Low cost ou coup bas ?

Posté le 17 mai 2012

Je me lance ! Si j’essayais d’emprunter une compagnie aérienne de vols low cost pour un Bordeaux-Genève ? C’est pas cher me dit mon entourage (alors que c’est faux). Un petit rappel de texte : low cost veut dire bas coût (pour l’entreprise) mais pas bas prix pour le consommateur.
C’est parti. A mon arrivée à l’aéroport de Bordeaux-Mérignac, je lis sur le panneau électronique : enregistrement au hall Billi ! Qu’ès aquò lo Billi ? Je m’adresse à une hôtesse postée près de la borne. « C’est le grand cube noir en sortant à droite », me dit-elle assez distante. Voulant en savoir un peu plus, elle me rétorque : « vous avez choisi cette formule, vous allez voir, bon courage ! L’inquiétude me gagne. J’utilisais pour la première fois une compagnie low cost, je découvrais un lieu et un nom inconnu Billi et j’avais pour réconfort la réponse très ambigüe d’une hôtesse. Fallait-il que je continue ? Je sors de l’aérogare et me dirige vers ce fameux bloc noir. En effet, cela surprend. La porte poussée, un hangar que l’on trouve dans les grandes exploitations agricoles, se présente devant moi contenant une file d’attente aux comptoirs, invraisemblable. Décrire ce lieu serait trop long. De toute manière quel était le but principal que je m’étais fixé : prendre un avion coute que coute. Je m’installe dans la file d’attente et attend, attend…Une heure et demie debout chrono en main jusqu’à l’enregistrement. L’accès à la salle d’embarquement assez fuide puis à nouveau entassement dans un espace restauration et attente pour l’embarquement (encore une heure). Cet hangar à stoker les voyageurs commence à m’oppresser, pas de fenêtre, des tôles, des tôles…
Un fois installé dans l’avion (placement libre), les instructions arrivent et c’est là l’apothéose du non sens et de l’absurdité de ce vol.
Du commandant de bord au personnel d’accompagnement on vous parle de la pluie et du beau temps de la ville destination, des consommations en vente et de la boutique de souvenirs ou d’objets de luxe vendus dans l’avion, en français et en anglais.Très bien. Puis tout à coup, les consignes de sécurité (interminables) arrivent, toutes données en anglais.
Surpris de cela je m’adresse discrètement à un membre du personnel et lui demande pourquoi tout est dit en anglais et pas un mot en français, comme pour les autres messages. Sa réponse : « lorsque vous achetez un billet vous signez comme quoi vous devez comprendre l’anglais ! » Ahuri, je veux en savoir un peu plus et il me rajoute « même en cas d’accident toutes les consignes de sécurité et d’évacuation sont données en anglais, c’est dans le contrat ». Ca au moins c’est dit et réglé. Les bras m’en tombent et suis resté sans voix.
Je m’enfonce au plus profond de mon fauteuil et je commence à réviser toutes mes connaissances en anglais au cas où. Je ne pensais qu’allant à Genève, je devais emporter mon dictionnaire anglais-français.
Ce que je trouve scandaleux, c’est que les annonces de vente des produits à bord ou d’annonces sans trop d’intérêt sont dites dans les deux langues et que les consignes de sécurité soient uniquement dites en anglais sous prétexte que l’on doit connaître cette langue pour voyager sur ces vols. Le pognon avant la vie !