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Archive pour la catégorie « mots d’humeur »

Quand la parité empiète sur la liberté !

Femmes-hommes, égalité, bien évidemment ! Femmes-hommes, parité oui ! jeunes-vieux, parité pourquoi pas ! mais imposer la parité partout, absolument, non !
Comment ose t-on proposer en réunion publique qu’il y ait une parité au sein des conseils d’administration des associations ? J’ai cru voir, devant moi, le temps d’un éclair, l’écroulement de notre démocratie. S’il y a bien un lieu où personne n’a le droit de se mêler, c’est bien au sein d’une association. Seuls les adhérents ont le droit de faire entendre leurs droits, de se manifester, de s’investir et de voter. L’association n’est-elle pas une enveloppe de liberté ? Si la parité doit exister au sein de certaines assos, il faut qu’elle soit inscrite dans les statuts, mais pas à être imposée par autrui en dehors de ces structures juridiquement instituées. Seule, une modification de la loi 1901 pourrait faire changer ce mode d’élection interne (?). Espérons que jamais ce type de changement ne voit le jour.
Imaginons un conseil d’administration d’une association d’anciens combattants composé de femmes, de jeunes etc..?
Imaginons une association musicale, où avant le talent artistique, on exigerait qu’il y ait autant de femmes et d’hommes, de jeunes et de vieux dans leur groupe musical.
Imaginons un club d’étudiants avec leur tête des seniors.
Je ne vois pas pourquoi on exigerait dans une chorale de femmes que des hommes fassent partie du conseil d’administration etc…La liste est sans fin.
Bien sûr que l’on pourrait fonctionner dans toutes ces associations avec des conseils d’administration paritaire en matière de sexe, de couleur de cheveux, d’âge etc…mais quelle absurdité !
Aussi, de telles propositions comme celles entendues en public au cours d’une réunion de participation publique, me laisse sans voix. Le but premier d’une asso n’est-il pas de réunir autour d’un même centre d’intérêt de passion, de savoir-faire, de combat, de solidarité, etc…des personnes uniquement concernées par celui-ci avec leur propre sensibilité et leurs compétences.
Même le fait d’insinuer ou d’écrire « tendre vers la parité » parlant du fonctionnement des assos est une amorce contre la liberté individuelle. Ce genre d’argument entendu tout récemment, prouve bien la dérive entretenue par certaines personnes qui, sous des aspects de démocratie, s’enferment elles-mêmes dans des discours frôlant l’intolérance par l’uniformisation de tout, partout et pour tout.



Folklore pharmaceutique ou gaspillage organisé ?

Tout en découvrant le principe d’un traitement léger de prévention et d’entretien médicamenteux, mais dit « à vie », je découvre la stupidité et l’incohérence de vente de certains médicaments.
Mon traitement comporte 3 produits (1 comprimé par produit et par jour). Mon médecin me rédige une ordonnance pour l’achat de 3 mois de traitement. Il ne peut pas me donner un temps plus long car il doit revoir lui même son patient tous les 3 mois et lui renouveler l’ordonnance (?). Soit, allons-y ! Tous les 3 mois chez le médecin. Pour quelqu’un qui y va rarement, cela va me faire drôle.
Deuxième étape, visite chez le pharmacien. Il ne veut pas – oh pardon ! – il ne peut pas me donner le traitement complet pour 3 mois car il ne délivre que mois après mois.  A mon questionnement, pourquoi je ne peux pas avoir les 3 mois complets il me répond « c’est comme ça, on n’a pas le droit« . Avec cette réponse des plus sophistiquées, je lui offre un merci un peu glacé et partis. Donc, me voilà avec mon tout petit chargement d’1 mois de traitement comprenant 3 médicaments de 28 (celui-ci, c’est pour le mois de février) ou 30 pastilles chacun.
Donc en clair, jusqu’à la fin de mes jours, il faut que j’aille chez le pharmacien tous les mois et chez le médecin tous les 3 mois. Il suffit de le savoir.
Un mois plus tard, je rends visite à un autre pharmacien. Concernant un des produits de la liste, il me dit : « je n’ai pas ce produit mais j’en ai un autre qui est identique, seul le nom commercial change« . Pourquoi pas, me dis-je ! Et il rajoute, « seulement je n’ai qu’un conditionnent de 60 comprimés, ce qui veut dire que vous avez 1 mois d’avance ». Que faire ? Rien. Je prends. Est-ce que vous me suivez ?
Le troisième mois je vais chez un autre pharmacien (tant qu’à faire, je fais le tour des popotes de mon quartier). J’ai bien fait, car chez celui-ci, apothéose : « je n’ai pas le nom que vous me demandez, j’en ai un autre mais c’est pareil, par contre je ne l’ai pas en conditionnement de 10 mais de 90 comprimés ». Me voilà à présent avec un excédent de comprimés à reporter sur les prochains mois. C’est une caméra cachée de l’Union des pharmaciens, ou quoi  ? Me voilà dans la rue avec un nouveau stock et un nouveau nom. En 3 mois je ne savais plus déjà où j’en étais. Je n’allais tout de même pas tous les soirs au coin du feu compter mes pilules restantes en fonction de noms qui bougent tous les quatre matins.
Attention, jour J, c’est la visite chez mon médecin. Je lui raconte mon parcours chez les pharmaciens. Compatissant, il reconduit mon traitement avec les mêmes noms commerciaux de la première ordonnance 3 mois avant (vous me suivez toujours ?). Car si lui se met à changer les noms, je n’ai plus qu’à mettre mon dossier chez un agent comptable.
Ne voulant pas vous ennuyer avec mon histoire de comptage de pilules, je voudrais seulement vous dire que ce cirque infernal s’empire chaque mois, car chaque mois, les noms changent, les conditionnement également si bien que j’ai baissé les bras. J’achète (ou plutôt la Sécurité sociale) ce que l’on veut bien me donner. Avec le rab de comprimés obtenu, j’espère ouvrir une annexe pharmaceutique.
Je ne comprends pas pourquoi lorsqu’un médecin ordonne un traitement de 3 mois (il sait ce qu’il fait) pourquoi on ne peut pas obtenir d’une manière simple par les pharmacies le traitement complet de ces 3 mois et ainsi de suite (la preuve, les conditionnements existent). Si ceux-ci étaient figés avec le même nombre de comprimés, je pourrais comprendre, or avec le constat que je fais actuellement, c’est au petit bonheur la chance en fonction des pharmacies. Il y a tous les cas de figure. Qui parle de gaspillage ou d’économie ? Moi, je parle de ridicule.



Quand les bobos font les beaux !

Même parmi une foule à la sauce Woodstock nous serions capable de reconnaître le bobo de service. Car il est reconnaissable à ce petit je-ne-sais-quoi qui agace immédiatement. Le bobo ne vit pas pour lui, il fait toujours bien attention à être vu. Avez-vous remarqué un bobo faisant ses courses dans une grande surface d’un centre ville ? Il ne fait pas ses courses pour lui mais pour les autres clients. Et ce phénomène est pire et démultiplié lorsqu’il est accompagné de ses enfants. À ce moment alors, nous avons droit à la lecture de toute l’encyclopédie du savoir-bien-acheter et surtout du savoir-bien-manger.

Ce jour, une dame légèrement marquée par les ans, appartenant à cette famille grandissante, fait ses courses (j’ai oublié de vous signaler un élément absolument indispensable au bon goût des produits achetés : le panier en osier).

Ma cliente en effet en possède un et y pose, comme des oeufs fraîchement pondus, ses haricots verts, ses abricots, ses tomates…sans oublier toutes ses salades et herbes aromatiques. Tout ce petit monde posé amoureusement est obligatoirement bio. Sinon, à quoi bon posséder un panier en osier !

Cette personne s’arrête devant le rayon des vins rosés et blancs et me demande de lui attraper une bouteille à la dernière étagère. Ce que je fis avec plaisir, je ne suis ni sectaire ni raciste !…La bouteille de ce vin rosé porte le nom d’une célèbre station balnéaire, la plus connue au monde. Surpris de voir son choix, je reste persuadé que ce n’est que pour le nom qu’elle a choisi cette bouteille. Pour être un peu piquant, je lui signale que de très bons vins locaux et régionaux existent sûrement plus sains, moins trafiqués et surtout issus des producteurs de proximité, que ce produit de pur marketing (jugement gratuit, uniquement pour la provoc). Elle me rétorque, « vous savez, je m’en fous qu’il soit trafiqué ! Tout le monde en achète ». Soit elle s’est foutue de moi (ce que je crois), soit elle est sincère et les arguments bio de son panier (n’oubliez pas, celui en osier) ne sont alors que pour la frime et non pour la santé. Ce n’est pas très beau, beau !

 

 



Low cost ou coup bas ?

Je me lance ! Si j’essayais d’emprunter une compagnie aérienne de vols low cost pour un Bordeaux-Genève ? C’est pas cher me dit mon entourage (alors que c’est faux). Un petit rappel de texte : low cost veut dire bas coût (pour l’entreprise) mais pas bas prix pour le consommateur.
C’est parti. A mon arrivée à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, je lis sur le panneau électronique : enregistrement au hall Billi ! Qu’ès aquò lo Billi ? Je m’adresse à une hôtesse postée près de la borne. « C’est le grand cube noir en sortant à droite », me dit-elle assez distante. Voulant en savoir un peu plus, elle me rétorque : « vous avez choisi cette formule, vous allez voir, bon courage ! L’inquiétude me gagne. J’utilisais pour la première fois une compagnie low cost, je découvrais un lieu et un nom inconnu Billi et j’avais pour réconfort la réponse très ambigüe d’une hôtesse. Fallait-il que je continue ? Je sors de l’aérogare et me dirige vers ce fameux bloc noir. En effet, cela surprend. La porte poussée, un hangar que l’on trouve dans les grandes exploitations agricoles, se présente devant moi contenant une file d’attente aux comptoirs, invraisemblable. Décrire ce lieu serait trop long. De toute manière quel était le but principal que je m’étais fixé : prendre un avion coute que coute. Je m’installe dans la file d’attente et attend, attend…Une heure et demie debout chrono en main jusqu’à l’enregistrement. L’accès à la salle d’embarquement assez fuide puis à nouveau entassement dans un espace restauration et attente pour l’embarquement (encore une heure). Cet hangar à stoker les voyageurs commence à m’oppresser, pas de fenêtre, des tôles, des tôles…
Un fois installé dans l’avion (placement libre), les instructions arrivent et c’est là l’apothéose du non sens et de l’absurdité de ce vol.
Du commandant de bord au personnel d’accompagnement on vous parle de la pluie et du beau temps de la ville destination, des consommations en vente et de la boutique de souvenirs ou d’objets de luxe vendus dans l’avion, en français et en anglais.Très bien. Puis tout à coup, les consignes de sécurité (interminables) arrivent, toutes données en anglais.
Surpris de cela je m’adresse discrètement à un membre du personnel et lui demande pourquoi tout est dit en anglais et pas un mot en français, comme pour les autres messages. Sa réponse : « lorsque vous achetez un billet vous signez comme quoi vous devez comprendre l’anglais ! » Ahuri, je veux en savoir un peu plus et il me rajoute « même en cas d’accident toutes les consignes de sécurité et d’évacuation sont données en anglais, c’est dans le contrat ». Ca au moins c’est dit et réglé. Les bras m’en tombent et suis resté sans voix.
Je m’enfonce au plus profond de mon fauteuil et je commence à réviser toutes mes connaissances en anglais au cas où. Je ne pensais qu’allant à Genève, je devais emporter mon dictionnaire anglais-français.
Ce que je trouve scandaleux, c’est que les annonces de vente des produits à bord ou d’annonces sans trop d’intérêt sont dites dans les deux langues et que les consignes de sécurité soient uniquement dites en anglais sous prétexte que l’on doit connaître cette langue pour voyager sur ces vols. Le pognon avant la vie !




L’opéra, le surtitrage, sa démocratisation et mes cervicales !

Je viens de lire, sur un site internet spécialisé en opéra, le texte d’un journaliste musicologie évoquant les surtitrages dans les salles d’opéras. Je le remercie vivement d’avoir abordé ce sujet, sujet qui devient tabou auprès de tous les amateurs d’opéra. Personne n’ose avouer le côté néfaste de cette technologie portée à l’opéra. Si par hasard on s’aventure à dire à quelqu’un, qui ne va que très rarement à l’opéra, que nous sommes contre cette technologie, on se fait traiter de tout et surtout, oh l’horreur, on est catalogué d’élitiste et comme quoi on est contre la démocratisation de l’opéra. Je rappelle que c’est plutôt c’est l’inverse qui se produit ! C’est justement en prenant le public pour une machine à avaler ou en lui mâchant le travail qu’on lui empêche d’entrer dans ce monde magique. On lui interdit d’apprécier le mystère de l’alchimie, musique/texte/visuel, qu’est le spectacle lyrique. On lui empêche de créer son propre univers d’émotions et de plaisir. On lui impose de rire et c’est souvent à contre courant. On le matraque de phrases (ou de mots) insipides qui n’apportent absolument rien à la dite compréhension de l’histoire. Que de traductions stupides et inutiles ramenées à quelques mots. Cette « explicaterie » de bas étage, nuit. Elle devient parasite à l’écoute émotionnelle et au regard de l’action scénique. Le temps que nous levons les yeux, happés par ces lumières de textes au dessus de nos têtes ou en plein face, l’action sur scène est passée. On relève la tête au cas où l’on aurait oublié de lire un mot clé. Rebelote. Sur scène le ténor a quitté la scène, par où ? Pas vu !
A-t-on besoin pour apprécier un opéra, d’avoir en direct le mot à mot du livret. Depuis des siècles cela se saurait !

Dans certaines salles, le surtitrage est sur le dossier du fauteuil devant soi. Au moins on peut l’éteindre. Fréquentant de nombreuses salles d’opéras, j’essaie le plus souvent de louer des places d’où on ne voit pas les surtitres (c’est de plus en plus dur). A Paris Bastille, les places sans visibilité de surtitrage sont mentionnées. A Bordeaux, heureusement que le lustre cache cet objet de torture mentale (et physique parfois). Mon médecin a cependant raison : il me conseille ce procédé comme moyen médical pour mes cervicales. Il me dit : dès que vous souffrez, louez-vous une place au parterre et tournez la tête un coup à droite puis à gauche vers les surtitrages de côté puis au plafond pour le surtitrage principal. J’ose à peine imaginer les passerelles financières juteuses entre la culture et la santé….

Pour moi cette technologie imposée et pseudo-prisée par les spectateurs est vicieuse et polluante. Ils passent la soirée à lire les phrases en essayant de les faire correspondre sur ce qu’ils entendent ou voient. C’est un véritable appauvrissement du spectateur. Quelle stupidité lorsque les phrases arrivent avant le phrasé des chanteurs. Quelle stupidité lorsque la même phrase reste affichée de nombreuses minutes pendant que les chanteurs poursuivent leur chant. Comme on se demande ce qu’ils racontent, on remet ça ! Nouvelle séance de relaxation des cervicales. Le plus terrible est le surtitrage en français d’opéras chantés en français. Cela devient du grand guignol. Les gens rient, car jamais les textes écrits ne sont en harmonie avec les textes chantés. Avez-vous déjà entendu les premiers mots du duo final de Carmen : « C’est toi ? C’est moi ! » ? Avant que nos deux héros disent ces deux phrases, le texte est déjà à l’écran. R I D I C U L E ! Je suis absolument d’accord avec le journaliste du site internet, lorsqu’il évoque les nombreux moyens d’information que le spectateur peut consulter quelques heures avant de se rendre à l’opéra. A t-on besoin de connaître pendant le spectacle le texte intégral (ou tronqué) pour apprécier tel ou tel ouvrage ? Je propose et souhaite que demain nous ayons en complément des textes, des extraits des partitions de l’ouvrage !…A ridicule, ridicule et demi !  C’est ce qu’on appellera à nouveau, une technique pour la démocratisation de l’opéra ! Pendant ce temps le chaland culturel passe.

Jean-Claude Meymerit




Pardon ! je n’ai pas la téloche ! C’est grave ?

Je me trouve à discuter avec trois personnes de mes connaissances. On parle de tout et de rien et l’on rit, bref on passe un super moment.
Comme toujours dans ce genre de détente, notre (la vôtre) sainte télé fait son entrée par la grande porte. Le slogan « vu et entendu à la télé » frappe toujours.
Un de mes interlocuteurs se référant à une émission de télé vue la veille, me demande avec la phrase qui inévitablement tue : « tu l’as vue » ?
« Non, car je n’ai pas la télé » annonçai-je ! C’est alors qu’un bug fait son entrée dans les cerveaux de mes interlocuteurs. J’entends les sous-entendus : il n’a pas la télé ? Le pauvre ! Comment fait-il pour vivre ? On ne peut plus discuter avec lui, car il ne sait pas ! etc…
Une fois cette onde choc passée et qu’ils aient acceptée ma maladie incurable, un dialogue de haut vol s’instaure :
- comment fais-tu pour te tenir informé de l’actualité ?
- j’écoute la radio !
- oui, mais ce n’est pas complet, il n’y a pas les images ! (sic) et quelles radios ? . Attention, cela va faire mal ! me dis-je tout bas et balance : « j’écoute de préférence les radios du secteur public ». En effet, l’effet escompté jaillit. Stupéfaction générale. Dans leurs têtes, « non content de ne pas avoir la télé, il n’écoute que les radios publiques ». Voyant le désarroi des visages en face de moi, je rajoute : …et Radio classique.
Je me mets à leur place. Ils avaient devant eux un individu qui n’avait pas vu les déferlements d’images détaillées d’un accident mortel de la route ou celles des gros plans fardés des maquillages outranciers des intervenants de débats stériles.
Cependant, lorsque je leur signale que sur Radio France « il y a aussi » des informations et émissions sur l’actualité politique, sociale, culturelle, sportive, internationale etc…et que sur Radio Classique j’ai écouté pendant une heure et demie François Zimeray, ambassadeur de France en charge des Droits de l’Homme, ceci agrémenté d’un programme de musique classique, la discussion tombe alors comme un soufflet trop tôt sorti du four.
Et oui ! la télé a encore frappé !



Chaises musicales à la sauce verdienne.

Je ne pensais pas qu’en allant écouter une représentation du Trouvère de Verdi, j’allais assister à une démonstration du jeu des chaises musicales. En effet, tout semblait calme, les nombreux lycéens silencieux, le charme lyrique opérait, lorsque tout à coup en plein milieu d’un des tableaux du premier acte, le couple assis devant moi se lève, dérange tout le monde, avec bruits de fauteuils, murmures et commentaires variés, porte qui s’ouvre et se ferme, enfin bref, la totale. Côté positif, deux places se libèrent ! C’est alors que le principe des chaises musicales entre dans l’arène. Les personnes assises à côté de celles qui ont déserté se déplacent de deux crans, mais comme elles voient moins la scène, elles reculent d’un cran. Au même moment, d’autres personnes qui avaient repéré ces places libres avaient déjà entamé leur stratégie d’attaque. Marche arrière pour certains, car (je ne sais pas si vous me suivez ?), comme il n’y avait plus deux places côte à côte puisque les derniers en mouvement n’avaient repris leur marche arrière que d’un cran, ce fut la panique. De plus, et cela est bien connu : si on part de chez soi à deux pour aller voir un spectacle, il faut rester à deux, collé quoiqu’il arrive, car pour apprécier un spectacle il faut deux cases de neurones sinon rien ne va plus.

Le calme revient. Seulement, tout ceci avait distrait quelques personnes qui se sont senties obligées de boire. Donc, opération bouteilles d’eau, et les fameuses débouchonnades avec le bruit des bouteilles en plastic que l’on écrase. Et hardi petit ! chacun son flacon et sa marque. Les trois personnes pas très loin de moi venaient d’avoir subitement la pépie aiguë , car à en juger le nombre de va et vient du sac à la bouche, je voyais le moment ou d’autres envies allaient jaillir. Cette manie de boire par toute petite gorgée avec chaque fois ce rituel des plus stupides, est insupportable. Au fait, j’ai oublié de vous rappeler que nous étions à l’opéra et que les chanteurs continuaient à raconter sur scène leur déchirement familial et amoureux.

Non ! pas possible ? Encore un bruit de sièges. Un autre couple sort, avec le même bruitage de fond. À peine franchi le seuil de la porte, les chaises musicales reprennent leur rythme toujours sur un fond de Verdi. Cette fois ci les choses s’organisent mieux, c’était chacun pour soi : on descend et on remonte les marches, on regarde la scène, on se redéplace, on repart etc…aucune fixation. Entracte ! Pas de bol pour ceux qui venait de trouver enfin leur point de chute.

Le spectacle reprend et juste avant les premières mesures du célèbre air du ténor « di quella pira« , c’est reparti. Un autre couple sort avec bien sur le même scénario incontournable déjà vécu deux fois. Ce jeune couple n’a pas l’air de sortir, il reste à la porte. C’est vrai que les contre ut (même pâlots) ont dû les stopper dans leur élan.

Qu’est ce qu’ils tous ce soir à avoir la bougeotte, à sortir, à changer de place et à boire ? Par bonheur, la classe de jeunes collégiens, présente pas très loin, n’a pas bronché et a montré l’exemple du silence à respecter dans une salle de spectacle. Pourvu qu’ils ne pensent pas qu’assister à un opéra, c’est changer de places tous les quart d’heure ? Non, j’exagère !
J’ai oublié de vous dire, tout ce cirque a eu lieu à l’étage du Paradis du Grand Théâtre de Bordeaux.



Quand les principes de stupidité dépassent les principes de précaution !

On ne doit pas laisser des jeunes filles mineures toutes seules dans une baignoire ! répondu par un agent d’accueil du Grand Théâtre de Bordeaux à des grands parents qui emmenaient leurs deux petites filles assister à un spectacle de ballet et qui n’ont pas pu avoir les quatre places de la même baignoire (petite loge fermée sous les galeries et légèrement surélevée par rapport aux sièges du parterre). Voilà le décor planté. Cela se passe dans un grandiose lieu culturel où la règle du risque zéro et de l’interdiction est reine.

Angoisse des grands parents car il ne restait en location que deux places dans une baignoire et deux autres celle juxtaposante. Aussi, dilemme : soit chacune des deux soeurs mineures d’une douzaine d’années sera accompagnée dans la baignoire par un des grands parents, soit, elles resteraient ensemble profiter d’un moment de bonheur entre elles, malgré la consigne stipulée par l’employée, ayant des comptes à régler avec le passé. Pas le sien, car celui-là on s’en fout, mais avec le passé de ces baignoires au cours du XVIIIe° et XIXe° siècles lorsque ces baignoires servaient plus aux contacts des chairs que celui de la musique. Qu’est ce qui se passait dans ces minuscules petits lieux. Je crois que notre charmante hôtesse avait dû recevoir de son CE, en cadeau de Noël, un livre du Grand Théâtre et se voyait en crinoline dans une de ces baignoires, le rideau à croisillons baissé. Oui car j’ai oublié de vous le dire à l’époque on était dans ces baignoires pour voir mais pas pour être vu et un rideau grillé se levait en fonction des activités pratiquées à l’intérieur. Ceci dit il ne faut pas non plus exagérer, il s’agissait le plus souvent de galants rendez-vous de personnalités hommes et femmes bien à vue dans la ville et qui venaient passer un agréable moment. On s’y voit déjà soi-même !

Là où je reste un peu dubitatif c’est au risque éventuel encouru par nos deux jeunes filles. Un acte de pédophilie ? Réfléchissons ! Afin que ces deux gamines subissent ensemble des sévices corporels d’attouchement, encore faudrait-il que ces « attoucheurs » soient également deux et dans la même baignoire. De plus, il faudrait que ces deux pervers « attaquent » en même temps et que les deux gamines, surprises, en restent bouche bée ensemble; le tout dans un silence quasi-absolu ou seule la musique de Prokofiev agirait. Bon, pourquoi pas ! Admettons ! Ou bien, un seul pervers est dans la baignoire et se précipite sur une des gamines sans que sa soeur hurle et que l’autre occupant de la quatrième place réagisse. Bon, pourquoi pas ! Admettons ! Imaginons maintenant le scénario catastrophe, mais inverse ! Que nos deux jeunes innocentes sautent sur les deux personnes bien installées sur leurs sièges. Bon, pourquoi pas ! Soit, admettons ! Tout semble envisageable dans ce temple de l’art puisque l’alerte de principe de précaution a été donnée. Avec toutes ces hypothèses envisagées, les probabilités qu’un drame se déroule sous les yeux et les oreilles de centaines de personnes regardant et écoutant religieusement un spectacle de danse, semblent peu plausibles. Quoique ! Pourquoi cet agent a prévenu ? Est-ce déjà arrivé ? En tout cas, pour gâcher le plaisir d’un beau spectacle à une famille en leur laissant imaginer le pire, il ne peut pas y avoir plus stupide.

Pourquoi fonctionner continuellement sur des interdictions et des principes de précautions exacerbés et complètement absurdes – il ne faut pas rester debout devant son siège, on subit des fouilles trop excessives et un peu limites à l’entrée du service location en semaine, il ne faut pas faire de photos de la salle au début du spectacle et aux entractes, etc..sans oublier la présence d’ampoules blanches allumées en permanence aux places du paradis pendant les spectacles -. Sait-on jamais ! Laisser le paradis dans le noir ? Que de fantasmes ! Par contre, silence sur les gens qui grignotent et qui boivent, qui laissent pendre leurs vêtements sur les balustrades et qui utilisent leur portable pendant le spectacle. Il est vrai que l’exemple vient d’un utilisateur de la loge d’avant scène gauche, qui a chaque représentation, fait jaillir de ses mains expertes, une lumière blanche persistante de son iPhone pour en faire bénéficier la salle. Normal, tout le monde n’est pas le Directeur !



Que celle ou celui qui a connu une soirée pire me lance une bouchée !

Une amie a imaginé et espéré, en réunissant autour d’une table cinq personnes qui ne se connaissaient pas ou à peine, qu’elles allaient communiquer en s’apportant mutuellement des connaissances culturelles indispensables pour ne pas rester en cette fin d’année, complètement idiots. Beau programme de soirée d’hiver ! En clair, une soirée de recyclage culturel. Une soirée copyright de certaines mascarades bourgeoises du siècle dernier avec en moins le style et les grands noms. Savez-vous ce que c’est qu’un repas au cours duquel vous entendez pendant les deux premières heures durant, montre en main (ou portable), la même voix qui, avec la même emphase débordante de vide et d’inepties, essaie de vous inculquer une bouillabaisse culturelle à en faire vomir une oie en plein gavage de Noël ? La bêtise et l’insolence dans toute sa splendeur. A part votre serviteur qui avalait les plats servis, comme s’il finissait un jeun et que le repas de ce soir-là était une délivrance stomacale.
Dieu sait si j’ai fait des diners insipides (que j’avais décidé de plus faire). Pourquoi ai-je accepté celui-ci ? Cela était écrit, il devait avoir lieu, comme un assaut final ou tout simplement comme une exorcisation à tout jamais de ce type de soirée.
Ce soir-là, j’ai vu l’horreur du comportement humain. Le même pantin qui, pendant plus de deux heures, à trouver le moyen de nous déballer dans le moindre détail la vue qu’il a depuis son appartement à l’étranger, de nous dire qu’il possédait un enregistrement live unique de Callas dans Lucia (imaginez ma tête !) – pour votre info, il s’agit d’un enregistrement que tous les fans de Callas possèdent dans leur discothèque – de nous signaler qu’il était allé à une exposition à Paris et que la file d’attente était énorme et nous raconter une saga sur la vente de sa magnifique statuette qui coûte une fortune. Par l’étalage de ce catalogue beaucoup moins passionnant que celui de la Redoute et des 3Suisses confondus, il croyait épater la galerie en essayant de créer autour de la table une jalousie à faire baver tous les puceaux du village feuilletant toujours les mêmes pages. Il y a presque réussi, à part moi, toujours la tête dans le sauté de veau. La maîtresse de maison, elle, en transit permanent entre la cuisine et la table, avait dû tomber sur un dictionnaire de poche car chaque fois qu’elle arrivait à la table, elle nous lançait un mot clé de relance de discussion (ou plutôt monologue) dont cet hideux personnage saisissait au vol. Les trois autres convives le badaient comme les estivants d’un 14 juillet regardant un feu d’artifice le regard agars et les lèvres entrouvertes de bonheur. Je me suis levé et proposé à la maîtresse de prendre congé avant la fin du repas. Voyant son état de culpabilité de maîtresse de maison ayant raté sa soirée, me dit : je ne sais plus recevoir ! je ne sais plus réunir mes invités ! je n’ai pas su donner la parole à tout le monde ! etc… Voyant son état désespéré, je fis marche arrière et décida de reprendre mon rôle de potiche stupide inculte. C’est alors que pour couper court au vomissement culturel de ce même type, je me lançai dans ma dernière et très rare intervention, espérant tout au moins jeter un froid de moquerie : vous connaissez Libourne ? dis-je calmement. J’ai pris ma question dans la gueule comme un boomerang car un des convives (dans le rôle de la carpe de service) connaissait bien cette ville et commença à me la détailler. J’avais tout faux ! Il prenait le relais. C’est vrai qu’il n’avait pas encore parlé. J’ai repris mon masque de mec qui s’emmerde et j’ai fini le repas en mangeant et buvant à volonté sur un descriptif touristique très détaillé de Libourne…(Google peut aller bugger !).



Peut-on organiser une famille comme une PME ?

Même si toutes les familles et toutes les petites et moyennes entreprises ont des spécificités liées aux structures et aux personnes, peut-on appliquer aux deux les mêmes règles de fonctionnement et de management ? Personnellement, je ne le pense absolument pas. Des différences fondamentales créatrices sont présentes dans ces deux assemblages d’hommes et de femmes. Autant l’un est basé sur des valeurs d’émotions, de filiation, de génétique, d’appartenance, autant l’autre est basé sur le profil financier essentiellement avec des touches humaines plus ou moins fortes que l’on appelle ressources humaines ou culture d’entreprise.
Si, dans une famille, la notion du rôle traditionnel de patriarche se perd, il est à regretter cependant la perte de plus en plus marquée de passation de connaissances et de patrimoine aux générations futures. Ce constat est le seul parallèle qu’il y ait avec l’entreprise. Lorsqu’un employé prend sa retraite, il a rarement la joie et l’honneur de transmettre à son nouveau collègue remplaçant, les astuces, les rouages, la culture de son travail et sa place dans l’entreprise qu’il quitte. L’époque et la technologie sont là pour le pousser à tourner la page avec des comportements et décisions des dirigeants plus proches du dédain et mépris que du respect. Dans une famille, s’il n’y a pas de transmission dès le plus jeune âge, l’aïeul s’éteint avec tout son patrimoine. Il ne faut pas dire que le patrimoine actuel de nos aînés soit plus pauvre que ceux des générations antérieures, non ! Il est tout simplement plus tardif car lié à une espérance de vie plus longue. L’inter génération tant proclamée par tous est loin d’être appliquée au sein de la famille.
Dans une famille, les liens ne sont pas dans le pouvoir de l’argent et la rentabilité ni dans une stratégie de hiérarchie. Les bases sont la tendresse, le respect et l’éducation portés aux enfants, aux petits-enfants et aux parents en fonction de la place occupée par chacun au sein de la famille. Cependant ces bases ne sont pas imposables ni dictées par un quelqu’un de la famille. Elles sont en chacun de soi gérées par ses propres émotions et ressentis. On appelle ce phénomène « l’esprit de famille ». Un grand père qui n’éprouve pas de sentiments exacerbés pour ses petits-enfants, qui ne sent pas concerné par ce statut de grand parent, qui n’a pas de possibilités logistiques adaptées ou tout simplement ne peut pas s’entendre se faire appeler « papy » doit-il être obligé de se plier à des contraintes imposées par les autres membres de la famille, sous prétexte qu’il existe, à deux sous, des kits de management et d’évaluation ? Voire à devoir changer son comportement pour répondre à certains critères imposés afin d’être digne d’avoir une fonction de grand père ? Dans une entreprise, le licenciement, la mise au placard, les responsabilités diminuées sont toujours omniprésents etc.. Dans une famille, heureusement non ! La force des relations familiales se font dans la spontanéité, dans les moments présents, sans calcul ni manigance. Aussi, le management dans une famille me semble fou, extrémiste, totalitaire et complètement en anachronisme avec les fondements de celle-ci. Il ne peut pas y avoir de règles et de stratégies de management dans une famille. On est « famille » ou l’on ne l’est pas, avec une palette de degrés intermédiaires. Les autres membres doivent accepter ces différences et réciproquement. Il ne doit pas y avoir dans une famille un nivellement dans les pensées et dans les manières de se comporter. C’est contre la nature biologique humaine qui constitue le relationnel des groupes liés par le sang. L’entreprise, elle, développe des stratégies de management qui met un peu en sourdine l’être humain. Dans une famille, il ne peut pas y avoir un management d’entreprise car il n’y a pas d’obligation de résultats. Par contre, il y faut de l’écoute, du respect, de la tolérance et de l’amour. N’est-ce pas là beaucoup plus dur ?



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