La Comédie française serait-elle devenue un sanatorium ?

Posté le 19 février 2013

La honte ! Que de toux que de toux ! Jamais je n’ai entendu autant de cacophonie de toux que lors de cette soirée passée à la Comédie française. C’est vrai que la saison aidant, les microbes bien au chaud dans la nouvelle parure du Théâtre français voulaient se faire entendre en prouvant que la nouvelle acoustique du théâtre était au top et qu’ils étaient plus vigoureux que les vers. 

Malheureusement, avec Andromaque en toile de fond, les toux intempestives se faisaient beaucoup plus remarquer que les répliques de Racine. Le pire fut à chaque précipité de rideau : la salle en chœur se mit à tousser dans un bruit infernal de bravos, de rire et de toux. L’horreur !

En règle générale, lorsqu’on repère des tousseurs dans les salles de spectacles, on peut établir plusieurs catégories : il y a le tousseur chronique qui chaque fois qu’il est dans une salle, se doit de tousser. Il y le tousseur jaloux qui veut faire mieux que son voisin. Il y a le tousseur tubar d’un âge avancé, qui offre avec bruitage en prime à ses microbes, des pastilles bien enveloppées qu’il cherche au fond de sa poche ou sacoche. Lorsqu’il est accompagné de madame, le temps qu’elle cherche dans son sac, dans quelle boite ou dans quel papier ces fameuses pastilles contre la toux sont planquées, un acte s’est écoulé. Il y a la tousseur cabo qui attend le bon moment pour nous balancer quelques belles notes sonores. Je ne parle pas par contre du discret, le vrai tousseur, le vrai malade, qui essaie de retenir sa toux dans son foulard son écharpe, son mouchoir, sa main afin d’étouffer le son. Parait-il que c’est l’émotion qui provoque la toux, surtout à l’opéra. A approfondir. Ainsi, voilà comment j’ai passé deux heures avec Racine dans une cacophonie intolérable et irrespectueuse pour les comédiens et le public.

La prochaine fois, je vous parlerai d’un autre fléau dans les salles de spectacles que sont les concerts de bouteilles d’eau en plastique. Bouteilles que l’on torture et que l’on écrase entre ses doigts, bouteilles qui roulent, bouteilles que l’on cherche désespérément dans ses vêtements et sacs, bouteilles que l’on renverse etc.. Pourquoi les directeurs de théâtre n’interdisent-ils pas l’entrée de toutes ces bouteilles plastiques. 

Deux heures sans boire, mon Dieu, ma ligne !