Au TNBA de Bordeaux, la Fausse suivante, une bâtarde !

Posté le 12 février 2014

C’est reparti ! Est-ce de la chorégraphie, du théâtre ? Ni l’un ni l’autre. C’est de la « spectaclerie ». Un spectacle bâtard. C’est ce qui ressort de la présentation de la Fausse suivante de Marivaux donnée actuellement au TNBA de Bordeaux. Une fois de plus nous y trouvons, singeries, vidéos, figuration inutile, mouvements intempestifs, bruitage musical de fond permanent (insupportable)…au déservice du texte de Marivaux. Celui-ci n’est qu’un prétexte à avoir le label, soirée théâtre. Tout y est parasite.

Certes, l’histoire de cette pièce, déjà compliquée en tant normal, devient ici hermétique. On ne comprend absolument rien. Qui dans la salle a suivi l’histoire ? En tout cas, pas les personnes autour de moi, qui la plupart ont déserté la salle, ou celles qui sont restées les bras croisés à la chute du rideau.

Il y a tellement de parasitage scénique, qu’on n’écoute plus le texte. Les scènes à deux personnages sont ennuyeuses à mourir. Les gags ne font même pas rire. Heureusement que les ballets de tulles mobiles avec des lampions lumineux suspendus, sont du plus bel effet. De très belles scènes chorégraphiques surgissent de ces tableaux sans texte, mais trop rare. Ce genre de soirée ni théâtre, ni danse laisse le spectateur sur sa faim.

Pour moi ce spectacle n’est pas une lecture moderne de la pièce de Marivaux. Ce genre de mise en scène ou scénographie enfonce au contraire le texte. Nous sommes avec cette pièce à l’opposé du Cyrano de Bergerac de Dominique Pitoiset. Avec cette dernière, la mise en scène apporte une force supplémentaire au texte initial, avec la pièce de Marivaux, la scénographie détruit le texte. Tout au long de cette longue et fastidieuse soirée je rêvais et voyais devant moi un simple décor 18ème siècle avec son décoroom et costumes de l’époque. Je  suis sûr que le modernisme y aurait été beaucoup plus présent. Quant à l’interprétation, faute d’avoir la distribution mentionnée dans le programme, nous ne pouvons pas dire qu’un tel ou un tel est bien ou pas bien, nous ne savons pas quels rôles ils jouent. Alors que chaque technicien est mentionné dans sa branche , les comédiens ne sont pas fléchés en face des rôles. Pourquoi ? Ce qui prouve bien que le côté spectacle passe avant le côté théâtre.