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Archive pour la catégorie « anecdotes »

Le Gers où la vie est sans Histoire !

( anecdotes )

En ce jour de janvier, dans un classique salon bordelais de livres anciens, je suis attiré par un ouvrage qui répond au premier coup d’oeil à mes recherches.
Il s’agit d’une grande chemise cartonnée fermée des quatre côtés par des petits rubans sales mais dorés. En titre en gros caractères : « Bordeaux et ses environs sous Louis XIII » édité en 1904. Comme toujours en de pareilles circonstances, les références historiques ne surgissent pas dans la tête aussi vite et avec autant de précision que le chiffre de sa carte bleue. Quand commence et se termine exactement le règne de Louis XIII ? J’avais des chiffres en mémoire mais comme il s’agissait d’un ouvrage très cher, l’erreur d’une année peut coûter une saisie bancaire. Pas de marchand à l’horizon (c’était la pose méridienne). Si je demandais à des visiteurs. C’est ainsi que je fis de nombreuses connaissances mais je compris vite que Louis XIII n’était tout de même pas le sujet préféré traînant sur les tables de nuit. Par contre, moi, je voulais absolument savoir à quoi ressemblait Bordeaux entre 1645 et 1656, c’était vital (chacun ses fantasmes, un samedi midi le ventre creux…).
Joie, le marchand arrive ! Il avait du repérer mon manège autour de cet ouvrage. Je lui pose ma question « quand est-ce que le règne de Louis XIII s’arrête ?« . Il regarde l’ouvrage et me dit 1904. A la tête ahurie que je devais faire, il défait avec énergie les quatre rubans et me propose de feuilleter. En effet je retrouve mes esprits et…mes dates. Le vendeur s’approche et me déclare : vous savez j’ai acheté ce document à un particulier bordelais, lui aurait pu vous renseigner sur Louis XIII, mais pas moi car je ne suis pas de Bordeaux, je suis du Gers ! Adorable réponse en me disant tout bas au creux de l’oreille : « on peut baisser le prix ».



Tout s’explique ou presque !

( anecdotes )

Avant l’ouverture de l’autoroute, en un jour ensoleillé, un voyage en voiture Pau-Bordeaux à une vitesse énervant mes confrères automobilistes friands de raconter à leurs copains de pauses café ou sous les banderoles d’une manifestation : « j’ai fait Pau-Bordeaux en 2h04 au lieu d’1h43, car qu’est ce qu’il y avait comme cons et comme vieux sur la route ». Dans quelle catégorie dois-je emmarger ? D’ailleurs le problème n’est pas là. Départ de Pau à 18h en plein soleil, puis au bout d’une heure de route le paysage s’assombrit. Puis les phares commencent à s’allumer et le noir plus dense. Bien entendu mes feux de route, mal réglés, éclairent à peine les lignes blanches de côté et j’ai peine à me repérer. Puis une fois accusé mes feux de route (tous neufs), j’accuse ma vue. Il est vrai que j’ai horreur de conduire la nuit, Je suis obligé d’écarter les paupières comme si je devais rester éveillé sous la menace après avoir passé trois nuits blanches à compter les moutons béarnais.
D’où ma vitesse calmos et les propos à venir (n’oubliez pas ! la machine à café et les banderoles). Décision prise, demain je prends rendez-vous chez l’ophtamo et fais régler mes feux de route. Arrivé enfin dans les bas fonds d’un parking bordelais, je stoppe le moteur et récupère mes affaires errantes dans la voiture. Sur le siège du passager je prends mes lunettes : « tiens ! tiens bizarre, mais alors ? qu’est ce que j’ai sur le nez ? ». Fou rire à faire exploser les 6 étages du parking et en les transformant en terrain de boules. J’avais gardé pendant les 2h30 de route mes lunettes de soleil !



Pour bien voir, la monture ne fait pas la vue !

( anecdotes )

J’achète chez un opticien une paire de lunettes cerclée d’un monture foncé de style année 60. Après avoir expliqué au vendeur ma demande, un peu surpris mais comprenant immédiatement, ôta les verres d’origine. En effet j’avais besoin pour un spectacle théâtral d’une monture assez visible pour donner une physionomie plus sérieuse et vieillissante à un comédien. Pour 15 euros, je passe à la caisse, prends le tramway et rentre chez moi. Tout à coup, une idée me vint – heureusement que je me fais tout seul mes histoires car si j’espérais me distraire avec la majorité des voyageurs. Ils font une gueule comme s’ils étaient obligés d’apprendre le bottin téléphonique par cœur pour le lendemain matin -, je veux voir sur ma tête si ce genre de monture siérait à mon visage actuel. J’enlève mes vraies lunettes et mets sur mon nez les fausses en faisant toutefois attention que des regards indiscrets ne furètent pas mon cinéma. Le plus difficile restait à se voir dans une glace. La nuit portant toujours conseil les vitres du tram me servirent de miroir et je pus ainsi ajuster discrètement ma monture. Ce côté narcissique ne devait pas se voir et je voulais surtout pas que l’on me voit en train d’essayer des lunettes sans verre. La dessus, branle bas de combat, mon arrêt de tram est annoncé. Je descends en catastrophe de la rame et me rends chez moi. Je cherche péniblement mes clés puis essaie de trouver la serrure de ma boite aux lettres à tâtons puis avec quelques difficultés je réussis à entrer chez moi en pestant contre le phénomène du vieillissement et des conséquences sur la vue. Ce n’est que lorsque je me suis trouvé face au miroir de ma salle de bains avec mon nouveau look sur le nez que j’ai compris que sans verre, les montures seules n’apportent pas la vue.



Empire et meilleur !

( anecdotes )

Un panneau : antiquités ! Chic, je vais pouvoir trouver mon bonheur en matière d’objets de l’Empire (couteaux, verres, montres, cannes etc), car à l’entrée de cette minuscule boutique dans le quartier St Pierre, trônait une statuette de Napoléon. « Et que veut ce charmant Monsieur ? » (eh oui !), me demanda une jeune femme au visage ciré ressemblant à une statue de poupée en céramique comme celle exposée dans son magasin. « Avez-vous des montres à gousset, c’est pour un spectacle, elles n’ont besoin d’être en état de marche » lui dis-je en retour. « C’est pour payer moins cher ? » fut sa réponse de commerçante. Surpris, et pour ne pas être désagréable à mon tour, je lui demande ce qu’elle possède en matière d’objets représentant cette époque. « Je ne connais pas l’Empire et ma cousine est à Monoprix »…Faut suivre ! Cette fameuse cousine arrive, sans un regard et un bonjour. Elle fut immédiatement briffée par la poupée de cire et me dit brutalement « c’est pour acheter ou pour repérer ? » Avec un grand merci et au revoir, j’ai quitté ces commerçantes pour qui l’antiquité, à en juger leurs visages fortement restaurés, est pour elles, plus une peur du passé qu’une passion professionnelle.



J’ai rencontré Jules Renard !

( anecdotes )

Dans le cadre de l’exposition Cow Parade 2010, une vache parmi tant d’autres est installée à l’entrée du Musée d’Aquitaine à Bordeaux. Haute sur pattes, la tête en arrière, deux belles cornes élancées et les pis bien en vue.
Depuis le tramway, Deux jeunes filles commentent cette oeuvre :
- tu es sûre que c’est une vache ?
- sûre, regarde les tétines !
- mais non, je te dis que c’est un taureau !
- à quoi tu le vois ?
- elle a des cornes, donc c’est un taureau.
PS : Jules Renard dans ses « Histoires naturelles » disait ceci : Les femmes reconnaissent un taureau aux poils frisés qu’il a sur le front.



Dialogue de sourds

( anecdotes )

Sur le quai d’une station de tram :
Un homme attend, la tête bien enfoncée dans un bonnet de laine lui couvrant entièrement les oreilles.
Une dame arrive, rien sur la tête, les cheveux au vent. Ils se connaissent. Comment allez-vous ? Que devenez-vous ? demande la dame.
Le monsieur répond un quelque chose et la dame lui dit : pardon ! je n’ai pas compris ! et elle met sa capuche de manteau lui cachant presque tout le visage.
Lui, aussitôt, enlève son bonnet pour répéter sa réponse. Elle lui répond un quelque chose à son tour et lui à ce moment là , dit : pardon ! j’ai pas compris ! et il remet son bonnet.
Elle enlève sa capuche et répète sa question.
Le tram est arrivé. Dommage ! Ce petit jeu aurait pu durer des heures.



Dialogue entre capuche et bonnet !

( anecdotes )

Sur le quai d’une station de tram :
Un homme attend, la tête bien enfoncée dans un bonnet de laine lui couvrant entièrement les oreilles.
Une dame arrive, rien sur la tête, les cheveux au vent. Ils se connaissent. Comment allez-vous ? Que devenez-vous ? demande la dame.
Le monsieur répond un quelque chose et la dame lui dit : pardon ! je n’ai pas compris ! et elle met sa capuche de manteau lui cachant presque tout le visage.
Lui, aussitôt, enlève son bonnet pour répéter sa réponse. Elle lui répond un quelque chose à son tour et lui à ce moment là, dit : pardon ! j’ai pas compris ! et il remet son bonnet.
Elle enlève sa capuche et répète sa question.
Le tram est arrivé. Dommage ! Ce petit jeu aurait pu durer des heures.



Qu’est ce qu’elle a ma gueule ?

( anecdotes )

A peine croyable !
J’étais il y a quelque temps à Londres (le 9 octobre dernier) pour assister à une représentation de Tristan et Isolde au Covent Garden.
Le jour du spectacle, avant la représentation de 17h, je décide de faire un tour dans la ville et descendre directement de la gare St Pancras au théâtre de Shakespeare en bas de la ville de l’autre côté de la Tamise.
Sur le chemin, je passe par la petite place devant le parvis de la cathédrale St Paul. Là surpris, je vois, parquée entre des barrières de protection une cohorte de journalistes, caméras, appareils photos, micros ordinateurs…Que faisaient-ils un matin vers les 10h30 devant ce monument.
Cela était étrange car une circulation dense en véhicules continuait de passer devant le parvis. Mais plus j’observais et plus je remarquais se diriger vers cette cathédrale de très nombreux militaires dans leurs tenues d’apparats dans des couleurs et des formes les plus diverses et les plus surprenantes. Tous ces militaires étaient, pour la plupart, accompagnés de leurs compagnes dans des tenues les plus élégantes mais surtout les plus voyantes. Le bon goût n’était pas forcément le critère principal. Tout ce beau monde montait les marches et s’engouffrait par la porte de gauche en haut des marches. Sur la droite de l’immense escalier, une haie de soldats de la garde royale canalisait les gens vers la porte de droite de l’édifice. J’en déduis que c’était le côté des personnalités. En effet, beaucoup d’hommes en costumes de ville accompagnés également de leurs compagnes. Pour regarder ce remue ménage, je m’étais placé derrière une barrière et vu le temps et le vent glacial, je gardais les mains dans les poches de mon blouson et avais mis mes lunettes de soleil pour protéger mes yeux. Nous n’étions qu’une dizaine de personnes comme moi à regarder et à attendre. Quoi et qui ? Je ne savais toujours pas.
Tout d’un coup la route est interdite à la circulation. La presse commence à s’agiter et à s’installer. Les carillons se mettent à sonner. Ce brusque bouleversement d’ambiance attire un peu plus de badauds derrière les barricades. Les militaires par centaines accompagnés ou non montent par la gauche et s’engouffrent dans la cathédrale. Côté droit les voitures officielles se succèdent et en descendent des personnalités…Je ne savais toujours pas lesquelles.
Au bout d’un instant, au commandement d’un signal, la garde royale se déplace vers le centre de l’escalier. Aussitôt, je réalise que devait arriver quelqu’un de très important, mais qui ?
C’est alors que je vis arriver au pas (ou à la roue…) de velours les deux voitures Bentley, couleur bordeaux, de la royauté avec à l’intérieur une grande partie de la famille royale en costumes de cérémonies. Impressionnant !
Tout ce petit monde monta avec tout le protocole adapté les nombreuses marches pour atteindre le grand portail d’entrée largement ouvert de la cathédrale. A 11h, les carillons stoppèrent. Un silence abyssal régna sur cette place, les commerçants sur les pas de portes, les gens sur les balcons et aux fenêtres tout autour de la place : la Reine venait d’arriver. En effet, sur le siège arrière de sa magnifique voiture aux armoiries de la royauté était assise la Reine. Elle passa à quelques mètres de moi. J’étais sous le choc : la Reine à deux pas de moi sans que je cherche à la voir. La voiture royale s’avança à pas de loups toujours dans ce lourd silence ambiant et s’arrêta devant la haie d’honneur. La Reine descendit sous les applaudissements des badauds, monta les nombreuses marches en saluant la plupart des gardes. Une fois entrée dans l’édifice les immenses portes se referment, les gardes se dispersèrent et tout fut fini.
Le public quitta la place sauf moi, car je ne savais toujours pas la raison de cette cérémonie de ce matin-là.
Je m’adressai à un policeman qui me dit que c’est la commémoration des tués en Irak. Vague explication…Je décidai donc de continuer mon chemin vers le théâtre de Shakespeare. A quelques mètres de là je vis un bureau d’office du tourisme. Chic ! Je vais alors avoir une explication sur cette manifestation. En effet, l’hôtesse me signala qu’il s’agissait d’une cérémonie du souvenir en l’honneur des militaires du Royaume-Uni qui ont pris part à la guerre d’Irak, où 179 d’entre eux ont été tués. Elle me signala que sont présents Tony Blair et Gordon Brown, des ministres, des dirigeants Irakiens et la cour royale au grand complet. Elle me signala que la cérémonie devait se terminer à midi. Il fallait que je choisisse, le théâtre de Shakespeare ou la sortie de la Reine. Je choisis : la Reine.
Aussi, pour être bien placé je reviens vers la place et m’installe bien en face de la sortie contre une maison dans l’encoignure d’une porte. Toujours avec ce vent glacial les mains dans les poches de mon blouson noir, en jean et mes lunettes noires.
Je ne suis pas resté très longtemps à attendre car un mec black en civil d’une trentaine d’années, me montra sa carte (sécurité il me semble) et me demanda ce que je faisais ici. Un de ses collègues se joignit à nous. Un petit maigrelet, d’une soixantaine d’années et super hargneux. Celui-ci me parla en anglais à toute vitesse. Je ne compris absolument rien. Heureusement, le black parlait un peu français. Il m’expliqua qu’ils me surveillaient depuis un petit moment et que j’avais l’air soupçonneux…
Puis, les questions fusèrent : qu’est ce que je fais à Londres (pratique à répondre). Je leur dis que je suis venu de Bordeaux France spécialement pour assister à un opéra. Quel opéra, etc..et me demandèrent de leur fournir le billet. Je leur signale qu’il était à l’hôtel. Quel hôtel ? Dans l’émotion de cet interrogatoire dans la rue, sans bien se comprendre et s’exprimer, je ne me souvenais pas de son nom. J’ai pu leur montrer sur mon plan de la ville, au moins la rue.
Je n’osais pas trop m’énerver et j’ai répondu avec beaucoup de calme et patience. Par ailleurs, pendant ce temps le vieux avait récupéré ma carte d’identité et téléphonait pour vérifier mon identité. Je n’avais pas intérêt à manifester le moindre mot et geste, car je risquais de me retrouver au poste et adieu la Reine mais surtout l’opéra (après des mois d’attente pour avoir une place).
Quand le vieux est revenu me donner ma carte, je demandai au black pourquoi ce contrôle sur moi, qu’est ce que j’avais fait de particulier. Il me répondit que j’ai l’air d’un animal. En lui faisant remarquer que le mot n’était pas très choisi, il s’excusa immédiatement.
Le vieux, lui, ne voulait rien entendre et continuait à me questionner en anglais avec une hargne terrible (des images passèrent dans ma tête d’une certaine époque de terreur pas si vieille dans nos têtes où ce genre d’interrogatoire accusateur était quotidien).
Ils me lâchèrent enfin. Je suis resté un peu groggy. L’heure de la fin de la cérémonie arrivant, je repris mon poste d’observation, je sortis mon appareil photos et je mitraillai la Reine (attention c’est une image !) à toute vitesse tellement peur que l’on vienne m’arrêter à nouveau. Au moins j’aurai des preuves de cette matinée. Lorsque la Reine est sortie par la grande porte, il n’y avait plus de gardes. Elle, toute seule, descendait les marches comme abandonnée. Elle monta dans sa voiture et repassa devant les barrières derrière lesquelles j’étais. Elle nous salua avec son geste éternel et la voiture disparut dans les rues de la ville. Les autres voitures de la royauté suivirent, puis toute la cathédrale se vida par les trois portes comme une immense cascade et flots de couleurs sur les marches comme les eaux d’un barrage. C’était très beau ! Cette aventure m’avait assez perturbé. Quand je pense que des personnes font des kilomètres pour voir la Reine d’Angleterre, ou attendent des heures devant le Palais de Buckingham pour l’apercevoir ! Moi, je n’ai rien demandé et la Reine n’est pas inscrite dans ma collection de peoples favoris. Quand je pense que j’ai failli passer un mauvais moment si j’avais réagi à ce contrôle. Ceci dit, de là à imaginer que j’avais une tête à assassiner une tête couronnée c’est me faire trop d’honneur. Aussi, j’en remercie vivement les services de sécurité de sa Majesté et Scotland Yard (j’y suis fiché, c’est certain, quelle reconnaissance !).



Etre bruit ou être silence !

( anecdotes )

Ce soir vers minuit, une rame de tram assez calme. A un arrêt monte une vague de jeunes lycéens, bouteilles à la main, chantant, criant, riant très fort…en clair heureux ! C’est très bien ! Ceci ne me dérange absolument pas, c’est samedi soir, la nuit est ouverte à toutes les expressions et à toutes les créations. Quelques arrêts plus loin, à la Victoire exactement, la moitié de ce petit monde lance en choeur des phrases en évoquant la victoire et descend.
Reste toutefois un groupe de jeunes, mais cette fois-ci un silence absolu règne dans le tram pendant plusieurs arrêts, curieux ! Et pour cause, ces jeunes ne communiquent que par le langage des signes.
Aussi, les seuls bruits dans ce wagnon sont les crissements des rails et les portes s’ouvrant et se fermant. Je venais en quelques minutes de vivre dans deux mondes, celui du bruit et du silence.
Un image me vient aussitôt : vivre le quotidien au milieu de la foule dans le silence. Je pense à ces jeunes sourds muets qui se soir n’ont pas entendu le bruit, les chants et les rires de leurs comparses. Par contre, est-ce que ces jeunes fêtards ont entendu le bruit du silence fait par les autres ? J’en suis moins sûr.



Ca y est, je connais l’enfer !

( anecdotes )

Grâce à la pièce Huis clos de Jean-Paul Sartre…et à une des comédiennes.
En fait, si j’ai bien compris : il paraît que sur terre le temps passe plus vite qu’en enfer.
Un lundi soir tout récent après une répétition théâtrale, une des comédiennes me ramène en bas de chez moi, car plus de tram après minuit. Nous discutons dans la voiture plus d’une heure durant. Lorsqu’elle me « libère » vers une heure du matin, je rentre chez moi, lis quelques mails et comme la faim commence à se faire sentir, je me prépare deux ou trois bricoles à grignoter. Au moment où j’accompli un dernier geste culinaire, je me rends compte que j’étais en train de me préparer un petit déjeuner complet (cafetière, filtre, bol, café, yahourt, brioches etc..). Je me croyais le matin. Aussi, j’ai tout éteint, douche et au lit.
En résumé cela veut dire quoi : est-ce que le temps a passé trop vite avec la personne qui m’a accompagné ? Le temps s’est-il raccourci d’un seul coup ? Avais-je quitté la planète terre ? Toutes ces questions métaphysiques me prennent la tête. Sartre vas te coucher ! Ton histoire à coté de la mienne n’est rien, c’est de la fiction, alors que moi c’est du réel.



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