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Archive pour décembre 2013

Quand la spirale médicale s’emballe, la Sécurité Sociale casque !

Si vous connaissiez mon jeune neveu ! Sportif, cultivé, bien dans ses pompes. Il a 22 ans. Et alors, me dites-vous ? J’y arrive ! En l’espace de quelques minutes, il a failli se retrouver en hôpital psychiatrique après avoir été absorbé par un tourbillon absurde et scandaleux de fonctionnement du monde médical.

Pour répondre à une demande de licence sportive, il doit subir un banal contrôle des yeux. Le rendez-vous est pris chez un ophtalmologiste du centre de Bordeaux à 16h (l’heure est importante). La simple vue de tous ces appareils sophistiqués commence à le fragiliser. N’ayant reçu aucune explication des techniques employées, notre jeune héros signale au médecin que tout cela l’impressionne beaucoup et que s’il n’arrête pas tout de suite les manips sans explications, il allait vomir et tomber dans les pommes. Cause entendue, il arrête. Malheureusement, après ce préambule assez banal, la spirale infernale s’emballe. Le cabinet médical avait déjà appelé une ambulance pour réanimer (?) notre patient. Voyant celui-ci sur pied, et refusant de partir avec eux aux urgences d’un hôpital, un des ambulanciers lui réclame 61 euros pour le déplacement. Refusant de payer ce service non adapté et pas nécessaire, l’ambulancier lui propose le deal suivant : qu’il se laisse faire et qu’il accepte de se laisser conduire en ambulance à l’hôpital, ainsi il n’aura rien à payer (logique implacable !). Seulement voilà, il y a une autre condition, il doit être attaché et mis sur une civière pour le transport. Résistant quelque peu, mon jeune neveu accepte ce nouveau deal (toujours pour ne pas payer les 61 euros).

Arrivé aux urgences de l’hôpital St André de Bordeaux, le jeune n’avait qu’une chose en tête, partir, récupérer sa voiture et rentrer chez lui. Hélas ! Pour quitter l’hôpital, il faut qu’un médecin le voit et donne son accord sur un bon de sortie. Revendiquant haut et fort qu’il est en très bonne santé, nenni, une infirmière, après de multiples examens d’analyses, lui impose un déshabillage et lui revêt la fameuse et si séduisante blouse de malade tout en lui installant un appareil au bras (un tensiomètre je suppose). Elle lui demande ensuite d’attendre en salle. Déjà à ce moment précis de cette histoire à frémir, notre jeune, parti pour un examen de routine des yeux, se retrouve en tenue légère, un tensiomètre au bras dans une salle d’attente des urgences et toujours en pleine forme. Pendant ce temps dans la même salle, des gens soufrent et hurlent de douleur et attendent des heures. On croit rêver devant tant d’absurdité. N’en pouvant plus de cette situation ridicule et des heures s’écoulant pour rien, notre jeune enlève la machine du bras et va se rhabiller. L’infirmière surgit et l’informe que si le médecin de service le voit fuir, il sera attaché et obligé d’absorber de force des calmants (rien que de l’écrire, j’en frémis ). Elle rebranche la machine et le médecin arrive. Mon jeune neveu lui raconte toute l’histoire sans oublier de rajouter son slogan « je suis en pleine forme ! » OK dit le médecin « mais avant que je vous relâche et pour être sûr que vous êtes en bonne santé, vous allez passer un électrocardiogramme ». Et c’est reparti ! Passer le test, attendre les résultats et les papiers de sortie, notre jeune est lâché sur le trottoir de l’hôpital bordelais à 22h.

Pour une visite des yeux d’une demi-heure, le cauchemar s’est transformé en plus de cinq heures. Sa voiture, elle aussi a attendu des heures dans un parking payant (non remboursées par la Sécurité Sociale). Cinq heures de temps perdu et inutile, passées entre les mains du monde médical. Si l’on additionne, ambulance, ambulanciers, infirmière, médecin, secrétaire…voici une opération qui mérite quelques instants de réflexion, d’une part, sur le fond de la prévention médicale exagérée et d’autre part, sur le gaspillage de l’argent public.