Plus tu caresses, plus la veine gonfle !

Posté le 10 juin 2011

Prenant ces jours-ci assez régulièrement le chemin d’un laboratoire d’analyses médicales pour des révisons annuelles de bon fonctionnement corporel, je suis confronté à souvent changer d’infirmières.
Ma dernière rencontre avec l’une d’entre elles fut assez épineuse. Dans la salle d’attente, deux femmes et moi même, attendons. Notre infirmière du jour, ayant peut être confondu tenue de travail avec tenue de soirée et quincaillerie pour se rendre à la guinguette du coin, prend la fiche de travail et hurle « Monsieur… ».Il était évident qu’étant le seul homme dans cette salle de 9m2, cela fait drôle d’être interpellé avec son nom. Déjà la discrétion opère. J’ai eu le malheur de faire un peu d’humour en lui disant que j’étais le seul homme dans la pièce et que son appel était un peu disproportionné. Sa réponse fut : quand je prends la fiche je ne regarde pas dans la pièce qui est là !
Seulement pour moi c’était déjà un mauvais point et elle allait se venger. C’est ce qu’elle fit.
Une fois dans la minuscule cabine de prélèvement sanguin à la déco plus proche d’une cabine stalinienne qu’un lieu d’accueil, c’est l’interrogatoire (âge, à jeun etc..) Tout ceci venait d’être enregistré cinq minutes plutôt par l’hôtesse d’accueil. Mais c’était reparti ? « Vous avec deux dossiers ? » me dit-elle avec autorité. Au regard ahuri à cette question qui me dépassait et qui était aussi tordue que si elle m’avait demandé la vitesse du courant de la Garonne sous le Pont de Pierre. Qu’est ce qu’en sais ! Une fois cette question stupide posée, tout au moins à mes yeux, mais pour elle indispensable, je tends mon bras droit (j’ai une préférence pour celui-ci). A ce moment là commence un rituel que je ne connaissais pas : le caressage du creux du bras. Ah si vous connaissiez ce rituel ! C’est fait pour faire gonfler la veine (sic). Et ça dure et ça dure. Déjà que le plaisir n’est pas au rendez-vous lorsqu’on va dans ce genre de lieu mais si en plus on doit passer par le supplice du caressage du creux du bras. Ce que je peux dire, c’est que c’est un endroit qui ne ne me procure aucun effet de gonflage. A l’inverse, je commence à me contracter sérieusement. Une prise de sang en soi c’est déjà pas mal mais si en plus ca dure trois plombles avec des caresses que je ne demande pas, c’est trop. Victoire, la veine a du gonflée ! (je suppose) car elle me confia la plateau de fioles et autres petits matériels inconnus qu’elle m’impose en me le plaçant sur la braguette. J’étais prisonnier. Vlan ! un coup d’aiguille. Aie, criai-je ! « Voila vous avez bouger » me dit-elle en colère ! C’était de ma faute. Elle me fait changer de bras et me signale qu’elle va utiliser une seringue. Dans ma tête : avec quoi elle m’avait piqué avant, avec une fourchette ?
Opération bras gauche : pas de caresse dans le creux du bras, pas de gonflage de veine. Du direct, vlan ! une pique, le flacon se rempli, terminé. Allongé, les deux bras ballants, le plateau de fioles toujours sur la braguette, l’oeil commence à faire des siennes, le plafond tourne et un malaise me prend. « C’est normal «  me rétorqua notre jongleuse de la seringue voltigeuse. Le médecin arrive, branle bas de combat, on m’allonge, mes esprits reviennent, le bras droit reste très douloureux et c’est alors que le médecin me glisse à ‘oreille, »vous savez c’est une grande piqueuse !! ».