A l’Opéra de Bordeaux, du Carolyn Carlson à plein poumon !

Posté le 17 mars 2014

Remarquable ! J’ai même cru que le Grand Théâtre partait en lévitation !  Carolyn Carlson vient de créer ce soir en première mondiale sa chorégraphie « Pneuma » sur une musique du compositeur danois Gavin Brvars. C’est époustouflant à vous en couper le souffle. Un comble, pour un ballet qui évoque justement le souffle, la légèreté, le rêve, l’air, l’esprit aérien, l‘au-delà des nuages…! C’est un spectacle dans lequel il faut se laisser vivre au rythme de sa propre respiration. Ce ballet est inspiré du texte de Gaston Bachelard « L’Air et les Songes : essai sur l’imagination du mouvement ».

On doit aussi cette magnifique soirée au corps de ballet de l’Opéra de Bordeaux qui trouve là une nouvelle fois ses brillances contemporaines. Une vingtaine de danseurs, y compris certains solistes, tous au même rang, disparaissent et s’unissent dans la légèreté des gestes de la chorégraphie. C’est magique ! Les effets scéniques et les pas répétitifs sont d’une force inouïe. Le décor sobre des divers tableaux est d’une grande efficacité et les nombreux jeux de lumières nous font planer et rêver encore plus.

C’est un spectacle qui nous pénètre, au lever du rideau, dès les premières notes émises. Cette musique est envoûtante, elle n’impose rien, elle nous parle. En se laissant bercer, bousculer par le souffle, en regardant ces corps féminins et masculins se fondrent dans la légèreté, tout est dit, pas besoin de discours. La nature est bien là, dans nous et autour de nous.

Aussi, j’ai presque envie de dire que cette heure et demie passée en compagnie de Carolyn Carlson, de Gavin Brvars et des danseurs de l’Opéra de Bordeaux, vaut tous les plus beaux discours écologiques parlant de l’avenir de la planète. Avec ce poème-ballet, les réalités font surface. Que l’on soit humain, oiseau, papillon, végétal, air ou vent, montrés ce soir sur scène, l’espace et son infini nous attirera toujours par sa grande fragilité et son mystère.

Jean-Claude Meymerit