Les Indépendants campent à l’Espace Saint-Rémi de Bordeaux

Posté le 10 mars 2014

Un collectif d’une trentaine d’artistes plasticiens bordelais (peintres, sculpteurs, installateurs…), « Les Indépendants », campent pendant une dizaine de jours dans ce magnifique lieu qu’est cette ancienne église Saint-Rémi.

Dès l’entrée, nous sommes happés par cette immense respiration que dégage la scénographie de cette exposition. Des voilages tendus dans la nef symbolisant un campement (d’où le nom, je suppose, de leur manifestation « Nomade »), permettent d’offrir au visiteur une dimension plus humaine du volume de l’église.

Comment toujours lorsqu’on entre dans un tel lieu aussi vaste, une hésitation de quelques minutes nous envahit, par où commencer ? Mes yeux grands ouverts  balayent l’ensemble de toutes ces sculptures, ces grandes toiles et ces installations…sans encore distinguer la particularité de chaque œuvre. Car ici on peut parler d’œuvres. Des toiles aux couleurs osées, aux motifs et sujets affirmés. Des styles complètement opposés, mais absolument pas présentés dans l’esprit catalogue souvent rencontré qui ressemble le plus souvent à un déballage du dimanche matin d’un marché de brocante qu’à une exposition artistique. Ici, les organisateurs ont su appréhender l’espace en mariant subtilement toutes les œuvres. Magnifique travail de scénographie !

Comme il serait fastidieux de décrire le travail de ces nombreux artistes exposants, ou insolant de ne parler que de certains et pas d’autres, j’évoquerai simplement les quelques émotions reçues, grâce aux traits géométriques sur fond totalement noir, aux couleurs violet et vert flirtant sur des bleus crus, aux lettres et aux chiffres séquestrés dans des cubes, aux familles de portraits se prélassant au sol…

En sortant de cette étonnante exposition, une question traversa mon cerveau encore tout imbibé de ces belles sensations : pourquoi ce genre d’exposition ne retient pas l’attention du Bus d’Art contemporain de la Ville de Bordeaux ? Un peu de curiosité et de communication serait suffisant à valoriser ce genre de manifestation innovante comme celle de nos Nomades… Indépendants…au lieu des sempiternelles mêmes galeries privées d’expositions classiques de tableaux et de photos, visitées par ce même Bus. Nous n’avons peut-être pas la même définition du mot Art contemporain !

Jean-Claude Meymerit