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Archive pour décembre 2011

L’opéra retransmis en direct, ce cher intouchable !

Ce samedi soir était retransmis au Gaumont de Talence en direct du Metropolitan de New York, l’opéra de Charles Gounod, Faust.
Connaissant l’immense popularité de cet opéra français, il était préférable d’arriver assez tôt dans ce complexe cinématographique aux antipodes d’une salle d’opéra. C’est ce que je fis en arrivant 1h30 à avant le début de la séance. Un monde fou commence à s’agglutiner en bas des marches avec un patchwork d’âges impressionnant. Tout content de constater cet engouement pour l’opéra devenu brutalement populaire et surtout de constater que le public de ces retransmissions a considérablement évolué, j’en étais presque prêt à aller féliciter le Directeur de la salle pour son travail de pédagogie de sensibilisation et de communication. Heureusement que je ne l’ai pas fait. Quelle honte j’aurais eu !
Car hélas, trois fois hélas (ou mille fois), tout s’écroula lorsqu’une voix au micro du cinéma annonce que la projection du film « les Intouchables » se passe salle 1. Aussitôt, tel un ballet organisé à l’ouverture des jeux sportifs des kermesses de mon quartier, sortent des rangs des enfants, des familles entières pour se précipiter vers le contrôle. Je regarde la file d’attente de mon Faust et constate que nous étions une petite poignée clairsemée comme des jetons abandonnés sur un jeu de damier ou comme un immense tissu bouffé par les mites. Tous ces rescapés aux « intouchables » avaient de plus dépassé l’age de jouer à la corde à sauter. Voilà encore un échec total. Je l’ai dis et je le redis et le redirais longtemps et haut, pourquoi ne pas profiter de ces retransmissions pour éduquer les jeunes, les familles à cette forme d’art qu’est l’opéra ? Même si nous ne sommes pas dans la forme d’art vivant absolu on est tout de même à sa porte. Cet intermédiaire, certes bâtard, serait toutefois un bon tremplin pour une approche concrète du répertoire lyrique.
Ceci dit, avec une place à 26 euros, on est loin des premières clés de démocratisation de l’Art. Par contre, (et c’est ce que je fais le plus souvent) il suffit d’attendre quelques petits mois pour s’offrir, presqu’à moitié prix, le DVD de la retransmission. Un constat en bonus : le film « les intouchables », lui, en version DVD coutera le double d’une entrée de cinéma. Vous suivez ?

Ce soir, sur scène, (je veux dire à l’écran), un Faust avec des noms prestigieux du chant lyrique actuel : Jonas Kaufmann en époustouflant Faust, Marina Poplavskaya une Marguerite de rêve et de tendresse, René Pape l’incontournable Méphisto sans oublier le magnifique Valentin de Russell Braun. Le tout placé sous la magique baguette de Yannick Nézet-Séguin. Le seul bémol vient de la mise en scène dans laquelle on se demande si le metteur en scène a vraiment lu le livret.
Quel dommage de ne pas pouvoir faire partager et bénéficier de tels événements exceptionnels à un plus grand nombre.

Jean-Claude Meymerit
10 décembre 2011