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Archive pour la catégorie « mots d’humeur »

Adieu Sanna je t’aimais bien tu sais…!

Vous connaissez tous Sanna, cette immense et magnifique créature plantée majestueusement place de la Comédie, œuvre du célèbre artiste sculpteur catalan Jaume Plensa. Pendant plusieurs mois la ville de Bordeaux a hébergé dans divers lieux stratégiques (Pey Berland, Jardin public, place de la Bourse, Camille Julian, La Bastide, place de la Comédie…)…) de nombreuses créations de cet artiste qui furent fortement appréciées, presque à l’unanimité, de tous les passants. Certains souhaitaient vivement garder une de ces œuvres de manière permanente dans le paysage bordelais. Seulement problème ! Qui pouvait en acheter une ?

Une oeuvre artistique achetée par les citoyens, et non imposée (comme la flèche de la Victoire ou la Tortue, le Lion bleu ou la Maison à Pellegrin etc…), pourrait avoir un impact certain. Moi-même très sensible à toutes ces sculptures de Jaume Plensa, je rêvais que la Ville en acquière une, mais d’une manière originale, c’est  dire que ce soient les bordelais eux-mêmes qui l’achètent sur la base d’un petit calcul rapide.

Partant de l’hypothèse qu’une oeuvre coûte aux environs de 500 000€ et que Bordeaux est composée de 250 000 habitants, la participation mathématique reviendrait à dire que chaque habitant pourrait donner 2€. Approche très théorique bien sûr. Dans l’absolu, entre ceux qui pourraient donner effectivement minimum 1€, à ceux qui pourraient verser des centaines et milliers d’euros, en passant par des mécènes, des entreprises, des commerces, etc…l’achat pourrait se réaliser. A condition que la méthode de récolte de ces fonds soit entre les mains des bordelais (groupe de citoyens) soutenus techniquement par les Services de la Ville. Malheureusement, la suite des événements a complètement biaisé mon idée initiale.

Concrètement, ma proposition portait principalement sur l’oeuvre installée rive droite, sur l’esplanade Edmond Géraud, car elle était en prise directe avec le poète précité. Cette oeuvre de Plensa en forme de triptyque «  The poets » représentait la poésie et la philosophie. Edmond Géraud célèbre écrivain et poète bordelais de l’époque romantique, habitait pratiquement sur ce même espace. De plus, ces 3 statues de Plensa, posées en haut de mats donnaient l’impression d’avoir été créées pour ce lieu aussi bien de jour comme de nuit (éclairés intérieurement de couleurs changeantes). Elles étaient idéales pour y séjourner. Cette préférence que j’ai fortement soutenue était également liée à la proximité du Lion bleu de Xavier Veilhan. Tout cela me semblait avoir un sens, une logique culturelle et patrimoniale.

N’aurions-nous pas eu ainsi une magnifique vitrine Bordeaux rive droite sur deux grands artistes contemporains mondialement connus ?

J’ai proposé au Journal Sud-Ouest, avec beaucoup d’insistance, de lancer cette idée de souscription afin d’avoir des retours et créer ainsi une dynamique interactive d’acquisition collective d’une des œuvres de Jaume Plensa. Par le grand des hasards, le jour même de la parution de cet article de sensibilisation, le Maire de bordeaux propose au cours d’une conférence de presse la même idée. Bien évidemment la proposition du Maire vient écraser la mienne. Ma vive réaction publique fut sanctionnée par un nouvel article dans le presse mettant plus l’accent sur un fond de polémique que je ne souhaitais absolument pas. Des insultes et calomnies à mon attention suivirent sur un réseau social (jalousie, mesquineries politiques ou tout simplement stupidité..). En effet, nous étions aux portes des élections municipales !…

Même si le Maire de Bordeaux a reconnu publiquement la paternité de mon idée, le ver était dans le fruit et déjà pour moi l’échec de cette acquisition, par l’originalité d’une souscription issue des bordelais eux-mêmes, était du passé. Autant moi, je mettais l’accent sur l’acquisition d’une œuvre (semble t-il la moins chère) et la plus significative dans son emplacement, autant la Ville de Bordeaux misait sur une des plus importantes « Sanna » (création spécifique de l’artiste pour Bordeaux). Renseignements pris, toutes les œuvres étaient déjà entre les mains de propriétaires internationaux, sauf les deux créations spécifiques pour Bordeaux, « Sanna » place de la Comédie et « Paula » place Pey Berland. Le choix final de la Ville fut donc Sanna.

Aujourd’hui à quelques jours de la fermeture de la souscription lancée essentiellement par la Ville, seuls 44 000 € sont réunis sur le montage financier suivant : coût de l’œuvre, 450 000 € : 350 000 € par la Ville et 150 000€ par les souscripteurs. D’après l’élu à la Culture cette acquisition tombe à l’eau. Dommage !

Je suis déçu et content à la fois. Déçu, car garder une œuvre de cet artiste aurait été un fleuron de plus sur la Ville appartenant aux bordelais. Content, car si la Ville avait accepté d’associer à cette souscription des bordelais dans l’organisation par le biais d’un collectif sur la base d’un concept « minimun 1€ » par bordelais ou touristes (via les commerçants, les établissements scolaires, les lieux culturels, le Kiosque culture, les matches sportifs etc..), l’opération aurait abouti. J’en suis certain. En regardant partir cette œuvre vers d’autres cieux, je ne peux m’empêcher d’être triste et amer.

Adieu Sanna, je t’aimais bien tu sais, c’est dur de lutter contre des sculptures de fer !…

 

 



Quand la spirale médicale s’emballe, la Sécurité Sociale casque !

Si vous connaissiez mon jeune neveu ! Sportif, cultivé, bien dans ses pompes. Il a 22 ans. Et alors, me dites-vous ? J’y arrive ! En l’espace de quelques minutes, il a failli se retrouver en hôpital psychiatrique après avoir été absorbé par un tourbillon absurde et scandaleux de fonctionnement du monde médical.

Pour répondre à une demande de licence sportive, il doit subir un banal contrôle des yeux. Le rendez-vous est pris chez un ophtalmologiste du centre de Bordeaux à 16h (l’heure est importante). La simple vue de tous ces appareils sophistiqués commence à le fragiliser. N’ayant reçu aucune explication des techniques employées, notre jeune héros signale au médecin que tout cela l’impressionne beaucoup et que s’il n’arrête pas tout de suite les manips sans explications, il allait vomir et tomber dans les pommes. Cause entendue, il arrête. Malheureusement, après ce préambule assez banal, la spirale infernale s’emballe. Le cabinet médical avait déjà appelé une ambulance pour réanimer (?) notre patient. Voyant celui-ci sur pied, et refusant de partir avec eux aux urgences d’un hôpital, un des ambulanciers lui réclame 61 euros pour le déplacement. Refusant de payer ce service non adapté et pas nécessaire, l’ambulancier lui propose le deal suivant : qu’il se laisse faire et qu’il accepte de se laisser conduire en ambulance à l’hôpital, ainsi il n’aura rien à payer (logique implacable !). Seulement voilà, il y a une autre condition, il doit être attaché et mis sur une civière pour le transport. Résistant quelque peu, mon jeune neveu accepte ce nouveau deal (toujours pour ne pas payer les 61 euros).

Arrivé aux urgences de l’hôpital St André de Bordeaux, le jeune n’avait qu’une chose en tête, partir, récupérer sa voiture et rentrer chez lui. Hélas ! Pour quitter l’hôpital, il faut qu’un médecin le voit et donne son accord sur un bon de sortie. Revendiquant haut et fort qu’il est en très bonne santé, nenni, une infirmière, après de multiples examens d’analyses, lui impose un déshabillage et lui revêt la fameuse et si séduisante blouse de malade tout en lui installant un appareil au bras (un tensiomètre je suppose). Elle lui demande ensuite d’attendre en salle. Déjà à ce moment précis de cette histoire à frémir, notre jeune, parti pour un examen de routine des yeux, se retrouve en tenue légère, un tensiomètre au bras dans une salle d’attente des urgences et toujours en pleine forme. Pendant ce temps dans la même salle, des gens soufrent et hurlent de douleur et attendent des heures. On croit rêver devant tant d’absurdité. N’en pouvant plus de cette situation ridicule et des heures s’écoulant pour rien, notre jeune enlève la machine du bras et va se rhabiller. L’infirmière surgit et l’informe que si le médecin de service le voit fuir, il sera attaché et obligé d’absorber de force des calmants (rien que de l’écrire, j’en frémis ). Elle rebranche la machine et le médecin arrive. Mon jeune neveu lui raconte toute l’histoire sans oublier de rajouter son slogan « je suis en pleine forme ! » OK dit le médecin « mais avant que je vous relâche et pour être sûr que vous êtes en bonne santé, vous allez passer un électrocardiogramme ». Et c’est reparti ! Passer le test, attendre les résultats et les papiers de sortie, notre jeune est lâché sur le trottoir de l’hôpital bordelais à 22h.

Pour une visite des yeux d’une demi-heure, le cauchemar s’est transformé en plus de cinq heures. Sa voiture, elle aussi a attendu des heures dans un parking payant (non remboursées par la Sécurité Sociale). Cinq heures de temps perdu et inutile, passées entre les mains du monde médical. Si l’on additionne, ambulance, ambulanciers, infirmière, médecin, secrétaire…voici une opération qui mérite quelques instants de réflexion, d’une part, sur le fond de la prévention médicale exagérée et d’autre part, sur le gaspillage de l’argent public.



A l’Auditorium de Bordeaux, Paul Daniel applique le mariage pour tous !

Je n’aurais jamais imaginé qu’il eût fallu, pour comprendre le premier programme du concert de Paul Daniel, nouveau Directeur musical de l‘Orchestre national de Bordeaux Aquitaine, avoir passé une thèse en culture musicale éditée en dix volumes, ou avoir écouté en boucle tous les enregistrements des œuvres de Purcell et de Malher téléchargés d’une manière illégale sur Internet…

Très bêtement, je lis le programme du premier concert de ce nouveau Chef : «Music for the Funeral of Queen Mary» de Henry Purcell et «Symphonie n°2 en ut mineur« de Gustav Malher.

Or, comme je n’avais pas fait attention au «slogan» de Paul Daniel «Etonner et innover par plus de variété, plus de contrastes, plus de risques… », je me rends à l’Auditorium serein, heureux de passer une superbe soirée sans prise de tête. Ce « slogan » aurait dû m’interpeller  car j’y adhère absolument. A condition qu’une communication suive. On ne peut pas accepter de brouiller les pistes d’un public qui n’est pas forcément averti. N’entendons-nous pas toujours dans les couloirs de l’Opéra de Bordeaux, qu’il faut sensibiliser les jeunes et attirer un nouveau public à la musique classique ? Le bousculer oui, mais en lui offrant les bases et non annoncer par micro au début du concert : »n’applaudissez pas avant la pause de la première partie… » Quelle première partie ? Après l’œuvre de Purcell ? ou au milieu de l’œuvre de Malher ? Celui-ci en effet, avait souhaité qu’il y ait une pause de quelques minutes entre deux mouvements. Autant on peut comprendre aisément la volonté de Malher en laissant le public quelques instants dans le silence, on ne comprend pas qu’il ne faille pas applaudir dans l’Auditorium avant l’entr’acte alors que tout le monde se lève, fait du bruit, va boire et fumer. L’annonce faite au micro est ridicule et apporte un peu plus de confusion à l’assemblage de ces deux œuvres. Qu’est ce que j’aurais aimé que quelqu’un vienne en avant scène et explique ce que nous allions entendre et donner d’éventuelles consignes, même stupides, comme celles de ne pas applaudir ! Heureusement que quelques personnes, qui devaient être en train de passer leurs derniers messages sur leur smartphone ou préparer en direct le repas de leur famille restée à la maison (ce fût le cas devant moi), ont applaudi. Je ne parle pas de tous ceux qui sont restés les mains jointes, hésitants comme entrant en méditation.

Marier deux oeuvres qui n’ont rien à voir entre elles, à part, comme m’a dit un de mes voisins de sièges «ce sont les funérailles qui les lient ! ») Certes, mais comme dit Cyrano «C’est un peu court jeune homme !..

Heureusement que les 500 personnes qui ont occupé le sol de la place de la Victoire le soir de la retransmission en plein air sont plus cultivées que moi et ont compris du premier coup que la première partie du concert était composée de l’œuvre d’un musicien suivie immédiatement de la moitié de l’œuvre d’un autre musicien. Deux auteurs qui n’ont rien en commun entre eux, sinon 200 ans d’écart. A moins que ce ne soit ce chiffre de 200, le fil conducteur de la soirée, car nous avions sur scène une centaine de musiciens et une centaine de choristes.

Grandiose ! Tout était absolument magnifique, bouillonnant, puissant et délicat à la fois. Que ce soit l’Orchestre et son nouveau Chef, les artistes du Chœur de l’Opéra et ceux de l’Orfeon Pamplonés, Henriette Bonde-Hansen et bien sûr Nathalie Stutzmann…du velours, l’émotion était au rendez-vous : Henry et Gustav se mariaient !

Jean-Claude Meymerit



Quand la SNCF joue la frileuse !

Quelle hypocrisie ! Je viens de prendre le train entre Marseille et Bordeaux avec pas plus d’appréhension qu’entre Toctoucau ville et Toctoucau plage (à vérifier !), et pourtant !

Entre Nîmes, Montpellier, Béziers, Narbonne, les choses se compliquent. Alors que l’ambiance est paisible, deux jeunes filles viennent s’adresser à moi pour signer une feuille (nom, adresse etc…) afin de réunir des fonds pour une structure d’handicapés. Elles-mêmes ont un handicap, elles sont muettes. En vérité, elles ne sont muettes que lorsqu’elles s’adressent aux voyageurs car entre elles, elles tchatchent normalement.

Cette feuille d’émargement et de promesse de versement d’argent, contient déjà plusieurs signatures. Je leur demande leur carte d’autorisation de démarcher dans le train, même si leur feuille porte la signature de faux (logo et siège social illisibles, tâches de gras, feuille légèrement froissée et écornée), leur réponse (plutôt leur non réponse, n’oublions pas qu’elles sont muettes) est limpide. Je les ai envoyées promener. Elles ont eu davantage de «chance» avec mes voisins de voyage. Et ça signe et ça signe !… Je suis scotché par autant de naïveté et d’insouciance.

Lorsqu’elles ces deux damoiselles ont quitté le wagon, un de mes voisins senior et signataire, s’adresse à moi et me dit : « je ne sais pas si j’ai bien fait de signer, elles sont bizarres ! ». Je le regarde droit dans les yeux et lui dit « vous savez, lorsque les gens seront toujours aussi cons de signer sans regarder et sans se poser les bonnes questions, il ne faut pas qu’après, ils se plaignent ! » Pas élégant comme réponse c’est vrai mais terriblement efficace. Comme un électrochoc, il bondit de son siège affolé, et court à la poursuite de nos deux fausses muettes. Il revient bredouille, abattu, vidé…il s’est fait avoir. Elles étaient descendues. Il avait donné son nom, son adresse et sa promesse de don.

Passent les contrôleurs que j’interpelle pour en savoir un peu plus. Leur réponse m’a cloué : « ce n’est pas la première fois, c’est classique, il s’agit de personnes qui montent dans les gares Languedoc Roussillon, font signer des faux documents tout en essayant de récolter de l’argent » et ils rajoutent : « des fois elles volent les sacs et objets posés sur les tablettes pendant que les passagers dorment ». Paraît-il que cela dure depuis des années et tous les jours.

Pas d’amende en tant que voyageur sans billet, pas d’expulsion, on laisse faire. A ma question : « pourquoi vous n’avertissez pas les voyageurs, comme dans certains lieux publics, par une phrase, style : des risques de pickpocket peuvent intervenir, prenez soins de vos bagages et objets personnels etc.. », leur réponse fut « on n’a pas le droit de faire des annonces sur ce fléau, la SNCF ne veut pas ! ».

Alors je pose la question : pourquoi ? Du coup, ce sont eux qui sont restés muets !



A la cour Mably de Bordeaux : des goûts et des couleurs !

Il y a des expositions de peintures qui vous laissent pantois dès que l’on franchit le seuil de la galerie, il y en d’autres qui vous invitent plutôt à faire demi tour. C’est ce qui m’est arrivé ces jours-ci en me rendant à la cour Mably voir une présentation des oeuvres de Nicole Kirsch. Ce n’est pas du tout la qualité artistique et les sujets présentés de cette artiste qui me laissent froids mais plutôt la scénographie totale de l’expo. Que c’est laid !

Pourquoi avoir peint les panneaux de fond en jaune alors que les oeuvres elles-mêmes sont très colorées. Ce fond jaune absorbe toute la lumière des toiles et assombrit la pièce. Les éclairages sont très mauvais, certains tableaux sont presque dans l’obscurité. Aucune unité dans l’assemblage des toiles qui sont dans des formats et des encadrements les plus fantaisistes. Ne voulant pas rester sur une mauvaise impression, j’y suis revenu plusieurs fois et chaque fois le même sentiment. Je ne suis pas le seul, car lorsque je me suis mis à observer les visiteurs, leur tour de salle est aussi rapide qu’un marathon dans une salle de gym.

Comme se fait-il que la Ville de Bordeaux n’ait pas pu choisir une exposition estivale plus flatteuse pour une ville en plein flot touristique. Si Bordeaux avait voulu mettre l’accent sur des artistes bordelais, il aurait fallu un peu mieux les valoriser. Ce n’est pas une bonne image du dynamisme et de modernité culturelle locale. Heureusement que Jaume Plensa est passé par là en nous magnifiant artistiquement la Ville.

Nota : Miracle ! Je viens d’apprendre qu’il y a une exposition de sculptures à la Halle des Chartrons. Juste le temps de récupérer un peu de doc au kiosque culture et me voilà parti ! Les portes de la halle sont grandes ouvertes, de la musique classique s’en échappe comme pour vous inviter à y entrer. Là sur le seuil, le miracle opère. Les sculptures sont simplement disposées sur des podiums bruts, un peu partout. Pas de sophistication. C’est simple et super efficace. Elles vous proposent même d’être touchées et caressées. Elles sont en bois de chêne, de robinier, d’acacia, de pin, de platane…Le plaisir ne serait pas complet sans la présence de l’artiste. Chic, il est là ! Il se nomme Balma. Artiste connu et très apprécié, fait sa rentrée bordelaise après trois ans d’absence. Les œuvres ne sont pas que de lui, elles sont : lui. Il parle de chacune d’elles comme un romancier parle de son œuvre littéraire ou comme un amoureux de sa bien-aimée. C’est du grand Balma.



A l’Opéra de Marseille : le caprice de Monsieur Alagna !

Tous les caprices de ce Monsieur et son attitude d’enfant trop gâté, fatiguent et hérissent le poil à de plus en plus de publics.

Sa dernière colère eu lieu à la seconde représentation à l’Opéra de Marseille des Troyens de Berlioz, donnée en version de concert. Alors que toute l’équipe de chanteurs se donnait à fond (et que de belles voix), ce Monsieur les yeux fixés sur la partition, comme s’il la découvrait pour la première fois, a commencé surtout à nous agacer lorsqu’il rata quelques phrasés (il est vrai que le surtitreur n’est pas le copain des chanteurs) et qu’il retourna brusquement son pupitre vers le Chef pour bien lui faire comprendre qu’il y était pour quelque chose. Insupportable aussi ses effets de fausses sorties pour réapparaître brusquement en projetant ses deux « Italie ! Italie ! » Quel effet grand guignol ! Pire encore ! Alors que tous gardaient la classe, lui gesticulait sans cesse avec des effets de bras et des poses de cabo. De plus, vis à vis de ses collègues, il veut tout régenter (les entrées, les sorties, les saluts…). C’est lui et les autres. Je ne veux pas parler de la partie chant, très critiquable. D’autres dans la salle se sont permis de lui rappeler au salut final et à juste titre.

Ce salut final fut fatal à son égo. Il ne supporta pas que le public n’accepte plus tous ses à-peu-près aussi bien dans son chant que par sa présence. Sa réaction fut lamentable, scandaleuse et vulgaire. Comme à son habitude dans ces cas-là (et ça se renouvelle), il se plante en avant scène, arrogant et demande au public de venir chanter à sa place. Facile ! A Marseille, alors que tous les musiciens, les chœurs et les chanteurs étaient sur scène (après plus de quatre heures de chant), lui accoudé de manière provocante sur le socle du Chef, attendait que le public finisse d’applaudir ou de huer, lorsque quelqu’un du premier rang lui fit signe de venir. Il sauta dans la fosse d’orchestre (encore un effet de cabo) et s’approcha de la rambarde. Une discussion confidentielle s’instaura entre ce monsieur de la salle et lui. Qu’est qu’ils se sont dit ? Pendant ce temps tout le monde sur scène attendait très mal à l’aise et ne sachant pas quoi faire. Le Chef d’orchestre était médusé, Béatrice Uria Monzon faisait une tête terrible. Les autres faisaient des tentatives de quitter le plateau mais restaient, le sourire coincé. Le public poursuivait son mécontentement et ce Monsieur continuait à discuter dans la fosse. Le public ne tenant plus à cette goujaterie et à ce mépris, reparti de plus belle. Une de ses admiratrices (elles vont commencer à se faire rare…) voulait lui transmettre un gros bouquet de fleurs. Une des chanteuses sur scène le récupère et le donne à ce Monsieur. La salle se soulève à nouveau lorsque ce Monsieur garda pour lui tout le bouquet sans avoir le geste d’offrir une des fleurs de ce bouquet à Uria-Monzon et aux autres artistes. Très imbu de sa personne et
fier de se montrer en avant scène avec ce bouquet. Honteux ! Je rappelle que dans cet ouvrage, ce n’est pas le ténor qui a le plus grand rôle. Avec un tel ego, pourquoi l’a t-il accepté ?

Tout le plateau et la salle se sont vidés dans la tristesse et dans la colère. A la sortie des artistes, lorsqu’il est apparu, il n’a voulu bien évidemment signer aucun programme et s’est enfourné dans sa voiture. Lorsqu’une de ses fans lui dit très fort dans la foule : « Roberto à vendredi ! », il répondit : « Non ! » Pas de dessin, tout le monde avait compris, vexé de cette soirée marseillaise, il allait annuler son récital d’Orange qu’il devait donner quatre jours plus tard. Chose promise, chose due, le couperet est tombé, il a annulé ce récital. Pas de remplaçant ??? (lorsque Kaufmann a annulé un de ses récitals avec une partenaire, il a était remplacé et le concert a eu lieu). Les Chorégies d’Orange à force de jouer la carte Alagna pour faire le plein, n’avaient pas prévu le coup. Tant pis pour la partenaire de ce soir là, la grande Anna-Caterina Antonacci. Alors que tant de monde aurait aimé l’entendre. Motif de cette annulation : état de santé avec certificat à l’appui. Je ne savais pas que les vexations étaient prises en charge par les assurances maladies. Ce Monsieur Alagna se moque vraiment de nous tous, de ses partenaires et de son public.

 



Soirées d’airs d’opéras : du meilleur au pire !

Prenez une soprano, un  ténor, une mezzo-soprano et un baryton-basse et vous obtiendrez un cocktail lyrique idéal. En ce samedi soir où Bordeaux connaissait une liesse festive autour du fleuve réunissant des milliers de badauds, une toute petite poignée d’amateurs d’opéra avait pris le chemin de la magnifique église Notre Dame de Bordeaux pour assister à un gala d’extraits d’opéras offert par un groupe lyrique bordelais « Résonances-Groupe lyrique ». Ce groupe était formé ce soir là par Véronique Valray, Christian Lara, Jean-Philippe Marlière et Gaëlle Mallada, sans oublier Jean-Marc Fontana, pianiste au doigts de magicien. Des noms que connaissent de très nombreuses scènes lyriques, tout au moins pour les trois premiers noms cités. Ce Groupe a eu la géniale idée de mélanger des duos et ensembles super connus comme celui des Pêcheurs de perles, de Carmen, de Werther, de Rigoletto au moins connus comme ce duo extrait du Barbier de Séville ou carrément inconnus, comme cet autre duo extrait du Fernando Cortez de Gaspare Spontini. En cadeau de fin de concert, le Groupe, tout en se faisant plaisir, nous a offert le Duo des chats de Rossini, à quatre voix. Du plus bel effet.

Cette soirée fut un émouvant moment de grande fraîcheur musicale et de beauté vocale. La technicité de ces artistes et leur articulation nous ont enchanté. Lorsque j’entends ce genre de voix et la qualité d’une telle soirée, je suis rassuré. Pourquoi ?

Car, quelques jours avant, j’avais vu rouge (pas d’alcool mais de honte pour l’art lyrique) en assistant à une édifiante soirée apéro-opéra.Une centaine de personnes buvait et mangeait (normal pour un apéritif) et discutait pendant qu’une pauvre soprano aux sonorités sorties tout droit d’un salon agricole, s’époumonait avec des accents frôlant l’agonie. Où étais-je tombé ? J’aurais dû me méfier. Me promenant, je vois sur la façade d’un établissement bar-restaurant, un panneau annonçant cette soirée lyrique. M’adressant à l’organisatrice, celle-ci me signala que la chanteuse était très connue et qu’elle chantait souvent au Grand-Théâtre (bien sûr c’était faux). Par contre, elle ne connaissait pas son nom !…En grattant dans les tous les recoins de mon réseau lyrique, j’apprends que cette soirée, en hommage à la célébration de bicentenaire de la naissance de Verdi et Wagner (les pauvres !), était organisée en partenariat par des structures bordelaises des plus respectables et que la «célèbre chanteuse » n’était connue que d’elle même.

Se promenant entre les tables où la fourchette et la discussion avaient plus d’intérêt que les notes émises, notre soprano est passée de l’air du Trouvère, à un air de Carmen en passant par le grand air de Tannhäuser et un extrait de Traviata. Le tout dans le même registre en passant, aux forceps rouillés, du plus grave à l’aigu. Quel grabuge ! Comment faire aimer l’art lyrique à un nouveau public avec de telles prestations. Des jeunes attablés ont préféré quitter la place et comme je les comprends. Moi-même proche de l’asphyxie auditive, j’ai baissé les bras et suis sorti en catastrophe, respirer.

Le plus comique fut le programme distribué ce soir-là (que je garde précieusement) : une photocopie du choeur des esclaves de Nabucco (où étaient les chœurs ?) et tout le duo du final du premier acte de Traviata (où était Alfredo ?). Quel rapport avec les airs chantés ? Où étaient mentionnés les autres airs de cette soirée ? Du n’importe quoi !

J’estime que ce genre de soirée est inacceptable, surtout lorsqu’elle est en partenariat avec des structures culturelles réputées par leur sérieux.



Le bus de la peur !

Comment une Société responsable des transports publics d’une grande ville peut-elle accepter de maintenir un tel chauffeur en activité en mettant ses passagers en danger ? Ce chauffeur de bus en question est affecté sur une ligne, il est vrai, au fonctionnement assez fantaisiste (horaires de passage allant de 20m à 45m d’attente, passage parfois aléatoire, parcours qui change etc..), mais est-ce une raison ?

Prenant au moins deux fois par semaine cette ligne, j’appréhende de savoir qui est au volant. Lorsque je vois notre cow-boy de service, je m’attends au pire. Ce jour, il a dépassé les bornes. Il a refusé de prendre une maman voilée avec ses deux marmots dans une poussette. Il a fermé les portes au moment où elle s’apprêtait à monter. Les passagers crient. Rien à faire, il démarre. Choqué par un tel comportement j’intervins en lui demandant d’arrêter et le pourquoi d’un tel comportement. Son silence fut déconcertant. J’avais vraiment l’impression qu’il était dans un autre monde. Inerte, affalé sur son volant, il continua à rouler doucement. Insistant fortement à haute voix, il réussit enfin à lâcher deux mots : « elle n’avait qu’à être devant la porte !». Quel aplomb ! Il avait arrêté les portes d’entrée de son bus juste devant le panneau de l’abri bus (ce qui interdit déjà un individuel d’entrer de front, mais encore moins pour quelqu’un les bras chargés ou avec poussette comme cette maman).

Ce même monsieur n’en est pas à son premier numéro de zèle. Il y a quelque temps, il a refusé d’ouvrir les portes à une dame qui voulait descendre. Brouhaha de protestation dans le bus. Nenni, il a continué. Un jour où il était en forme, il s’amusa à accélérer pendant plusieurs mètres puis à freiner brutalement pour un oui ou pour un non. Qui peut tenir debout (ou même assis) dans un bus en délire ? Personne. Protestation à nouveau des usagers mais rien n’y fait ; il n’entend rien et continue à s’amuser. Je pense à cette autre fois où il a roulé à grande vitesse dans une rue farcie de chicanes. Ce slalom nous avait effrayés. Parfois il s’amuse à rouler à la vitesse d’un escargot sans raison d’encombrement routier.

Face à de tels comportements, portant atteinte à la sécurité des passagers, que pouvons-nous faire ? Rien ! Attendre que la peur passe !



Des personnesNâgées ou des personnesZâgées ?

Mon oreille préfère, personnesZâgées. De toute manière quelle importance, on ne me demande rien et tout le monde se fout de ma prononciation et de la liaison de ces deux mots. Par contre, si un jour je suisZélu à un poste important lié avec ces personnes là, je ferai bieNattention lors de discours et d’interviews de bien faire la liaison. En ce jour de lundi de Pentecôte, l’actualité aidant, puisqu’on ne peut plus évoquer cette journée sans parler des personnes âgées,  c’est alors que jaillit ce bouquet de magnifiques liaisons dans la bouche de notre Ministre chargée de nos anciens : les personnesNagées par ici, les personnesNagées par là comme s’il y en avait qu’une seule… Dit-on personnesNadultes ? Je respecte son choix, chacun ses bonnes et ses mauvaises liaisons. Je dis bien maisZalors et pasZencore…alors que personne ne les fait…Ne sommes-nous pas dans un pays de liaison libre ?



Jet de nourriture sous les yeux de ceux qui ont faim !

Fortement occupé à enlever les traces, déjà sèches, de jets d’oeufs, de ketchup et autres produits alimentaires liquides contre la façade, fenêtres et portes d’un bâtiment ainsi que les kilos de farine déversés sur le sol, un homme d’une cinquantaine s’arrête et m’interpelle afin de mieux comprendre la finalité de cet épandage outrancier de denrées alimentaires sur la voie publique. Je lui explique en détail cette pseudo coutume, interdite par la loi mais toujours pratiquée à la barbe de la Police, de la presse et des habitants médusés. Il ne savait pas que ce genre d’exhibition se produisait une fois par an autour de certains établissements scolaires que l’on appelle lycées. Lorsque je dis certains, le mot a son importance, car certains lycées ont su sensibiliser leurs ouailles et aucun débordement ne fut constaté au pourtour. Ils ont su mettre en place d’autres formes de fêtes pour marquer ces 100 jours avant le bac. Bravo à eux. Pour d’autres, malheureusement non ! Quelle honte ! Quel acharnement tout autour de ce réputé lycée bordelais. Tout y est passé, façades, portes d’entrée, édifices publics, intérieur des boîtes aux lettres, voitures, mobilier urbain, jardins, personnes…

Mon interlocuteur, le regard toujours tourner vers le sol, regardait muet et interloqué par cette jonchée d’oeufs écrasés et de farine au sol. Cet homme, par ses dires, était en grave difficulté financière. Il était sans voix devant ce gâchis alimentaire et ces détériorations. Nous étions tous les deux d’accord pour dire que les oeufs sont une source alimentaire très précieuse, car elle contient tous les nutriments nécessaires à l’organisme et qu’elle est un aliment parmi les plus nutritifs. Sans parler des plats que l’on peut fabriquer avec de la farine. Avec le nombre impressionnant d’oeufs au sol, à en juger par le nombre de barquettes abandonnées et les poches de farine, combien de personnes auraient pu être nourries ce jour-là ? C’est scandaleux et inacceptable. De plus, qui nettoie ? Bien sûr pas ces chers petits. Chaque habitant sur son temps et avec son argent. Ces lycées concernés ne pourraient-ils pas organiser des travaux pratiques de nettoyage de toutes les rues adjacentes ? Seulement comme dit le Principal du lycée, il n’est pas responsable des faits et gestes de ses élèves en dehors des murs de son établissement. Donc, affaire réglée. Ma colère à l’encontre de ces petits sauvageons irrespectueux et mal élevés s’est amplifiée lorsque ce monsieur très abattu, tout en s’éloignant, me lança « et dire que c’est l’élite de demain !« . Pour le coup, c’est moi qui suis resté sans voix !



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