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Archive pour la catégorie « anecdotes »

Le faux mort du quai !

( anecdotes )

Sur le quai du tramway, deux jeunes lycéennes arrivent un peu excitées en ayant le verbe un peu haut.
La 1, catastrophée : « il est mort ? C’est pas vrai !  »
La 2, sûre d’elle : « si, le l’ai vu hier au soir ».
La 1, frôlant la crise de nerfs sur le quai : « c’est pas possible, car moi je ne l’ai pas vu ».
La 2, pour la rassurer : « tu as dû voir le trois, moi j’ai vu le quatre ».
La 1, assommée par la nouvelle : « je ne te croirai que si je le vois, mort ».
J’écoutais cette vive discussion avec une certaine inquiète attention. Une des ces jeunes filles venait de voir un mort et l’autre avait l’air jalouse de ne pas l’avoir elle aussi, vu.
Ce n’est qu’après cette juvénile dispute tournant autour des chiffres 3, 4 etc..que j’ai immédiatement compris (comme vous je suppose) qu’elles parlaient d’épisodes télé et de leur héros qui venait de passer l’arme à gauche. Déçu, j’ai quitté mon poste d’écoute car les morts de télé ne sont pas ma tasse de quai !



J’ai honte, j’ai ri !

( anecdotes )

Incident une fin d’après midi en pleine heure de débauche sur une ligne de tramway. Des milliers de fourmis humaines sillonnent et s’agitent dans tous les sens entre les stations non desservies, essayant de comprendre l’histoire qui leur arrive. Entre ceux qui attendent la rame par routine et ceux qui essaient de recoller les bribes de textes inaudibles émises par les hauts parleurs des quais, c’est la fête. Les gens se parlent, rient, sont en colère mais au moins ça vit.
Une rame arrivant à une station déclarée momentanément terminus, doit repartir en sens inverse. Si pour certains cela paraît classique, pour ceux qui découvrent cette situation pour la première fois, c’est la panique. Sans parler des touristes qui sont carrément perdus, corps et âmes. Ayant déjà connu cette situation de nombreuses fois à ce même endroit, je monte dans la rame qui devait normalement refaire le chemin inverse. Des gens montent. La dame assise à côté de moi confiante (comme moi) attend le départ. Ce que nous n’avions pas réalisé c’est que la cabine du chauffeur était vide. Donc suspens ! Une jeune fille très à l’aise monte à son tour, met de l’ordre dans ses fils d’écouteurs entortillés qui occupent un bon bout de temps pour les remettre en ordre. Elle s’installe sans se rendre compte que le chauffeur venait d’entrer dans son antre pour nous faire voyager en sens inverse. Sonnerie de départ et notre rame démarre. Notre jeune fille qui était monté dans le tram comme à l’accoutumé dans le sens habituel de la marche se trouve sans ses repères. Son visage commence a s’angoisser brutalement. Elle prend sa tête entre les mains et réfléchit les yeux hagards exorbités. Les larmes lui viennent. Elle se tient toujours la tête. Voyant cette jeune personne commencer à devenir étrange, une dame lui explique la situation. La jeune fille lui avoue qu’elle a eu très peur car elle croyait avoir perdu la raison. Elle nous explique qu’elle prend tous les jours le tram sur ce quai et à cette heure mais pour aller dans le sens normal. Or là, le tram allait dans l’autre sens en partant du même quai. Là ou j’ai honte c’est que mon regard s’était porté sur elle depuis son entrée dans la rame car j’avais remarqué qu’elle n’était pas au courant de la situation. Elle était trop préoccupée à démêler ses fils. Mon but était de voir sa tête au départ du tram. Au fur et à mesure que sa tête changeait j’étais mort de rire (je n’étais pas le seul) mais je ne pensais pas qu’elle avait eu aussi peur. J’ai honte d’avoir ri !



Théâtre sur rail !

( anecdotes )

Au départ, une histoire très banale. Je suis à l’aéroport de Roissy dans le hall des correspondances Sncf.
Plus d’une heure à attendre. Si j’allais m’acheter la revue que j’aime bien ne parlant que de théâtre. Ce magazine s’appelle « Théâtral ». Je demande au vendeur :
- « avez-vous reçu le magazine Théâtral » ?
C’est à ce moment là que tout se complique.
- « Théâtrail » ? me demanda t-il.
- « non Théâtral ! »
Un signe extérieur de grande ignorance commençait à se dessiner sur son visage et me redit :
- « Théâtrail » ?
Je recommence : – « le magazine Théâtral » !
- « ça parle de quoi ? »
- « de théâtre ». Cette réponse a été très dure à formuler. Je rajoute pour l’aider dans ses recherches cérébrales : « c’est un format assez petit ».
Là, subitement une lueur d’espoir jaillit de ses yeux et me dit :
- « je range les petits formats dans l’arrière boutique car ici je n’ai pas assez de place, je vais voir ». Et il ne revient pas. Je demande des nouvelles à son collègue qui me répond : « il cherche ».
A cet instant le cher disparu revient pour me dire gentiment qu’il avait tout fouillé mais qu’il n’avait pas cette revue.
En le remerciant, je me suis demandé alors si je n’aurais pas dû lui acheter le magazine la Vie du rail en le lisant sur fond de raï.



Connaissez-vous l’opéra « Mac Beth » de Verdi ?

( anecdotes )

Titre lu dans la revue municipale culturelle de Bordeaux et vu en vitrine du kiosque culturel de la même ville : Mac Beth au lieu de Macbeth. Qu’est ce que j’ai pu rire ! J’aime !
Il est évident que cette annonce (en gros titre) n’a pas été écrite par un féru d’opéra ni par un féru tout court. Peu importe, est-ce vital pour notre confort quotidien ? De plus, personne n’est obligé de connaitre tout le répertoire de Shakespeare et encore moins connaître toute l’encyclopédie sur l’Histoire.
Couper le mot en deux, faire un espace puis mettre une majuscule à Beth cela ressemble plus à une ignorance ou une contamination de Mac, qu’une erreur de frappe. Réflexion faite, je pense que la personne, auteur de ces titres, doit avoir sous ses yeux toute la journée un ordinateur au célèbre trois lettres ou venait de déjeuner chez un autre célèbre Mac ou encore venait de faire les soldes en s’arrêtant chez Mac Douglas ? Confondre Macbeth avec Mac Do ou encore MacBook ou parmi tant d’autres, fallait oser. Le paradoxe est encore plus fort lorsqu’on lit les lignes explicatives qui suivent dans le magasine, on lit clairement Macbeth etc…Certes, l’erreur est acceptable, mais par contre, qu’une relecture par un Rédacteur en chef dans un Service de com, laisse passer ces grosses bourdes dans des titres largement diffusés l’est beaucoup moins.
Merci tout de même pour cette Mac Bethise !



Sauvée des rails !

( anecdotes )

Avez-vous déjà sauvé la vie à quelqu’un ? Moi oui, ce matin même. C’est vrai que cela n’est pas monnaie courante et que statistiquement parlant il n’est pas prouvé qu’un individu sauve un quelqu’un dans sa vie. Cela fait un drôle d’effet surtout lorsque ce geste normal baigne dans une indifférence la plus totale. Bien sûr, on se sauve pas quelqu’un pour sa propre gloire, pour un article dans la presse locale (pourtant très friande) ou pour une statue de héros, mais un simple merci peut éponger un peu de la peur vécue.
Une petite dame élégante d’une cinquantaine d’année toute vêtue de noir avec un guilleret chapeau attend au bord du trottoir du quai du tramway, comme si elle voulait traverser. Mais son hésitation attire mon regard. Voyant arriver la rame et la regardant faire, je me dis « elle ne va tout de même pas traverser maintenant ? ». Et si ! Le temps qu’elle fasse le mouvement de vouloir descendre du quai je la saisis par le bras et la tire en arrière juste sous le nez du tram qui était sur elle. Le chauffeur, qui avait dû voir la scène, klaxonne à notre niveau. Je me retourne vers notre rescapée pensant qu’elle m’aurait adressé un petit signe de la tête et peut être esquissé un doux merci. Bigre, non pas, que nenni ! Rien. Je monte dans la rame, elle aussi et toujours rien. Tant pis me dis je ! Je ne l’ai pas fait pour moi. Et si mon geste lui avait interdit d’en finir ? Je suppose qu’elle m’aurait engueuler. A mon arrêt je descends. Elle reste dans le tram avec toujours cette tête et ce regard sans vie. Un sentiment bizarre me gagne. Voulait-elle se suicider ? Etait-elle préoccupée et absorbée ? Etait-elle shootée ? A t-elle eu un moment d’inattention ? N’a t-elle pas encore tout réalisé ?



L’honnêteté qui coûte !

( anecdotes )

L’action se passe une fin d’après-midi dans une rame de tram bondée. Les gens tassés et entassés à en vomir par les odeurs nauséabondes voguant entre les faibles interstices (normalement) laissés entre les corps. A un arrêt, un monsieur d’une cinquantaine d’année se lève brusquement (car lui était assis) et tend par dessus les têtes son titre de transports, sans dire un mot, à une jeune homme qui essayé de se dégager aux forceps de l’allée centrale pour descendre rapidement.
Le jeune homme prend le ticket sans réfléchir et réussit à descendre. Voyant celui-ci quitter le tramway avec son ticket, notre homme bouscule tout le monde et dit : « mais il part avec mon ticket, j’avais encore neuf voyages ». Il ne criait pas, il était presque aphone, suffoqué par ce qu’il venait de lui arriver et n’arrêtait pas répéter « mais il part avec mon ticket !, mais il part avec mon ticket !, mais il part avec mon ticket !… ». Il réussit à quitter la rame et nous dit « je vais le rattraper ! », « je vais le rattraper ! »…
Je me mets à la place du jeune homme : quelqu’un me tend un ticket par dessus les têtes des autres voyageurs lorsque je suis préoccupé à me frayer péniblement un passage pour descendre, est-ce que je pense que c’est pour le composter et le remettre ensuite au propriétaire ? Bien sûr que non ! D’ailleurs comment faire pour lui redonner dans la bousculade ? La société Kéolis doit être ravie, un passager honnête et consciencieux que rien n’arrête… mais qui a perdu, probablement, une dizaine d’euros.



Un parfait exemple de moutonnage !

( anecdotes )

Une fin d’après midi dans un tram bondé. A l’arrêt de la Place de la Victoire pour ceux qui connaissent. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est une place qui ressemble à une fourmilière dérangée par la chute d’une feuille. Un monde fou sur le quai. La rame s’arrête, quelques rares personnes descendent et très peu peuvent monter. C’est alors que ce produit le miracle. Sur le quai, un homme d’une trentaine d’années déclare avec une voix ferme et autoritaire : « le tram reste à quai, tout le monde descend ». Bien sûr, personne ne proteste et râle mais pratiquement tout le monde descend de la rame. En ce qui me concerne, toujours dans la question du pourquoi ou de montrer toujours une certaine réticence aux ordres donnés sans explication, je ne descends pas. Ce monsieur n’avait pas à mes yeux le look l’autorisant à prendre une telle décision. Comme quoi les clichés fonctionnent bien. Avez-vous vu un employé de chez Kéolis en pull bariolé, jogging et sans badge donner de tels ordres ? Figé dans mes observations je ne bouge pas, les portes se ferment et le tram repart. La gueule des gens sur le quai ! Et nous dans la rame les éclats de rire. Pour notre homme, il avait réglé en quelques secondes les flux et reflux des bousculades aux heures d’affluence, en faisant descendre pratiquement tous les usagers. Très fort ! Tant qu’aux passagers, pauvres moutons !



Lire une revue en voyage : à chacun sa méthode !

( anecdotes )

A côté de moi dans le train, une dame attaque la lecture de son Point de Vue dès le démarrage du train. Page après page dans le détail.Toutes les légendes des images montrant dans toutes les postures, nos élus, nos rois, nos reines et nos peoples y passent. Jusqu’ici pourquoi pas. Je lis bien moi un magazine uniquement réservé à l’opéra que seuls deux marchands de journaux dans Bordeaux, vendent. Tout à coup la page, aidée par un doigt longuement mouillé, bascule à gauche et mon oeil tombe sur deux pages réservées à Arthur Rimbaud. A peine ai-je eu le temps de lire le mot Rimbaud qu’elle passe brutalement à la page suivante. Elle n’ai jamais revenu sur cette double page. Pourquoi ? J’avais presque envie de lui poser la question, mais de quoi je me serais mêlé ! Ainsi je ne saurais jamais pourquoi cette vieille dame n’a pas lu ces deux pages (ou tout au moins les légendes des photos) sur Rimbaud. Il est vrai qu’il ne devait pas y avoir écrit : « vu à la télé ».

Devant moi dans le train deux femmes de la trentaine lisent dans une revue spécialisée la programmation culturelle parisienne et tombe sur l’annonce d’un spectacle d’un musicien très cher au coeur d’une d’entre elles. Cette fan s’esclaffe : « comme toujours on n’est au courant de rien ! ». Pauvre musicien responsable de cette subite montée d’adrénaline. S’il avait su, il lui aurait envoyé un mail pour lui dire où il se produisait…

Dans l’avion à côté de moi : un couple cinquantenaire nouvellement constitué à en croire et à surtout voir leur comportement frôlant l’extase. Sur son épaule pendant que Monsieur lui lit et commente chaque ligne et chaque photo du Reader’s Digest, elle ne disait mot et avait fermé les yeux. L’écoutait-elle (ou pas) ? C’est beau l’amour béat ! Mais pour moi les synthèses de revues à la sauce « je t’aime dont ferme les yeux et écoute ! » trop peu pour m’assoupir.



Bouillon de culture !

( anecdotes )

Entendu au cours de la visite de la magnifique exposition de Giulio Achilli « Divines inspirations » au Grand Théâtre de Bordeaux.
Devant un écran vidéo diffusant le ballet « Coppélia » de Léo Delibes, un petit groupe de quatre amies. L’une d’entre elles, plus cultivée que les autres voulant étaler sa connaissance, dit tout fort : « pour moi l’opéra c’est pas ça, ça fait plus comédie musicale qu’opéra ! ». A ma tête d’ahuri sortant de son cache pot regardant les trois autres dames, je pense que cela a du leur donner un sujet de discussion au salon de thé voisin.



Les poissons de la Garonne, bouche bée !

( anecdotes )

Ils n’en croient pas leurs yeux !
Interrogatifs, les bans et les arrières bans de tout le fleuve se sont réunis sous le pont de Pierre. Les plus grands sont là : lamproies, esturgeons, brêmes, aloses, anguilles… Quoi de particulier à observer ?
Ils ont tous leurs regards de poissons frits tournés vers le haut du pont et constatent qu’entre les trous de la balustrade en fer forgé, des objets non connus pour eux s’animent à la manière d’asticots au bout d’un hameçon. Une petite dizaine de ces engins mollassons s’exhibent à la vue de ces poissons beaucoup plus curieux qu’affamés.
Qu’ils sont bêtes ces pécheurs, pensent-ils ! Ils croient que nous avons des ailes pour aller mordre à un hameçon si haut ! Pourquoi ce soir les appâts sont si gros ? C’est sûrement un cadeau à l’occasion de la fête du fleuve !
Au bout de quelques minutes, tous ces engins non identifiés disparaissent pour repartir avec leur propriétaire.
Même si tous nos poissons n’y comprennent rien, les fameux propriétaires de ces objets mystérieux ont trouvés une astuce sécurisante. Au lieu d’assouvir leurs besoins naturels au bord du fleuve avec tous les risques que cela présente de tomber à l’eau, nos joyeux comparses ont préféré jouer la carte de la sécurité absolue en se plaquant à la rambarde du pont et ne laissant apparaitre au dessus de l’eau que le strict nécessaire pour la mission à accomplir. Nos poissons carnivores et autres, intrigués, en sont restés bouche bée.



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