Pour bien voir, la monture ne fait pas la vue !

Posté le 30 novembre 2010

J’achète chez un opticien une paire de lunettes cerclée d’un monture foncé de style année 60. Après avoir expliqué au vendeur ma demande, un peu surpris mais comprenant immédiatement, ôta les verres d’origine. En effet j’avais besoin pour un spectacle théâtral d’une monture assez visible pour donner une physionomie plus sérieuse et vieillissante à un comédien. Pour 15 euros, je passe à la caisse, prends le tramway et rentre chez moi. Tout à coup, une idée me vint – heureusement que je me fais tout seul mes histoires car si j’espérais me distraire avec la majorité des voyageurs. Ils font une gueule comme s’ils étaient obligés d’apprendre le bottin téléphonique par cœur pour le lendemain matin -, je veux voir sur ma tête si ce genre de monture siérait à mon visage actuel. J’enlève mes vraies lunettes et mets sur mon nez les fausses en faisant toutefois attention que des regards indiscrets ne furètent pas mon cinéma. Le plus difficile restait à se voir dans une glace. La nuit portant toujours conseil les vitres du tram me servirent de miroir et je pus ainsi ajuster discrètement ma monture. Ce côté narcissique ne devait pas se voir et je voulais surtout pas que l’on me voit en train d’essayer des lunettes sans verre. La dessus, branle bas de combat, mon arrêt de tram est annoncé. Je descends en catastrophe de la rame et me rends chez moi. Je cherche péniblement mes clés puis essaie de trouver la serrure de ma boite aux lettres à tâtons puis avec quelques difficultés je réussis à entrer chez moi en pestant contre le phénomène du vieillissement et des conséquences sur la vue. Ce n’est que lorsque je me suis trouvé face au miroir de ma salle de bains avec mon nouveau look sur le nez que j’ai compris que sans verre, les montures seules n’apportent pas la vue.