L’opéra de Limoges où règne un parfum lyrique.

Posté le 29 janvier 2012

Entre deux voyages dans certaines grands villes européennes où je me rends régulièrement pour y entendre et voir des grands noms du chant lyrique ou tout simplement y découvrir des productions incontournables, il m’arrive aussi de me rendre à l’opéra théâtre de Limoges. Pourquoi après Berlin, Madrid, Vienne…choisir Limoges ? Parce qu’il règne dans ce théâtre un parfum lyrique que j’aime et qui me comble de joie car on y parle d’opéra (comme à Toulouse et à Bordeaux avant que celui-ci devienne opéra national).
Je me suis déplacé pour aller y applaudir la Jenufa de Janacek, superbe nouvelle coproduction montée avec les opéras de Reins et de Rennes. Même si tous les chanteurs ne s’appellent pas Deborah Polaski, Eva-Maria Westbroek ou Hildegard Behrens… (artistes que j’ai eu le bonheur d’entendre dans cet ouvrage), ici à Limoges l’émotion de ce drame était au rendez-vous et sa version originale de 1904 méritait fort ce déplacement. Un spectacle rond et harmonieux.
A l’opéra de Limoges, pas de sophistication ou d’accueil artificiel et impersonnel que j’ai trop souvent le malheur de connaître dans un opéra que je fréquente plus que tous les autres puisqu’il s’agit celui de ma ville. La convivialité est présente dès que nous entrons dans ce temple. C’est le mot clé de la maison. Un véritable accueil dans sa vraie dimension humaine. Ceci donne l’impression d’être invité chez quelqu’un, dans une maison d’opéras tout simplement.
Dès le contrôle d’accès à la salle, nous avons droit à un petit mot individuel sympa. Les personnes du vestiaire vous mettent en garde sur les objets laissés dans les poches etc..L’ouvreuse en vous accompagnant à votre place vous tend un super programme sous forme de quatre pages cartonnées couleur, gratuit avec la biographie des chanteurs, le synopsis et la distribution globale. Une base d’information indispensable que le spectateur a besoin et le droit de connaître et qui devrait être automatique appliquée dans certains autres théâtres (tout au moins dans les opéras nationaux qui ont une vocation de pédagogie inscrite dans leur charte).
La salle est super confortable, on y voit de partout, les prix supers bas et les gens du public dans le hall ou à leur place parlent opéra. Que c’est rassurant !
A quelques minutes du lever du rideau, une hôtesse vient vous voir pour vous proposer de changer de place afin de mieux lire les surtitrages. Je suis resté sans voix. Quel geste élégant. Dans le théâtre que je connais très bien, c’est l’inverse qui se produit. même si des places restent libres à droite ou à gauche il est interdit de se déplacer. Réflexion faite je me demande si ce n’est pas la différence fondamentale entre un opéra municipal et un opéra national : l’accueil et le parfum lyrique ?
Bravo l’Opéra de Limoges, on y reviendra, c’est promis !