Angela Gheorghiu à l’Opéra Garnier de Paris : dans le creux de l’oreille !

Posté le 19 juin 2018

Tous les amoureux de la diva étaient au rendez-vous pour l’unique prestation scénique en France, d’Angela Gheorghui.

Depuis quelques jours, on commençait à découvrir sur les réseaux sociaux, le programme musical de cette soirée qui ne comportait aucun air d‘opéra. Que des mélodies assez inconnues pour la plupart des spectateurs. Aussi, c’est un peu frustré que je me rends à ce récital et assez déçu de ne pas entendre cette immense artiste dans un répertoire mixte de mélodies et d’airs lyriques. Heureusement, ce n’en fut rien.

Lorsqu’elle apparait dans cet écrin rouge et or qu’est l’Opéra Garnier de Paris, dans une voluptueuse robe rouge, coiffée d’un architectural chignon, et qu’elle avance sur scène très lentement, accrochée au bras de son pianiste Alexandru Petrovici, elle semble sévère, assagie, comme si le poids des années avait sévi. Drôle d’impression ! Par bonheur, cette impression s’estompe immédiatement lorsqu’elle attaque les premières notes d’une mélodie de Pergolèse. La salle est déjà captée par sa douceur, sa forme de fragilité. Puis quand vinrent les autres mélodies allant de Rameau à Rachmaninov en passant par des Bellini, Donizetti, Flotow… sans oublier quelques airs populaires de son pays, la salle est subjuguée. Nous sommes tous accrochés à ses lèvres comme si elle s’adressait à chacun de nous, en nous murmurant à l’oreille ses mélodies finement choisies.

En seconde partie de la soirée, Angela Gheorghui apparaît en robe noire à traine avec un immense châle vaporeux sur les épaules. Comme à chacune de ses apparitions scéniques, elle connaît son public et elle sait ce qu’il aime et attend dans ses saluts chaleureux et ses baisers adressés à tous les étages de la salle. Sa légère minauderie nous enchante. L’alchimie avec le public est toujours en ébullition.

Même si son récital est composé de mélodies excessivement courtes, la présence de la diva et surtout la maitrise unique de sa voix nous met en état de lévitation. Toute la palette de son art est au rendez-vous. Certaines notes filées semblent être suspendues dans l’espace. Les quelques aigus forte que demandent les partitions sont lancés et tenus comme elle sait magnifiquement le faire. Ses phrasés murmurés sont une leçon de chant. Sa voix est toujours suave, chaude et colorée, avec ces quelques notes ténébreuses qui font chavirer. Un timbre unique. La classe.

C’est la première fois que je vois des surtitrages pour des récitals de mélodies  Etonnant le texte ! Dans le programme de ce soir, on n’y parle que de nature avec un catalogue d’oiseaux et de fleurs, du ciel, d’étoiles, de paysages, d’eau…sur une toile de fond d’amours champêtres. Mais n’est-ce pas l’essence même, aux siècles passés, de tout un ensemble de poèmes mis en musique ? Aussi, je me demande si je ne préfère pas rêver avec ma seule interprétation des phrases chantées et de l’expression dégagée par les chanteurs, au lieu de lire toutes ces lignes sur un surtitreur qui au bout d’un moment, se ressemblent toutes et m’ennuient.

Jean-Claude Meymerit, le 19 juin 2018

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