A Bordeaux, le feu d’artifice du pont du silence !

Posté le 16 mars 2013

A 20h30, ce vendredi 15 mars, les éclairages du pont Jacques Chaban-Delmas s’éteignent et aussitôt se font entendre les premiers bang bang du feu d’artifice d’inauguration.

Quelques départs classiques de torches avec éclatements dans le ciel. Jusque là rien à dire, nous sommes dans le plus basique des feux d’artifice puis, quelques autres lumières jaillissent au dessus de l’arche centrale. Un silence abyssal envahit la foule. Ce silence est impressionnant. Ambiance inverse des feux d’artifice d’été, fête du vin et autres. Pas un aoooh, pas un aaaah. Quelques mots par ci par là à voix basse, circulent. Les milliers de personnes restaient-elles muettes sous l’émerveillement ou étaient-elles dans l’attente d’un tableau d’embrasement médiatiquement annoncé. Comme cerise sur le gâteau, même les portables étaient mis par enchantement sur le mode silencieux et plus. Aucune communication ne pouvait s’établir, les gens se sentaient perdus, coupés du monde. Que s’est-il passé ? Saturation dans le ciel bordelais ?

Voyant le tablier se baisser très lentement, j‘attends comme tout le monde avec impatience, l’immense embrasement tant attendu de ce pont par l’un des grands « faiseurs » de lumière du monde, Joan Bidault. Il est annoncé par la presse locale comme le grand spécialiste des mises en lumière, dites monumentales. Avec des interventions grandioses à Paris, à Dubaï et en Nouvelle Zélande, voici Bordeaux devant une foule frigorifiée et impatiente d’être le témoin d’un événement unique. Pendant ce temps, le tablier du pont descend toujours et arrive à son point le plus bas. On est effectivement émerveillé par quelques efficaces figures géométriques en effet miroir à la structure du pont, quelques clins d’oeil à la rive gauche, puis à la rive droite, quelques splendides cascades d’argent se déversant dans la Garonne, des effets de vagues, des couleurs de choix et de délicatesse puis enfin le bouquet final. Quatorze minutes viennent de s’écoulées. Les gens applaudissent du bout des doigts toujours dans un grand silence. Est-ce fini ? Personne ne bouge.

Où est passé l’incroyable spectacle de mise en lumière de ce pont tant annoncé et tant attendu par une foule considérable. ? « Un feu d’artifice de province ! » dit une personne non loin de moi. Sans approuver ses dires, on peut toutefois vraiment regretter et dire que si, nous n’avions pas été matraqué par les médias, pour dire que ce spectacle devait être un événement monumental, nous aurions pu mieux apprécier ce jeu d’artifices et de lumières à son juste titre.