Lucio Silla à l’Opéra de Bordeaux : au bonheur des dames !

Posté le 23 septembre 2013

A la tête de la production d’un des tous premiers opéras de Mozart, Lucio Silla, les femmes sont à l’honneur au Grand Théâtre de Bordeaux.

A la mise en scène, Emmanuelle Bastet. A Bordeaux, on se souvient surtout, de son bouillonnant Cosi fan tutte dans les années 2002-2003. Son Lucio Silla créé en 2010 à Angers-Nantes est d’une précision remarquable. Dans un décor très sobre, elle nous entraîne dans un enfermement dans lequel on ne sait pas jusqu’à la scène finale qui va l’emporter, l’amour ou le pouvoir ?

Dans la fosse, à la tête de l’Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine, Jane Glover tout en délicatesse et autorité nous enchante.

Sur scène, de jeunes chanteuses Elizabeth Zharoff dans le rôle de Giunia, Paola Gardina dans celui de Cecilio, Daphné Touchais dans celui de Celia et Eleonore Marguerre dans celui de Cinna nous transportent. Elles nous offrent, dans des registres les plus expressifs, une vingtaine d’arias et de duos les uns plus  beaux que les autres. Un véritable catalogue musical. Aussi, notre héros principal mâle semble un peu perdu dans ce monde de jupons. Pour un dictateur, c’est surprenant !

Celui qui a été aussi très timide, c’est le public. Il n’y avait pas foule au balcon. J’aurais presque envie de crier à ceux qui ne sont pas venus : « Mozart n’a pas seulement écrit la Flûte enchantée et son air outrancièrement médiatisé, soyez curieux ! ». Lucio Silla est là !

Jean-Claude Meymerit