Folklore pharmaceutique ou gaspillage organisé ?

Posté le 15 octobre 2012

Tout en découvrant le principe d’un traitement léger de prévention et d’entretien médicamenteux, mais dit « à vie », je découvre la stupidité et l’incohérence de vente de certains médicaments.
Mon traitement comporte 3 produits (1 comprimé par produit et par jour). Mon médecin me rédige une ordonnance pour l’achat de 3 mois de traitement. Il ne peut pas me donner un temps plus long car il doit revoir lui même son patient tous les 3 mois et lui renouveler l’ordonnance (?). Soit, allons-y ! Tous les 3 mois chez le médecin. Pour quelqu’un qui y va rarement, cela va me faire drôle.
Deuxième étape, visite chez le pharmacien. Il ne veut pas – oh pardon ! – il ne peut pas me donner le traitement complet pour 3 mois car il ne délivre que mois après mois.  A mon questionnement, pourquoi je ne peux pas avoir les 3 mois complets il me répond « c’est comme ça, on n’a pas le droit« . Avec cette réponse des plus sophistiquées, je lui offre un merci un peu glacé et partis. Donc, me voilà avec mon tout petit chargement d’1 mois de traitement comprenant 3 médicaments de 28 (celui-ci, c’est pour le mois de février) ou 30 pastilles chacun.
Donc en clair, jusqu’à la fin de mes jours, il faut que j’aille chez le pharmacien tous les mois et chez le médecin tous les 3 mois. Il suffit de le savoir.
Un mois plus tard, je rends visite à un autre pharmacien. Concernant un des produits de la liste, il me dit : « je n’ai pas ce produit mais j’en ai un autre qui est identique, seul le nom commercial change« . Pourquoi pas, me dis-je ! Et il rajoute, « seulement je n’ai qu’un conditionnent de 60 comprimés, ce qui veut dire que vous avez 1 mois d’avance ». Que faire ? Rien. Je prends. Est-ce que vous me suivez ?
Le troisième mois je vais chez un autre pharmacien (tant qu’à faire, je fais le tour des popotes de mon quartier). J’ai bien fait, car chez celui-ci, apothéose : « je n’ai pas le nom que vous me demandez, j’en ai un autre mais c’est pareil, par contre je ne l’ai pas en conditionnement de 10 mais de 90 comprimés ». Me voilà à présent avec un excédent de comprimés à reporter sur les prochains mois. C’est une caméra cachée de l’Union des pharmaciens, ou quoi  ? Me voilà dans la rue avec un nouveau stock et un nouveau nom. En 3 mois je ne savais plus déjà où j’en étais. Je n’allais tout de même pas tous les soirs au coin du feu compter mes pilules restantes en fonction de noms qui bougent tous les quatre matins.
Attention, jour J, c’est la visite chez mon médecin. Je lui raconte mon parcours chez les pharmaciens. Compatissant, il reconduit mon traitement avec les mêmes noms commerciaux de la première ordonnance 3 mois avant (vous me suivez toujours ?). Car si lui se met à changer les noms, je n’ai plus qu’à mettre mon dossier chez un agent comptable.
Ne voulant pas vous ennuyer avec mon histoire de comptage de pilules, je voudrais seulement vous dire que ce cirque infernal s’empire chaque mois, car chaque mois, les noms changent, les conditionnement également si bien que j’ai baissé les bras. J’achète (ou plutôt la Sécurité sociale) ce que l’on veut bien me donner. Avec le rab de comprimés obtenu, j’espère ouvrir une annexe pharmaceutique.
Je ne comprends pas pourquoi lorsqu’un médecin ordonne un traitement de 3 mois (il sait ce qu’il fait) pourquoi on ne peut pas obtenir d’une manière simple par les pharmacies le traitement complet de ces 3 mois et ainsi de suite (la preuve, les conditionnements existent). Si ceux-ci étaient figés avec le même nombre de comprimés, je pourrais comprendre, or avec le constat que je fais actuellement, c’est au petit bonheur la chance en fonction des pharmacies. Il y a tous les cas de figure. Qui parle de gaspillage ou d’économie ? Moi, je parle de ridicule.