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Archive pour la catégorie « anecdotes »

L’erreur fait vivre !

( anecdotes )

Visite de routine de révision annuelle chez mon médecin. Dans son cabinet face à lui, je le vois consulter consciencieusement mes examens médicaux qu’il venait de recevoir. Déjà, à la lecture de son visage, je voyais que tout allait bien. Subitement son visage se fige légèrement et un silence s’installe. Que se passe t-il ? Quelques questions hésitantes de sa part me semblent curieuses. Des réponses étonnées de ma part vont un peu à l’encontre. En clair, il y avait un petit flou de communication entre nous. Sur un sujet bien précis lu dans mon bilan médical mon médecin me recommande un contrôle plus approfondi. Surpris d’apprendre une telle chose, j’insiste sur le fait que je n’ai aucun problème de ce côté là. Mon médecin est alors très gêné, car me connaissant depuis de nombreuses années, ceci semble le dérouter.
Aussi sans paniquer, il reprend le dossier depuis le départ et se rend compte très rapidement qu’il ne s’agit pas de mon dossier mais de celui d’une autre personne à l’orthographe proche de mon nom. Gros éclats de rire. Soulagement nerveux. Mon médecin reprenait sa mine normale. J’étais sauvé !
En analysant de près cette situation assez cocasse, proche d’un film muet, j’avais l’impression d’apprendre que je venais brusquement de sortir d’une grave maladie ou d’une forte complication de santé. J’étais tout content et soulagé de cette guérison miraculeuse. Je quittais le cabinet médical heureux de vivre. Pourvu que mon dossier médical n’ait pas été lu à l’autre patient, ce qui pourrait lui donner à lui par contre, un inutile et faux espoir.



La carte TBC, passeport européen ?

( anecdotes )

Je ne savais pas que la carte d’abonnement TBC (Transports Bordelais en Commun…) offrait, depuis peu, avec le pack tram/bus/vélo, un nouvel avantage, l’avion. En effet, je viens de l’utiliser pour un récent vol vers une grande ville européenne. En enregistrant mon voyage à Charles de Gaulle, j’ai présenté à tous les guichets de contrôle, (à l’aller et au retour) ma carte TBC (au lieu de ma carte d’identité) et ça a marché. Ne croyez pas que je l’ai fait exprès, je n’aurais pas osé et surtout pas pu. Je ne m’en suis absolument jamais rendu compte. J’en suis, même avec le recul, toujours mort de honte et en même temps…ivre de plaisir. Que de déshabillages et de frôlements corporels on subit dans tous ces aéroports (ce qui est normal) mais jamais les détecteurs retentissent sur les mêmes objets. Cette fois je sonne fort. Aussitôt branle bas de combat. J’avais l’impression d’être pris pour un grand terroriste en puissance. Décidément après mon aventure à Londres (voir résumé dans ce blog), maintenant c’est Hambourg qui me repère. Un agent me bloque, un autre me fait passer dans une cabine, l’agent féminin qui était dans la cabine à attendre la prochaine suspecte voyant arriver un homme quitte la place précipitamment pour me laisser entre les mains expertes de l’homme habilité à s’occuper des hommes. Je sonnais toujours et à un endroit bien précis (je vous laisse deviner). En fait, j’avais une pièce d’un centime d’euro coincée dans un repli du fond de la poche droite de mon pantalon. Sauvé ! Et comme dirait le slogan de ma carte TBC : « bouger ça crée des liens ». Pendant ce temps, pour en revenir à elle, elle attendait bien sagement dans le plateau avec le reste de mes affaires. Quand je pense que les contrôleurs, pendant que je sonnais, ont dû certainement jeter un regard sur cette carte. « was ist diese karte ? » auraient-ils pu me demander, « dies nicht ein Pass ! ». Quel choc j’aurais eu et quoi répondre ! Peut-être que J’aurais dit : « vous savez, j’ai tellement l’habitude de l’avoir entre les mains que je ne m’en sépare plus, car à Bordeaux dans les transports en commun il faut la valider à tout instant, sans quoi on a une amende de cinq euros ». Cette absurdité les aurait bien fait rire, eux qui à Hambourg montent et descendent sans validation aucune. Ils doivent avoir uniquement sur eux un titre de transport correspondant à la zone géographique du réseau qu’ils utilisent à l’instant T, c’est tout. Deux villes : la confiance pour l’une, la suspicion pour l’autre. Nous sommes aux antipodes ! Me voilà de nouveau à Bordeaux dans le tram. Vite ma carte TBC. Où est-elle ? Bizarre ! Avec mon billet d’avion ? Mais alors où est ma carte d’identité ? Bien rangée et dormant au fond de mon portefeuille. Je réalise. Le rire !



J’en ai croisé dans le TGV !

( anecdotes )

Un couple d’une soixantaine d’années, accompagné de leur petite fille, prend place dans un wagon Tgv Bordeaux-Lille. À peine avaient-ils repéré leur place que la grand-mère se croyant chez elle (c’est vrai qu’il est 10h, l’heure habituelle du ménage), commence à râler très fort comme quoi les sièges sont sales, que le ménage n’a pas été fait etc…et qu’elle allait en parler au contrôleur. Le grand-père attaque une longue logique de choses implacables : « avant chaque nouveau départ le train doit être contrôlé et nettoyé ». Ça c’est dit. L’agent Sncf ayant eu la malchance de passer par là, reçu, comme promis, le mécontentement de la ménagère en mal de serpillière. Comme effectivement elle en dit des tonnes, le mari lui rétorque devant le contrôleur : « tu exagères! « . Une fois le nettoyage effectué, en commentant chacun de ses gestes afin que tout le wagon soit au courant, une scène de ménage (ou ménagère) arrive avec l’épisode d’un sac mal mis sur le porte-bagages : « je t’avais dit de mettre le sac debout, car il y a une bouteille » dit-elle à son mari, « je te l’ai redit en montant dans le train et tu n’as rien écouté’ . Le débat est lancé. Seulement il fallait prendre place et à trois sur un pack de deux places vis-à-vis, quelqu’un doit se trouver automatiquement en sens inverse de la marche. Insoluble, La fille se met dans le sens et les grands parents devront choisir. Pas moyen. Ils restent debout à se chipoter. Déjà, nous avons, entre Bordeaux et Libourne, une affaire de sac et de bouteille et de sens de marche. Ça promet ! Les deux, une fois installés, le grand- père enchaîne alors avec sa série de questions à la Lepers en les adressant à sa femme et à sa petite fille (pas si petite que ça l’ado de 15 ans !) sur tout ce qu’il voit. Et il en voit des choses ! Mais la petite s’en fou. N’ayant qu’une travée de bagages stockés entre-nous, j’étais aux premières.
Je passe sur tous les commentaires des plus insipides les uns que les autres et toujours dit aussi fort. Personne ne réagit. Moi, je crois que je ne vais pas tarder. Lorsqu’ils voient du linge séchant aux fenêtres, leur premier souci : « il n’est même pas attaché« . Passant au-dessus d’une autoroute en région parisienne, ils poussent en choeur un grand cri : « ce monde ! c’est encore plus bloqué que sur la rocade de Bordeaux !« . Passant vers Orly-ville au-dessus d’une rivière, le grand-père dit « c’est la Seine« , « mais non-dit sa femme, « c’est un étang« . Redispute. Vient ensuite un grand moment d’anthologie. Une annonce indique que ce Tgv va sur Lille et Strasbourg. Le grand-père à la science infuse, se retrouve face à sa leçon de géo d’antan et sa stupéfaction de non-compréhension sur la logique de la Sncf. Moi, sur mon siège, rire à en crever. Et il commence son développé en professeur familial : « il vaudrait mieux que le train arrive d’abord à la gare d’Austerlitz puis ensuite à la gare de l’Est, ce serait plus court, plutôt que passer par Lille pour aller à Strasbourg ! ». Je vois la fin de mes jours arriver tellement je m’étouffe de rire. Il me tardait d’arriver à Marne-la-Vallée pour voir sa tête. En effet, le Tgv entre en gare et l’annonce dit : séparation de ce Tgv, la rame n°… va sur Lille et la rame n°…va sur Strasbourg. Sans se démonter le grand-père dit à ses deux femmes : « vous voyez que j’avais raison, on ne passe pas par Lille pour aller à Strasbourg ! » Cette fois c’est bon, je meurs !.
Comme ils repartent sur d’autres élucubrations, je me lève et leur fais signe de se taire avec le geste de la main « de la fermer » (pas très fair-play peut être, mais efficace). La douche froide a marché. Silence sur toute la ligne puis tous les trois ont eu un rire commun nerveux. Qu’est ce que j’ai dû prendre en aparté. J’ai vite perçu leur vexation, car lorsque j’ai voulu changer de place un peu plus loin pour ne plus les supporter, la place était réservée et suis revenu à ma place de supplice. Et c’est là le défoulement du grand père qui se fit sentir immédiatement « il y en a qui se croient au cirque ! » dit-il encore tout fort. Quelle puissance, cette phrase ! L’arrêt Roissy est là, je fais semblant de les ignorer et descends. Eux aussi prenaient un vol car dans l’aérogare, je les croise qui se disputaient une nouvelle fois à haute voix, car ils n’étaient pas d’accord sur le terminal d’embarquement. Que le temps passe vite avec ce genre de personnage sans gêne, mais quel ramassis d’idioties. Qu’en pense la gamine ?



Ce n’est pas tout d’avoir bonne mine encore faut-il avoir celle qui marche !

( anecdotes )

Que faire dans une salle d’embarquement d’aéroport lorsque vous avez presque deux heures à attendre, que vous avez remis vos chaussures, que vous avez réajusté votre ceinture et essayé de remettre de l’ordre dans vos poches suite à la fouille traditionnelle de la sécurité…? Compter les avions qui décollent, draguer la personne en face de vous, dormir ou tout simplement observer le comportement des gens vivant eux aussi ces longues attentes et qui s’em….Le voyageur assis en face de moi sur un de ces bancs installés en rangs d’oignon, décide de travailler et d’utiliser tout son arsenal électronique. Cet homme d’affaire, par le cliché qu’il donne et par son look extérieur très soigné, doit avoir la quarantaine bien sonné. Il déballe son ordinateur portable de taille presque insolente, de son Ipad, de son Ipod, de son casque et des fils partout. Que va t-il faire de tout ce matos, à la fois ? De quoi je me mêle et que de questions existentielles ! Il sort également de son sac un agenda (vous savez cet instrument papier qui permet d’écrire en face de certains jours et heures des rendez-vous et autres événements de son choix etc…). Avec tout ce déballage, notre homme avait utilisé deux places du banc. Il pose son agenda à son coté droit, fait tous les branchements, sort un crayon mine et commence à inscrire sur son agenda les notes piochées sur ses appareils. Quel boulot ! Le pauvre ! Soudain, plus de mine, le porte mine est vide. Il secoue ce minuscule outil, cherche dans son sac. Que nenni ! Que faire ? Comme la mine a eu le dernier mot et que tout son organisation est foutue, il remballe le tout et attend patiemment l’embarquement (soucieux toutefois !). Il devait se dire : comment une vulgaire mine de crayon avait-elle pu entraver et contrer un matériel informatique des plus performants ? La piteuse figure qu’il faisait m’évoquait la tête du Chevalier à la triste mine de Cervantes, qui malgré son acharnement à vaincre tous les obstacles, baissa les bras devant les plus petits.



Le faux mort du quai !

( anecdotes )

Sur le quai du tramway, deux jeunes lycéennes arrivent un peu excitées en ayant le verbe un peu haut.
La 1, catastrophée : « il est mort ? C’est pas vrai !  »
La 2, sûre d’elle : « si, le l’ai vu hier au soir ».
La 1, frôlant la crise de nerfs sur le quai : « c’est pas possible, car moi je ne l’ai pas vu ».
La 2, pour la rassurer : « tu as dû voir le trois, moi j’ai vu le quatre ».
La 1, assommée par la nouvelle : « je ne te croirai que si je le vois, mort ».
J’écoutais cette vive discussion avec une certaine inquiète attention. Une des ces jeunes filles venait de voir un mort et l’autre avait l’air jalouse de ne pas l’avoir elle aussi, vu.
Ce n’est qu’après cette juvénile dispute tournant autour des chiffres 3, 4 etc..que j’ai immédiatement compris (comme vous je suppose) qu’elles parlaient d’épisodes télé et de leur héros qui venait de passer l’arme à gauche. Déçu, j’ai quitté mon poste d’écoute car les morts de télé ne sont pas ma tasse de quai !



J’ai honte, j’ai ri !

( anecdotes )

Incident une fin d’après midi en pleine heure de débauche sur une ligne de tramway. Des milliers de fourmis humaines sillonnent et s’agitent dans tous les sens entre les stations non desservies, essayant de comprendre l’histoire qui leur arrive. Entre ceux qui attendent la rame par routine et ceux qui essaient de recoller les bribes de textes inaudibles émises par les hauts parleurs des quais, c’est la fête. Les gens se parlent, rient, sont en colère mais au moins ça vit.
Une rame arrivant à une station déclarée momentanément terminus, doit repartir en sens inverse. Si pour certains cela paraît classique, pour ceux qui découvrent cette situation pour la première fois, c’est la panique. Sans parler des touristes qui sont carrément perdus, corps et âmes. Ayant déjà connu cette situation de nombreuses fois à ce même endroit, je monte dans la rame qui devait normalement refaire le chemin inverse. Des gens montent. La dame assise à côté de moi confiante (comme moi) attend le départ. Ce que nous n’avions pas réalisé c’est que la cabine du chauffeur était vide. Donc suspens ! Une jeune fille très à l’aise monte à son tour, met de l’ordre dans ses fils d’écouteurs entortillés qui occupent un bon bout de temps pour les remettre en ordre. Elle s’installe sans se rendre compte que le chauffeur venait d’entrer dans son antre pour nous faire voyager en sens inverse. Sonnerie de départ et notre rame démarre. Notre jeune fille qui était monté dans le tram comme à l’accoutumé dans le sens habituel de la marche se trouve sans ses repères. Son visage commence a s’angoisser brutalement. Elle prend sa tête entre les mains et réfléchit les yeux hagards exorbités. Les larmes lui viennent. Elle se tient toujours la tête. Voyant cette jeune personne commencer à devenir étrange, une dame lui explique la situation. La jeune fille lui avoue qu’elle a eu très peur car elle croyait avoir perdu la raison. Elle nous explique qu’elle prend tous les jours le tram sur ce quai et à cette heure mais pour aller dans le sens normal. Or là, le tram allait dans l’autre sens en partant du même quai. Là ou j’ai honte c’est que mon regard s’était porté sur elle depuis son entrée dans la rame car j’avais remarqué qu’elle n’était pas au courant de la situation. Elle était trop préoccupée à démêler ses fils. Mon but était de voir sa tête au départ du tram. Au fur et à mesure que sa tête changeait j’étais mort de rire (je n’étais pas le seul) mais je ne pensais pas qu’elle avait eu aussi peur. J’ai honte d’avoir ri !



Théâtre sur rail !

( anecdotes )

Au départ, une histoire très banale. Je suis à l’aéroport de Roissy dans le hall des correspondances Sncf.
Plus d’une heure à attendre. Si j’allais m’acheter la revue que j’aime bien ne parlant que de théâtre. Ce magazine s’appelle « Théâtral ». Je demande au vendeur :
- « avez-vous reçu le magazine Théâtral » ?
C’est à ce moment là que tout se complique.
- « Théâtrail » ? me demanda t-il.
- « non Théâtral ! »
Un signe extérieur de grande ignorance commençait à se dessiner sur son visage et me redit :
- « Théâtrail » ?
Je recommence : – « le magazine Théâtral » !
- « ça parle de quoi ? »
- « de théâtre ». Cette réponse a été très dure à formuler. Je rajoute pour l’aider dans ses recherches cérébrales : « c’est un format assez petit ».
Là, subitement une lueur d’espoir jaillit de ses yeux et me dit :
- « je range les petits formats dans l’arrière boutique car ici je n’ai pas assez de place, je vais voir ». Et il ne revient pas. Je demande des nouvelles à son collègue qui me répond : « il cherche ».
A cet instant le cher disparu revient pour me dire gentiment qu’il avait tout fouillé mais qu’il n’avait pas cette revue.
En le remerciant, je me suis demandé alors si je n’aurais pas dû lui acheter le magazine la Vie du rail en le lisant sur fond de raï.



Connaissez-vous l’opéra « Mac Beth » de Verdi ?

( anecdotes )

Titre lu dans la revue municipale culturelle de Bordeaux et vu en vitrine du kiosque culturel de la même ville : Mac Beth au lieu de Macbeth. Qu’est ce que j’ai pu rire ! J’aime !
Il est évident que cette annonce (en gros titre) n’a pas été écrite par un féru d’opéra ni par un féru tout court. Peu importe, est-ce vital pour notre confort quotidien ? De plus, personne n’est obligé de connaitre tout le répertoire de Shakespeare et encore moins connaître toute l’encyclopédie sur l’Histoire.
Couper le mot en deux, faire un espace puis mettre une majuscule à Beth cela ressemble plus à une ignorance ou une contamination de Mac, qu’une erreur de frappe. Réflexion faite, je pense que la personne, auteur de ces titres, doit avoir sous ses yeux toute la journée un ordinateur au célèbre trois lettres ou venait de déjeuner chez un autre célèbre Mac ou encore venait de faire les soldes en s’arrêtant chez Mac Douglas ? Confondre Macbeth avec Mac Do ou encore MacBook ou parmi tant d’autres, fallait oser. Le paradoxe est encore plus fort lorsqu’on lit les lignes explicatives qui suivent dans le magasine, on lit clairement Macbeth etc…Certes, l’erreur est acceptable, mais par contre, qu’une relecture par un Rédacteur en chef dans un Service de com, laisse passer ces grosses bourdes dans des titres largement diffusés l’est beaucoup moins.
Merci tout de même pour cette Mac Bethise !



Sauvée des rails !

( anecdotes )

Avez-vous déjà sauvé la vie à quelqu’un ? Moi oui, ce matin même. C’est vrai que cela n’est pas monnaie courante et que statistiquement parlant il n’est pas prouvé qu’un individu sauve un quelqu’un dans sa vie. Cela fait un drôle d’effet surtout lorsque ce geste normal baigne dans une indifférence la plus totale. Bien sûr, on se sauve pas quelqu’un pour sa propre gloire, pour un article dans la presse locale (pourtant très friande) ou pour une statue de héros, mais un simple merci peut éponger un peu de la peur vécue.
Une petite dame élégante d’une cinquantaine d’année toute vêtue de noir avec un guilleret chapeau attend au bord du trottoir du quai du tramway, comme si elle voulait traverser. Mais son hésitation attire mon regard. Voyant arriver la rame et la regardant faire, je me dis « elle ne va tout de même pas traverser maintenant ? ». Et si ! Le temps qu’elle fasse le mouvement de vouloir descendre du quai je la saisis par le bras et la tire en arrière juste sous le nez du tram qui était sur elle. Le chauffeur, qui avait dû voir la scène, klaxonne à notre niveau. Je me retourne vers notre rescapée pensant qu’elle m’aurait adressé un petit signe de la tête et peut être esquissé un doux merci. Bigre, non pas, que nenni ! Rien. Je monte dans la rame, elle aussi et toujours rien. Tant pis me dis je ! Je ne l’ai pas fait pour moi. Et si mon geste lui avait interdit d’en finir ? Je suppose qu’elle m’aurait engueuler. A mon arrêt je descends. Elle reste dans le tram avec toujours cette tête et ce regard sans vie. Un sentiment bizarre me gagne. Voulait-elle se suicider ? Etait-elle préoccupée et absorbée ? Etait-elle shootée ? A t-elle eu un moment d’inattention ? N’a t-elle pas encore tout réalisé ?



L’honnêteté qui coûte !

( anecdotes )

L’action se passe une fin d’après-midi dans une rame de tram bondée. Les gens tassés et entassés à en vomir par les odeurs nauséabondes voguant entre les faibles interstices (normalement) laissés entre les corps. A un arrêt, un monsieur d’une cinquantaine d’année se lève brusquement (car lui était assis) et tend par dessus les têtes son titre de transports, sans dire un mot, à une jeune homme qui essayé de se dégager aux forceps de l’allée centrale pour descendre rapidement.
Le jeune homme prend le ticket sans réfléchir et réussit à descendre. Voyant celui-ci quitter le tramway avec son ticket, notre homme bouscule tout le monde et dit : « mais il part avec mon ticket, j’avais encore neuf voyages ». Il ne criait pas, il était presque aphone, suffoqué par ce qu’il venait de lui arriver et n’arrêtait pas répéter « mais il part avec mon ticket !, mais il part avec mon ticket !, mais il part avec mon ticket !… ». Il réussit à quitter la rame et nous dit « je vais le rattraper ! », « je vais le rattraper ! »…
Je me mets à la place du jeune homme : quelqu’un me tend un ticket par dessus les têtes des autres voyageurs lorsque je suis préoccupé à me frayer péniblement un passage pour descendre, est-ce que je pense que c’est pour le composter et le remettre ensuite au propriétaire ? Bien sûr que non ! D’ailleurs comment faire pour lui redonner dans la bousculade ? La société Kéolis doit être ravie, un passager honnête et consciencieux que rien n’arrête… mais qui a perdu, probablement, une dizaine d’euros.



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