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Archive pour mars 2010

Café noir au goût de racisme

Ce jour, je descends de ma chambre pour prendre un petit déjeuner dans la salle de l’hôtel. Ceci se passe dans un établissement très bien situé dans une petite ville de la Loire-Atlantique.
Le patron, une quarantaine d’années, me sert un plateau et s’installe pas loin de moi, à une table voisine, et me demande : « d’où êtes-vous » ? Je répondis, « de Bordeaux ». Aussitôt, en boomerang : « j’ai des choses à dire sur cette ville » et me dit : « il y a trop d’étrangers ». Pensant qu’il parlait des nombreux touristes de l’été, je lui pose la question : qu’est-ce que vous entendez par, « trop d’étrangers » ? Sa réponse : « je parle des étrangers qui y sont toute l’année » !
Complètement ahuri face à ce genre de remarque en plein petit déjeuner, par le patron d’une franchise d’hôtel, je reste sans voix. Je plonge mon croissant dans mon café (ou autre pâtisserie, je ne sais plus, tellement j’ai été surpris).
Ne répondant pas, il me développa la situation, comme quoi il y a trop d’étrangers en dessous d’une ligne Bordeaux-Lyon. Quelqu’un lui avait dit que dans une ville française au sud de cette ligne, un soir qu’il y débarqué, il n’avait pas vu un seul blanc autour de la gare…Par contre dans la petite dans laquelle il habite, il n’y a que des blancs…Aussi, il comprend très bien les scores du Front national dans une ville comme Nice etc, etc… Au lieu d’un petit déjeuner tranquille, je me suis coltiné un dégueulis d’idées et de positions puantes. Je ne pensais pas qu’un commerçant pouvait tenir de tels discours à des clients les voyant pour la première fois. Il est évident que je ne mettrai plus jamais les pieds dans cet hôtel et que je le déconseillerai auprès de tout mon entourage. J’aimerais savoir quel accueil il réserve aux clients qui n’ont pas sa couleur favorite !…



Y a t il un médecin dans la salle ?

Toux, éternuements, reniflements…pendant deux heures. Ce tintamarre des plus insupportables a eu lieu ce jour 18 mars au TNBA à Bordeaux. Mais quel virus circulait dans cette salle ce soir ? Même si ce genre de concert a lieu régulièrement dans toutes les salles de spectacles, j’ai vécu ce soir le pire. J’avais honte d’être spectateur. Les comédiens qu’en pensent-ils ? Entendent-ils ces tonitruances ? On peut être malade et aller au spectacle c’est évident, mais tous ces virosés ont-ils besoin d’amplifier les décibels de leurs cordes vocales. Ce soir nous avons même eu droit à de ces toussements plus près de gloussements et de beuglements. Dès qu’un démarre, aussitôt tous les jaloux font leur entrée en scène et toussent, éternuent, reniflent de plus belle. Je suis écoeuré par ce manque de respect. C’est vraiment la première fois que j’entends un tel concert.
Paraît-il que ce phénomène est une conséquence naturelle d’effet de concentration et de fortes émotions. Je m’inquiète, car moi qui n’ai pas toussé, éternué, cela voudrait dire que ce soir, je n’ai eu aucune émotion du spectacle donné ? En effet, peut-être !



Quand les nourrissons se font un ciné!

A l’Utopia de Bordeaux, séances de cinéma estampillées « bébé ». Merveilleuse et attentionnée idée !
D’abord surpris du concept, j’ai assisté volontairement à une de ces séances dites « bébé », quelle surprise!
C’était un après midi en semaine, donc au cinéma Utopia de Bordeaux. Dans la salle ce jour là, parmi le public, trois mamans avec leur nouveaux nés accrochés à leur cou. Très émouvant ! Avant le noir absolu, quelques cris s’échappèrent de leurs tendres gorges à l’image des musiciens d’un orchestre qui accordent leurs instruments. Chaque nourrisson essayait le « la » de ses cordes vocales. Puis, lorsque les lumières s’éteignirent et que les premières images surgirent de l’écran, silence absolu. Pendant la projection, deux ou trois cris pas plus. Un heureux hasard a fait que ces cris semblaient venir de la bande son du film. Suis-je bien tombé ? Peu importe ! Le principal est que le cri d’un enfant me semble bien plus acceptable dans cet environnement que le bruit effrayant de ces agresseurs de pop corns (pas à l’Utopia heureusement) ou ces commentaires du film en direct de certaines personnes qui se croient un dimanche après midi autour d’une tasse de thé devant la télé .
Bravo à tous les cinémas Utopia de donner la possibilité à ces jeunes parents d’aller au cinéma avec leurs rejetons et bravo à tous ceux qui dans la salle comprennent le concept et l’apprécient. A la sortie de la séance, j’ai demandé à un nourrisson ses impressions sur le film, il m’a répondu « areu areu » ! Bon début de critique cinéphile.

Egalement sur le site : www.paysud.com



L’art contemporain à la portée de tous !

Même si je trouve que l’appellation « bus de l’art contemporain » ne soit peut-être pas le terme le plus approprié, j’ai découvert ce dimanche, avec un immense bonheur, ce concept culturel bordelais (oh ! la honte, depuis le temps !). Il s’agit de monter dans un bus et se laisser conduire à la rencontre de diverses galeries bordelaises et autres lieux afin d’y apprécier les oeuvres d’artistes présentées. Ce concept existe depuis près de quatre ans et a lieu le premier dimanche de chaque mois dans le cadre « des dimanches sans voiture » de Bordeaux. Un bus plein comme un oeuf démarre du kiosque culturel des allées de Tourny et s’engouffre dans les rues de bordeaux. Chaque dimanche, cinq ou six lieux sont choisis préalablement par les organisateurs sur une vingtaine de lieux inscrits au catalogue.

Ce dimanche, les lieux proposés nous baladent en bus de Tourny aux Quinconces en passant par Gambetta, Mériadeck, les Chartrons et les Quais. Ce circuit, nourri de pures découvertes d’artistes ou d’initiation à l’art de notre époque, nous met en présence dans la première étape, rue Bouffard, de toiles à assemblage de couleurs et matières percutantes d’Olivier Menu ainsi que d’objets en porcelaine marqués par pureté et fragilité, oeuvres de Nen’do.
Rue Fernand Marin, le groupe joue à cache cache (en fermant les yeux…) avec les dessins et l’installation de Vincent Rauel. L’art du dessin est une chose, le sujet évoqué en est un autre. Je n’ai pas du tout aimé. Un contraste heureux survient rue Tourat avec les toiles et objets enchanteurs de Pascal Audin. « Art pour enfant » comme il dit ! En effet, que de gaîté et vivacité dans les formes ! Le bus nous conduit ensuite sur les quais et nous entraîne dans l’univers de la photo d’Yves Manciet, photos de stars, de politiques et d’inconnus des années 50, présentées pour la première fois à un public. Cet immense photographe n’a pas reçu l’accueil espéré auprès des services culturels de la Ville alors qu’un lieu, comme la Base sous-marine aurait été un écrin idéal à son Oeuvre. Espérons ! Ce photographe a tant de choses à nous raconter. Notre balade dominicale se termine en feu d’artifice, place des quinconces où Philippe Croq présente son extraordinaire travail. Clarté, efficacité, précision…l’émotion dans les yeux.

Autant, je regrette que pour ce genre de visite nous ayons été trop nombreux vu l’exiguïté des lieux visités, autant je trouve cette initiative excellente et enrichissante. Par contre, les jeunes où étiez-vous ? Dommage, cet outil existe et de plus il est très convivial, profitez-en ! Marie-Fleur Galineau, médiatrice du circuit, nous offre ses connaissances, ses infos et se tient, avec les visiteurs, toujours disponible avec tous. C’est très précieux.

Comme je le signale au début de ce texte, les mots « bus de l’art contemporain » ne semblent pas bien adaptés (tout au moins cette fois-ci). Bien sûr que tous ces artistes sont de notre temps, mais j’ai trouvé que les concepts de présentation sont très traditionnels (toiles, peintures, dessins, photos…aux murs). Pas d’installation originale ou oeuvre vraiment dite contemporaine. C’est le hasard du jour. Chaque dimanche est différent, je vais tester dans les prochains mois.

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