Les Ballets Trockadero de Monte-Carlo : le bonheur fait mâle !

Posté le 12 octobre 2010

ll y avait bien longtemps que je n’avais pas assisté à un spectacle de ballet aussi vibrant, entraînant le public dans un tourbillon de bonheur. Il fallait observer la tête des gens aux entractes et à la sortie, souriants, détendus, joyeux. Certes, la plupart avaient déjà entendu parler de cette magnifique compagnie, ou vu le spectacle ailleurs qu’a Bordeaux. Il faut dire que cette compagnie à l’originalité implacable d’être composée uniquement d’hommes. Elle a été créée en 1974 et tourne dans le monde entier. Comme beaucoup de « balletomanes », je connaissais certaines extraits de ce spectacle par des images filmées et photos. Les voir sur scène, c’est un feu d’artifice d’humour dans une perfection de technique et de performances réalisées. Le public bordelais semblait recevoir comme par enchantement un piqûre de rappel de comportement d’amateur de spectacles de danse. C’est ainsi que je me suis revu lors de ces grandes soirées de ballet au Grand Théâtre lorsque le public applaudissait à tout rompre les diverses figures à l’intérieur de tel ou tel pas de deux et autres figures. Aujourd’hui malheureusement, et je le déplore, rares sont les gens qui applaudissent les performances d’une danseuse en plein fouettés ou celles d’un danseur en pleines envolées. Aussi, ce fut ce soir, un bonheur collectif unanime, rarement senti dans un théâtre, pour un spectacle de danse.
Les « Trocks », le diminutif de cette compagnie, avait couché dans le programme, un extrait de l’acte II du Lac des cygnes, le Grand pas classique, le Go for Baroco, la Mort du Cygne et Paquita, Mais, qu’est ce qui fait que cette compagnie nous chavire dans le rire et dans l’admiration ? C’est que leur professionnalisme dans la technique et dans l’expression scénique sont au zénith. Lorsque un danseur, au gabarit frôlant les videurs de boites de nuits, en tutu sur les pointes, fait un sourire ou lance une œillade avec une légère exagération, la salle est en délire et il continue de danser. Le régal ! Tous ces effets de quelques dixième de secondes font tilt à tous les coups. Et je ne parle pas du clou de la soirée avec l’inénarrable danseur dans la Mort du Cygne et ses plumes qui, sortant de son tutu, tombent au sol en toute innocence. C’en est même très émouvant. Il faut avoir vu ce spectacle au moins une fois dans sa vie. Bravo ! »
Jean-Claude Meymerit
Source : www.paysud.com
12 octobre 2010

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