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Archive pour la catégorie « anecdotes »

Un parfait exemple de moutonnage !

( anecdotes )

Une fin d’après midi dans un tram bondé. A l’arrêt de la Place de la Victoire pour ceux qui connaissent. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une place qui ressemble à une fourmilière dérangée par la chute d’une feuille. Un monde fou sur le quai. La rame s’arrête, quelques rares personnes descendent et très peu peuvent monter. C’est alors que ce produit le miracle. Sur le quai, un homme d’une trentaine d’années déclare avec une voix ferme et autoritaire : « le tram reste à quai, tout le monde descend ». Bien sûr, personne ne proteste et râle mais pratiquement tout le monde descend de la rame. En ce qui me concerne, toujours dans la question du pourquoi ou de montrer toujours une certaine réticence aux ordres donnés sans explication, je ne descends pas. Ce monsieur n’avait pas à mes yeux le look l’autorisant à prendre une telle décision. Comme quoi les clichés fonctionnent bien. Avez-vous vu un employé de chez Kéolis en pull bariolé, jogging et sans badge donner de tels ordres ? Figé dans mes observations je ne bouge pas, les portes se ferment et le tram repart. La gueule des gens sur le quai ! Et nous dans la rame les éclats de rire. Pour notre homme, il avait réglé en quelques secondes les flux et reflux des bousculades aux heures d’affluence, en faisant descendre pratiquement tous les usagers. Très fort ! Tant qu’aux passagers, pauvres moutons !



Lire une revue en voyage : à chacun sa méthode !

( anecdotes )

A côté de moi dans le train, une dame attaque la lecture de son Point de Vue dès le démarrage du train. Page après page dans le détail.Toutes les légendes des images montrant dans toutes les postures, nos élus, nos rois, nos reines et nos peoples y passent. Jusqu’ici pourquoi pas. Je lis bien moi un magazine uniquement réservé à l’opéra que seuls deux marchands de journaux dans Bordeaux, vendent. Tout à coup la page, aidée par un doigt longuement mouillé, bascule à gauche et mon oeil tombe sur deux pages réservées à Arthur Rimbaud. A peine ai-je eu le temps de lire le mot Rimbaud qu’elle passe brutalement à la page suivante. Elle n’ai jamais revenu sur cette double page. Pourquoi ? J’avais presque envie de lui poser la question, mais de quoi je me serais mêlé ! Ainsi je ne saurais jamais pourquoi cette vieille dame n’a pas lu ces deux pages (ou tout au moins les légendes des photos) sur Rimbaud. Il est vrai qu’il ne devait pas y avoir écrit : « vu à la télé ».

Devant moi dans le train deux femmes de la trentaine lisent dans une revue spécialisée la programmation culturelle parisienne et tombe sur l’annonce d’un spectacle d’un musicien très cher au coeur d’une d’entre elles. Cette fan s’esclaffe : « comme toujours on n’est au courant de rien ! ». Pauvre musicien responsable de cette subite montée d’adrénaline. S’il avait su, il lui aurait envoyé un mail pour lui dire où il se produisait…

Dans l’avion à côté de moi : un couple cinquantenaire nouvellement constitué à en croire et à surtout voir leur comportement frôlant l’extase. Sur son épaule pendant que Monsieur lui lit et commente chaque ligne et chaque photo du Reader’s Digest, elle ne disait mot et avait fermé les yeux. L’écoutait-elle (ou pas) ? C’est beau l’amour béat ! Mais pour moi les synthèses de revues à la sauce « je t’aime dont ferme les yeux et écoute ! » trop peu pour m’assoupir.



Bouillon de culture !

( anecdotes )

Entendu au cours de la visite de la magnifique exposition de Giulio Achilli « Divines inspirations » au Grand Théâtre de Bordeaux.
Devant un écran vidéo diffusant le ballet « Coppélia » de Léo Delibes, un petit groupe de quatre amies. L’une d’entre elles, plus cultivée que les autres voulant étaler sa connaissance, dit tout fort : « pour moi l’opéra c’est pas ça, ça fait plus comédie musicale qu’opéra ! ». A ma tête d’ahuri sortant de son cache pot regardant les trois autres dames, je pense que cela a du leur donner un sujet de discussion au salon de thé voisin.



Les poissons de la Garonne, bouche bée !

( anecdotes )

Ils n’en croient pas leurs yeux !
Interrogatifs, les bans et les arrières bans de tout le fleuve se sont réunis sous le pont de Pierre. Les plus grands sont là : lamproies, esturgeons, brêmes, aloses, anguilles… Quoi de particulier à observer ?
Ils ont tous leurs regards de poissons frits tournés vers le haut du pont et constatent qu’entre les trous de la balustrade en fer forgé, des objets non connus pour eux s’animent à la manière d’asticots au bout d’un hameçon. Une petite dizaine de ces engins mollassons s’exhibent à la vue de ces poissons beaucoup plus curieux qu’affamés.
Qu’ils sont bêtes ces pécheurs, pensent-ils ! Ils croient que nous avons des ailes pour aller mordre à un hameçon si haut ! Pourquoi ce soir les appâts sont si gros ? C’est sûrement un cadeau à l’occasion de la fête du fleuve !
Au bout de quelques minutes, tous ces engins non identifiés disparaissent pour repartir avec leur propriétaire.
Même si tous nos poissons n’y comprennent rien, les fameux propriétaires de ces objets mystérieux ont trouvés une astuce sécurisante. Au lieu d’assouvir leurs besoins naturels au bord du fleuve avec tous les risques que cela présente de tomber à l’eau, nos joyeux comparses ont préféré jouer la carte de la sécurité absolue en se plaquant à la rambarde du pont et ne laissant apparaitre au dessus de l’eau que le strict nécessaire pour la mission à accomplir. Nos poissons carnivores et autres, intrigués, en sont restés bouche bée.



Quelle cuisson votre steak ? : saignant !

( anecdotes )

En répondant à cette question je ne pensais pas qu’il y aurait un lien avec la suite. L’action se passe dans une cafétéria sur la côte basque à l’enseigne célèbre qui propose des légumes à gogo. Heureusement que des hurluberlus comme moi mangent à n’importe quelle heure de la journée, car cela permet ainsi d’épuiser les stocks de légumes en attente dans leur marmite depuis le service du déjeuner et qui ont un aspect assez proche de leur propre inanition. Trouver un établissement qui sert encore vers les 16 heures est un parcours du combattant assez fastidieux. Bref ! Je crève de faim et l’enseigne est là devant moi (et surtout les légumes). Tout seul dans la cafétéria, le bonheur ! Toutes les serveuses pour moi (au fait où sont-elles ?). Je m’approche timidement du comptoir des grillades car j’avais cru voir quelqu’un. En effet, un serveur prend ma commande. Mon choix se porte sur un steak haché. Quelle cuisson, me demanda t-il ? Saignant en réponse.
Je m’installe toujours tout seul dans cet immense hall et me jette sur les ingrédients avec avidité car j’avais une faim terrible et quelques tremblements d’hypoglycémie se manifestaient. A peine, j’attaque mon steak saignant qu’une porte en face de moi s’ouvre brutalement sous la violence d’une jeune fille qui traversa la salle en criant et en se tenant la joue. Une deuxième surgit immédiatement en hurlant « je nique ta mère ! » et ceci à plusieurs reprises. Bon ! me dis-je je vais être au pris en sandwich dans une histoire rocambolesque. Cela n’a pas raté. A une vingtaine de mètres de moi, les deux filles au sol se battent violemment et hurlent. Heureusement qu’immédiatement une armée de serveuses, de chefs, de sous chefs sortent de partout (où étaient-ils donc tous, jusqu’à présent ?). J’étais sauvé. Pas moyen de les séparer, des griffures au visage, des morsures aux bras, tout le personnel se met à l’ouvrage. L’agresseuse d’une violence inouïe revient à la charge. Enfin, elle est maitrisé et relâchée à l’extérieur de la salle. Les secours arrivent et s’occupent de l’agressée. Lorsque je vis le service de nettoyage frôlant ma table pour nettoyer le sol, j’ai imaginé tout un scénario. Mais lorsque la jeune fille repassa devant ma table, cette fois-ci encadrée par deux policiers, et que je vis en même temps son visage ensanglanté et mon steak haché je me demanda alors subitement pourquoi je ne l’avais commandé cuit à point.



Signe de croix-zement

( anecdotes )

Sortant d’un immeuble situé sur une grande artère de Berlin, au niveau d’un carrefour, une jeune femme s’apprête à enfourcher son vélo. C’est un dimanche matin. Les avenues sont pratiquement désertes et seuls quelques touristes errent sur les trottoirs afin de laisser les femmes de ménage faire paisiblement les travaux ménagers de leur chambre d’hôtel (il est vrai qu’aujourd’hui, il vaut mieux être loin pendant ces moments là…). Cette jeune berlinoise met son casque, monte sur son vélo et fait un signe de croix. Moi, sur un banc juste en face de l’immeuble, avec des kilomètres de déambulation pédestre dans les mollets, je reste assez surpris par ce geste.
Elle traverse une première avenue puis une fois sur le trottoir opposé, s’arrête et refait un signe de la croix avant de retraverser une nouvelle avenue.
Quoi penser ? La pratique du vélo dans cette ville est-elle si risquée ? Etait-elle en pleine prière dominicale ? Ce carrefour désert est-il dangereux ? A-t-elle vu le diable sur un banc ? Peu importe les raisons, j’ai repris ma randonnée et j’ai traversé ce fameux carrefour….Ouf, passé !



Plus tu caresses, plus la veine gonfle !

( anecdotes )

Prenant ces jours-ci assez régulièrement le chemin d’un laboratoire d’analyses médicales pour des révisons annuelles de bon fonctionnement corporel, je suis confronté à souvent changer d’infirmières.
Ma dernière rencontre avec l’une d’entre elles fut assez épineuse. Dans la salle d’attente, deux femmes et moi même, attendons. Notre infirmière du jour, ayant peut être confondu tenue de travail avec tenue de soirée et quincaillerie pour se rendre à la guinguette du coin, prend la fiche de travail et hurle « Monsieur… ».Il était évident qu’étant le seul homme dans cette salle de 9m2, cela fait drôle d’être interpellé avec son nom. Déjà la discrétion opère. J’ai eu le malheur de faire un peu d’humour en lui disant que j’étais le seul homme dans la pièce et que son appel était un peu disproportionné. Sa réponse fut : quand je prends la fiche je ne regarde pas dans la pièce qui est là !
Seulement pour moi c’était déjà un mauvais point et elle allait se venger. C’est ce qu’elle fit.
Une fois dans la minuscule cabine de prélèvement sanguin à la déco plus proche d’une cabine stalinienne qu’un lieu d’accueil, c’est l’interrogatoire (âge, à jeun etc..) Tout ceci venait d’être enregistré cinq minutes plutôt par l’hôtesse d’accueil. Mais c’était reparti ? « Vous avec deux dossiers ? » me dit-elle avec autorité. Au regard ahuri à cette question qui me dépassait et qui était aussi tordue que si elle m’avait demandé la vitesse du courant de la Garonne sous le Pont de Pierre. Qu’est ce qu’en sais ! Une fois cette question stupide posée, tout au moins à mes yeux, mais pour elle indispensable, je tends mon bras droit (j’ai une préférence pour celui-ci). A ce moment là commence un rituel que je ne connaissais pas : le caressage du creux du bras. Ah si vous connaissiez ce rituel ! C’est fait pour faire gonfler la veine (sic). Et ça dure et ça dure. Déjà que le plaisir n’est pas au rendez-vous lorsqu’on va dans ce genre de lieu mais si en plus on doit passer par le supplice du caressage du creux du bras. Ce que je peux dire, c’est que c’est un endroit qui ne ne me procure aucun effet de gonflage. A l’inverse, je commence à me contracter sérieusement. Une prise de sang en soi c’est déjà pas mal mais si en plus ca dure trois plombles avec des caresses que je ne demande pas, c’est trop. Victoire, la veine a du gonflée ! (je suppose) car elle me confia la plateau de fioles et autres petits matériels inconnus qu’elle m’impose en me le plaçant sur la braguette. J’étais prisonnier. Vlan ! un coup d’aiguille. Aie, criai-je ! « Voila vous avez bouger » me dit-elle en colère ! C’était de ma faute. Elle me fait changer de bras et me signale qu’elle va utiliser une seringue. Dans ma tête : avec quoi elle m’avait piqué avant, avec une fourchette ?
Opération bras gauche : pas de caresse dans le creux du bras, pas de gonflage de veine. Du direct, vlan ! une pique, le flacon se rempli, terminé. Allongé, les deux bras ballants, le plateau de fioles toujours sur la braguette, l’oeil commence à faire des siennes, le plafond tourne et un malaise me prend. « C’est normal «  me rétorqua notre jongleuse de la seringue voltigeuse. Le médecin arrive, branle bas de combat, on m’allonge, mes esprits reviennent, le bras droit reste très douloureux et c’est alors que le médecin me glisse à ‘oreille, »vous savez c’est une grande piqueuse !! ».



La marque qui fait mouche !

( anecdotes )

Que les trams sont sources de scénarios et de gags succulents ! Cette fin d’après-midi, la rame est assez pleine, mais une place à côté de moi est libre. Une jeune dame chic et genre, reflet d’un étalage de son pouvoir d’achat, monte dans la rame. Elle est accompagnée de sa fillette « bien habillée » comme dirait ma petite voisine de quatre vingt dix ans. Cette fillette « chérie » – tel est son surnom – est obligée de s’installer un peu plus loin, coincée entre les sièges. Tout ceci paraît très banal dans un tramway. Là où cela commence à devenir très énervant c’est lorsque la mère emploie dans une même phrase à toutes les sauces et très fort le mot « chérie », pour bien faire voir et entendre à toute la ramée qu’elle aime sa fifille « chérie » : « tu n’as pas de place chérie ?« , »mets toi là « chérie !« , « chérie on va bientôt arriver à l’appartement« , « chérie comment ça été à l’école ? » etc, etc, etc…Puis tout à coup après ce torrent de « chérie », offert en pâture à tout le monde, la mère demanda à l’enfant d’ôter son béret « chérie enlève ton béret il fait chaud« . Tout à coup, la fifille à sa maman pique une crise de nerf et dit « tu n’as pas pris mon écharpe à l’école, tu l’as oublié…« . La mère devant l’hystérie de sa fille ajouta « comment, tu aurais pu faire attention etc… tu te rends compte, une écharpe en cachemire« . Le mot était lâché, l’écharpe était en cachemire ? Peu importe l’oubli à l’école, mais pour les passagers elle était en cachemire.
Sans réfléchir comme sorti d’une boite magique, je pris le bout de mon écharpe de laine (5 euros chez Tati) qui était légèrement coincée sous le fessier de cette dame et la lança sur mon épaule gauche d’un geste à faire pâlir Marylin en disant très haut : « oooh ! mon Hermes ! »
Silence net de la dame en question. Les gens autour sourires et rires sous cape. La femme, au bout d’un très long moment me balança « c’est pas intelligent, vous trouvez ca drôle ? » Le fou rire coincé dans mon écharpe devant le visage, je n’ose plus bouger. Après avoir respirer un bon coup et d’un ton solennel, elle ajouta : « vous savez, du cachemire il y en a à tous les prix ! » Grandiose ! Phrase inoubliable ! Fou rire refoulé chez les passagers. La dame attrape sa fille sans un mot et descend à l’arrêt immédiat.



3M puissance 4 !

( anecdotes )

On me demande souvent de raconter la célèbre anecdote concernant les 3M bordelais (appellation usitée à Bordeaux pour désigner les trois célèbres personnalités littéraires bordelaises, Montaigne, Montesquieu et Mauriac). Comme elle est souvent reprise avec enrobages pas souvent des plus heureux, je viens par cet écrit la relater dans sa version originale.
C’était au cours d’une réunion professionnelle par visioconférence entre une dizaine de personnes, par moitié une direction bordelaise et sa hiérarchie parisienne. L’objet de cette réunion, par vidéo interposée, était l’organisation d’un congrès sur Bordeaux de très haut niveau devant réunir une quarantaine grands décideurs internationaux scientifiques. L’objet de la discussion arrive sur le choix d’un cadeau de prestige symbolisant Bordeaux, à offrir à toutes ces personnalités. Mon supérieur de l’époque, se prenant toujours pour un symbole de la connaissance universelle et riche en idées originales à faire pâlir les catalogues de pacotilles à trois sous de cadeaux de fin d’année, propose un coffret de bouteilles de vin de Bordeaux (pas très original mais mieux que des tasses avec le Pont de Pierre peint). Presque arrivé en crise d’apnée devant le peu d’originalité, je me lance dans une proposition et lui glisse à l’oreille « pourquoi pas un bel ouvrage sur les 3M bordelais« . L’idée semblant le séduire, il annonce à nos interlocuteurs à 600 kms de là, cette proposition. Au lieu de me donner la parole (car j’avais déjà fait des répérages), il prend pour lui la proposition et dit à nos interlocuteurs « je vous propose un beau livre sur les 4M ».
À l’annonce de ce chiffre, je commence à me liquéfier. Avec les autres personnes de la salle nous nous regardons avec un frisson de détresse. Nos collègues parisiens demandent immédiatement qu’est ce que c’est que les 4M ? Et notre supérieur bordelais dans une envolée d’orgueil leur dit « vous ne connaissez pas les 4M bordelais ? » et se lance tel un gladiateur, la culture à la main, à l’assaut de Paris et écrasant sur son passage le petit culturel bordelais qui lui avait soufflé l’idée : « il s’agit de Montaigne, Montesquieu, Mauriac (et oui, il savait !) et… » À cet instant, nos visages se figent comme transformés en mascarons. Nous attendons avec effroi le quatrième M et comme bien sûr ce nom ne vient pas, je me lance et jette tout fort à nos interlocuteurs parisiens : « Meymerit  » (c’est mon nom). Éclat de rire chez tout le monde et stupéfaction chez notre cow-boy en culture bordelaise. Ce que ne dit pas l’histoire, c’est à qui il pensait pour illustrer le quatrième M ?



Le Gers où la vie est sans Histoire !

( anecdotes )

En ce jour de janvier, dans un classique salon bordelais de livres anciens, je suis attiré par un ouvrage qui répond au premier coup d’oeil à mes recherches.
Il s’agit d’une grande chemise cartonnée fermée des quatre côtés par des petits rubans sales mais dorés. En titre en gros caractères : « Bordeaux et ses environs sous Louis XIII » édité en 1904. Comme toujours en de pareilles circonstances, les références historiques ne surgissent pas dans la tête aussi vite et avec autant de précision que le chiffre de sa carte bleue. Quand commence et se termine exactement le règne de Louis XIII ? J’avais des chiffres en mémoire mais comme il s’agissait d’un ouvrage très cher, l’erreur d’une année peut coûter une saisie bancaire. Pas de marchand à l’horizon (c’était la pose méridienne). Si je demandais à des visiteurs. C’est ainsi que je fis de nombreuses connaissances mais je compris vite que Louis XIII n’était tout de même pas le sujet préféré traînant sur les tables de nuit. Par contre, moi, je voulais absolument savoir à quoi ressemblait Bordeaux entre 1645 et 1656, c’était vital (chacun ses fantasmes, un samedi midi le ventre creux…).
Joie, le marchand arrive ! Il avait du repérer mon manège autour de cet ouvrage. Je lui pose ma question « quand est-ce que le règne de Louis XIII s’arrête ?« . Il regarde l’ouvrage et me dit 1904. A la tête ahurie que je devais faire, il défait avec énergie les quatre rubans et me propose de feuilleter. En effet je retrouve mes esprits et…mes dates. Le vendeur s’approche et me déclare : vous savez j’ai acheté ce document à un particulier bordelais, lui aurait pu vous renseigner sur Louis XIII, mais pas moi car je ne suis pas de Bordeaux, je suis du Gers ! Adorable réponse en me disant tout bas au creux de l’oreille : « on peut baisser le prix ».



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