Jet de nourriture sous les yeux de ceux qui ont faim !

Posté le 7 mars 2013

Fortement occupé à enlever les traces, déjà sèches, de jets d’oeufs, de ketchup et autres produits alimentaires liquides contre la façade, fenêtres et portes d’un bâtiment ainsi que les kilos de farine déversés sur le sol, un homme d’une cinquantaine s’arrête et m’interpelle afin de mieux comprendre la finalité de cet épandage outrancier de denrées alimentaires sur la voie publique. Je lui explique en détail cette pseudo coutume, interdite par la loi mais toujours pratiquée à la barbe de la Police, de la presse et des habitants médusés. Il ne savait pas que ce genre d’exhibition se produisait une fois par an autour de certains établissements scolaires que l’on appelle lycées. Lorsque je dis certains, le mot a son importance, car certains lycées ont su sensibiliser leurs ouailles et aucun débordement ne fut constaté au pourtour. Ils ont su mettre en place d’autres formes de fêtes pour marquer ces 100 jours avant le bac. Bravo à eux. Pour d’autres, malheureusement non ! Quelle honte ! Quel acharnement tout autour de ce réputé lycée bordelais. Tout y est passé, façades, portes d’entrée, édifices publics, intérieur des boîtes aux lettres, voitures, mobilier urbain, jardins, personnes…

Mon interlocuteur, le regard toujours tourner vers le sol, regardait muet et interloqué par cette jonchée d’oeufs écrasés et de farine au sol. Cet homme, par ses dires, était en grave difficulté financière. Il était sans voix devant ce gâchis alimentaire et ces détériorations. Nous étions tous les deux d’accord pour dire que les oeufs sont une source alimentaire très précieuse, car elle contient tous les nutriments nécessaires à l’organisme et qu’elle est un aliment parmi les plus nutritifs. Sans parler des plats que l’on peut fabriquer avec de la farine. Avec le nombre impressionnant d’oeufs au sol, à en juger par le nombre de barquettes abandonnées et les poches de farine, combien de personnes auraient pu être nourries ce jour-là ? C’est scandaleux et inacceptable. De plus, qui nettoie ? Bien sûr pas ces chers petits. Chaque habitant sur son temps et avec son argent. Ces lycées concernés ne pourraient-ils pas organiser des travaux pratiques de nettoyage de toutes les rues adjacentes ? Seulement comme dit le Principal du lycée, il n’est pas responsable des faits et gestes de ses élèves en dehors des murs de son établissement. Donc, affaire réglée. Ma colère à l’encontre de ces petits sauvageons irrespectueux et mal élevés s’est amplifiée lorsque ce monsieur très abattu, tout en s’éloignant, me lança « et dire que c’est l’élite de demain !« . Pour le coup, c’est moi qui suis resté sans voix !