Quand la SNCF joue la frileuse !

Posté le 7 août 2013

Quelle hypocrisie ! Je viens de prendre le train entre Marseille et Bordeaux avec pas plus d’appréhension qu’entre Toctoucau ville et Toctoucau plage (à vérifier !), et pourtant !

Entre Nîmes, Montpellier, Béziers, Narbonne, les choses se compliquent. Alors que l’ambiance est paisible, deux jeunes filles viennent s’adresser à moi pour signer une feuille (nom, adresse etc…) afin de réunir des fonds pour une structure d’handicapés. Elles-mêmes ont un handicap, elles sont muettes. En vérité, elles ne sont muettes que lorsqu’elles s’adressent aux voyageurs car entre elles, elles tchatchent normalement.

Cette feuille d’émargement et de promesse de versement d’argent, contient déjà plusieurs signatures. Je leur demande leur carte d’autorisation de démarcher dans le train, même si leur feuille porte la signature de faux (logo et siège social illisibles, tâches de gras, feuille légèrement froissée et écornée), leur réponse (plutôt leur non réponse, n’oublions pas qu’elles sont muettes) est limpide. Je les ai envoyées promener. Elles ont eu davantage de «chance» avec mes voisins de voyage. Et ça signe et ça signe !… Je suis scotché par autant de naïveté et d’insouciance.

Lorsqu’elles ces deux damoiselles ont quitté le wagon, un de mes voisins senior et signataire, s’adresse à moi et me dit : « je ne sais pas si j’ai bien fait de signer, elles sont bizarres ! ». Je le regarde droit dans les yeux et lui dit « vous savez, lorsque les gens seront toujours aussi cons de signer sans regarder et sans se poser les bonnes questions, il ne faut pas qu’après, ils se plaignent ! » Pas élégant comme réponse c’est vrai mais terriblement efficace. Comme un électrochoc, il bondit de son siège affolé, et court à la poursuite de nos deux fausses muettes. Il revient bredouille, abattu, vidé…il s’est fait avoir. Elles étaient descendues. Il avait donné son nom, son adresse et sa promesse de don.

Passent les contrôleurs que j’interpelle pour en savoir un peu plus. Leur réponse m’a cloué : « ce n’est pas la première fois, c’est classique, il s’agit de personnes qui montent dans les gares Languedoc Roussillon, font signer des faux documents tout en essayant de récolter de l’argent » et ils rajoutent : « des fois elles volent les sacs et objets posés sur les tablettes pendant que les passagers dorment ». Paraît-il que cela dure depuis des années et tous les jours.

Pas d’amende en tant que voyageur sans billet, pas d’expulsion, on laisse faire. A ma question : « pourquoi vous n’avertissez pas les voyageurs, comme dans certains lieux publics, par une phrase, style : des risques de pickpocket peuvent intervenir, prenez soins de vos bagages et objets personnels etc.. », leur réponse fut « on n’a pas le droit de faire des annonces sur ce fléau, la SNCF ne veut pas ! ».

Alors je pose la question : pourquoi ? Du coup, ce sont eux qui sont restés muets !