Le gentil Xavier, Veilhan sur son lion bleu !

Posté le 11 avril 2012

« Il est pâle et sale » nous a murmuré avec douceur le papa du lion bleu de la Bastide à l’occasion d’une conférence sur le thème Architectones qui s’est tenue ce jour au TnBa et organisée par le Frac Aquitaine. En effet, il n’avait pas vu son enfant depuis très longtemps. Dans les questions du débat qui ont suivi portant sur son oeuvre bordelaise, devenue maintenant le lion des bordelais, ont jailli les deux questions fondamentales et vitales pour l’artiste, pour les bordelais et pour l’art contemporain : pourquoi est-il bleu et pourquoi il n’a pas de testicules ? Nous y voilà enfin. C’est vrai que, moi-même, chaque fois que je passe devant ce lion ce sont les questions que je me pose immédiatement (!). La première question porte sur la couleur. Veilhan a très bien argumenté avec calme, humour et dérision. Quelle couleur auriez-vous aimé ? répondit-il à la personne auteur de la question de ce tel intérêt et de cette telle pertinente qu’elle pourrait faire l’objet d’un sujet de thèse universitaire en histoire de l’Art contemporain. Avec son humour flegmatique, l’artiste continue : « La monochromie est toujours sujet de débat. Pouvait-on imaginer ce lion vert ? Noir ? Mauve ? : non. Rouge ? (c’est la couleur en monochromie qui se vend très bien en art) ». Je l’ai voulu comme les nuages, bleu » a t-il annoncé, comme s’il venait de lire la dernière phrase d’un fort beau poème. Merci Monsieur Veilhan pour cette belle réponse à une question stupide.
Arrivons maintenant aux fameux attributs mâle absents à l’auguste prestance de ce magnifique animal. Je me mets à la place de la dame qui a posé cette  seconde question existentielle pour l’avenir de la race animale : « pourquoi ce lion est-il asexué ? » Quelle angoisse ça lui procure ! Cette question venait après celle d’une jeune dame qui elle, aimait passer entre les pattes et sous le ventre de notre lion, tous les matins en allant travailler. Il est curieux que cette dernière ne se soit pas rendu du manque ! Elles n’ont peut être pas les mêmes références en la matière. Maintenant que la question est posée publiquement je réalise que je n’avais jamais remarqué que cette sculpture de la place Stalingrad était un lion et qu’ il lui manquait en effet, sa virilité. Jules Renard aurait pu ajouter dans ses Histoires naturelles : « On reconnait un lion aux longs poils frisés autour du cou ! ». J’en été resté là. On en apprend tous les jours !
En dehors de ces deux questions pour école maternelle, le très célèbre artiste international Xavier Veilhan nous a baladé pendant plus d’une heure dans son univers de créations et de projets. Naviguant entre Art et Architecture il s’arrête à quelques instants au bord de chacune de ces deux formes de travail afin de nous faire partager ses hésitations, son engagement et ses choix. Le tout avec beaucoup de simplicité, d’humour et de gentillesse. « Vous êtes quelqu’un de gentil lui a dit quelqu’un dans la salle ! » Et c’est vrai.

Jean-Claude Meymerit