Grands pas de deux à quatre pattes

Posté le 11 mars 2012

Je veux bien sûr parler des grands pas de deux, extraits des plus grands ballets classiques que sont Raymonda, la Belle au bois dormant, le Lac des cygnes, Gisèle, la Sylphide, Roméo et Juliette et Don Quichotte.
La classe et la beauté étaient au rendez-vous ce dimanche après-midi dans un lieu culturel de la banlieue bordelaise brillant, lui, par la laideur de son extérieur et de son intérieur. Vous me direz on s’en fout, une fois les lumières éteintes on ne regarde pas le plafond et les murs. Faut tout de même avoir envie de se déplacer vers un espace aussi triste, entouré de rues désertes, malgré un soleil radieux éclairant ce beau dimanche après-midi de mars.
Quitte à fermer les yeux en rêvant d’être dans une belle salle de spectacle et même quitte à y venir à quatre pattes, il ne fallait pas surtout rater ce grand moment d’art de la danse offert par sept danseurs et danseuses, solistes (sujets, coryphées et quadrille) du Ballet de l’Opéra national de Paris. Ce programme était dirigé artistiquement par un des danseurs étoiles présent sur scène, Karl Paquette. Comme un bonheur ne peut pas être complet, il fut dommage que la diffusion de la musique enregistrée fut si mauvaise. Saturation, souffle, mauvais équilibre des basses et aigus. Pour une représentation de spectacle vivant de cette qualité, la technique n’a vraiment pas suivi. Hélas !
Sur des chorégraphies incontournables de Noureev, de Petipa, de Perrot, de Bournonville…nos solistes nous ont offert toutes les facettes de cette signature qu’est l’Ecole française de la danse. Que ce soit les ports de corps, les jeux de jambes et de bras, c’est signé. On est scotché sur place. Que c’est beau ! Le public a fait une ovation très bien méritée à ces sept danseurs messagers de la danse française de l’Opéra de Paris, référence mondiale. Qu’en on pensé les quelques danseurs du Ballet de Bordeaux, entre aperçus dans la salle. On dit, dans les chaumières des chaussons bordelais, que le Ballet de Bordeaux serait la dernière compagnie française de danse classique de province. Est ce vrai ? Si c’est oui, profitons-en et espérons applaudir la prochaine saison de nouveaux grands classiques du répertoire. Les spectacles de danse classique sont extrêmement rares sur les scènes françaises. Que Bordeaux ne s’endorme pas sous les lauriers de l’acquis !
Jean-Claude Meymerit