Les mamies sont lâchées, planquez-vous !

Posté le 27 juillet 2013

Avez-vous déjà voyagé dans un compartiment « envahi » par une vingtaine de personnes âgées, en partance pour plusieurs jours, vers une destination lointaine ? Je vous conseille vivement ce genre d’expérience, c’est inoubliable. Quelle tranche de rire ! Merci la SNCF de m’avoir inséré au milieu de ce troupeau en délire. Je me demande si je ne préfère pas ce genre d’environnement cocasse de trois heures, au sempiternel jeu : « dans la famille Martin, je demande la fille » puis « dans la famille Martin, je demande le père » puis «dans la famille Martin, je demande la grand-mère » et ainsi de suite…Au bout déjà d’un quart d’heure, j’ai une allergie aux familles complètes alors qu’avec mes mamies et mes pépés, c’est plein de rebondissements.

Après une installation laborieuse en gare de départ colorée de propos exacerbés, nos mamies et nos égarés pépés sont gagnés par le calme et le bercement du train.

Quelques heures après, une demi-heure avant d’arriver à la gare de destination : « ma valise a disparu ! »  s’écria une de ces mamies. Alors, tout le groupe en émoi se panique et s’affole. A les voir aller dans tous les sens, commentant chaque geste, ils seraient presque arrivés à me communiquer à moi aussi leur panique. Imaginé une vingtaine de personnes courant (c’est une image) dans le wagon. Tout en cherchant, ou faisant semblant, car elles étaient beaucoup plus préoccupées à préparer à rassembler leur matos pour descendre dans une demi-heure.

Enfin, un quart d’heure avant leur arrivée en gare de destination, tous dans l’allée centrale, debout, habillés, avec leurs immenses valises sauf celle qui l’avait perdue et qui continuait à chercher dans l’indifférence totale des autres qui ne pensaient qu’à leur prochaine descente.

Ca y est la valise est retrouvée ! Saine et sauvée par le contrôleur. Elle était tout simplement à sa place dans l’espace bagage. Quel monstre de valise. A faire peur par sa grosseur et sa laideur. Qui aurait voulu la voler ? Comme tous étaient toujours en rang d’oignons dans l’allée centrale, notre pauvre dame à la valise retrouvée voulait la rapatrier près d’elle, mais personne ne  la laisser passer. Chacun pour soi comme s’il y avait un quota pour descendre. En colère, elle s’asseoit et attend patiemment, alors que tous les autres silencieux commencent à défaillir de rester debout.

A l’arrêt total du train, notre groupe retrouve son verbiage et son tonus et hop tout le monde descend. Bon séjour !

Tellement distrait à contempler ce tableau et toutes ces scènes insolites, je n’ai pas surveillé mon propre bagage. Pourvu que, dans leur affolement, mes compagnons de voyages ne l’aient embarqué. J’aurais moins ri !