Carmina Burana à l’Opéra de Bordeaux : une soirée de bonheur !

Posté le 19 octobre 2011

La première partie du spectacle de ballet nous donne déjà l’esprit de la soirée, classe et bonheur : sur scène, sept couples de danseurs portés par le Concerto n°1 pour piano et orchestre de Chopin enregistré par Martha Argerich et l’Orchestre Symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit. Sous nos yeux, pureté, beauté et performance chez tous les danseurs.
En seconde partie, Carl Orff en partenaire musical. Quoi rêver de mieux ? Toute la compagnie de ballet de l’Opéra de Bordeaux (à une ou deux exceptions près) est présente sur scène. La troupe rayonne. Les danseuses et danseurs sourient car heureux de danser sur cette chorégraphie de Maurizio Wainrot (rappelons-nous du Messie). Ils explosent. Les danseurs du corps de ballet, les solistes et les étoiles sont tous mélangés, tous sur le même piédestal. C’est généreux, beau et émouvant. Pas de critique particulière sur telle ou telle facette technique de ces deux ballets car ce soir la danse est au rendez-vous avec un grand D. Ensembles, gestes, corps, visages… tout danse.
Ce que j’ai vu et entendu ce soir est vraiment digne d’une scène nationale (pas comme une certaine et récente Butterfly !). Dans la fosse d’orchestre, cette cantate scénique composée par Carl Orff est la version réalisée pour petite formation (deux pianos, timbales et percussions). Elle est dirigée par Pieter-Jelle de Boer avec précision et beaucoup d’application (un peu trop à mon goût).
Les choeurs de l’Opéra de Bordeaux, toujours au zénith de leur art (même si là aussi j’aurais aimé un peu de plus d’envolée et de brillance). Quand aux solistes, mon admiration va surtout à Mickaël Mardayer, contre-ténor. Quelle leçon de chant ! Le tout accompagné de nuances et couleurs remarquables. Son morceau nous a semblait vraiment trop court. Florian Sempey, baryton, a beaucoup de présence et son chant est puissant et bien timbré. Par contre, je n’ai pas du tout apprécié la voix de la soprano Sophie Desmars. Voix assez faible et aigrelette, style cocotte des années 50. C’est vraiment dommage, car la longue tenue de la note finale de son premier morceau est une performance.
Pour terminer il faut saluer à nouveau le chorégraphe Maurizio Wainrot, qui par la richesse de son travail, mis en oeuvre par les répétiteurs Andréa Chinetti et Miguel Angel Ellias, a offert aux danseurs du Ballet de Bordeaux, habitués aux classiques, un magnifique cadeau de danse contemporaine.
Jean-Claude Meymerit