La carte TBC, passeport européen ?

Posté le 4 juin 2012

Je ne savais pas que la carte d’abonnement TBC (Transports Bordelais en Commun…) offrait, depuis peu, avec le pack tram/bus/vélo, un nouvel avantage, l’avion. En effet, je viens de l’utiliser pour un récent vol vers une grande ville européenne. En enregistrant mon voyage à Charles de Gaulle, j’ai présenté à tous les guichets de contrôle, (à l’aller et au retour) ma carte TBC (au lieu de ma carte d’identité) et ça a marché. Ne croyez pas que je l’ai fait exprès, je n’aurais pas osé et surtout pas pu. Je ne m’en suis absolument jamais rendu compte. J’en suis, même avec le recul, toujours mort de honte et en même temps…ivre de plaisir. Que de déshabillages et de frôlements corporels on subit dans tous ces aéroports (ce qui est normal) mais jamais les détecteurs retentissent sur les mêmes objets. Cette fois je sonne fort. Aussitôt branle bas de combat. J’avais l’impression d’être pris pour un grand terroriste en puissance. Décidément après mon aventure à Londres (voir résumé dans ce blog), maintenant c’est Hambourg qui me repère. Un agent me bloque, un autre me fait passer dans une cabine, l’agent féminin qui était dans la cabine à attendre la prochaine suspecte voyant arriver un homme quitte la place précipitamment pour me laisser entre les mains expertes de l’homme habilité à s’occuper des hommes. Je sonnais toujours et à un endroit bien précis (je vous laisse deviner). En fait, j’avais une pièce d’un centime d’euro coincée dans un repli du fond de la poche droite de mon pantalon. Sauvé ! Et comme dirait le slogan de ma carte TBC : « bouger ça crée des liens ». Pendant ce temps, pour en revenir à elle, elle attendait bien sagement dans le plateau avec le reste de mes affaires. Quand je pense que les contrôleurs, pendant que je sonnais, ont dû certainement jeter un regard sur cette carte. « was ist diese karte ? » auraient-ils pu me demander, « dies nicht ein Pass ! ». Quel choc j’aurais eu et quoi répondre ! Peut-être que J’aurais dit : « vous savez, j’ai tellement l’habitude de l’avoir entre les mains que je ne m’en sépare plus, car à Bordeaux dans les transports en commun il faut la valider à tout instant, sans quoi on a une amende de cinq euros ». Cette absurdité les aurait bien fait rire, eux qui à Hambourg montent et descendent sans validation aucune. Ils doivent avoir uniquement sur eux un titre de transport correspondant à la zone géographique du réseau qu’ils utilisent à l’instant T, c’est tout. Deux villes : la confiance pour l’une, la suspicion pour l’autre. Nous sommes aux antipodes ! Me voilà de nouveau à Bordeaux dans le tram. Vite ma carte TBC. Où est-elle ? Bizarre ! Avec mon billet d’avion ? Mais alors où est ma carte d’identité ? Bien rangée et dormant au fond de mon portefeuille. Je réalise. Le rire !