Au cours de leurs diverses interprétations, nos trois chanteuses jouent avec ces fleurs comme avec des partenaires.
L’originalité de ce concert venait surtout de la mise en espace des morceaux choisis. Il est en effet très rare de voir des chanteurs en récital mettre un soupçon de mise en scène dans leur concert. Il est vrai qu’elles avaient contourné la difficulté en choissant des morceaux d’opéras plus que des airs. C’est ainsi que nous avons pu voir et entendre un enchaînement subtil de courts extraits du Chevalier à la rose de Strauss. Puis, le trio des femmes dans Falstaff de Verdi et l’attente du retour de Pinkerton par Cio-Cio San et Suzuki dans la Butterfly de Puccini.Très belle réussite d’assemblage.
Dommage qu’elles n’aient pas osé aller plus loin dans cette démarche en ne donnant que des extraits même s’ils souvent moins familiers pour le public mais souvent bien plus intéressants qu’un simple air. Pour le public, la comparaison avec les grands noms du chant lyrique est tellement évidente et risquée, que s’attaquer en récital à des airs lorsqu’on débute, est très périlleux. Au lieu de l’air de Suzel de l’Ami Fritz de Mascagni, qui ne nous fera jamais oublier Freni et ceux supers rabâchés de Luna, Chapi…,j’aurais bien mieux apprécié d’autres extraits d’opéras. Sans chercher bien loin on doit bien trouver des extraits réunissant trois femmes (Manon, Carmen, les Noces…sans compter les très nombreux duos de femmes existant dans bon nombre d’ouvrages).
La formation d’artistes lyriques passent également par le jeu scénique. Ces trois chanteuses semblent l’avoir comprise, mais encore faut-il quelles aient en face un quelqu’un qui les aide et les entraîne dans ce sens.

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 20:03
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Le gentil Xavier, Veilhan sur son lion bleu !

Posté le Mercredi 11 avril 2012

« Il est pâle et sale » nous a murmuré avec douceur le papa du lion bleu de la Bastide à l’occasion d’une conférence sur le thème Architectones qui s’est tenue ce jour au TnBa et organisée par le Frac Aquitaine. En effet, il n’avait pas vu son enfant depuis très longtemps. Dans les questions du débat qui ont suivi portant sur son oeuvre bordelaise, devenue maintenant le lion des bordelais, ont jailli les deux questions fondamentales et vitales pour l’artiste, pour les bordelais et pour l’art contemporain : pourquoi est-il bleu et pourquoi il n’a pas de testicules ? Nous y voilà enfin. C’est vrai que, moi-même, chaque fois que je passe devant ce lion ce sont les questions que je me pose immédiatement (!). La première question porte sur la couleur. Veilhan a très bien argumenté avec calme, humour et dérision. Quelle couleur auriez-vous aimé ? répondit-il à la personne auteur de la question de ce tel intérêt et de cette telle pertinente qu’elle pourrait faire l’objet d’un sujet de thèse universitaire en histoire de l’Art contemporain. Avec son humour flegmatique, l’artiste continue : « La monochromie est toujours sujet de débat. Pouvait-on imaginer ce lion vert ? Noir ? Mauve ? : non. Rouge ? (c’est la couleur en monochromie qui se vend très bien en art) ». Je l’ai voulu comme les nuages, bleu » a t-il annoncé, comme s’il venait de lire la dernière phrase d’un fort beau poème. Merci Monsieur Veilhan pour cette belle réponse à une question stupide.
Arrivons maintenant aux fameux attributs mâle absents à l’auguste prestance de ce magnifique animal. Je me mets à la place de la dame qui a posé cette  seconde question existentielle pour l’avenir de la race animale : « pourquoi ce lion est-il asexué ? » Quelle angoisse ça lui procure ! Cette question venait après celle d’une jeune dame qui elle, aimait passer entre les pattes et sous le ventre de notre lion, tous les matins en allant travailler. Il est curieux que cette dernière ne se soit pas rendu du manque ! Elles n’ont peut être pas les mêmes références en la matière. Maintenant que la question est posée publiquement je réalise que je n’avais jamais remarqué que cette sculpture de la place Stalingrad était un lion et qu’ il lui manquait en effet, sa virilité. Jules Renard aurait pu ajouter dans ses Histoires naturelles : « On reconnait un lion aux longs poils frisés autour du cou ! ». J’en été resté là. On en apprend tous les jours !
En dehors de ces deux questions pour école maternelle, le très célèbre artiste international Xavier Veilhan nous a baladé pendant plus d’une heure dans son univers de créations et de projets. Naviguant entre Art et Architecture il s’arrête à quelques instants au bord de chacune de ces deux formes de travail afin de nous faire partager ses hésitations, son engagement et ses choix. Le tout avec beaucoup de simplicité, d’humour et de gentillesse. « Vous êtes quelqu’un de gentil lui a dit quelqu’un dans la salle ! » Et c’est vrai.

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 22:29
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L’opéra, le surtitrage, sa démocratisation et mes cervicales !

Posté le Mardi 3 avril 2012

Je viens de lire, sur un site internet spécialisé en opéra, le texte d’un journaliste musicologie évoquant les surtitrages dans les salles d’opéras. Je le remercie vivement d’avoir abordé ce sujet, sujet qui devient tabou auprès de tous les amateurs d’opéra. Personne n’ose avouer le côté néfaste de cette technologie portée à l’opéra. Si par hasard on s’aventure à dire à quelqu’un, qui ne va que très rarement à l’opéra, que nous sommes contre cette technologie, on se fait traiter de tout et surtout, oh l’horreur, on est catalogué d’élitiste et comme quoi on est contre la démocratisation de l’opéra. Je rappelle que c’est plutôt c’est l’inverse qui se produit ! C’est justement en prenant le public pour une machine à avaler ou en lui mâchant le travail qu’on lui empêche d’entrer dans ce monde magique. On lui interdit d’apprécier le mystère de l’alchimie, musique/texte/visuel, qu’est le spectacle lyrique. On lui empêche de créer son propre univers d’émotions et de plaisir. On lui impose de rire et c’est souvent à contre courant. On le matraque de phrases (ou de mots) insipides qui n’apportent absolument rien à la dite compréhension de l’histoire. Que de traductions stupides et inutiles ramenées à quelques mots. Cette « explicaterie » de bas étage, nuit. Elle devient parasite à l’écoute émotionnelle et au regard de l’action scénique. Le temps que nous levons les yeux, happés par ces lumières de textes au dessus de nos têtes ou en plein face, l’action sur scène est passée. On relève la tête au cas où l’on aurait oublié de lire un mot clé. Rebelote. Sur scène le ténor a quitté la scène, par où ? Pas vu !
A-t-on besoin pour apprécier un opéra, d’avoir en direct le mot à mot du livret. Depuis des siècles cela se saurait !

Dans certaines salles, le surtitrage est sur le dossier du fauteuil devant soi. Au moins on peut l’éteindre. Fréquentant de nombreuses salles d’opéras, j’essaie le plus souvent de louer des places d’où on ne voit pas les surtitres (c’est de plus en plus dur). A Paris Bastille, les places sans visibilité de surtitrage sont mentionnées. A Bordeaux, heureusement que le lustre cache cet objet de torture mentale (et physique parfois). Mon médecin a cependant raison : il me conseille ce procédé comme moyen médical pour mes cervicales. Il me dit : dès que vous souffrez, louez-vous une place au parterre et tournez la tête un coup à droite puis à gauche vers les surtitrages de côté puis au plafond pour le surtitrage principal. J’ose à peine imaginer les passerelles financières juteuses entre la culture et la santé….

Pour moi cette technologie imposée et pseudo-prisée par les spectateurs est vicieuse et polluante. Ils passent la soirée à lire les phrases en essayant de les faire correspondre sur ce qu’ils entendent ou voient. C’est un véritable appauvrissement du spectateur. Quelle stupidité lorsque les phrases arrivent avant le phrasé des chanteurs. Quelle stupidité lorsque la même phrase reste affichée de nombreuses minutes pendant que les chanteurs poursuivent leur chant. Comme on se demande ce qu’ils racontent, on remet ça ! Nouvelle séance de relaxation des cervicales. Le plus terrible est le surtitrage en français d’opéras chantés en français. Cela devient du grand guignol. Les gens rient, car jamais les textes écrits ne sont en harmonie avec les textes chantés. Avez-vous déjà entendu les premiers mots du duo final de Carmen : « C’est toi ? C’est moi ! » ? Avant que nos deux héros disent ces deux phrases, le texte est déjà à l’écran. R I D I C U L E ! Je suis absolument d’accord avec le journaliste du site internet, lorsqu’il évoque les nombreux moyens d’information que le spectateur peut consulter quelques heures avant de se rendre à l’opéra. A t-on besoin de connaître pendant le spectacle le texte intégral (ou tronqué) pour apprécier tel ou tel ouvrage ? Je propose et souhaite que demain nous ayons en complément des textes, des extraits des partitions de l’ouvrage !…A ridicule, ridicule et demi !  C’est ce qu’on appellera à nouveau, une technique pour la démocratisation de l’opéra ! Pendant ce temps le chaland culturel passe.

Jean-Claude Meymerit


blog JCM @ 13:42
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Le faux mort du quai !

Posté le Dimanche 1 avril 2012

Sur le quai du tramway, deux jeunes lycéennes arrivent un peu excitées en ayant le verbe un peu haut.
La 1, catastrophée : « il est mort ? C’est pas vrai !  »
La 2, sûre d’elle : « si, le l’ai vu hier au soir ».
La 1, frôlant la crise de nerfs sur le quai : « c’est pas possible, car moi je ne l’ai pas vu ».
La 2, pour la rassurer : « tu as dû voir le trois, moi j’ai vu le quatre ».
La 1, assommée par la nouvelle : « je ne te croirai que si je le vois, mort ».
J’écoutais cette vive discussion avec une certaine inquiète attention. Une des ces jeunes filles venait de voir un mort et l’autre avait l’air jalouse de ne pas l’avoir elle aussi, vu.
Ce n’est qu’après cette juvénile dispute tournant autour des chiffres 3, 4 etc..que j’ai immédiatement compris (comme vous je suppose) qu’elles parlaient d’épisodes télé et de leur héros qui venait de passer l’arme à gauche. Déçu, j’ai quitté mon poste d’écoute car les morts de télé ne sont pas ma tasse de quai !

blog JCM @ 20:33
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Strauss, Elektra et Baird

Posté le Mercredi 21 mars 2012

Quels chanceux ces montpelliérains ! Après Hildegard Berens il y a déjà quinze ans ils ont eu aujourd’hui Janice Baird. Quelles magnifiques Elektra ces deux chanteuses. En plus des deux précitées, j’ai eu la chance d’en applaudir deux autres célèbres dans ce rôle là : Gwyneth Jones à Orange en 91 et tout récemment Evelyn Herlitzius à Berlin.
Pour rester sur la production de Montpellier signée jean-Yves Courrègelongue, Janice Baird abordait là sa énième production. J’ai des souvenirs mémorables de quelques unes de ses prestations d’Elektra : à Toulouse en 2004 dans la très efficace mise en scène de Nicolas Joël, à Nantes en 2005 dans celle époustouflante de Charles Roubaud, à Bilbao en 2007 dans celle de Peter Konwitschny, qui est pour moi la plus aboutie et la plus violente, à Strasbourg en 2008 dans la très intelligente mise en scène de Stéphane Braunschweig, à Berlin en 2009 avec celle de Kirsten Harms. Toutes les interprétations de Janice Baird en fonction des mises en scène et des années, sont à la fois complémentaires et différentes formant chaque fois l’Elektra unique. On a l’impression que l’interprétation de ce personnage, avec des facettes à l’infini, est pour elle, sans limite. Lorsqu’on a vu une seule fois Janice Baid tenant à bout de bras écartés vers le ciel, vêtue d’un jeans, d’un tee shirt et d’une veste de laine bleu marine, la fameuse hache objet central de l’opéra, on est tétanisé à vie. Quel force de prestance et de jeu. Cette immense artiste qui paradoxalement est connue et méconnue du public français va faire enfin son entrée parisienne (mise à part son unique concert à Pleyel en Salomé) en 2013 dans les trois opéras de la tétralogie de Wagner.

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 22:29
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J’ai honte, j’ai ri !

Posté le Mardi 20 mars 2012

Incident une fin d’après midi en pleine heure de débauche sur une ligne de tramway. Des milliers de fourmis humaines sillonnent et s’agitent dans tous les sens entre les stations non desservies, essayant de comprendre l’histoire qui leur arrive. Entre ceux qui attendent la rame par routine et ceux qui essaient de recoller les bribes de textes inaudibles émises par les hauts parleurs des quais, c’est la fête. Les gens se parlent, rient, sont en colère mais au moins ça vit.
Une rame arrivant à une station déclarée momentanément terminus, doit repartir en sens inverse. Si pour certains cela paraît classique, pour ceux qui découvrent cette situation pour la première fois, c’est la panique. Sans parler des touristes qui sont carrément perdus, corps et âmes. Ayant déjà connu cette situation de nombreuses fois à ce même endroit, je monte dans la rame qui devait normalement refaire le chemin inverse. Des gens montent. La dame assise à côté de moi confiante (comme moi) attend le départ. Ce que nous n’avions pas réalisé c’est que la cabine du chauffeur était vide. Donc suspens ! Une jeune fille très à l’aise monte à son tour, met de l’ordre dans ses fils d’écouteurs entortillés qui occupent un bon bout de temps pour les remettre en ordre. Elle s’installe sans se rendre compte que le chauffeur venait d’entrer dans son antre pour nous faire voyager en sens inverse. Sonnerie de départ et notre rame démarre. Notre jeune fille qui était monté dans le tram comme à l’accoutumé dans le sens habituel de la marche se trouve sans ses repères. Son visage commence a s’angoisser brutalement. Elle prend sa tête entre les mains et réfléchit les yeux hagards exorbités. Les larmes lui viennent. Elle se tient toujours la tête. Voyant cette jeune personne commencer à devenir étrange, une dame lui explique la situation. La jeune fille lui avoue qu’elle a eu très peur car elle croyait avoir perdu la raison. Elle nous explique qu’elle prend tous les jours le tram sur ce quai et à cette heure mais pour aller dans le sens normal. Or là, le tram allait dans l’autre sens en partant du même quai. Là ou j’ai honte c’est que mon regard s’était porté sur elle depuis son entrée dans la rame car j’avais remarqué qu’elle n’était pas au courant de la situation. Elle était trop préoccupée à démêler ses fils. Mon but était de voir sa tête au départ du tram. Au fur et à mesure que sa tête changeait j’étais mort de rire (je n’étais pas le seul) mais je ne pensais pas qu’elle avait eu aussi peur. J’ai honte d’avoir ri !

blog JCM @ 23:35
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Théâtre sur rail !

Posté le Mardi 20 mars 2012

Au départ, une histoire très banale. Je suis à l’aéroport de Roissy dans le hall des correspondances Sncf.
Plus d’une heure à attendre. Si j’allais m’acheter la revue que j’aime bien ne parlant que de théâtre. Ce magazine s’appelle « Théâtral ». Je demande au vendeur :
- « avez-vous reçu le magazine Théâtral » ?
C’est à ce moment là que tout se complique.
- « Théâtrail » ? me demanda t-il.
- « non Théâtral ! »
Un signe extérieur de grande ignorance commençait à se dessiner sur son visage et me redit :
- « Théâtrail » ?
Je recommence : – « le magazine Théâtral » !
- « ça parle de quoi ? »
- « de théâtre ». Cette réponse a été très dure à formuler. Je rajoute pour l’aider dans ses recherches cérébrales : « c’est un format assez petit ».
Là, subitement une lueur d’espoir jaillit de ses yeux et me dit :
- « je range les petits formats dans l’arrière boutique car ici je n’ai pas assez de place, je vais voir ». Et il ne revient pas. Je demande des nouvelles à son collègue qui me répond : « il cherche ».
A cet instant le cher disparu revient pour me dire gentiment qu’il avait tout fouillé mais qu’il n’avait pas cette revue.
En le remerciant, je me suis demandé alors si je n’aurais pas dû lui acheter le magazine la Vie du rail en le lisant sur fond de raï.

blog JCM @ 22:34
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