Au TNBA de Bordeaux : Don Juan revient de la guerre sans plumes !

Posté le Samedi 7 janvier 2017

En lisant attentivement, dans le programme du TNBA, la présentation de la pièce « Don Juan revient de guerre » de Odön von Horvath, on est vite séduit par le sujet et ses personnages. Tout y est fort et bien campé. Personnellement, je ne connaissais pas le texte, aussi mon attente et ma curiosité étaient d’autant plus fortes. Tout le monde connaît le mythe de Don Juan et toutes les interprétations qui sont faites autour de ce personnage. L’auteur a entrainé notre séducteur en Allemagne, dans l’ambiance floue et perturbée de l’après guerre 14-18. Des allusions aux diverses tendances artistiques et économiques de cette époque y sont fortement présentes.

Dès le début je fus conquis par la conception scénique : les coulisses d’un théâtre de province aux moyens limités en décors, en accessoires et surtout en comédiens. Cependant, le fait d’avoir ramené le nombre des personnages féminins à deux, alors que je ne connaissais absolument pas la pièce, m’a rapidement gêné. J’y ai même vu un certain contre sens. Toute la brillance de la présentation du sujet dans le programme s’effritait au fur et à mesure de l’avancée de la pièce. Je me suis ennuyé, surtout par cette pauvreté de nombre de comédiens. Je n’ai pas senti là un parti pris scénique du metteur en scène mais plutôt un manque de moyens réels. Aussi, remplacer ce manque de comédiens par des effets scéniques comme par exemple la projection sur un écran de côté pour y lire uniquement « chez la grand mère » etc… ou tous ces changements à vue vestimentaires soient judicieux et originaux pour une meilleure compréhension. Ce grand catalogue de scènes est à la fois fouilli et très académique. Je ne parle pas des insupportables ombres chinoises qui ne font que desservir l’histoire. Si bien que la scène finale perd toute son intensité dramatique.

En clair, je m’attendais à une merveilleuse fresque d’amour sur deux fortes toiles de fond qui sont, le mythe de séduction d’un Don Juan et de la période trouble, à la fois dramatique et joyeuse, d’entre-deux-guerres en Allemagne. Or, je n’ai pratiquement vu que des changements de costumes, des tables et des chaises en mouvement, mais pas d’émotions. Ce côté performance a été vu des milliers de fois.

Sur les trois comédiens en permanence sur scène, leur jeu est très inégal.  Autant la comédienne qui joue les personnages de jeunettes, est excellente par sa voix et son jeu, autant sa collègue m’a assez insupportée par son parler lent, aux attaques pas très justes ?  Notre Don Juan, même s’il porte en lui les souffrances de l’amour et de la grippe espagnole de l’époque et un repenti qui le ronge, un peu plus de brillance aurait été souhaitable.

Un rêve : voir rapidement cette pièce dans une autre production. En attendant, la lire sera pour moi le meilleur moyen de me faire ma propre idée de mise en scène, avec mon propre casting, avec mes propres fantasmes et mes propres émotions. C’est également ça la magie et le pouvoir du théâtre.

 

blog JCM @ 11:35
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A la queue leu leu : nouvel opéra bouffe au Grand Théâtre de Bordeaux !

Posté le Jeudi 29 décembre 2016

Depuis quelques temps, je remarque que les gens aiment de plus en plus faire la queue et pas n’importe quelle queue : bien alignés les uns derrière les autres, deux par deux. Etonnant !

Quelle est cette nouvelle tendance branchouillarde bordelaise ?

Pour exemple, il est difficile de ne pas évoquer la queue la plus célèbre de Bordeaux, je veux parler de celle du restaurant « l’Entrecôte », celle que tout le monde connaît, pratique et aime (pas moi). Peu importe le temps, qu’il soit caniculaire, pluvieux, hivernal, ce n’est pas tellement la viande et à sa sauce qui comptent pour tous ces queutards, mais la longueur de la queue et le temps d’attente. Parlez-en avec vos amis, c’est ce qu’ils évoquent en tout premier avant de vous parler de la qualité de la viande.

Pour en revenir à mes moutons, au vrai sens du terme, je veux surtout vous parler de l’arrivée d’une nouvelle queue, celle qui se forme systématiquement pour un oui ou pour un non, au Grand Théâtre de Bordeaux. En effet, est-ce l’influence en ces périodes de fêtes de fin d’année de faire la queue partout et n’importe où qui conditionne les gens, mais ce qui est spectaculaire, c’est que les queues sont de plus en plus longues et étroites. Il faut se mettre par deux de préférence les uns derrière les autres. Lorsque vous êtes seul vous êtes obligé de vous prendre un partenaire de queue. C’est ce qu’on appelle de la cohésion sociale sans subvention publique !!! Au Grand Théâtre, et c’est surtout la l’objet de mon propos, la situation est à mourir de rire.

Dehors sous la pluie, face à l’entrée principale, alors que les places sont numérotés, les gens attendent deux par deux et commence à former une colonne bien droite (ici, employer le mot queue serai déplacé) sur le parvis dallé de la place de la Comédie. Curieux ! Au lieu de se promener, ou tout simplement se mettre à l’abri sous le péristyle du Grand Théâtre.

Un quart d’heure avant l’ouverture des portes, les amoureux de la queue préfèrent s’aligner immobiles et attendre bien face à l’entrée. A l’heure dite, c’est à dire 3/4 d’heure avant le lever de rideau, la porte centrale s’ouvre. Après le passage au compte-gouttes et obligatoire du contrôle vigipirate, ces mêmes personnes reforment des files d’attentes face au 3 entrées d’accès à la salle toujours deux par deux, face au cordon d’entrée. A peine croyable ce moutonnage. Qui leur demande ? Personne ! Ils sont là plantés à ne rien faire. Le plus drôle est que la forme de ces trois queues, pour garder l’expression choisie volontairement dans ce texte, se fabrique anarchiquement. Ces queues, au bout d’un moment, arrivent à se mettre en spirales et à se croiser, dans le hall d’entrée, de manière assez curieuse. Vous êtes-vous déjà trouvé prisonnier d’un noeud de queues. Moi oui ce soir, j’ai failli manquer d’air. Au lieu de visiter le hall, regarder les sculptures, lire les prospectus, de se promener, non, ils attendent par deux que les portes de la salle s’ouvrent. Lorsque celles ci s’ouvrent, il faut savoir que nous sommes encore à 30 minutes du début du spectacle. Etonnant ce besoin de queue !

Que l’on fasse la queue pour obtenir ou voir quelque chose de rare, ou faire la queue pour un évènement aux places limitées pourquoi pas, bien sûr, mais se rendre dans un théâtre où les places sont numérotées avec autant de temps avant l’ouverture et se mettre les uns derrière les autres par deux et attendre bêtement, je me pose plein de questions.

Quelque chose à craquer dans le comportement de tous ces homo sapiens se rendant au Grand Théâtre. Dans les couloirs, on parle de nouveau public qui n’a pas les repères de ce lieu, de nouveau comportement moutonnage style cinéma, de  nouveaux consommateurs de la culture, etc… Qui sont-ils ?

Dernièrement, il y a eu une queue qui s’est formée spontanément de l’entrée principale du Grand Théâtre, à l’entrée du quai de la station tram « grand théâtre » en contournant les rails par l’extérieur. Et après ça on dit que le français n’est pas discipliné ! Surtout lorsqu’on ne lui demande et impose rien. Un comble !

Nota : lire un autre feuillet sur ce sujet intitulé dans Anecdotes : Festival de queues à la sauce de poule en tutu !

blog JCM @ 10:26
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Labiche au TNBA : Ô ennui, étends la nudité sur ton ombre !

Posté le Dimanche 11 décembre 2016

C’est cet air qu’aurait pu chanter le Méphisto de Gounod après avoir vu hier au soir au TNBA de Bordeaux, l’assemblage de deux pièces de Eugène Labiche, intitulé « Les Animals ».

J’avais parié avec des amis que j’allais voir et entendre une nouvelle fois, les quatre ingrédients, quasi familiers à toutes les productions de ce théâtre national, à savoir : utilisation de micros, musique amplifiée, gesticulations intempestives et nus gratuits. J’ai failli gagner mon pari. Je n’ai eu droit qu’aux deux derniers ingrédients, c’est à dire gesticulations et nus. Et la j’en ai eu pour mon argent (ou plutôt celui de l’Etat). J’entends déjà dans les chaumières: « c’est un vieux con, il ne comprend rien ! »… J’ai presque envie de répondre à cette éventuelle attaque : « ce n’est pas parce qu’on est simple public qu’on est taré et inculte ». Pourquoi, ceux qui nous proposent ce genre de spectacle outrancier et ennuyeux, avec toujours les mêmes ingrédients, seraient au dessus de la mêlée en se permettant de vouloir nous faire tout avaler ?

Monter des pièces de Labiche en 2016, c’est osé et en même temps assez branchouillard. Tout le monde sait que le génie de Labiche est d’être un auteur traitant à la fois des sujets sociétaux de l’époque sur toile de fond de vaudeville et un faiseur d’effets comiques, le tout agrémenté de parties chantées et d’apartés qui en font sa signature et sa force. Cependant, transformer une pièce de Labiche en une grosse farce est une ineptie.

Lorsque qu’on assiste à des représentations de pièces de Labiche montées dans une certaine tradition modernisée, on se régale, on rit franchement, c’est du champagne. Par contre, en venant ce soir au TNBA, découvrir ces deux pièces que je connaissais très mal « La dame au petit chien » et « Un mouton à l’entresol », on désenchante. Je pensais de toute évidence (et heureusement) assister à une production dépoussiérée, mais pas avec un tel étalage d’excentricités et d’effets qui nuit et masque le texte et l’intention de la pièce.

Quel ennui ! C’est long ! Le public ne rit pas, il est tout juste poli. Le salut final enthousiaste envers les comédiens, en témoignage.

J’en ai assez de tous ces metteurs en scène qui croient faire du nouveau ou de la création en proposant ce genre de spectacle. C’est l’inverse qui se produit. Il ne font que prendre un texte de prétexte et fabrique sur lui, leur délire égoïste.

Lorsqu’on compare avec les mises en scène de Laurent Laffargue il n’y a pas photo. Ce dernier modernise, apporte sa propre signature, mais surtout respecte à 100% le texte et surtout l’auteur (on se souvient de son récent Marivaux). C’est un véritable serviteur du théâtre. Ce n’est pas un parasite ou un profiteur.

Dans « les Animals », les gesticulations outrancières des comédiens voulues par le metteur en scène n’apportent rien, malgré leur talent et leur présence scénique. On ne regarde que ça et elles parasitent l’écoute du texte. Je passe volontairement rapidement sur les sexes à l’air de nos trois héros masculins et d’un des deux comédiennes. Je n’ai pas de mot pour parler de cette excentricité gratuite et inutile présentée. Le nu doit être beau, intelligent et justifié. Lorsqu’un metteur en scène sait pourquoi il le met sur scène (pour mémoire le nu dans Equus, les nus dans les Indes Galantes etc…), c’est un réel plaisir artistique.

Après le nu intégral de Michel Fau dans le dernier spectacle du TNBA, nous voici hier au soir encore avec une brochette de sexes libres. Vivement les prochains spectacles, j’espère y voir Don Juan, Figaro, Rodrigue, Chimène…nus, avec des micros, de la fumée, des gesticulations…Tous les spectateurs ne sont pas aussi sévères que moi, à en croire par l’hystérie de mes voisins de derrière, qui à chaque vision de sexe baladeur, riaient aux éclats ! Souvenirs, souvenirs… !

Même, si au fil des années, le rire évolue et que le public ne rit plus de la manière sur les mêmes choses et situations, je ne pense pas du tout que ce soit en montrant ce genre de répertoire sous une tonne d’ingrédients inutiles, sous prétexte de le « relever », que l’on va forcément le redécouvrir et l’apprécier. Depuis quand, une entrecôte peut-elle rester savoureuse à sa juste valeur gustative, si elle est chargée de sauces diverses et autres accommodements culinaires ?

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 17:41
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Ravel à l’Auditorium de Bordeaux, une déferlante d’émotions pour son Boléro.

Posté le Vendredi 2 décembre 2016

Du jamais vu ! Les spectateurs penchés en avant sur leur fauteuil, des larmes aux yeux chez certains, tous écoutaient avec leurs oreilles et leurs yeux ce célèbre Boléro de Maurice Ravel, super connu et popularisé. Pourquoi ce soir, une telle tétanisation chez le public ? Je pense que cela vient de deux phénomènes : le premier est l’ordre de passage d’interprétation des oeuvres et le second est la main à la fois de fer et de velours de Paul Daniel avec laquelle il dirige l’Orchestre national de Bordeaux-Aquitaine.

La soirée commence avec l’Heure espagnole du même Ravel interprétée par quelques joyeux drilles du lyrique français que nous aimons tous, je veux citer en particulier, Karine Deshayes, Yan Beuron, Paul Gay et Florian Sempey. Bien sûr qu’il manquait la mise en scène et tous ces claquements de portes de pendules, des  montées et descentes dans les escaliers etc. C’est tout de même une comédie musicale et comme toutes les comédies c’est surtout le visuel qui l’emporte. Dans la version de ce soir en version concert (hélas !), on ressent nettement ce manque surtout que les parties musicales vocales ne sont pas à tomber à la renverse. Nos chanteurs français ont prouvé une fois de plus qu’ils existaient et que les scènes françaises et internationales, pour le répertoire français, devraient se les arracher.

Suite à cette Heure espagnole, était inscrit Iberia de Claude Debussy. Dans cette œuvre orchestrale, on sent déjà pleinement la main mise de Paul Daniel sur cet immense Orchestre. Cet Orchestre national n’a rien à envier aux plus grands orchestres du monde mais au contraire ceux-ci devrait le copier. Les musiciens, pour la plupart assez jeunes, jouent avec fougue et autorité. Leur bonheur se voit et surtout s’entend.

Pour la dernière œuvre de la soirée, le Boléro de Ravel. Je me disais, « encore ce Boléro tellement joué et rejoué. Quoique quinze minutes c’est vite passé. » Paul Daniel, avec son jeune tambour à quelques centimètres de lui, lance la machine infernale (la honte pour la personne qui a toussé au même moment !).

La déferlante est partie, les instruments décollent ? Chaque musicien veut être le meilleur et donner son maximum. Ils n’existent plus que pour leur instrument et nous faire partager leur joie. Chaque sonorité entrant dans l’arène, s’arrache de leur instrument, racle le sol, les murs, nos yeux, nos oreilles comme pour nous arracher le cœur. Wouah ! Au rythme du Boléro, les poils de notre corps se hérissent, le cœur tape, les émotions montent. Sur scène, plus on avance dans l’oeuvre, plus, les corps des musiciens bougent un peu plus, les mains s’animent – je pense surtout aux doigts des cordes qui remplaçant leur archet forment un petit ballet – Je suis incapable de citer tous les instruments, leur nombre est impressionnant. L’ONBA au grand complet. Dans la salle les corps des auditeurs commencent à se pencher de plus en plus en avant, les souffles sont coupés, les larmes sont au niveau des yeux, puis sur l’apothéose finale du Boléro, l’ovation et les larmes coulent. Du jamais vu…et entendu !

Paul Daniel et tous les musiciens de ce fabuleux Orchestre, vous êtes des fabricants d’émotions collectives. Une véritable communion s’est établie ce soir dans l’Auditoruim de Bordeaux. C’est ça le génie des vrais Artistes !

Jean-Claude Meymerit

Nota : une petite anecdote à l’entrée de l’Auditorium : un monsieur attendait dans la file d’attente pour l’achat de places. Il demande à une dame, à quelle heure ouvre le guichet ? combien de temps dure le spectacle , y a t-il des bonnes places ? etc…Un grand moment de silence, puis il demande à la même dame : « qu’est ce qu’il y a comme spectacle ce soir ? ». réponse « du Ravel ». Voilà une chose expédiée !

blog JCM @ 23:13
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Au TNBA de Bordeaux : les marronniers, atteints par le chancre bactérien de la mode

Posté le Jeudi 17 novembre 2016

Quelle est cette maladie émergente qui envahie de plus en plus insidieusement nos scènes théâtrales subventionnées ?  Je veux parler de la pseudomanias spectaclarum popularus. En clair et plus simplement, cela veut dire : utilisation systématique outrancière de fumée, de musiques, de lumières, de gesticulation, de cris, de bruitages, de chants et surtout de micros. Ces derniers provoquant sur mon épiderme des tâches brunâtres rouges d’énervement, à l’image des symptômes de la maladie bactérienne du chancre des marronniers.

Une fois de plus, au TNBA, nous y avons eu droit. Artaud dit que le théâtre c’est justement tout ça, qu’il faut utiliser tous les ingrédients de la vie et que le texte n’est qu’une partie du spectacle. Justement voilà le mot est lâché : « du spectacle ». Et bien moi, j’en ai marre « du spectacle ». Spectacle partout, dans la rue avec ces immenses fêtes pseudo populaires, ces rassemblements politiques et ses débats médiatisés outranciers, ces spectacles sur scène ou l’enveloppe l’emporte sur le texte, ces manifestations culturelles artificielles dans lesquelles il faut absolument de la cohésion sociale…la liste est longue. Cette culture de masse démagogique ne fait qu’abêtir l’individu. Il en faut certes, mais il faut qu’elle soit organisée par les citoyens eux-mêmes et non parachutée. Concernant l’Art, je suis pour des définitions et des présentations plus précises de chaque forme artistique (danse, théâtre, musique, opéra, art plastique…). Que chacune de ces formes soit agrémentée d’autres formes, je suis favorable mais il faut que les proportions soient respectées. Ce n’est pas en mélangeant pour mélanger toutes les formes, sous prétexte que cela va plaire au plus grand nombre et qui est entièrement faux, que l’on arrivera à défendre toux ces arts ou autres formes culturelles. Au contraire on les uniformise et on les fragilise.

Bien sûr mon discours ne tient pas avec le spectacle « Par delà les marronniers » de Jean-Michel Ribes, présenté hier au soir au TNBA, puisque il est sensé se situer au début du XXème en pleine période du Dadaîsme et du Surréalisme. Cependant, on s’y ennuie quand même. En 1972, date de la création de cette pièce, la société était en pleine recherche artistique et sociale, cette pièce avait beaucoup de force. Quarante quatre ans plus tard, j’ai des doutes. Cela est d’autant plus regrettable que le texte est percutant, drôle, poétique, porteur de messages. Parfaitement ciselé.

Mais alors d’où vient cet ennui ?

Je suis assez persuadé que de nos jours, l’assemblage d’ingrédients d’effets scéniques multiples ne fonctionne que très rarement et n’est pas toujours très pertinent. C’est un leurre de le croire et ce n’est pas parce tout le monde le fait ou veut le faire que la démarche artistique est dans le vrai.

Autant ces assemblages avaient une signification lorsqu’ils se voulaient mouvement éphémère de révolte, autant de nos jours, ces assemblages vus et revus sont ressassés uniquement dans un but de faire du spectaculaire. Aucun message et enjeu. Du dadaïsme en 2016, je pense plutôt à du ringardisme. Je trouve très dépassé de recréer les mouvements d’une époque bien précise dans une autre époque, C’est un contre sens avec un côté racoleur. Dans ce spectacle de Ribes où tous les tableaux sont téléphonés, on arrive pas à décoller alors que les comédiens sont excellents,  les décors somptueux et le texte percutant. Je conseille vivement à chacun de lire le texte de Jean-Michel Ribes et laisser partir son imaginaire, c’est suffisant.

En clair, ce spectacle m’a laissé de marbre, des spectateurs voisins adultes sont sortis. Les nombreux jeunes autour de moi s’ennuyaient, pas un rire, pas un applaudissement. Les lumières de la salle allumées, il fallait voir leur tête. Cherchez l’erreur !

Autant, les marronniers attaqués par les bactéries de la maladie du chancre sont sauvés grâce à des avancées de technologie génétique, autant pour les « spectacleries « présentées à tour de bras sur les scènes subventionnées, les recherches scientifiques et technologiques ne sont pas encore prêtes à intervenir. Le théâtre populaire a le temps de perdre toutes ses feuilles….

Jean-Claude Meymerit

blog JCM @ 12:14
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La Walkyrie à Baden Baden : les femmes mènent les hommes, 2 à 0 !

Posté le Dimanche 10 juillet 2016

En cette première du concert de Die Walküre de Richard Wagner donné au Festspielhaus de Baden Baden en Allemagne, pourquoi le public était si clairsemé ? On aurait cru une garde-robes (à en croire les tenues vestimentaires chicos du public…) attaquée par une armée de mites. Normalement, vu les difficultés à trouver une place depuis des mois, nous aurions dû supporter notre voisin pendant plus de quatre heures genoux contre genoux. Ce ne fut pas le cas car il fut très facile de changer de place. Une aubaine pour moi, j’ai pu passer ainsi d’une place moyenne de côté à une super place de face.

Pourtant ce concert de la Walkyrie se voulait être le top de la saison lyrique de Baden Baden, regroupant sur l’affiche, une palette de stars (Kaufmann, Herlitzius, Pape, Westbroek, Petrenko, Gubanova sous la baguette de Gergiev). Mais alors, que s’est il passé ?

Déjà notre Siegmund tant attendu, Jonas Kaufmann, a déclaré forfait (raison de santé, dixit la Direction). Pour ma part je garde un doute. N’oublions pas la seconde raison : ce soir là, la France affrontait l’Allemagne. Comme tout le monde comprend mon allusion, cela me fait économiser de la place et surtout me dispense d’employer des mots, qui pour moi, rien que de les taper, me crispent les doigts. Ces deux phénomènes réunis ont donné le résultat précité. De nombreuses places vides et nombreuses reventes de billets à l’entrée. Quel dommage !

Venons-en au concert proposé :

Valery Gergiev au pupitre de l’orchestre de Mariinsky. Malgré son doigté et sa gestuelle d’orfèvre, il ne m’a pas donné aucun frisson. c’était un peu brouillon. Ma comparaison s’appuie sur le concert de cette même Walkyrie à la Philharmonique de Berlin avec Simon Rattle à la tête de la Berliner Philharmonike. J’avais été envoûté et envahi d’émotions. À Baden, je n’ai pas entendu tous ces veloutés et sonorités des cordes en particulier et toutes ces nuances de violences des sentiments.

Le remplaçant de Kaufmann est Stuart Skelton. C’est un parfait Siegmund, classique. Sa sœur Sieglinde est Eva-Maria Westbroek, dont j’ai eu le bonheur d’entendre dans ce rôle à Francfort et à Berlin (sans compter la retransmission du Met de New York). Elle m’émeut toujours autant. Ce rôle est fait pour elle, féminité, fragilité et énergie. Son velouté et surtout ce timbre majestueux, font merveille.

Evelyn Herlitzius est Brünnhilde. J’ai une profonde admiration pour cette chanteuse (si mal connue en France). Ses prestations sont toujours impressionnantes. Quels souvenirs ! (ses trois Brünnhilde de la Tétralogie à Berlin, son Katia Kabanova à Bruxelles, son Léonore à Dresde, ses Elektra à Berlin et à Aix). Lors d’un Crépuscule des dieux à Berlin, j’avais versé quelques larmes pendant son air de l’Immolation. Dans cette production-concert de Baden Baden, elle réussit à occuper l’espace par son jeu et sa présence.  Sa voix, si particulière et immédiatement reconnaissable, nous enchante et nous impressionne toujours par sa puissance.

Ekaterina Gubanova est Fricka. Quelle mezzo ! Sa Fricka est solennelle. À chaque mot et note elle impose son personnage. Le phrasé est soyeux et parfaitement projeté.

Ces trois chanteuses interprètent souvent leurs rôles en production scénique. Elles s’impliquent à fond, plus particulièrement Eva-Maria Westbroek et Evelyn Herlitzius qui en sont des exemples majeurs. Leurs investissements scéniques et vocaux sont endiablés. De véritables tigresses, défendant chacune à leur manière, l’Amour.

Mikhail Pentrenko, m’a un peu déçu. Question de goût. Je préfère pour le rôle de Hunding une voix plus sombre. Lui est beaucoup plus dans la retenue et sa voix ne me semble pas assez épaisse pour ce rôle. N’est-ce pas un méchant ?

J’espérais beaucoup sur René Pape dans le rôle de Wotan. En dehors du fait que c’est le seul à lire la partition à un pupitre, il semble un peu en retrait de l’histoire. Son phrasé et son timbre sont toujours des plus subtiles. René Pape reste toutefois le baryton-basse que l’on aime.

Je ne voudrais pas conclure le bref résumé de cette soirée wagnérienne allemande sans évoquer le magnifique choeur des Walkyries. Des voix généreuses avec des timbres très marqués et somptueux. C’est rare d’entendre cet ensemble des huit Walkyries avec autant de personnalités vocales.

Malgré quelques réticences globales et particulières sur ce concert et ses protagonistes, cette soirée restera gravée dans ma mémoire rien que pour les performances des trois héroïnes féminines et du choeur des Walkyries. Malgré moi, j’ai eu droit moi aussi à mon match !

Jean-Claude Meymerit

9 juillet 2016

 

 

 

 

 

blog JCM @ 14:07
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Y a-t-il une clé à pipe dans le train ?

Posté le Dimanche 10 juillet 2016

Dans le TGV, une annonce par la responsable du service restauration : « un contrôleur est demandé en urgence à la voiture bar. »

Quelques instants après, le contrôleur fait l’annonce suivante :  » un petit garçon vient de se coincer un bras entre deux sièges. J’ai pu devisé un côté du siège mais pour l’autre côté je ne peux pas car je n’ai pas de tournevis adapté. Quelqu’un aurait-il une trousse avec une clé à pipe ?  » Etonnement collectif dans le wagon.

La démarche du contrôleur était parfaite mais, qui part en voyage avec sa trousse de tournevis et de clés à pipe ? J’avoue avoir beaucoup ri. Je me suis surtout demandé si tous les voyageurs savaient ce qu’est une clé à pipe !

blog JCM @ 10:18
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Du verbe monopolicer !…

Posté le Samedi 2 juillet 2016

Le tram ralenti et stoppe entre deux stations. le chauffeur fait immédiatement une annonce  :  » nous ne pouvons pas entrer dans la station, la Police monopolice les voies ! «  La plupart des voyageurs se sont défoulés en ayant des propos peu élogieux sur la présence de  policiers sur les voies, moi j’ai préféré apprécier le gentil lapsus du chauffeur en émettant un petit rire discret.

blog JCM @ 14:29
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Un Organisme Grand Marketing (OGM) bordelais a frappé !

Posté le Dimanche 3 avril 2016

Elle m’a vraiment pris pour un OGM (Organisme Gros Mongol, comme dirait plutôt mon voisin l’ado) !

Je devais acheter 500 mini canelés. Avant de me précipiter chez le premier commerçant venu, je décide d’établir des comparaisons de prix et de qualité de ce fameux produit dit bordelais. Direction les boutiques bordelaises connues et moins connues qui fabriquent cet ingrédient de luxe (surtout du prix). Le prix d’un mini canelé oscille en effet entre 0,40€ et 1€ la pièce. L’écart est énorme !
Dans chaque boutique, j’achète un exemplaire de ce lingot d’or pour une dégustation approfondie. Dans une de ces boutiques, je tombe en arrêt, devant le prix unitaire de ce produit, 0,90€. Je signale à la vendeuse et patronne à la fois (c’est elle même qui s’est présentée comme étant Madame….), que son produit est cher et lui demande quelles sont les raisons de cette énorme différence de prix par rapport à ses concurrents.
La patronne-vendeuse ne se démonte pas et me répond « nous, tous nos produits sont régionaux et il n’y a pas d’OGM.« 
Mon sang passa tellement vite dans mon cerveau que j’ai failli m’évanouir devant tant d’aplomb. Elle m’a pris pour un demeuré.
Examinons les ingrédients d’un canelé type, utilisés par cette célèbre boutique : lait, oeufs, farine, sucre, beurre, sel, rhum, vanille.
Cherchons l’erreur ou les erreurs :
- sucre, vanille et rhum,  produits régionaux ???
- lait et beurre de la région, j’ai un doute. Qui est sans OGM : le soja, le mais, le fourrage donnés aux vaches…?
- les œufs, à part les oeufs de l’élevage personnel de la patronne, dans sa résidence secondaire…Production locale, j’en doute ???
- la farine, production locale de blé et autres céréales sans Organismes Génétiquement Modifiés, pourquoi pas !
Tout ceci semble frôler un effet de marketing au doûte certain !
J’aurais préféré de la part d’une grande professionnelle du canelé qu’elle me dise que sa boutique utilise la vraie recette (celle qui est tenue secrète par la Confrérie du canelé de Bordeaux) ou que le goût n’est pas le même etc…Tout, sauf que les produits de base sont régionaux et sans OGM. Elle m’a pris pour un vulgaire touriste avide de couleur régionale…avalant l’Opinion Grandement Menée (OGM) d’une commerçante peu scrupuleuse.
blog JCM @ 18:13
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Papy, fais moi le cri du cochon !

Posté le Dimanche 27 mars 2016

Dans une rame de tram, j’arrive à me faufiler, coincé entre une jeune femme à la valise roulante transportant au moins trois armoires de vêtements (je fabule), un jeune garçon au regard vitreux les écouteurs aussi grands que les oreilles de Mickey et un papy à l’âge très avancé pas très stable sur ses deux jambes (ou plutôt ses trois jambes, j’avais oublié la canne). Je ne parle pas bien sûr de tous les autres qui m’encerclent et me frôlent. Le wagon est bondé.
Ce jour là, manque de chance, je tombe sur un des chauffeurs cowboys de la Société de transport ! Qu’est ce qu’un conducteur cowboy : c’est un chauffeur qui actionne la manette de vitesse sans arrêt de bas en haut, si bien que tous les à-coups sont immédiatement perçus par les passagers, les perturbant dans leur maintien de personne debout.
J’essaie de trouver un posture bien stable pour pallier tous les tangages (je n’allais tout de même pas tenir les bras ou m’accrocher aux vêtements de mes voisins de proximité).
Manque de chance, le coup d’accélérateur de mon cowboy de service, me fit perdre l’équilibre et je tombe dans les bras de mon papy. Celui-ci, à la canne branlante se met à hurler à la manière d’un porc que l’on égorge (« je vous parle d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ».) Impressionnant. Quel puissant organe avait encore ce vieil homme !
 » Je fais ce que je peux » lui dis je calmement. Je lui adresse toutes mes excuses et je repris ma posture figée.
A l’idée que nous aurions pu nous retrouver tous entassé au sol, me fais beaucoup rire (après coup, bien sûr). Seul le cri porcin m’a impressionné !

blog JCM @ 15:20
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