A l’Opéra de Bordeaux : en trois mouvements, les danseurs s’éclatent !

Posté le 28 octobre 2013

La Symphonie en trois mouvements de Strawinsky habitait par toute la compagnie du corps de ballet de l’Opéra de Bordeaux. Un enchantement des yeux sur d’étonnantes performances ! Cette Symphonie est une œuvre que j’affectionne tout particulièrement et ceci depuis de très nombreuses années. Pourquoi certaines œuvres entendues par hasard restent ainsi gravées au plus profond du disque dur de notre cerveau ? Sa force est exceptionnelle. Aussi, avec la présence de corps en mouvement, cette force devient encore plus éloquente. La chorégraphie de Richard Wherlock est enchanteresse. Pas un seul instant de lassitude et de répit. Les danseurs sont omniprésents, ils entrent, ils sortent par les trois côtés de la scène (rare dans les chorégraphies). Les lumières sont remarquables. Sans compter les costumes de grande beauté esthétique. Vestons clairs et pantalons bouffants sombres. C’est la classe.

J’ai toujours pensé que les danseurs de l’Opéra de Bordeaux avaient la fibre contemporaine. Dans les séries Tendances présentées régulièrement sur cette même scène nous en sommes chaque fois convaincus. Aujourd’hui entre les mains de Richard Wherlock, la compagnie exulte. Magnifique travail !

Par contre, quitte à déplaire à beaucoup d’entre vous, je me suis profondément ennuyé avec les deux premiers ballets présentés dans ce programme autour de Strawinsky. Je ne sais pas pourquoi. Cette chorégraphie néoclassique de George Balanchine semble à mes yeux dater. J’ai l’impression de voir et revoir, depuis des années, mille fois les mêmes choses. Heureusement que des Pina Baush (tout récemment au Grand Théâtre) et des Richard Wherlock passent par là !

En ce dimanche après-midi, alors que les rues de Bordeaux et la place de la Comédie étaient gavées de monde, dans la salle du Grand Théâtre le public brillait par son absence. De très nombreux fauteuils attendaient. Je suis sûr que si le Kiosque culture de Tourny avait été ouvert, le plein aurait été fait et de nombreuses personnes auraient pu partager ces moments inoubliables de danse.

Jean-Claude Meymerit