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Archive pour la catégorie « mots d’humeur »

Touche pas à mon bouquin !

Avez-vous remarqué ce phénomène ou plutôt cette mode qui règne dans les médias et qui m’interpelle de plus en plus ? Je veux parler de la présence sur tous les plateaux de télévision et micros de radios, de tous ces bouquins cachés derrière chaque invité. En soi, c’est enrichissant et passionnant mais au bout de centaines d’émissions, la présence sous le tapis de tout ce foisonnement de bouquins, devient insupportable et indigeste.

Je ne parle absolument pas des émissions spécifiques axées sur la littérature et l’écriture, construites essentiellement sur cet Art et qui ne parlent que de cet Art. J’évoque toutes les autres – politiques, sociétales, gastronomiques, culturelles, divertissements etc., dont les sujets servent de prétexte à la promotion des livres des invités. Dès que quelqu’un (de connu de préférence) a un petit bobo, se fait larguer, à rater sa vie ou a découvert dans le tiroir de sa grand mère, la recette culinaire sur comment bien cuire un œuf dur, il écrit – ou fait écrire – . Tout lui est bon. Aussitôt les médias s’en emparent et cela devient un événement littéraire. Et on en parle, et on en reparle comme si c’était un futur prix Renaudot ou Goncourt.

Cet engouement pour tous ces écrivains-reality qui nous racontent leur vie en long et en large depuis leur enfance, est à la longue assez insupportable. Le talent d’un invité de media, n’est-il pas de raconter son histoire oralement avec passion et humilité sans pour cela être obligé de dire à chaque phrase « comme je l’ai écrit dans mon livre ». Comme on ne l’a pas lu, on s’en fout et comme on n’ira pas non plus l’acheter, on s’en fout encore plus !

Que deviennent tous ceux qui créent, qui pensent, qui ont les mêmes savoir-faire, les mêmes sujets d’études, vécu les mêmes déboires de la vie, qui agissent et appliquent au quotidien leurs idées et leurs projets de vie…et qui n’écrivent pas ? Pourquoi seules les personnes qui sortent un bouquin auraient-elles des idées, feraient partie d’une certaine intelligentsia et auraient-elles droit de cité et seraient invitées ?

Techniquement, cela paraît toutefois assez logique. C’est plus facile de repérer quelqu’un qui a sorti un livre que quelqu’un qu’il faut aller chercher dans la nature. Cependant, si les responsables des medias faisaient un vrai travail d’investigation dans la recherche d’intervenants au lieu de prendre le premier classement de vente de livres ou d’inviter la personne déjà connue médiatiquement, qui va nous raconter pour la énième fois les mêmes banalités, chacun d’entre nous aurait la chance de faire partager ses connaissances, son originalité et son talent.

Etre édité n’est pas toujours pas signe de qualité, d’originalité ou de talent littéraire.

Les librairies sont pleines de tous ces bouquins inutiles et très utiles à la fois. La liberté d’expression existe et c’est un luxe que nous avons de pouvoir écrire et être édité mais il existe livre et livre. Celui du roman et de la fiction et celui des récits, anecdotes, descriptifs, événements, quotidien…Il y a un fossé entre ces deux mondes.

Ce phénomène est d’autant plus surprenant que ce n’est pas sûr que le genre support papier entre les mains de nos concitoyens, soit toujours à la mode. Tout le monde veut écrire et être édité et de moins en moins de personnes lisent ces supports papier – tout au moins les jeunes -. Qui va acheter un livre-reality, alors qu’Internet répond pratiquement à toutes les questions.

Pouvoir écrire, est une chance unique.

Ecrire, est un bonheur extrême.

Etre édité, est une consécration.

N’être jamais invité à prendre la parole, est une frustration.

Garder pour soi ses émotions et son savoir, est une injustice.

Pouvoir en parler, est la liberté.



Articulation et diction au théâtre et au cinéma, ces oubliées !

J’avais déjà signalé dans plusieurs de mes  papiers, ce ras le bol de la non compréhension à l’oreille, des textes de théâtre, interprétés par les comédiens et plus particulièrement dans le secteur du théâtre dit public. Un comble ! Alors que ce théâtre fortement subventionné devrait jouer la carte de d’excellence et du bien fait dans ses productions, y compris le respect de la langue française et de son public. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas.

Il n’y a pas que le théâtre qui est touché par ce désastreux fléau. Au cinéma, la situation est encore pire. Comment accepter qu’avec des moyens inouïs utilisés par cet art que l’on puisse encore entendre dans la plupart des films français d’inaudibles textes ? Sans tomber dans la mode du siècle dernier avec ses excessives articulations d’acteurs, le confort du spectateur devrait être toutefois la priorité du réalisateur.

Aussi, pour ces raisons voilà très longtemps que je ne fréquente plus les salles de cinéma pour visionner un film français, dans lequel on ne comprend qu’un mot sur deux. Cette écoute en pointillé à toutefois le stupide mérite de provoquer chez certains spectateurs, des ricanements hystériques, qui, croyant avoir compris le texte et le sens de la scène, se manifestent par des rires « bestialisés ». J’en arrive à me demander si nous devrions pas avoir des sous titres pour les films français. Un comble !

Pourquoi ces comédiens français sont aussi fainéants dans l’articulation et la diction ? Qu’enseignent les professeurs actuels de comédie et que font les réalisateurs. Je pense aussi que les moyens techniques de prises de son utilisés, très sophistiqués, ne sont pas non plus très bien adaptés. J’en ai fait le constat en m’infiltrant dans le tournage d’une séquence de film où les micros étaient installés discrètement sous les vêtements des acteurs ce qui a eut pour effet que les comédiens n’ont aucun effort. Ils ont parlé dans leurs barbes et à la diffusion en salle, cela est devenu inaudible, sans aucun effet d’interprétation alors que la scène se voulait intimiste en utilisant un long texte. N’en déplaise à certains, mais lorsqu’au cinéma ou au théâtre, nous sommes par exemple dans un salon, nous ne sommes pas dans notre propre salon. Une certaine distance, même très discrète, doit avoir obligatoirement lieu.

Récemment, voulant voir absolument un film français, je me suis rendu en salle. L’horreur ! Après des années de constat de ce phénomène, je me rends à l’évidence. Même constat. Un copier coller. On ne comprend toujours rien de certains phrasés. Pour un film sensible avec beaucoup de texte, si on ne capte pas tous les mots et leur subtilité à quoi bon aller au cinéma ?

Ce qui est assez surprenant et agaçant, ce sont les réactions des personnes dans la salle qui ricanent chaque fois que le texte est inaudible. Leur ricanement presque nerveux ou maladif est souvent en contradiction avec l’image à l’écran ou avec ceux qui essaient de trouver des repères. Quelle foire ! Si je dois aller en salle de théâtre ou de cinéma pour me prendre la tête à essayer de comprendre le texte dans sa forme plus que sur le fond, autant rester chez moi. C’est que je fais ? Tchao le cinéma français et vive tous ces films étrangers qui avec leur sous titrages nous transportent dans l’émotion, le rêverie, la drôlerie, les pleurs, la joie…enfin quoi, du cinéma.

Honte aux réalisateurs de ne pas tenir compte de ce phénomène qui perdure trop et honte surtout à tous ces acteurs et comédiens qui ne font aucun effort et qui croit que, parler comme dans la rue, c’est de l’Art et bien non. Le bien articuler au théâtre et au cinéma est une obligation indispensable et une composante incontournable au respect de ces deux Arts et à celui du spectateur.

 



Qu’est-ce que tu fais jeune, pour ton âge !

La phrase qui tue ! Quelle gueule devrions-nous avoir lorsqu’on est arrivé à l’âge d’obtenir des réductions dans les musées municipaux ?

On ne dit jamais à quelqu’un de 25 ans « qu’est-ce que tu fais jeune, pour ton âge ! » Alors, pourquoi le dit-on à ceux et à celles qui avancent en âge et qui vivent normalement avec les ingrédients de la vie. Cette phrase est tellement stupide que je ne vois pas comment, génétiquement, un senior pourrait avoir l’âge d’un étudiant. Comme dit la citation : « on a l’âge de nos artères« . Peu importe si esthétiquement on a naturellement grignoté quelques années à notre état civil. Et encore tout est relatif. Par rapport à quoi ? À qui ? Quels sont les critères d’apparence de référence, correspondant à chaque âge, existe-il un tableau de critères, comme par exemple :

- à quel âge, doit-on perdre ses cheveux ?  - à quel âge, les rides doivent-elles surgir ? - à quel âge, les cheveux blancs ont-ils le droit d’apparaître ? - à quel âge, les poignées d’amour doivent-elles servir ? - à quel âge, chez l’homme, le bide doit-il commencer à pointer son nez ? - à quel âge, les muscles doivent ils ressembler à des flans ? Etc.

Ridicule ! À tout âge, on perd ses cheveux, à tout âge on gonfle, à tout âge des rides apparaissent. Alors que l’on nous fiche la paix avec cette réflexion stupide dite à tout instant, sous prétexte de faire plaisir. Ce n’est pas notre faute, si on a gardé un maximum de cheveux, si les poignées d’amour se font  discrètes, si les cheveux blancs deviennent élégants, si les rides ne sont qu’esquissées, si le bide ne ressemble pas une montgolfière, etc.

Le paradoxe est que dans la plupart des cas, ce sont à tous ceux et celles qui s’offrent quelques retouches, à qui on a spontanément envie de leur dire, « qu’est ce que vous faites votre âge » ou même « qu’est ce que vous faites vieux. » Alors arrêteront de dire à tous ceux et celles qui sont des vivants – et non des survivants de la vie – qui acceptent de porter avec sérénité leur véritable âge civil : « qu’ils ne font pas leur âge« . C’est justement leur véritable âge qui est leur fierté.

Jaloux !



A la queue leu leu : nouvel opéra bouffe au Grand Théâtre de Bordeaux !

Depuis quelques temps, je remarque que les gens aiment de plus en plus faire la queue et pas n’importe quelle queue : bien alignés les uns derrière les autres, deux par deux. Etonnant !

Quelle est cette nouvelle tendance branchouillarde bordelaise ?

Pour exemple, il est difficile de ne pas évoquer la queue la plus célèbre de Bordeaux, je veux parler de celle du restaurant « l’Entrecôte », celle que tout le monde connaît, pratique et aime (pas moi). Peu importe le temps, qu’il soit caniculaire, pluvieux, hivernal, ce n’est pas tellement la viande et à sa sauce qui comptent pour tous ces queutards, mais la longueur de la queue et le temps d’attente. Parlez-en avec vos amis, c’est ce qu’ils évoquent en tout premier avant de vous parler de la qualité de la viande.

Pour en revenir à mes moutons, au vrai sens du terme, je veux surtout vous parler de l’arrivée d’une nouvelle queue, celle qui se forme systématiquement pour un oui ou pour un non, au Grand Théâtre de Bordeaux. En effet, est-ce l’influence en ces périodes de fêtes de fin d’année de faire la queue partout et n’importe où qui conditionne les gens, mais ce qui est spectaculaire, c’est que les queues sont de plus en plus longues et étroites. Il faut se mettre par deux de préférence les uns derrière les autres. Lorsque vous êtes seul vous êtes obligé de vous prendre un partenaire de queue. C’est ce qu’on appelle de la cohésion sociale sans subvention publique !!! Au Grand Théâtre, et c’est surtout la l’objet de mon propos, la situation est à mourir de rire.

Dehors sous la pluie, face à l’entrée principale, alors que les places sont numérotés, les gens attendent deux par deux et commence à former une colonne bien droite (ici, employer le mot queue serai déplacé) sur le parvis dallé de la place de la Comédie. Curieux ! Au lieu de se promener, ou tout simplement se mettre à l’abri sous le péristyle du Grand Théâtre.

Un quart d’heure avant l’ouverture des portes, les amoureux de la queue préfèrent s’aligner immobiles et attendre bien face à l’entrée. A l’heure dite, c’est à dire 3/4 d’heure avant le lever de rideau, la porte centrale s’ouvre. Après le passage au compte-gouttes et obligatoire du contrôle vigipirate, ces mêmes personnes reforment des files d’attentes face au 3 entrées d’accès à la salle toujours deux par deux, face au cordon d’entrée. A peine croyable ce moutonnage. Qui leur demande ? Personne ! Ils sont là plantés à ne rien faire. Le plus drôle est que la forme de ces trois queues, pour garder l’expression choisie volontairement dans ce texte, se fabrique anarchiquement. Ces queues, au bout d’un moment, arrivent à se mettre en spirales et à se croiser, dans le hall d’entrée, de manière assez curieuse. Vous êtes-vous déjà trouvé prisonnier d’un noeud de queues. Moi oui ce soir, j’ai failli manquer d’air. Au lieu de visiter le hall, regarder les sculptures, lire les prospectus, de se promener, non, ils attendent par deux que les portes de la salle s’ouvrent. Lorsque celles ci s’ouvrent, il faut savoir que nous sommes encore à 30 minutes du début du spectacle. Etonnant ce besoin de queue !

Que l’on fasse la queue pour obtenir ou voir quelque chose de rare, ou faire la queue pour un évènement aux places limitées pourquoi pas, bien sûr, mais se rendre dans un théâtre où les places sont numérotées avec autant de temps avant l’ouverture et se mettre les uns derrière les autres par deux et attendre bêtement, je me pose plein de questions.

Quelque chose à craquer dans le comportement de tous ces homo sapiens se rendant au Grand Théâtre. Dans les couloirs, on parle de nouveau public qui n’a pas les repères de ce lieu, de nouveau comportement moutonnage style cinéma, de  nouveaux consommateurs de la culture, etc… Qui sont-ils ?

Dernièrement, il y a eu une queue qui s’est formée spontanément de l’entrée principale du Grand Théâtre, à l’entrée du quai de la station tram « grand théâtre » en contournant les rails par l’extérieur. Et après ça on dit que le français n’est pas discipliné ! Surtout lorsqu’on ne lui demande et impose rien. Un comble !

Nota : lire un autre feuillet sur ce sujet intitulé dans Anecdotes : Festival de queues à la sauce de poule en tutu !



Un Organisme Grand Marketing (OGM) bordelais a frappé !

Elle m’a vraiment pris pour un OGM (Organisme Gros Mongol, comme dirait plutôt mon voisin l’ado) !

Je devais acheter 500 mini canelés. Avant de me précipiter chez le premier commerçant venu, je décide d’établir des comparaisons de prix et de qualité de ce fameux produit dit bordelais. Direction les boutiques bordelaises connues et moins connues qui fabriquent cet ingrédient de luxe (surtout du prix). Le prix d’un mini canelé oscille en effet entre 0,40€ et 1€ la pièce. L’écart est énorme !
Dans chaque boutique, j’achète un exemplaire de ce lingot d’or pour une dégustation approfondie. Dans une de ces boutiques, je tombe en arrêt, devant le prix unitaire de ce produit, 0,90€. Je signale à la vendeuse et patronne à la fois (c’est elle même qui s’est présentée comme étant Madame….), que son produit est cher et lui demande quelles sont les raisons de cette énorme différence de prix par rapport à ses concurrents.
La patronne-vendeuse ne se démonte pas et me répond « nous, tous nos produits sont régionaux et il n’y a pas d’OGM.« 
Mon sang passa tellement vite dans mon cerveau que j’ai failli m’évanouir devant tant d’aplomb. Elle m’a pris pour un demeuré.
Examinons les ingrédients d’un canelé type, utilisés par cette célèbre boutique : lait, oeufs, farine, sucre, beurre, sel, rhum, vanille.
Cherchons l’erreur ou les erreurs :
- sucre, vanille et rhum,  produits régionaux ???
- lait et beurre de la région, j’ai un doute. Qui est sans OGM : le soja, le mais, le fourrage donnés aux vaches…?
- les œufs, à part les oeufs de l’élevage personnel de la patronne, dans sa résidence secondaire…Production locale, j’en doute ???
- la farine, production locale de blé et autres céréales sans Organismes Génétiquement Modifiés, pourquoi pas !
Tout ceci semble frôler un effet de marketing au doûte certain !
J’aurais préféré de la part d’une grande professionnelle du canelé qu’elle me dise que sa boutique utilise la vraie recette (celle qui est tenue secrète par la Confrérie du canelé de Bordeaux) ou que le goût n’est pas le même etc…Tout, sauf que les produits de base sont régionaux et sans OGM. Elle m’a pris pour un vulgaire touriste avide de couleur régionale…avalant l’Opinion Grandement Menée (OGM) d’une commerçante peu scrupuleuse.


C’est pas gagné !

« Mangez 5 fruits et légumes par jour » Ce slogan répétitif et envahissant sous forme de matraquage intellectuel, commence à me traumatiser. Lorsque je passe un jour sans avoir accompli cet ordre insidieux, ça y est je suis malade. Le mal à la tête m’envahit et les grouillements en sol majeur de mon ventre se font entendre publiquement.

Pourtant je l’avoue, tous les jours je m’applique. Face à ma grappe de raisin, déjà je bloque, combien faut-il que je mange de grains ? Un seul, la grappe entière ou 5 grains. Lorsque je me fais de frites, combien de pommes de terre ? Lorsque je mange une pastèque, dois-je la manger entière ? Ne parlons pas des haricots verts et surtout des petits pois, le décompte est insurmontable. La liste est longue…

Tout ceci pour dire que ce slogan publicitaire et de marketing font que les marchés font leur beurre. Tant mieux pour les agriculteurs. Pour moi, c’est le but de ma semaine. Tous les samedi matin direction le plus grand marché bordelais. Aller faire l’achat de mes fruits et légumes pour la semaine en tenant compte des 5 par jour devient ma préoccupation première existentielle.  La semaine, je mange, je calcule, je pèse et le samedi j’achète. J’ai l’impression que ma vie est réglée à ce chiffre 5.

Ce qui me rassure c’est que je ne suis pas le seul. Alors que ne n’achète, et ceci depuis des lustres, que des fruits et légumes locaux ramassés mûrs qui correspondent à des productions de saison et évitent ainsi les longs, polluants et couteux prix de transport, mes congénères et bobos en prime, sont de plus en attirés soit par des produits exotiques de l’autre bout de la planète, soit, par les produits de quelques maraîchers du coin qui nous offrent des légumes « de leurs jardins » (comme l’explique ce père à son gamin, après avoir déposé son costume de dirigeant  pour se déguiser en campagnard du dimanche, et qui s ’aventure dans des explications alambiquées agricoles sur la culture des tomates du marchand, les traces bleues sur les fruits, etc.). Le marchand d’un âge très avancé comme les rides et les déformations de ses tomates, signale au père que ce n’est pas un jardin mais il a omis de nous parler de la présence de bouillie bordelaise sur la surface de ses fruits.

Devant ce petit étal artisanal, une dame s’arrête achète 1kg de tomates et une barquette d’oignons et demande à notre pépé « avez vous des citrons et des oranges ? ». J’ai failli intervenir et être déplaisant. Entendre de telle stupidité m’effraie. Pauvre papy, ! Il est resté sans voix. Cette question reflète bien la non connaissance encore à ce jour de la culture des fruits et légumes, des lieux de productions, les espèces, les variétés, etc…et on nous demande de manger 5 fruits et légumes par jour bêtement, sans nous expliquer les bases de leur production.

Pauvre consommateur, il gobe. Je me souviens d’avoir lu à l’étal d’un grand magasin d’alimentation en plein centre de Bordeaux, l’énormité suivante « pommes du Canada » « provenance France » Le pire est que le responsable des fruits et légumes de ce magasin n’a pas compris ma remarque. No comment !

C’est pas gagné !



L’Opérette en voie de disparition : réalité ou mensonge ?

« Quand on veut noyer son chien on dit qu’il a la rage ». C’est exactement ce qui se dit pour l’Opérette (*) : « elle est malade, moribonde, c’est une forme de spectacle d’un autre temps, elle n’attire que les vieux…« . C’est faux ! L’Opérette pourrait rester à la mode si tout le monde en décidait autrement et y mettait les moyens (les directeurs de théâtre, les artistes, les médias…). Ce n’est pas en réservant l’Opérette à une certaine catégorie de personnes que l’on pratique l’ouverture artistique à tous. Cette forme de ghetto organisé est révoltant.

Un directeur de théâtre lyrique (à quelques exceptions près), préfère monter mille fois une Flûte enchantée ou une Traviata qu’une Fille de madame Angot ou une Véronique. Pourquoi ces derniers ouvrages seraient-ils moins « public » que les autres. Il n’y a pas un public pour chacune de ces catégories (Opéra, Opérette). Il s’agit d’un même public. Dans l’absolu bien entendu. Dans la réalité, le système et les dénigrements sont tels que l’on met la catégorie Opérette dans le tiroir du ringardisme et tout est mis en oeuvre pour garder ce genre de spectacle dans sa poussière. Jérôme Deschamps à l’Opéra comique de Paris a bien compris la situation et grâce à lui l’Opérette retrouve petit à petit ses lettres de noblesses.

Le déclic de mon manifeste en faveur de l’Opérette m’est venu d’une manière plutôt bouillonnante ce dimanche après-midi dernier en assistant à la représentation d’un des plus célèbres opéras-comiques « la Fille de madame Angot » de Charles Lecocq. Cette production avait lieu dans une salle populaire de la banlieue Bordelaise « le Pin Galant ». Comme chacun le sait ce lieu ne créait pas de spectacles mais propose des spectacles tout faits, clé en main. En proposant ce spectacle un dimanche après-midi, la direction est sûre de faire le plein avec un public vieillissant ou les cannes ne passent pas inaperçues. Lorsqu’en haut des quelques marches du théâtre je regarde monter péniblement tous ces gens, une personne à côté de moi me balance « on se croirait au festival de cannes« . Même si ce jeu de mots est facile et ultra connu, je n’ai pu m’empêcher d’éclater de rire. Facile certes mais que ça fait du bien !…Aussi, si dans quelques années je vois rire quelqu’un, gorge déployée en haut de ces mêmes marches, me voyant arriver avec une cane, je penserai à ce dimanche là et j’en rirai moi même.

Revenons à nos moutons (ces derniers me font penser à la Mascotte d’Edmond Audran). Il y a quelques années elle fut montée à Paris en grande pompe avec un tapage médiatique exagéré. Cette production était lourdement montée, ennuyeuse, sans âme. Erreur de parcours. Une Opérette doit être montée dans une légèreté de rythme, de mise en scène, de jeu, de décors et costumes…et de diction. L’Opérette doit rester une fresque de plaisir pour l’oreille et la vue. C’est ça la clé de l’Opérette. Contrairement aux idées reçues, tout le monde ne peut pas chanter l’Opérette. Il faut des voix, des personnalités, des chanteurs comédiens.

Ce que j’ai vu et entendu ce dimanche, ne réunissait malheureusement pas tous ces ingrédients. « Mais faute de grives on mange des merles » ! J’avais rarement vu et entendu un souffleur aussi présent. Manque de répétitions ? Avec l’exemple de cet après-midi là, on se rend compte immédiatement que la médiocrité (ou les manques de moyens) dans un spectacle d’Opérette ne pardonnent pas. Où sont les Opérettes montées au Grand Théâtre de Bordeaux du temps de Gérard Boireau ? Distribution de haut vol, chorégraphie pétillante, choeur chantant et jouant, décors et costumes étincelants et bien adaptés à chaque artiste et surtout des mises en scène bien ficelées et finies. En clair des spectacles modernes attirant un très nombreux public des plus variés.

Aujourd’hui : public très vieillissant ???, rareté des productions, et productions non abouties. Demain : public varié, nombreux spectacles d’Opérettes, productions soignées. Pourquoi pas. Rêvons !

(*) entendons par ce mot générique : opéra comique, opéra bouffe, opérette viennoise, opérette féerie etc…

Jean-Claude Meymerit

 

 



A l’Auditorium de Bordeaux : à qui s’adresse « La Légende d’Iseult » ?

La question reste entière. On se la pose aussi bien sur le spectacle lui-même que sur le prix des places.

Quelle belle et noble idée ce raccourci musical de l’opéra de Richard Wagner « Tristan et Isolde », mais à qui s’adresse t-il ? Au mélomane wagnérien ? Au néophyte ? Au jeune ? On ne sait pas très bien. Ce concert est bâtard et manque d’ambition et d’originalité. On voit bien que Novart n’est pas passé par là !..

Pourtant dès les premiers accords, on se laisse bercer et prêt à accepter une longue ballade dans la légende de ces deux héros. On déchante assez vite. Le texte-réplique de Tristan est narré en français et agrémenté de quelques bribes d’explication sur le déroulé de l’histoire. Il est mis en surtitrage afin d’être en harmonie avec la traduction du texte chanté en allemand par la soprano. Le principe de ce duo, narrateur et chanteuse accompagnés de dix talentueux musiciens est très intéressant mais c’est vraiment un raccourci simpliste de l’œuvre de Wagner. Quel est l’intérêt ?

En sortant de la salle, je rencontre quelques connaissances. Nous avons tous le même sentiment et le même avis sur le concert mais de plus, nous sommes habités d’une certaine aigreur concernant le prix des places : 30 euros, prix unique nous dit-on au guichet. On se moque de qui ! Surtout que les annonces, éditées sur Internet et dans le programme papier de l’Opéra, stipulent des tarifs allant de 15 à 30 euros. Cherchez l’erreur ! A l’entrée de l’Auditoruim, quelques personnes sont parties. Ce n’est pas normal ! Il y a un vrai problème de fond et de communication. Déjà que le remplissage de ce concert est assez faible, si les prix dissuadent, le but culturel et artistique n’est pas atteint. J’avoue avoir eu la chance, car moi même quittant le guichet (ne voulant pas dépenser à mon tour 30 euros pour un concert d’une heure) un spectateur m’a offert une place qu’il avait en surplus. Qu’il en soit remercié vivement.



Pas d’effet « magnétic » avec la langue de Shakespeare !

Dans le cadre des circuits du Bus d’Art contemporain des Dimanches sans voiture, organisés par la ville de Bordeaux, la première halte de ce dimanche, eu lieu place Paul et Jean-Paul Avisseau devant l‘école primaire Stendhal, quartier des Chartrons. Là sur un pan de mur d’enceinte de l’école sous le projecteur naturel du soleil, nous attend une magnifique fresque allant du blanc au noir en passant par une palette de gris. Elle représente un groupe de cinq minois de gamins expressifs à souhait. Sur la gauche de ce mur, une phrase de Nelson Mandela en gros caractères est peinte au pochoir. De couleur rouge, elle est écrite en anglais ce qui me paraît logique. Jusque là rien d’original. Cette œuvre est du célèbre artiste nantais Jef Aérosol, précurseur de l’Art Urbain, depuis les années 82.

Mon appréciation complète et positive de cette œuvre fut parasitée par une demande naïve que je fis au prestataire bordelais qui la présentait. Face à cette vingtaine de mots en anglais exposée sur un espace public à la vue du commun des mortels, je lui demande pourquoi il n’y avait pas une traduction en français de la phrase de Mandela dans un coin de cet immense mur. Sa réponse, sans appel et devant témoin : « vous n’avez que chercher vous-même la traduction ». Whahou ! Et vlan ! Belle réponse ! Insistant, il me signale qu’une traduction si petite qu’elle soit, aurait déséquilibré l’œuvre ! On rêve par une réponse aussi ridicule. Je rappelle que cette fresque est éphémère et ne doit restée qu’un mois et qu’elle est installée sous les yeux des passants petits et grands. Aussi, elle est sujette à d’éventuelles dégradations et là on ne posera plus la question d’équilibre ou non !

Cette réponse est un mépris et une insulte aux personnes qui comme moi ne maîtrise pas parfaitement l’anglais. Je ne suis pas sûr que tous les habitants de ce quartier et les tous petits de l’école connaissent parfaitement la langue de Shakespeare. « les institutrices sont là pour leur expliquer », me lança une dame qui écoutait notre discussion. Et revlan !

Pourquoi sommes-nous tout le temps obligés de « subir » la langue anglaise sous prétexte que c’est de l’Art contemporain. Je ne suis pas sûr que c’est comme ça que l’on sensibilise le public de la rue. Je pense le contraire. Il n’est pas question de revendiquer le franchouillardisme primaire, mais lorsqu’on se trouve en groupe constitué – qui a payé – pour découvrir et mieux appréhender des œuvres d’Art contemporain, le minimum d’information doit être donné par les organisateurs. Le musée des Beaux-Arts de Bordeaux l’a très bien compris et dans son exposition actuelle sur des photographies de l’Ouest américain, a doublé chaque grand titre par une version française. Ici, on nous respecte et aussi nous y retournerons !



L’idiot n’est pas toujours celui que l’on pense !

Stop à ce harcèlement collectif qui essaie de vous faire passer pour un idiot personnage, inculte, pas branché, en dehors du monde…sous prétexte que vous ne connaissez pas le personnage à la mode, personnage inodore et incolore ; star d’une vulgaire émission télévisée. On veut vous faire croire que si vous ne le connaissez pas, vous êtes un vieux ringard encore sous l’emprise des postes de radio à galène et dansant la bourrée dans les bals du samedi soir.

Fort d’avoir été, à deux reprises, victime de ce type de réflexion et de situation, je m’insurge haut et fort.

La première fois eu lieu lorsque je fus invité à une soirée people à laquelle je ne voulais absolument pas participer. La responsable organisatrice, pour me persuader, sortit sa dernière carte : « vous savez, il y aura untel » (ce untel était un sportif médiatisé, illustre d’après elle mais complètement inconnu pour moi). Aussi sec, je lui rétorque que je ne connaissais pas ce sportif. Choquée, elle me dit « ah bon vous ne le connaissez pas « ,  « eh bien non ! ». Pour lui faire remarquer sa stupide réaction, je lui demande en boumerang : « connaissez-vous unetelle ? » Sa réponse fut bien sûr « non », et dans une délectation jouissive, je lui donne le nom d’une grande chanteuse wagnérienne ( si elle avait su, je ne sais pas quelle réaction j’aurais eu à mon tour…mais c’est une autre histoire).

La seconde fois que j’ai reçu ce genre de remarque remonte à quelques jours. Un monsieur me remet lors d’une manifestation publique un jeu de questions-réponses qui devait me faire gagner une invitation à une réception dans un grand château viticole bordelais en présence d’unetelle, personnalité très connue dans le monde des top models. Face à mon refus de participer à ce genre de jeu (de surcroît avec des questions stupides dignes d’un site internet atteint par une attaque de virus), ce monsieur me donne le nom de ce top model. Me voyant complètement hébété devant son jovial minois et son excitation lubrique rien qu’en annonçant son nom, je lui dis que je connaissais pas cette personne. Pris un peu au dépourvu, il me liste son CV (avec qui elle était mariée, ses prestations…). « je m’en fous lui dis-je, je ne la connais pas et j’ai horreur de tous ces peoples ! ». Pour se faire aider dans sa détresse, d’avoir devant lui une personne complètement inculte et arriérée, il appelle une de ses collèges et lui raconte ironiquement mon ignorance. Aussitôt dans ma tête : si j’appliquais la même technique que la première fois ? C’est parti, je me lance : « et vous, vous connaissez vous, unetelle, untel unetelle… ». A mon tour d’admirer leurs têtes déconfites de cabillaud prêt à être transformé en morue. Lorsque je leur donne la réponse (j’avais choisi à nouveau des noms de grands chanteurs lyriques internationaux), le silence s’établit.

« Un à un », leur lançai-je ! et je quittai la place…..

 

 



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